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Les « hoopers » – pourquoi j’aime bien…

Après quelques articles un peu focalisés professionnels du chien, puisque j’aime surtout et avant tout parler aux propriétaires de chiens – un petit article voué à présenter – et à vous faire partager mon enthousiasme croissant pour les « hoopers » – j’ai, en effet, eu la chance et le privilège de faire une formation complète pour éducateurs canins, courtesy of Hoopers Schweiz, (lien) quatre fabuleux jours (qui ont été suivis par d’autres jours hoopers et je pense que ce n’est pas fini)  :lol:

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Façon Premack, on va débuter par le moins intéressant : leur mini historique  :-D

Les « hoopers » nous arrivent des USA où la fédération NADAC (North American Dog Agility Council) a proposé cette activité canine comme une alternative à l’agility (ou un travail pre-agility pour les jeunes chiens notamment ou un post-agility pour les chiens devant préserver leurs articulations). lls ont gagné l’Europe, via les Pays-Bas et la Belgique et font de régulières apparitions un peu partout depuis quelques années.

Normal, parce que les hoopers, c’est génial :-D 

… alors, késako donc?  8-)

Il s’agit essentiellement de se focaliser sur la capacité du conducteur à « naviguer » (diriger) son chien à travers un parcours de demi-cercles au sol (pensez au jeu du « croquet » sans la batte), sur de (longues) distances, plus un certain nombre d’autres « obstacles » comme les « gates », les « barils » et les tunnels (qui sont courts et donc, évidemment, jamais coudés)

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Adapté aux chiots, aux chiens adultes en pleine forme, adapté aux chiens adultes qui ne peuvent non seulement plus sauter des obstacles mais doivent également éviter des ces « tourner-court » désormais omniprésents en agility, adapté aux conducteurs qui ne sont pas, ne sont plus, n’ont pas l’ambition d’être Usain Bolt également  ;-)

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Le propriétaire est assigné à un endroit spécifique par le juge (il ne bouge donc pas) et il doit avoir mis en place un nombre considérable d’apprentissages.

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Certains y voient une « version facile » de l’agility mais, clairement, ils n’ont pas (encore) plongé dans l’univers des apprentissages des « hoopers » et, quand ils le font, ils sont étonnés par la foultitude d’apprentissages à mettre en place.

En effet, les signaux (ou « ordres » si vous voulez) verbaux sont tout simplement incontournables : quand votre chien est à 30 (ou plus) mètres devant vous et qu’il ne vous fait donc pas face, il doit connaître et reconnaître clairement ces signaux verbaux  car vous ne serez pas là pour l’aider d’un geste ou l’informer de la direction à prendre par la position de votre corps, de vos pieds, de vos épaules qu’il ne voit évidemment pas.

Le « en avant » pour commencer. Si vous n’avez pas un « en avant » clair, net et résolu, il n’est pas franchement utile d’aller plus loin, c’est vraiment votre premier but à atteindre.

Par ailleurs, un « en avant » en agility (où vous courez quand même, même si à la ramasse derrière le chien, vous êtes en mouvement quand même et le chien le sait), n’est PAS un en avant quand vous êtes complètement statique, que le chien doit vous dépasser ou s’éloigner de vous… moins évident qu’on ne le croit.  C’est un véritable exercice d’autonomie. 

On voit pas mal de vidéos circuler où les propriétaires « accompagnent » le chien à travers les « hoops » et si tout le monde a le droit de faire précisément ce qu’il a envie de faire dans son coin (indiscutablement), ce n’est à mon sens pas la bonne manière d’introduire les « hoopers » chez un chien débutant.

En effet, en accompagnant le chien, on devient « partie » intégrante du comportement et, se soustraire ensuite de celui-ci, non seulement peut se révéler problématique mais rend l’apprentissage confus. Autant débuter juste dès le départ même si cela implique de prendre un peu son mal en patience, comme pour tout apprentissage solide  :-D

A l’identique avec la gestuelle : si les gestes aident au début et sont adaptés aux débutants (dans l’optique de « l’apprentissage sans erreurs » qui est toujours la mienne), ils doivent finir par disparaître – quand le chien ne nous voit plus, ils sont parfaitement inutiles  :-D

Les hoopers ne sont pas la « danse artistique du conducteur » à moins de se limiter à de très petites distances évidemment et à des parcours où le chien vous voit continuellement (ce qui n’est pas l’idée de ce sport canin, justement)  ;-)

De bonnes « fondations », dans toute activité sont la base de la base – qui monterait les murs d’une maison sans avoir terminé ses fondations? 

Les signaux de direction : en avant certes mais reviens contre moi, éloignes-toi de moi, tourne autour, ralentis, diriges-toi à l’opposé de moi… le chien, seul sur le parcours, fait des choix et – surtout et avant tout – « écoute » son propriétaire qui n’a rien d’un spectateur puisqu’il doit donner les informations à son chien de manière opportune et sans équivoque.

Plus le chien va vite, évidemment, et plus ces signaux doivent tomber avec précision (autant vous dire qu’avec mon Zouk, j’ai intérêt à savoