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Il n’aime pas les friandises

Il existe des phrases qui sont le pain quotidien de l’éducateur canin et elles sont légion ;-)

Un grand classique de l’éducateur canin qui travaille essentiellement avec des renforçateurs alimentaires (pour faire simple « la friandise ») c’est «mon chien ne s’intéresse pas aux friandises»   :lol:

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… ce à quoi, je réponds le plus souvent « … pas encore »  :-D

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Précisons d’emblée qu’un être vivant qui ne mange pas est en danger : dans les zoos, le fait de ne pas manger correctement est souvent le premier signal d’alerte, qui précède souvent tout autre indice ou symptôme que quelque chose ne va pas (santé, anxiété, peur, méfiance, mauvaises conditions de détention) et il est immédiatement source d’inquiétude pour le soigneur consciencieux (quoi qu’on pense des zoos et autres parcs animaliers, il existe des soigneurs consciencieux). 

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J’héberge actuellement (momentanément) un perroquet sevré façon «McDonald», son assiduité et enthousiasme aux gamelles maison de graines germées, légumes, fruits (etc. etc.) que je lui prépare amoureusement restent pour moi la meilleure information (même si ce n’est pas la seule évidemment) de son bien-être général (en effet, je ne suis pas spécialiste du perroquet même si, en quelques semaines, mes connaissances rudimentaires ont augmenté de manière exponentielle). 

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Ne pas « être motivé » par la nourriture est un concept inexistant : dès que votre chien se lève et marche vers sa gamelle, il est « motivé par la nourriture » (dans le cas contraire, il y a un ou des problèmes à considérer urgemment).  

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Je passerai brièvement sur le fait que cette affirmation arrive souvent alors que je me trouve face à un chien en léger (ou pas si léger que ça parfois) surpoids et, par conséquence, n’a pas une énorme motivation à produire des comportements pour un petit biscuit industriel inodore et insipide et dur comme un caillou (ce que certains propriétaires achètent souvent car « ça ne salit pas les poches »)  ;-)

Un conseil? Salissez vos poches et pochettes  :-D

Un chien en surpoids est, évidemment, un chien qui mange trop en relation à son rythme d’activité – quand la gamelle de croquettes est en « libre service », on a rarement l’impression de le voir manger goulument vu que, tout au long de la journée, il picore (et, à force, finit par trop manger). Par ailleurs, il est perpétuellement en train de digérer une alimentation qui n’est pas forcément la plus digestible possible  :-(

J’entends aussi souvent des clients m’affirmer que  «le véto a dit que son poids était bien comme ça » – n’oubliez pas que, au final, vous êtes les clients de votre vétérinaire et que, à moins d’une obésité morbide, son souci est souvent de ne pas vous vexer ou vous contrarier… il est fort possible que, quand il vous dit que « tout va bien comme ça » il n’ait pas envie de s’engager dans une croisade diététique qui vous mettrait peut-être dans des dispositions peu agréables  ;-)

Je vous suggère, dès lors, quand vous demandez à votre vétérinaire ce qu’il pense du poids de votre chien de l’informer que vous appréciez son avis réel et pas une version «courtoise» ou politiquement correcte de la chose  :-D

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Chez mes clients qui nourrissent BARF (c’est-à-dire frais et cru), le pourcentage quotidien qu’ingurgitent certains chiens menant une vie relativement sédentaire excède parfois celui de chiens qui sont de vrais sportifs : une simple baisse de ce pourcentage et pas mal de difficultés rencontrées par ces propriétaires se résolvent d’elles-mêmes  :-D

Il ne s’agit en aucun cas d’affamer le chien pour qu’il collabore avec nous mais il est évident qu’après un repas festif gargantuesque précédé d’un sérieux apéritif, je serai moins réceptive à des mignardises qu’après un repas normal ou léger (même si satisfaisant d’un point de vue nutritionnel). 

Vous aurez tous entendu parler du concept de « contrafreeloading »  (un comportement observé chez plusieurs espèces où le sujet, à qui on donne le choix de se servir librement de nourriture, choisit d’obtenir la même nourriture à travers des comportements).

On peut disserter longuement sur cette constatation qui semble peu intuitive (en effet, tout organisme cherche un effort minimal pour un résultat maximal) et on pourrait l’imputer, spécifiquement chez le chien, au plaisir d’interagir avec son propriétaire qui devient un renforçateur secondaire ou tertiaire (sauf que ce phénomène existe sans l’ombre d’un conditionnement préalable) mais il est intéressant de savoir que ce phénomène diminue avec l’augmentation de la faim il ne s’applique donc pas à des animaux « affamés » au contraire  ;-)

Au delà de la qualité, l’appétibilité d’une friandise et de l’appétit du chien, il y a l’art et la manière de la distribution à considérer. 

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En effet, utilisée comme « appât » (ou leurre) pour attirer le chien vers des activités ou des soins qu’on lui inflige, elle devient le signal de l’arrivée de quelque chose d’aversif (et devient, dès lors, une mauvaise nouvelle).

The Right Way to Do Lure Reward Dog Training

J’ai vu bon nombre de chiens montrer plein de comportements de stress face à la présentation de friandises fort appétissantes pourtant… le chien a intégré que quelque chose de très désagréable est en préparation.

Si vous sortez le « bonbon » du chien AVANT de lui imposer le bain qu’il exècre ou de débuter la pédicure qu’il redoute, vous transformez votre friandise en un signal d’alarme qui informe le chien que le pire va arriver…. d’où une méfiance considérable vis-à-vis de celle-ci.

Une méfiance qui, au fil du temps, peut se généraliser à tout environnement et situation – la peur se généralise très vite. 

Un renforçateur DOIT arriver APRES le comportement: il est une conséquence et pas un antécédent… quand on travaille avec un chien craintif, c’est absolument fondamental de vérifier que le chien (le chien, pas vous !) a vu, perçu ce qui fait peur pour, ensuite, l’associer à quelque chose de plaisant, pas l’inverse. 

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J’ai vu un jeune chien se précipiter dans la voiture dès que sa propriétaire sortait un ex-jouet adoré…

En effet, elle se servait de celui-ci pour attirer son chien sur du matériel d’agility où clairement, le chien n’était pas à l’aise.  Il était devenu l’information première du chien d’un moment anxiogène et contraignant.  A l’identique, ces méthodes anciennes de parsemer la « passerelle » ou la « balançoire » de friandises (le chien avance, capté par l’odeur pour s’apercevoir ensuite qu’on l’a emmené précisément là où il ne voulait pas aller). Sensibilisation, perte de confiance, méfiance envers les renforçateurs, voir envers la personne  :cry: 

Autre piège dans lequel nous tombons parfois, c’est la « surenchère » du renforçateur. Le chien ne produit pas de comportement avec la friandise X, on sort la friandise Y qui, elle, est plus appétente et, finalement, on finit par y aller avec Z, qui est le top absolu pour ce chien spécifique…

Certes,  il est plus que légitime (et même vivement recommandé) de prendre note que votre chien n’apprécie pas énormément X et seulement moyennement Y mais ne passez pas successivement de X à Z dans une même séance et contexte : votre chien aura vite fait de comprendre que, s’il ne participe pas, le salaire augmente (et donc pourquoi participerait-il  dès le départ ?)  ;-)

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Des séances clicker training mal construites, improvisées sans « plan de shaping », un rythme de renforcement inadapté (et donc des critères trop exigeants) peuvent très bien finir par dégoûter votre chien de ces moments spécifiques… tout événement se voit associé à une émotion, attention  à celle que vous construisez, séance après séance. 

Shaping Plan

Dernièrement, je me suis retrouvée devant un chien très craintif au sujet duquel la propriétaire m’a tout de suite informée « oh, les friandises ne l’intéressent pas »… on a fini notre séance d’éducation avec un chien qui boulottait allègrement mes bouts de jambon-fromage et cherchait même à voler le contenu de ma pochette  :-D

Au début de notre rencontre, je me suis assise par terre, sans le regarder et j’ai joué avec mes « bonbons » tout en parlant avec la propriétaire. Après une dizaine de minutes, le chien s’est approché lentement de moi et j’ai lancé nonchalamment un bout de fromage… à partir de là, sur plusieurs séances de 2 minutes par séance,  il s’est mis à bosser avec moi en remuant la queue (à la stupéfaction de la propriétaire qui voulait, à tous prix, avoir la « marque du fromage »). 

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Je n’ai pas de fromage magique… le chien a surtout apprécié que j’enlève toute forme de pression de notre échange et la possibilité qu’il a eue d’avoir « le choix ». Interagir ou partir (il est parti quelques fois au début d’ailleurs, au moindre bruit extérieur… mais il est revenu). 

Le choix de mon critère à cliquer était évidemment plus que modeste et donc à la portée de ce chien très peu opérant. Nous avons ensuite pu continuer à travailler alors que le chien du voisin aboyait, ce qui, en temps normal, est son déclencheur ultime.

Si on vous servait du champagne à chaque fois que votre vie va mal ou que vous recevez une mauvaise nouvelle, il n’aurait pas pour vous cette dimension festive qui fait boire du champagne à tant de gens, sans même vraiment savoir s’ils aiment vraiment ça  ;-)

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Les éducateurs compétents en clicker training sont un peu les « rockstars » de la friandise – ils savent la manier, ils savent quand et comment l’utiliser, quand la donner et ils finissent souvent avec cette réputation du « bonbon magique »  qui fait que le chien travaille avec l’éducateur plus volontiers qu’avec le propriétaire alors que nous avons précisément la même chose dans nos pochettes respectives (mais, ce qui génial c’est que tout s’apprend)  :-D

On peut également se construire un chien qui veut bien manger mais donne l’impression qu’il n’est guère disposé à produire un quelconque comportement pour obtenir son « bonbon »…

Je vois beaucoup de mes clients, munis de pochette, tomber dans une distribution «mécanique »  : le chien les harcèle un peu, la friandise sort de la pochette presque machinalement (et ils écopent de ma candide question : « tu renforces quoi là ? »).

Je n’ai vraiment rien contre la friandise occasionnelle « pour la relation » (comme je l’appelle affectueusement)… bien au contraire, je la préconise et je l’applique à mes chiens assez souvent mais elle arrive malgré tout dans un moment où nous sommes en harmonie.

Par ailleurs, je reste convaincue que l’immense majorité des propriétaires renforcent bien trop peu souvent : nous avons tendance à considérer notre « bonbon » comme une espèce de légion d’honneur majeure qui n’est distribuée qu’en cas de mérite majeur  ;-)

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Quel gaspillage d’occasions de se construire un chien focalisé, attentif, calme, engagé, etc.

Le fait de renforcer souvent et avec générosité ne doit pas occulter le besoin de considérer ce qu’on est en train de renforcer.   

Quand certains de mes clients constatent mon rythme de renforcement, ils prennent peur…. « aaah mais, il faut donner aussi souvent que ça ? ».  

Oui, quand vous êtes en plein apprentissage, oui, pour éviter de voir arriver la frustration, oui pour éviter que votre chien se désengage, oui pour construire des comportements résistants à l’environnement, oui pour construire une émotion agréable, cent fois oui… mais toute friandise est là pour renforcer un comportement spécifique, malgré tout – elle n’est jamais distribuée sans réflexion, bien au contraire. 

En agility, on voit souvent des gens « tugger » avec leur chien de manière complètement irréfléchie, alors que ce jeu a une valeur immense pour leur chien – notamment quand le coach parle ou explique (question d’occuper le chien). Souvent, le jeu n’arrive pas suite à l’exercice pratiqué (on écoute le coach parce qu’on est polis) et arrive bien plus tard, alors que le chien nous a aboyé contre ou nous saute dessus (on sort le tug)  :-|

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La « contingence »  (c’est à dire la « liaison » entre un événement et un autre) est fondamentale quand elle doit faire office de renforçateur. 

Si votre chien n’est pas malade, s’il n’est pas soumis à un stress intense (autre sujet) et s’il «ne s’intéresse pas à la friandise », je vous le re-dis : la réponse est « pas encore »  :-D

Happy Training ☺  

Graines et amandes fermentées

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Comme il a fait très (très) froid, que le chemin de ma maison était impraticable à cause de la neige et que j’ai du rester guetter l’installateur sanitaire pendant deux jours entiers pour qu’il vienne me sauver de mes canalisations congelées (bonheur), on a décidé de faire quelques stocks pour les chiens… on est parés en mix de légumes, bouillon d’os gélatineux pour un bon moment  :lol:

Dans la foulée, j’ai décidé de fermenter des graines de tournesol et courge et des amandes biologiques que j’avais dans mon armoire – destination :  la gamelle des chiens  :lol:

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 Intérêt nutritionnel des graines de courge : 

  • pour leur effet vermifuge naturel (les graines de courges contiennent un acide aminé qui a un effet paralysant puis évacuateur des vers dans le tract digestif)
  • elles sont riches en magnésium (un minéral qui est souvent trop peu présent dans une alimentation crue)
  • elles sont une source de zinc (autre minéral souvent trop peu présent dans une alimentation crue)
  • elles contiennent des acides alpha-linoléiques
  • elles sont riches en tryptophane
  • elles sont une source de fibres

Intérêt nutritionnel des graines de tournesol

  • elles sont riches en vitamine E et sélénium
  • elles sont une source de manganèse, de cuivre et de thiamine
  • elles contiennent de l’acide linoléique
  • elles sont une source de fibres

 Intérêt nutritionnel des amandes

  • elles sont riches en vitamine E et magnésium
  • elles sont une source de cuivre
  • elles apportent de la riboflavine et des antioxydants
  • elles sont riches en fibres

 … et la fermentation alors, pourquoi faire ?

Post fermentation, les nutriments des graines et des amandes seront plus bio disponibles pour le chien – en effet, elles sont ainsi « prédigérées » par les bactéries produites lors de la fermentation et leurs nutriments sont beaucoup mieux assimilés que si on devait les donner telles quelles.

En utilisant la partie claire de mon kéfir que j’ai laissé volontairement se séparer (voir photo ==> ce petit lait active la fermentation), les chiens bénéficient, dans la foulée, des bienfaits des probiotiques du kéfir et des fibres en tant que prébiotiques.

petitlait

Si vous ne faites pas de kéfir (de lait) pour vous ou vos chiens, vous pouvez acheter un sachet tel que celui-ci pour l’occasion et utiliser du lait de chèvre au lieu d’utiliser l’eau (ou un mélange des deux).

 sachetkefir

Fermentez de quoi suffire à vos chiens pour moins d’une semaine si vous comptez garder votre réserve au frigo (les graines et les noix rancissent rapidement, comptez une conservation de 4 ou 5 jours maximum).

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Je congèle ce que j’ai en excès (ce qui diminue légèrement les probiotiques mais reste intéressant).

Ingrédients (quantités à adapter à vos besoins)

  • Environ une demi tasse de graines de courge, une demi tasse de graines de tournesol et une demi tasse d’amandes (non salées et crues, si issues de la culture biologique évidemment, c’est mieux).
  • Environ une grande tasse d’eau filtrée ou faiblement minéralisée.
  • 10-15 cuillères à soupe (non métallique la cuillère) du petit lait de kéfir.

Comment faire?

Mettre tous les ingrédients dans un contenant adapté (non métallique, idéalement en céramique) et laisser fermenter pendant 24 ou 36 heures (selon température ambiante).

Mixer sans égoutter, garder ce qu’il vous faudra pour 4 ou 5 jours au frigo et congeler le reste.

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Combien en donner ?

J’ajoute ce paragraphe car je sais que vous allez me poser la question dix mille fois… mais on parle d’aliments et non de médicaments, il n’y a donc pas de posologie et tout dépend de ce que contient la gamelle BARF de votre chien et quelles sont vos autres sources de ces mêmes nutriments (notamment manganèse, zinc, magnésium et vitamine E)mais la variété étant source d’équilibre, cette préparation est une alternative intéressante.

Une cuillère à soupe pour un chien d’environ 20-25 kilos 2 ou 3 fois par mois est une bonne base  :-D (une « patte » fait une cuillère à soupe)  :lol:

Attention : les graines de courges peuvent se révéler irritantes donc, quelle que soit la forme sous laquelle vous en donnez, elles ne doivent pas être données en continu mais occasionnellement (2-3 jours par mois). 

… et voilà le produit fini, prêt à l’emploi ces prochaines semaines (accompagné de son pote bouillon d’os)  :-D

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Niveau appétence, ceux qui connaissent mes chiens savent qu’ils ne sont pas une référence : ils auraient tendance à manger d’abord et réfléchir ensuite (ce qui, avouons-le, est très pratique mais parfois un peu frustrant)  :-D

La prochaine fois, je vous parlerai de comment je fais fermenter les légumes des chiens également  :-D

Happy cooking 

conf K Overall / 2

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Je vais passer rapidement sur la présentation de ce que le Dr. Overall considère et présente comme des mythes ou des controverses en médecine vétérinaire.

Certaines thématiques (comme celle de l’homéopathie et celle de l’utilisation des phéromones dites « apaisantes ») impliquent plus fortement que d’autres l’effet placebo qui, pour les détracteurs, ne se limite pas au simple cachet ou granule mais à toute la dynamique reliée à toute forme de croyance (il est fréquent de voir le comportement et/ou l’état de santé d’un chien se modifier de manière significative tout simplement parce qu’il participe à une étude… ce qui laisse songeur).

Toutefois, sans vouloir entrer dans ce débat spécifique, il était intéressant de constater que, dans une étude portant sur les effets d’une préparation homéopathique, l’état des chiens impliqués (peu atteints, gravement atteints, début de pathologie, aigüe, chronique ?) n’est même pas spécifié au départ, ce qui laisse le béotien quelque peu perplexe (manque de précision).

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Evidemment inutile s’attarder sur le fait qu’il n’existe pas la moindre étude qui parle d’une quelconque efficacité en ce qui concerne l’homéopathie mais ça, je pense que tout le monde le savait déjà, ces études à charge ayant déjà été largement reprises par la presse généraliste (et qui ont été réfutés immédiatement par le public).

Même combat pour certains acides aminés présumés utiles dans la modification de l’humeur comme le tryptophane et/ou la tyrosine… et dont il serait parfaitement inutile et illusoire de supplémenter son chien (hors effet placebo).

Je ne peux que vous proposer la conclusion car l’explication, donnée à une allure de folie (comme l’intégralité de la conférence d’ailleurs) aurait nécessité bon nombre de questions de ma part et une explication largement plus détaillée (ma formation scientifique n’était, tout simplement, pas à la hauteur). 

(tout cela, vous le trouvez noir sur blanc dans le livre « Manual of Clinical Behavioral Medecine for Dogs and Cats » si vous voulez aller plus loin)  ;-)

A travers ce premier sujet, on en arrive à mon principal (voir unique) vrai reproche au sujet de ces deux jours : une frustration intense sur certains sujets survolés comme si nous étions attablés entre pharmacologistes chevronnéssans que soit proposée la moindre tentative de vulgarisation et, de surcroît, à une cadence que je qualifierais volontiers d’infernale  (grands échanges de regards ahuris avec mes voisines de rangées, ce qui m’a fait rire car nous aussi nous donnons une montagne de ce que les gens aiment appeler « des signaux d’apaisement »)  :-D 

Autre controverse qui en aura laissé plus d’un perplexe, les études sur les méfaits présumés de la castration / stérilisation qui, sous nos latitudes, ont dernièrement été mises considérablement en avant pourtant (notamment l’augmentation des ostéosarcomes, des rupture des ligaments croisés, des lymphosarcomes)complètement réfutées par la Dr. Karen Overall qui met en avant l’âge des chiens participants à ces études (insuffisamment avancé) et le très petit nombre de chiens utilisés (ce qui casse les règles de la statistique) : selon elle, aucun effet néfaste ne peut être imputé aux gonadectomies (quel que soit l’âge de l’animal au moment de l’intervention).

Pour aller plus loin : http://www.joeldehasse.com/books/castration.06.html

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Quoi qu’il en soit, les études étant effectivement insuffisantes, incomplètes, peu significatives (c’est elle qui nous le dit), son opinion (au demeurant assez tranchée en l’absence de vraies données) est à considérer comme lourdement teintée de culturel, social et anthropologique (n’oublions pas qu’elle nous arrive des USA où la production incontrôlée de chiens et l’abandon endémique ont des conséquences catastrophiques avec des «refuges» qui se voient obligés de tuer les chiens par dizaines, ce qui est considérablement choquant et traumatisant).

Un mini café et on repart dans une présentation surtout utile aux vétérinaires présents – sur l’évaluation du stress des chiens en cabinet vétérinaire (procédure standardisée) : en ce qui nous concerne, éducateurs et propriétaires, une vraie préparation des nos clients en «medical training » reste précieuse quelle que soit l’attitude de notre vétérinaire traitant (notons que si nous restons libre de choisir notre vétérinaire généraliste, le chirurgien spécialiste dont tout le monde parle « car il fait des miracles », on le prendra qu’il soit aimable avec notre chien ou pas : autant préparer nos chiens)  ;-)

On espère donc que les vétérinaires présents auront, tous, pris bonne note car on peut toujours « mieux faire » (même si je salue mon gentil véto qui me voit si rarement au passage, en espérant continuer à le voir rarement).

Idem pour tous les toiletteurs, ostéopathes, masseurs, magnétiseurs, reiki et autres manipulateurs « new age » que je pourrais oublier  :-D

Si la Dr. Karen Overall a clairement dit que la plupart des vaccins faits aux chiens sont valables « à vie » dès la première injection (si, si) – elle préconise d’emmener le chiot chez le vétérinaire hors nécessité de vaccins, tous les 3 mois la première année et 2 fois par an les années suivantes même quand le chien va bien (et là, tu regardes tes pieds mais, à ma décharge, je n’emmenais même pas mes enfants chez le pédiatre à cette fréquence et je me traîne à la permanence médicale qu’aux débuts des hallucinations ou quand je suis en fin de vie)  :roll:

Amusant de constater que nos assurances maladie nous incitent à aller consulter le moins possible alors qu’il faudrait emmener le chien qui se porte comme un charme chez le vétérinaire tous les trois ou six mois (oui, oui, je vois clairement la différence)  ;-)

Dans la foulée, une autre étude démontre ce que tout éducateur expérimenté sait déjà : le propriétaire lambda et même le praticien de santé, s’ils sont à 90% aptes à reconnaître les signes de joie et de bien-être, détectent par contre très mal les signaux de stress, de malaise, d’hésitation et d’anxiété chez les chiens (surtout les plus subtils).

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Ensuite, quelques études sur les comportements pathologiques des chiots issus d’animaleries versus issus d’élevages (que j’ai considéré peu signifiantes personnellement vu qu’un chiot d’animalerie est, lui aussi, né chez un naisseur plus ou moins acceptable et, sans ces précisions circonstancielles, sans contexte précis, les appellations « chiot d’animalerie » versus « chiot d’éleveur » me semblent passablement vides de sens).

Les élevages ne sont pas tous irréprochables (très loin s’en faut), les chiots d’animalerie ont pu grandir dans un salon et être socialisés (ils ne sont pas tous issus de sombres trafics) <== ici aussi, intense frustration car impossible de casser le rythme infernal de la présentation pour demander plus de précisions (c’est froid une étude). Les animaleries sont interdites en Suisse mais, en France, il existe des élevages qui vendent directement ET fournissent les animaleries notamment.

Bref, des pistes de réflexion et un début d’approche moins émotionnelle de l’étude scientifique que j’ai (comme à peu près tout le monde) tendance à croire volontiers quand elle m’arrange et à oublier rapidement quand ce n’est pas le cas  :lol:

… et, toujours, suite à venir  :-D

Les bienfaits de la gélatine

Depuis très longtemps, j’ajoute une préparation de gélatine aux gamelles de mes chiens…. et vous devriez le faire aussi

Parce que je n’ai pas toujours le temps / courage/ les os adéquats pour faire du « bouillon d’os » et parce que la gélatine est un vrai trésor de bienfaits, aisément disponible, pour nos carnivores domestiques  :-D

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La gélatine a toujours fait partie de l’alimentation des humains et le bouillon gélatineux, vieux remède de grand-mère, était généralement inclus dans les plats longuement mijotés qui se sont un peu (énormément) perdus dans notre vie moderne.

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Comme ce blog se concentre sur les chiens essentiellement, le concept du végétarisme n’entre tout simplement pas en ligne de compte (les chiens sont des carnivores et le resteront quoi qu’en disent certains), toutefois, si vous n’êtes pas végétarien, ces concepts s’appliquent également à l’humain.

Si vous faites régulièrement du bouillon d’os – et que celui-ci gélifie aisément – vous pouvez vous en tenir à ça bien évidemment – mais c’est souvent long à réaliser, certains n’ont même pas de casserole adéquate et ne sont pas assez longtemps à domicile pour surveiller la cuisson et, parfois, celui-ci ne gélifie pas.

Quelques conseils à ce sujet, avant de revenir à notre gélatine  :-D

Pourquoi mon bouillon ne gélifie pas, malgré mon vinaigre ?

  • Parce qu’il cuit à trop haute température. Si la température est trop haute, la chaleur va détruire le collagène et le bouillon ne gélifiera pas ou très peu.
  • Parce qu’il n’a pas cuit assez longtemps (un bouillon d’os de poulet devrait cuire entre 6 et 24 heures et un bouillon d’os de bœuf entre 12 et 50 heures) d’où l’utilité de la gélatine pour ceux qui sont terrassés par la perspective et ne possèdent pas de « slow cooker ».
  • Parce que les os utilisés ne sont pas appropriés : ils contiennent trop peu de cartilage. Ne pas hésiter à ajouter des morceaux « cartilagineux ». 
  • Parce qu’on a utilisé trop d’eau pour la quantité d’os disponibles : il faut environ 2 kilos d’os pour 4 litres d’eau pas trop calcaire, les os doivent être recouverts.
  • Parce qu’on utilise les os de poulets élevés en batterie ☹ On sait que les carcasses de ces poulets contiennent très peu de gélatine.

Si la perspective du bouillon d’os gélatineux vous sidère par avance, il vous reste la gélatine  :-D

(et, si vous avez cuit un bouillon d’os qui n’a pas gélifié correctement, n’hésitez pas, justement à lui ajouter de la gélatine, tout simplement :-D

Les acides aminés présents dans la gélatine (glycine, proline, hydroxy proline, acide glutamique, alanine, arginine, acide glutamique, acide aspartique, lysine, sérine, leucine, méthionine, histidine et tyrosine en des proportions variables selon la gélatine utilisée) apportent un nombre incroyable de «mesures préventives et curatives »

La gélatine peut :

  • aider à la cicatrisation
  • aider à la digestion
  • réduire les effets cataboliques des tissus musculaires en période de stress ou de maladie
  • aider à la sécrétion gastrique 
  • réduire l’inflammation des muqueuses (une alliée en présence de ce qu’on appelle le « leaky gut » ou « intestins poreux » également chez le chien)
  • favoriser la production d’hormone thyroïdienne
  • régulariser le diabète
  • protéger contre le stress (cortisol)
  • améliorer la qualité du poil, des griffes, des os et tous les tissus conjonctifs
  • aider en cas de douleurs articulaires (dysplasie et donc arthrose et arthrite)
  • aider les chiens souffrant d’épilepsie (études effectuées chez le rat)
  • soutenir les tissus conjonctifs (penser au chien sportif)

Que peut-on faire de la gélatine pour nos chiens ?

Une friandise appétissante (plus intéressante pour utilisation à la maison car ne supportera pas bien la chaleur et se garde au frigo)un délicieux complément pour sa gamelle – hyper bas en calories (zéro calories dans la gélatine – peut-être réalisée avec un bouillon maigre très appétissant pour le chien, pour un résultat final à la fois hyper digeste et hyper appétissant : que demander de plus?). Evitez toutefois les cubes de bouillon, beaucoup trop riches en sel (ou choisissez un produit sans sel, si la perspective d’un bouillon maison vous décourage, celui-ci contiendra toutefois de l’amidon de maïs, du sucre mais, enfin, on fait ce qu’on peut). 

Dosage, approximatif, journalier d’une préparation de gélatine pour un chien de :

  • 5 à 10 kilos : une cuillère à café
  • de 10 à 20 kilos : 2 à 3 cuillères à café
  • de 20 à 30 kilos : 3 à 4 cuillères à café
  • plus : une ou deux cuillères à soupe

(Je précise que la gélatine est un supplément et non un médicament, ces quantités sont donc purement indicatives)

Pour ma part, je la garde en pots et j’ajoute leur dose quotidienne à tous mes chiens : importante pour les chiots en croissance, déterminante pour les petits vieux, essentielle pour mes chiens sportifs ☺

Considérez que, si les soucis de votre chien sont digestifs, il est préférable de lui en donner souvent pendant la journée, plutôt qu’une seule fois au moment de la gamelle (d’où l’utilité des « friandises »).

Je mets ces friandises dans « mon » désormais célèbre « moule magique » (et je le garde ensuite au frigo les friandises démoulées – pas plus que 3-4 jours). 

friandisesgelatine

Ces friandises ont la consistance des « oursons » en gélatine de notre enfance (pas le même goût ni la même couleur par contre), elles sont « caoutchouteuses » et « rebondissantes ».

oursons

Vous pouvez y ajouter plein de choses comme des légumes, des herbes aromatiques, du gingembre, de la cannelle, des myrtilles,  etc. etc. etc.

Si votre chien est difficile ou si votre gélatine est uniquement à base d’eau, n’hésitez pas à mixer quelque chose qu’il apprécie et à l’ajouter à la masse (j’y ajoute, pour mes lecteurs suisses, une tombée de notre très célèbre « Parfait »)  ;-)

parfait

Attention à ne pas utiliser de préparation de gélatine sucrée : outre au sucre tout à fait dommageable à nos chiens, ces préparations contiennent souvent du xylitol (sucre issu de l’écorce de bouleau) qui est MORTEL pour les chiens à certaines doses.

bouillon2

Vous aurez donc besoin de :

  • une tasse de gélatine neutre (pas de sucres, pas d’édulcorants)
  • une tasse d’un liquide froid (eau, bouillon de viande, eau ou lait de coco)
  • 3 tasses d’un liquide chaud (bouillon de viande maison – comme ci-dessus – ou industriel sans sel ou eau)
  • autres ingrédients de votre choix (ATTENTION : certains fruits ne sont pas appropriés à la préparation de gélatine car leur enzymes empêchent la « prise », ceux qui contiennent de broméline comme le kiwi, l’ananas, la papaye, la goyave)
  • un contenant de votre choix (un simple plat « pyrex » ou un moule à tarte fait l’affaire, vous pourrez ensuite couper votre gélatine à votre guise ou encore des Tupperware si vous souhaitez congeler votre production). 

Attention : toutes les gélatines n’ont pas le même pouvoir gélifiant, toutes les gélatines n’ont pas le même mode d’emploi – certaines se liquéfient dans le liquide chaud sans trempage, regardez votre paquet et adaptez en conséquence. Si votre gélatine est trop « molle » à votre premier essai, augmentez les doses pour obtenir une consistance de « gomme ». Les produits du commerce destinés à fabriquer de la gelée indiquent un indice bloom » qui est compris entre 50 et 300. Plus le degré Bloom est élevé, plus le pouvoir gélifiant de la gélatine est important.

ingredientsgélatine

  • Mettez votre tasse de gélatine dans un bol et ajoutez une tasse d’un liquide froid et laissez reposer 2 minutes (ou suivez les indications de votre paquet)
  • Ajoutez votre liquide chaud sur la gélatine ramollie et mélangez afin de dissoudre la gélatine complètement
  • Transvasez dans le « contenant » de votre choix

gelatinepattes

Ma production « lambda » : bouillon maison de viandes et légumes + gingembre + cannelle + gélatine + myrtilles mixées + persil / le tout issu de la production biologique  ;-)

productionlambda

Elle se congèle sans problème dans des contenants appropriées : la mettre à décongeler au réfrigérateur pour la garder bien ferme.

Au frigo, elle se conserve une petite semaine sans problèmes.

Happy cooking  :-D

L’apologie du calme…

 

hyper1La réalité du chien dit «actif» est relativement compliquée : et s’il n’est pas rare de devoir inciter certains propriétaires à bouger son chien « un peu plus » quiconque a partagé sa vie avec un chien très speed, fit et légitimement entraîné sait que de le «fatiguer » est – souvent – un vœu assez pieux  :lol:

Parce qu’il existe une montagne d’excellents propriétaires (quoi qu’on en dise) : j’ai rencontré une foultitude de clients, souvent jeunes et sportifs eux-mêmes, ayant adopté en toute connaissance de cause un chien de nature sportive et active et qui sont passés rapidement d’une heure de balade à deux, puis trois, puis quatre heures par jour – j’ai même eu un jeune couple de deux jeunes hommes qui se relayaient l’un après l’autre pour balader leur chien la bagatelle de six heures par jour  8-O   (sans arriver à la moindre amélioration du comportement destructeur de leur chien d’ailleurs, qui était incapable de se poser à la maison).

Quand la balade nez au vent dans la nature ne suffit pas à atteindre le nirvâna du «un chien fatigué est un chien sage» et que le chien arrive à l’âge de pouvoir pratiquer, on ajoute l’agility, le frisbee, le lanceur de balles (post balade), etc. etc.

Ensuite, à la maison, «il a ses jouets » à disposition  :-?

 

dogtoys

Dans certaines races dont le potentiel sportif est énorme, ces super athlètes (rendus tels par leurs propriétaires pleins de bonne volonté), on se retrouve avec un chien littéralement «increvable » parfois (et des propriétaires épuisés qui – hagards – voient leur chien leur apporter la balle à la maison, et parfois vocaliser si on les ignore, genre « je m’ennuie », alors que les humains sont exténués et, accessoirement, ont aussi besoin / envie de faire autre chose que d’amuser le chien).

creve

Quand on se retrouve avec un chien adolescent très actif et que, à un moment dans la journée, vous avez l’impression qu’il va dévorer vos possessions une à une, on sort et on va « le fatiguer ». On balade, on lance des trucs divers et variés, on joue au frisbee ou tout ça en même temps ou successivement, longtemps. Très longtemps parfois.

Rassurez-vous, je ne vais pas vous pondre une litanie anti-sports canins : les chiens qui s’ennuient sont légion (eux aussi) et toute activité canine bien introduite me semble excellente à prendre (et puis, soyons un peu francs : tout le monde prend un chien pour une quelconque forme de gratification et le nier me semble très hypocrite – je laisse ça aux plus « saints d’entre nous »).

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Tous mes chiens ont des vies bien sportives, des tas d’apprentissages au clicker et, néanmoins, savent parfaitement me « lâcher les baskets » (et moi lâcher les leurs) - vivre comme des chiens pendant leurs balades, se poser à la maison et attendre tranquillement quand je travaille d’autres chiens, même en salle. 

Quand mes enfants étaient petits et qu’ils avaient besoin de se défouler physiquement, il n’était pas approprié de leur proposer une activité de lecture ou un jeu de réflexion même s’ils adoraient les moments de lecture et les bricolages tranquilles – l’un ne peut empêcher l’autre, l’autre ne doit exclure l’autre.

Par ailleurs, adopter un chien sportif, à moins d’une monumentale erreur de casting (cela arrive aussi et même plutôt souvent, mais ce n’est juste pas la thématique du jour), implique qu’on ait envie de faire des trucs avec son chien – sinon, on porterait judicieusement son choix sur une race moins exigeante à ce niveau là.

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Ce qu’on oublie souvent dans notre vision du « j’ai pris un chien sportif et j’assume » c’est que toute forme d’activité dynamique, génère une montée d’adrénaline considérable – chez des sujets qui montent très, très vite en excitation déjà de par leur génétique (la sélection au chien ultra speed est très réelle et parfois un peu délirante aussi).

L’impasse est souvent atteinte parce que le chien n’a aucun apprentissage du «calme» et vit en état d’excitation perpétuelle (ce qui peut aider à se construire un chien dit « réactif » – qui aboie sur les autres chiens, qui aboie quand les gens bougent, qui « exige » car aux prises avec des émotions qu’il ne peut plus gérer).

J’ai des clients propriétaires de chiens ultra sportifs chez qui je vais parce que le chien ne leur laisse plus un instant de tranquillité et qui me disent, soucieux de ne pas me voir les taxer de ne pas « assumer leur chien », qu’ils baladent 3 heures par jour, jouent au frisbee, vont à l’entraînement d’agility, lancent la balle et rentrent, malgré tout, à la maison avec un chien littéralement insupportable dans ses demandes d’interaction (et qui, parfois, pendant l’entretien de comportement, lancent le jouet inlassablement à leur chien qui vocalise aussitôt qu’ils s’arrêtent). 

A ces personnes, je propose avant tout d’en faire beaucoup moins ou, plutôt de faire très différemment (et là, ils me regardent ahuris – j’ai un chien « sportif » Madame). Oui, moi aussi  :-D

et on se met à bosser sur l’apologie du « calme »  :-D

Parce que oui, parfois on peut avoir le beurre et l’argent du beurre, on peut avoir un chien actif et sportif ET calme.

trio

Renforcer le calme : souvent, quand on a un chien qui ne se tient « jamais tranquille » à la maison, quand le chien se pose (enfin) sur son dodo, on aurait tendance à surtout ne plus le déranger du tout (versus les montagnes de renforcement quand il provoque, inévitablement, l’attention quand il prend la télécommande, bouffe vos coussins du salon, vole votre chaussure à l’entrée, etc.). 

C’est, souvent, précisément ainsi que nous fonctionnons avec les enfants – qu’on ignore quand ils sont « sages » (comprendre n’ennuient personne) et dont on s’occupe très activement aussitôt qu’ils ne sont plus « sages » (comprendre font quoi que ce soit pour attirer l’attention).

On s’étonne ensuite de la construction d’enfants « insupportables » alors qu’on renforce avec constance et systématique tous les comportements inappropriés et qu’on ignore les autres.

Que vous « croyiez » ou non, aux lois de l’apprentissage ne les empêchera pas d’exister…. ce sont des forces en action qui feront leur boulot quelles que soient vos convictions culturelles personnelles  ;-)

science

Quand j’incite les propriétaires à aller « renforcer » ces moments de calme, par une friandise ou une séance de câlins (si le chien apprécie la séance de câlins évidemment), on me répond – horrifié – «ah mais non, il va se lever » (quelle horreur)  :-D  

Oui, il va se lever pratiquement à coup sûr, je vous le confirme et là, il va falloir tout simplement recommencer ce que vous étiez en train de faire sans faire cas du chien (pas toujours facile au début). Faute de mieux, il finira par retourner à son dodo ou sa position de calme (les miens ont une fâcheuse tendance à ignorer leurs dodos hors de prix et à dormir sur le sol, à la dure). Là, vous retournez renforcer ce moment de calme…. en lâchant quelques friandises sur le dodo ou en débutant une séance de câlins-massages très calmes.

Avant de débuter ce travail – prenez note de combien de minutes / heures votre chien est calme dans son dodo – quelques 15 jours plus tard reprenez à noter les moments de calme dans le dodo…. je vous parie qu’ils auront augmenté  ;-)

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En parallèle, virez les jouets qui sont au sol ou dans le panier accessible au chien, virez les coussins, rangez la télécommande et autres opportunités de devoir « réagir » aux « bêtises » de votre chien (qui, au contraire, se montre très intelligent car il a rapidement compris comment vous contraindre à interagir).

Apprenez à votre chien à réagir à un « interrupteur positif » (un petit bruit quelconque que vous associerez, hors contexte de « bêtises » à quelque chose de hautement gratifiant, surtout si vous avez utilisé son nom, encore et encore, pour le stopper dans ses comportements inappropriés).

Un travail sur la détente – comme le protocole de relaxation de la Dr. Karen Overall, l’exercice de détente sur le dodo de Nan Arthur (qui sont des protocoles à suivre étape par étape). Cela n’a strictement rien à avoir avec un exercice de travail du style « va à ta place » – qui fait appel à un conditionnement opérant – à savoir, appris, renforcé où le chien choisit ce qu’il sait être « payant ». Ces protocoles se focalisent sur l’émotion du chien, favorisent la détente  :-D  

Vous les trouvez aisément via une petite recherche Google, ils nécessitent, à mon sens, l’accompagnement d’un éducateur compétent, en tous cas au début  :-D

Pensez à l’olfaction – pensez « tapis de fouille » (ou snuffle mat), pensez à la technique des « Sprinkles »  :-D  (votre éducateur / trice pourra vous aider à mettre ces techniques en place). 

snuffle

Si votre chien mange des croquettes, pensez à passer à une alimentation BARF et ajoutez du kéfir que vous ferez maison ou des comprimés de probiotiques – c’est bénéfique de toute façon et la relation entre l’émotionnel et l’état de la flore intestinale est de plus en plus mis en avant en médecine humaine.

kefir

Certains produits naturels – comme la L-Théanine (thé vert), ou la caséine (protéine du lait) peuvent – parfois – aider votre chien à se détendre et ne créent aucune accoutumance (parlez-en à votre véto). 

Réévaluez si votre chien gagne vraiment quelque chose à voir certains « copains chiens » avec qui le jeu est souvent très agité et confine, parfois, à l’affrontement. 

Réévaluez si ses séances de sport en club finissent par une excitation qui devient ingérable (réactivité en laisse, réactivité en libre sur les autres chiens, les humains, etc.) – il faudra probablement arrêter ces activités quelques temps. Parlez-en avec votre coach – s’il connaît son travail, il saura parfaitement comprendre vos motivations et construire, avec vous, un retour à l’entraînement qui tient la route.

Apprenez à votre chien un signal « libre » : à partir de celui-ci, il peut faire ce que bon lui semble mais SANS interaction avec vous (surtout en balade) et, question de le rendre crédible, tenez-vous à celui-ci.

Quand vous travaillez votre chien au clicker, travaillez sur le contrôle de l’impulsion sur chaque comportement appris, sans exception. Le chien qui vous balance son répertoire de connaissances n’est pas « rigolo » ni « mignon » mais frustré avant tout et ça n’a rien d’une émotion agréable.

Le concept du contrôle de l’impulsion sur les comportements est le parent (très) pauvre des personnes qui ont appris le clicker training « sur le tas » (via Youtube et quelques articles).

impulse

Faites des balades en longe en suivant votre chien là où il souhaite aller – la longe vous permettra de le laisser tranquille vaquer à sa vie de chien sans devoir l’appeler constamment vers vous si le rappel n’est pas acquis. S’il tire, n’avancez pas en ligne droite mais faites un parcours suffisamment sinueux et renforcez quand il vous suit.

Oui, vous pourrez revenir aux jeux, au sport, au club…. MAIS en continuant vos  protocoles d’apprentissage du « calme » et en mixant savamment votre progression entre périodes de calme et périodes d’excitation (à ce sujet, il vous faudra l’aide d’un éducateur compétent).

Le chien étiqueté comme « insupportable », « ingérable », ultra demandeur et qui finit par régir l’intégralité de la vie de son propriétaire (qui, parfois, ne reçoit plus personne chez soi, est épuisé par la gestion du chien) est une des causes d’abandon les plus fréquentes ou alors une des causes de prises de psychotropes le plus courantes : alors que, souvent, il s’agit tout simplement de chiens qui auraient eu besoin d’un apprentissage au calme systématique dès leur plus jeune âge, plutôt que d’une débauche d’activités excitantes afin de favoriser une très hypothétique – et improbable – « fatigue ».

Happy training  :-D

 

 

 

 

 

Pattes de légumes

ZoukGamelle

Le 2ème service, c’est possible?  ;-)

Dans une gamelle BARF, il y a des légumes… et même si les « raw-feeders » les considèrent superflus, j’ai remarqué que mes chiens ne « broutent » plus du tout quand leur gamelle de viande en comprend (environ une cuillère à soupe par dix kilos de poids est la quantité consacrée, les miens ont carrément le double et tout va bien) :lol: 

Les légumes  chez moi sont généralement ultra frais, bio et hyper locaux puisque j’ai la chance d’habiter à trois minutes d’un producteur qui fait vente directe (et, parfois, mais plus rarement,  ils sortent même de mon potager quand les limaces qui ont colonisé les lieux veulent bien me laisser quelque chose mais c’est pas souvent) :-D 

J’en achète tous les deux jours, voir quotidiennement quand je passe devant, et les chiens (+ cochons) partagent à peu près ce que je mange moi-même : cresson, épinards, kale et jeunes pousses de kale, courgettes, pourpier, feuilles de betteraves, fenouil, brocolis…  et même des légumes dont j’ignore parfois l’existence — on est gâtés ;-)

Il est donc assez rare que je prépare des mix de légumes en avance – tout part dans le « Magic Bullet » (mon mini mixer favori) au moment de la préparation de la gamelle de viande – avec, parfois, un oeuf entier (coquille comprise) et les éventuels compléments + un peu d’eau et passe directement dans la gamelle des chiens – ça me prend 3 minutes  ;-)

magic-bullet

Sauf que, parfois, parce que j’ai été absente ou que j’ai mangé dehors, je me retrouve avec beaucoup plus qu’il ne m’en faut au quotidien  :lol: 

legumes

Je me lance donc dans la préparation de mes « pattes de légumes »  :-D

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Tant qu’à se lancer dans une préparation, on ajoute des compléments divers et variés : huile végétale, vinaigre de cidre, curcuma, spiruline, levure de bière, huile végétale,  etc. 

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Quand je fais des grosses quantités, je fais plutôt bosser maxi mixer – mon Vitamix adoré  :lol:

(hors de prix, c’était un cadeau de Nowel et de genre 3 ou 4 anniversaires mais il est génial et garanti 10 ans)  :D

vitamix

On ne critique pas mes moules, je les ai achetés sur un site dont le bénéfice est est reversé  à une association pour les vieux chiens  :lol:

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On remplit tout ça bien soigneusement….

moules2

…et, quelques heures plus tard, voilà votre mélange légumes bio + compléments et huile végétales (coco ici) : facile – une « patte » pour les petits, 2 « pattes » pour les plus grands  :D

Pour la personne qui garde mes chiens quand je suis absente, c’est plus facile que si je devais lui laisser une liste kilométrique de trucs à rajouter  :-D

pattes

Petite astuce : pour les chiens qui ont de la peine à avaler des légumes, j’ajoute un peu de viande ou de lardons ou de dès de jambon dans ma mixture et plus de caprices  :-D

Happy cooking  :-D

 

WOOF2017 – premier épisode….

woof2017

WOOF2017– c’était la conférence européenne sur le comportement et l’apprentissage qui s’est tenue du 10 au 12 février 2017 à l’Université de Nottingham, en Angleterre  :-D

Le genre de truc qu’une « geek du comportement » comme moi ne pouvait, évidemment pas, manquer – donc départ pour une Birmingham glaciale où j’ai quand même pu admirer, comme souvent en Angleterre, des imperturbables Britons pieds nus dans leurs sandales et en manches courtes comme si nous étions en plein été  :lol: :lol: :lol:

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image Google parce que j’ai pas osé dégainer mon i-phone pour prendre les pieds des gens en photo  :lol:

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Saluons d’emblée l’excellente organisation de l’événement – un accueil tout à fait chaleureux dans un lieu magnifique (aussi bien l’hôtel que le centre de conférence), des repas appétissants – qu’il fallait néanmoins mériter post queues interminables dont seuls les anglais ont le secret – une excellente ambiance entre les participants de tous pays, des intervenants d’un calibre indéniable et un « team WOOF » qui s’est donné sans relâche pour le bien-être de tous, à tous les niveaux (merci à eux au passage ains qu’à tous les participants qui ont égayé mon séjour sur place, ils se reconnaîtront sans peine).

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On débute en force avec l’intervention de Sean Pogson, (« The science of fairytale » – la science d’un conte de fées). 

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Ne cherchez pas son nom dans votre liste des éducateurs ou dresseurs d’animaux célèbres, vous ne le trouverez pas  :-D

Sean, au delà d’être propriétaire d’un chien, était là en qualité de papa d’une petite fille née avec une maladie génétique rare et autiste non verbale de surcroît, presque perpétuellement aux prises avec des manifestations de profonde anxiété (balancement perpétuel), de frustration intense (se tapait violemment la tête contre les murs entre autres comportements dangereux).

On (tout le corps médical au grand complet) lui a donc conseillé de la « restreindre » et de la «contraindre à l’immobilité » afin de préserver sa propre intégrité physique et, pour l’inciter à toucher un objet, à se saisir de sa main et à forcer le contact.

Rapidement, le peu d’apprentissages d’Eryn, dite Tink, se sont complètement perdus. Zéro contact visuel, zéro interaction, même un simple échange visuel fugitif est rapidement devenu impensable :cry: 

Sean travaillait son chien (un imposant molosse issu d’un refuge et avec un passé à son actif) en clicker training (notamment pour les manipulations) et savait donc déjà que tout est possible sans jamais contraindre, même quand la situation est réputée « difficile » : il n’a pas tardé à en conclure que, ce qu’il était possible de faire avec un autre être vivant, devait être possible avec sa petite fille.

Le son du clicker a fait le reste – Eryn, profondément non verbale, réagissait très mal aux flots de paroles dont on la submergeait. Abandonner cette communication verbale (même extrêmement bienveillante) pour la remplacer par un marqueur, a été un pas significatif dans l’évolution d’une communication enfin efficace (ou d’une communication tout court).

A travers la compréhension de l’apprentissage opérant — et donc du clicker training — il est allé chercher sa petite fille (« qui ne ferait jamais rien » lui asséné la faculté au grand complet), dans sa réalité d’anxiété, d’angoisse, de frustration et de solitude émotionnelle pour la faire entrer en contact avec lui et avec la vie, à travers un parcours d’observation minutieuse de ses besoins et expressions non verbales, de ses rares renforçateurs identifiés à force de tâtonnements (le plaisir qu’elle avait à toucher les sourcils de son père et toute surface « poilue », la couleur jaune qui l’attirait, les bulles de savon, etc.). 

Emouvant d’apprendre que Sean a inventé son chemin tout seul, en glanant des informations sur internet et les réseaux sociaux – le ABA (Applied Behavior Analysis / analyse appliquée du comportement, cliquer sur le lien pour en savoir plus) n’est pas reconnu ni accessible en Angleterre et il suivi son premier séminaire TAG Teach seulement très récemment.

Avec une candeur complètement déconcertante et un grand sourire, Sean nous dit – « qu’il n’en revient pas d’avoir été aussi intelligent d’avoir trouvé ça tout seul » (nous aussi n’en revenons pas et nous sommes tous éperdus d’admiration)  :lol:

Cet exceptionnel papa a fait preuve d’une créativité sans limites dans sa quête de moyens divers et variés pour offrir à Tink les moyens d’en faire toujours plus : on parle là d’une enfant dont on avait scellé le destin « sanglée à sa chaise » et que l’on voit, en fin de présentation faire des pas en intérieur, en extérieur et même danser avec son incroyable papa (à ce stade, on est un peu submergé par l’émotion, indéniablement – les héros du quotidien sont rarement célèbres mais devraient l’être).

Si vous voulez en apprendre plus sur le TAG Teach – cliquez sur le lien.

Il existe un cours spécifique pour les enfants autistes (en anglais toutefois), pensé par Martha Gabler, elle-même maman d’un enfant autiste non verbal et auteure du livre « from Chaos to Calm » que je vous recommande vivement si vous êtes concernés par l’autisme (ou pas d’ailleurs).

Une fois Sean remis du tonnerre d’applaudissements suscité et nous mêmes remis de notre émotion suite à cette première intervention (qui aura profondément marqué le reste de la conférence), on a accueilli l’intervenant suivant : Mike Simmons – un homme et son aigle (« One man and his eagle ») de « A world of wings ». 

zumba

Je fais malgré tout déjà la moue, en apercevant un magnifique volatile exotique arpenter la salle (peut-être un Calao d’Abyssinie ?), accompagné de très jeunes chouettes (diurnes semble-t-il, ma culture ornithologique étant assez faiblarde, je passe sur l’espèce) qui, après avoir voleté dans l’immensité de la salle, semblaient peu enclines à revenir dans leur cage de transport à la demande de leur « trainer » (son de clochette).

Curieux de constater que le public a poliment réfréné ses applaudissements – pour ne pas effrayer les volatiles – pendant que ceux-ci étaient en liberté, pour se lâcher dans un immense plébiscite bien bruyant aussitôt qu’ils ont été en cage…. me suis quand même fait la réflexion que si le bruit était effrayant en liberté, il ne l’était pas moins (voir plus), une fois détenus en cage  :roll:

La présentation de Mike Simmons (A World of Wings, lien plus haut, en vert) était à la fois pernicieusement émouvante et attachante et son amour infini, voir complètement fou, pour « Georgia », son «aigle à tête blanche » (« bald eagle » en anglais) – plus précisément Pygargue à tête blanche (l’aigle qui représente l’emblème des USA pour situer)très clairement perceptible (et même carrément contagieux, dans une certaine mesure).

Additionné à la sympathie naturelle dégagée par cet intervenant à l’exquis humour britannique, cela m’aurait (presque) fait oublier à quel point je trouve dérangeant – encore et toujours – de voir des animaux sauvages réduits à des animaux de compagnie et des objets de divertissement et/ou de gratification personnelle.

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Indéniablement, tout est mis en œuvre pour que cette captivité se passe le moins mal possible mais parler de « donner le pouvoir » à l’animal quand on lui nie la première des libertés fondamentales – vivre libre et mener la vie qui correspond à cette espèce – je n’adhère toujours pas et n’adhérerai jamais. Aussi attrayant et sympathique le contenant, il ne peut pas occulter le contenu – qui est la captivité chez une espèce sauvage – je n’ai pas été « contagiée » par l’admiration et l’enthousiasme ambiants.

Je n’ai pas, non plus, raté la phrase de Simmons, qui nous dit que « voir voler ses oiseaux est profondément gratifiant » (pour lui évidemment).

Il également parlé de « partenariat » entre lui et ses oiseaux ce qui, quand on considère que ceux-ci sont essentiellement des EAM (élevés à la main par l’humain), rend le concept passablement douteux. Georgia, est apostrophée de « amazing creature » (créature extraordinaire) alors que cette intervention humaine – qui tend à s’approprier de cette dimension d’extraordinaire, l’annule largement.

Est-ce que « l’amour » d’une espèce doit (peut ?) obligatoirement passer par le concept de possession, de détention, d’asservissement ?

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La captivité reste la captivité

Est-ce que d’excellentes conditions de captivité et l’éternelle ritournelle de «l’enrichment» (enrichissement) du milieu de captivité justifient celle-ci ? Je ne le pense vraiment pas et je continue de penser que ce ne sont que de jolis pansements colorés que nous appliquons sur une blessure profonde (mais je me savais passablement solitaire dans mon point de vue, je ne l’ai donc pas forcément partagé très largement sur place).

“Le jour où l’on comprendra qu’une pensée sans langage existe chez les animaux, nous mourrons de honte de les avoir enfermés dans des zoos et de les avoir humiliés par nos rires”

Boris Cyrulnik

(cette phrase n’aura pas fini de me revenir en tête pendant toute la durée de la conférence)

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On revient à l’animal de compagnie (ouf), avec l’intervention de Sarah Whitehead, fort connue en Angleterre («Barking up at the wrong tree ? ») qui s’attaque aux « idées reçues» en éducation canine.

Amusant de constater qu’un des signes qu’elle indique d’emblée comme un indicateur de bien-être chez le chien (queue qui tourne en mode « hélicoptère ») est, précisément, celui que manifeste ma chienne qui, au retour d’une chasse, se réjouit de me revoir (car ma chienne ne fugue pas, elle chasse et, une fois sa besogne terminée, me cherche immédiatement) mais doit gérer l’ambivalence stratosphérique que lui cause ma communication non verbale (vu que je deviens un énorme signal d’une contrariété géante, fut-elle silencieuse) qu’elle perçoit très clairement même quand je ne prononce pas un seul mot. Pas, du tout, un signe de bien-être chez mon chien  ;-)

Comme quoi, débutant une conférence sur la mise en question de certaines interprétations « acquises », elle m’a immédiatement donné du « grain à moudre » sur la spécificité de certains signaux qui, considérés, comme signaux isolés et sortis d’un contexte, ne sont pas aussi indéniables que nous aimerions le croire.

Sarah Whitehead nous a invités à considérer ces expressions canines dans leur contexte – tout comme un sourire humain (dont on dit qu’il n’est sincère qu’à environ 7%) peut véhiculer une myriade d’émotions, pas forcément toujours amicales d’ailleurs  ;-)

La queue qui bouge pourrait être un moyen de disséminer des odeurs notamment, les queues rabattues sous le ventre, éviter de disséminer son odeur ou l’impossibilité – pour un autre chien – d’accéder à une identité olfactive.

Elle nous a invités à considérer la FONCTION d’un quelconque comportement et non pas la « raison » par l’exemple du bâillement : pourquoi le chien baille-t-il ? L’assistance fournit un certain nombre de raisons – alors que la fonction première d’un bâillement est d’accéder à un surcroît d’oxygène (quelle que soit la raison de ce bâillement, fatigue réelle ou émotion).

La FONCTION de la dite « position de jeu » (appellation que j’ai souvent considérée comme très simpliste)créer une distance ou du mouvement (parfois, effectivement pour initier le jeu, parfois pas du tout). Ne faudrait-il pas, en conséquence, l’appeler autrement?

La FONCTION des petites dents pointues des chiots : le sevrage – dès que ça commence à faire mal, la maman chien commence à sevrer ses petits et, sur cette ligne de réflexion, l’inhibition à la morsure – comment cela se fait-il que personne n’apprend celle-ci aux chatons alors qu’ils y arrivent également à l’âge adulte ?

Je note que je n’ai JAMAIS travaillé l’inhibition à la morsure de mes chiots et que tous ont une prise en gueule très délicate à terme (je travaille, par contre, le contrôle de l’impulsion).

L’intervention suivante, celle d’Alexandra Kurland, ayant été probablement ma préférée entre toutes, je la garde pour le prochain numéro – à la fois pour vous tenir en haleine (ah ah ah) et parce que, sinon, mon article deviendrait kilométrique (plusieurs numéros à suivre, parce que, avec tout ça, on n’a même pas couvert le premier jour encore, même si certaines présentations seront moins largement relatées).

Happy reading  :-D

C’est fait maison….

cookies

Aujourd’hui, on va parler « cookies »…. ou, en français dans le texte, friandises pour chiens (what else?)  :lol:

Quand on travaille au clicker, la friandise est une préoccupation importante : on en distribue beaucoup et on finit par se demander si ce supplément/complément sur la ration apporte, d’un point de vue diététique, quelque chose au chien (personnellement, je ne donne JAMAIS de friandises industrielles à mes chiens – elles sont blindées de colorants, additifs non identifiés ou identifiés comme épouvantables, au plus, du jambon et du fromage ou de la saucisse destinés la consommation humaine). Cela implique toutefois de couper des milliers de petits carrés <soupir>    :lol: 

La recette que je vous propose est variable à l’infini sur la base d’une protéine

  • boîte de saumon (si arêtes, je mixe le tout) / harengs / maquereaux
  • restes de viande ou de poisson cuits (si vous en mangez)
  • viande hachée crue (toutes viandes, sans oublier le foie et le coeur – que je vous conseille de hacher si vous ne voulez pas tuer votre mixer) :) 

viande

à laquelle on ajoute

  • des oeufs (toujours bio et en provenance de chez mon voisin donc ultra frais)
  • de la farine de tapioca que j’achète en magasin bio (qui rend les friandises plus « élastiques » et réduit donc les miettes au minimum) 

tapiocaComme pas trouvé de farine de tapioca ce matin chez mon producteur bio, j’ai pris de la fécule, toujours de tapioca, et tout a très bien fonctionné pareil… 

A cette mixture, on peut aussi ajouter :

  • un peu de potiron cuit
  • quelques myrtilles
  • des épinards (ou autre feuillu vert)
  • des herbes de toutes sortes (orties séchées comprises)
  • du curcuma
  • de la spiruline
  • etc. etc. etc. 

+ une cuillère à soupe ou deux d’huile végétale (j’ai mis de l’huile de noix de coco). 

Les proportions sont (environ) d’une part de protéine pour une demi part de farine de tapioca et 2 oeufs  + l’huile végétale (selon le degré d’humidité de votre protéine de base)  :)

Comme toujours, rendons à (plusieurs) Césars ce qui leur revient, j’ai trouvé l’objet magique dont il est question dans l’article au détour de mes pérégrinations de plusieurs comptes d’éducatrices (canins) d’outre-Atlantique  :-D  (qu’elles en soient donc toutes remerciées collectivement). 

TADAM  :-D   :-D   :-D

objetmagique

Commandé sur Amazon – c’est un truc en silicone qu’on utilise pour rôtir une viande au four : ses petits pics gardent la viande hors de son jus et favorisent donc la formation d’une croûte appétissante (bref, comme je ne mange plus de viande, ça ne m’intéresse que très peu).

… sauf que – retourné dans le sens contraire : on se retrouve avec un nombre tout à fait intéressant d’alvéoles (très précisément 587 !!! ) – comme de microscopiques mini-moules à friandises  ;-)

retourne

J’ai fait mes friandises en huilant la « chose » la première fois et puis sans huiler la 2ème : dans les deux cas, les mini bonbons sont sortis sans problème (bref, inutile de huiler) :)

Dans ce cas précis, j’ai utilisé du coeur et du foie que « Gentil-Boucher-que-J’aime-d’Amour » m’a donné en cadeau (comme mes congélateurs étaient blindés, il fallait en faire quelque chose), que je lui ai demandé de bien vouloir me hacher (sinon, encore une fois, c’est la mort programmée de votre mixer). 

On ajoute les ingrédients ci-dessus (au choix), on mixe soigneusement le tout (on ajoute un peu de liquide si trop épais, un peu de farine si trop liquide), la pâte finale doit être assez épaisse (je fais un peu tout au pif, jamais eu de « ratage » magistral à déplorer même si, parfois, la consistance de mes « bonbons » diffère un peu). 

mix

On tartine avec une « langue de chat » sur l’objet magique (en essayant de garder les bords entre les alvéoles assez propres, sinon ça crame) et on enfourne à environ 180 degrés jusqu’à ce que les friandises semblent sortir d’elles-mêmes de leurs alvéoles respectives (ça m’a pris environ 25 minutes). 

et hop : 6 plaques consécutives – la bagatelle de 3522 bonbons sains et goûteux, sans devoir couper quoi que ce soit :)

bonbons

et, en individuel :

solo

Pour vous donner une idée de la taille, ma friandise sur une tasse à espresso :

espresso

Bonus du jour : ça fonctionne parfaitement bien dans la « Treat&Train » (si on l’utilise pour un « en avant » ou une zone en agility, le nombre de friandises consommées reste raisonnable, si elle est utiisée pour un chien souffrant d’anxiété de séparation pendant des jours, des semaines, voir des mois – c’est plus important de donner une friandise saine à votre chien, différente de ses croquettes, appétissante et faite maison). 

treat

… et voilà l’unique tas de « miettes » résultant de la confection de mes 3522 bonbons  :-D

miettes

A votre créativité  ;-)

Testés et approuvés par mes chiensqui, cela dit, ne sont pas une référence gastronomique ultime vu qu’ils avaleraient des boulons sans sourciller  :roll:

Happy cooking  :-D

La spiruline pour nos animaux

La spiruline à la loupe – qu’est-ce donc que la spiruline?

loupe_spiruline

Une micro-algue, actuellement commercialisée un peu partout comme « super aliment » même si son histoire est aussi ancienne que l’histoire de l’apparition de la vie sur terre.

La spiruline, comme tous les végétaux du monde, croît via la photosynthèse et contient donc de la chlorophylle mais, contrairement aux autres végétaux, ne contient aucune trace de cellulose – ce qui la rend plus accessible à nos carnivores : ses cellules éclatent immédiatement au contact des sucs gastriques et rendent donc possible l’assimilation des minéraux, des oligo-éléments, des acides aminés et autres substances nutritives.

Initialement uniquement cultivée dans des pays lointains, il existe désormais une multitudes de « fermes à spiruline » en France et en Grèce et, comme sa culture ne nécessite ni engrais, ni pesticides, c’est une culture naturellement saine (et intéressante d’un point de vue écologique).

fermespiruline

Une fois récoltée, elle est séchée au soleil, déshydratée et concassée en paillettes.

On peut donc s’en procurer sous cette forme ou sous forme de comprimés ou de gélules pour ceux qui n’apprécieraient pas son petit goût particulier d’algue – mes propres chiens en tous cas ne se sont jamais plaints du goût qu’elle donne à leur gamelle (la mienne est en paillettes) et, personnellement, j’adore (si vous en consommez vous-même, il ne faut pas la cuire).

spiruline1

Un certain nombre d’études font état de son aptitude à empêcher la réplication virale et à renforcer tous les mécanismes du système immunitaire, voir à inhiber certains type de cancer chez l’animal (la phycocyanine – 15% du poids total de la spiruline – joue un rôle important dans la fabrication des globules rouges et blancs).

En outre, elle permet une évacuation rapide et efficace de la dioxine de carbone et de l’acide lactique – ce qui entraîne à la fois une augmentation de l’énergie et favorise une meilleure récupération physique post effort (très intéressante pour les chiens sportifs).

Elle contient des vitamines (A, B1, B2, B3, B5, B6, B9 – acide folique – et même la précieuse vitamine B12).

Toutefois, la majorité (sinon la totalité) de cette vitamine B12 est inactive et non assimilable par les mammifères (donc peu intéressante pour les végétariens et vegan HUMAINS).

Elle contient également des enzymes qui protègent des bactéries et des virus et possède une action anti-inflammatoire et analgésique (via l’anthraquinone qu’elle contient).

Elle contient des minéraux et des oligo-éléments comme du phosphore, du magnésium (beaucoup plus riche que le germe de blé qui est censé détenir le record du magnésium), du fer (elle est beaucoup plus riche en fer que les épinards), du zinc, lithium, calcium, carbonate de potassium, sodium, manganèse, sélénium, molybdène, cuivre, chrome et chlore.

Elle contient également de l’acide silicide qui est antibactérien.

Comme si toutes ces qualités ne suffisaient pas, elle est également riche en acide gras essentiels et contribue à une régénération de l’épiderme.

Sa richesse en bêta-carotène et autres antioxydants en fait un aliment de choix pour lutter contre les radicaux libres responsables du vieillissement et réduire crampes et courbatures.

En parallèle avec la vitamine C, elle en augmente les effets.

spirulinecomprimes

Bref, elle est idéale pour

  • faire le plein d’énergie et augmenter l’endurance de tous les chiens et, spécifiquement, des chiens sportifs soumis à des efforts physiques intenses
  • contribuer au maintien de la santé de la peau, des griffes et du poil 
  • diminuer les troubles des infections intestinales (elle contribue à diminuer les mauvaises bactéries et à stimuler la prolifération des bonnes bactéries). Une bonne flore intestinale est essentielle à la santé de nos chiens et peut résoudre bien des soucis traités comme symptômes.
  • renforcer les défenses immunitaires
  • rafraîchir l’haleine
  • diminuer les allergies
  • lutter contre le vieillissement.

Si vous ne donnez pas de légumes à vos chiens ou les jours où vous êtes en rade de légumes, c’est une superbe alternative et ça ne demande aucune préparation particulière: juste ajouter dans la gamelle.

spirulinegelules

Ici on parle chiens mais les chats, les chevaux, les oiseaux et les lapins (et les petits cochons de compagnie, coucou Annabelle) peuvent aussi bénéficier des bienfaits de la spiruline : si fatigue prononcée, elle peut apporter un vrai «coup de pouce », sinon elle contribuera à maintenir un niveau d’énergie optimal.

En gros – et à titre indicatif - on peut compter 3 grammes de spiruline quotidienne pour les animaux de petite taille, 5 grammes pour les animaux de plus grande taille.

A débuter progressivement, sa richesse nutritionnelle peut causer des soucis gastro-intestinaux si trop fortement dosée au départ (au début, il est prudent d’en donner un jour sur deux ou un jour sur trois et observer la digestion).

Ce n’est pas un médicament mais un aliment…. le dosage reste individuel (référez vous aux indications pour l’humain généralement présentes sur l’emballage et adaptez selon la taille et le poids de l’animal).

Vous en trouverez partout sur le net, dans votre magasin bio ou en parapharmacie.

Happy feeding ☺

Anxiété de séparation ou non?

social

Il n’est pas rare que des clients m’appellent pour un souci « d’anxiété de séparation » (explicité comme tel) ou encore que j’entende des collègues éducateurs me dire que tel ou tel chien souffre « d’anxiété de séparation » (avant de l’avoir vu) parce qu’il vocalise, gratte, détruit ou « souille » (bref, fait ses besoins) pendant les absences des propriétaires.

Pourtant, même confrontés à une série de comportements identiques, il est très délicat d’arriver à ce type de conclusion (et de diagnostic) tout simplement parce que, mis «bout-à-bout », ils évoquent chez un éducateur ou un propriétaire, cette étiquette passée dans le langage courant comme « anxiété de séparation ».

Quand un chien se retrouve en stress quand il est seul (mais que la présence d’un quelconque humain l’apaise – voir, parfois, celle d’un autre chien), on devrait plutôt parler de détresse d’isolation – c’est plutôt l’absence d’une personne spécifique (généralement une figure de grand attachement, voir « d’hyper attachement ») qui vous indique une réelle anxiété de séparation.

Un de mes chiens, issu d’une génétique peu propice à voir arriver un caractère stable et mal socialisé en prime (quand on est mauvais éleveur on l’est généralement sur toute la ligne et moi j’étais encore naïve), se mettait à « hululer » dans la maison familiale dès mon départ au travail, tous les jours et ce malgré la présence de mes nombreux enfants, leurs copains, jeune fille au pair ou qui que ce soit. Mon absence le privait momentanément de ce lien réconfortant que je lui procurais avec ce monde inquiétant. C’est quand il s’est apaisé (vis-à-vis de ce monde inquiétant justement), que son anxiété de séparation s’est résolue d’elle-même. Chez l’enfant humain, l’anxiété de séparation (qui est bel et bien listée comme maladie psychique) va très souvent de pair avec une phobie sociale d’ailleurs.

pug

Il est parfaitement normal pour un jeune mammifère de craindre la solitude et l’éloignement de sa mère, voir de sa fratrie : c’est un mécanisme de survie tout à fait naturel. Un chiot séparé de sa mère va vocaliser, ce qui permet à la chienne de s’en préoccuper rapidement, de le localiser et le récupérer ou le mettre à l’abri – la solitude c’est le danger — et même un danger de mort. On retrouve précisément ce même fonctionnement chez l’enfant humain (à noter que nous sommes l’unique espèce qui exige que son petit dorme éloigné de sa mère, dans une chambre à part et même qui préconise, encore aujourd’hui, de « laisser pleurer l’enfant » – alors que ces cris sont précisément ce qu’a prévu la nature chez le nourrisson pour interpeller sa mère et que sa présence lui est indispensable….oui, même la nuit)

crybaby

Saluons donc l’adaptabilité de nos chiens qui, pour la plupart, savent s’accommoder (et s’accommodent la plupart du temps) de longues heures de solitude et d’inactivité relative.

Se pencher sur un quelconque problème de comportement c’est forcément entreprendre une analyse minutieuse des antécédents (ce qui cause / déclenche le comportement), de la fonction du comportement (ce que le chien cherche à obtenir / atteindre) et des conséquences de son comportement (qu’obtient le chien, quelle émotion cherche-t-il à apaiser?).

C’est également savoir référer à un vétérinaire – il faut savoir prendre en considération une modification du comportement suite à une maladie même relativement bénigne : il suffit que le chien se soit senti mal de manière répétée lors d’un épisode de gastrite, qu’il ait tourné longuement en rond pour se soulager tout en luttant contre son conditionnement « on ne fait pas à l’intérieur » pour que la solitude devienne source de stress, par simple association.

sick

Un chien peut avoir eu peur à la maison (bruit, personne qui frappe à la porte, alarme qui sonne, etc. etc.)

Les « bons conseils d’amis » (ignorer le chien avant de partir et en rentrant, donner un Kong farci avant de partir, etc. etc.) peuvent aisément devenir autant de signaux et d’informations que la solitude arrive et donc faire plus de mal que de bien si utilisés de manière peu judicieuse / opportune.

Conseiller de faire de multiples faux départs, de partir sans le faire savoir au chien : autant de choses qui peuvent potentiellement favoriser un climat d’imprévisibilité qui devient une ultérieure source d’angoisse…. (on ne sait jamais quand le pire peut arriver).

barking« Fatiguer le chien » n’est pas une mauvaise option en soi, il est parfaitement vrai qu’un chien qui s’est bien dépensé trouvera plus facile « se poser » lors de votre départ mais, sur un animal réactif (par exemple), la — ou les — rencontres successives avec ce qui le stresse (autres chiens notamment mais pas que) peut parfaitement ne pas le prédisposer au calme une fois de retour à la maison, bien au contraire. Bref, la recette unique et universelle n’existe jamais en comportement. 

Alors que faire ? D’abord, contacter un(e) professionnel (le) compétent(e) qui va vous aider à travailler la relaxation du chien, à favoriser l’apparition d’un sentiment de sécurité propice à une certaine sérénité et des comportements alternatifs appris et hautement renforcés qui pourront l’aider à mieux gérer sa solitude momentanée.

Happy training

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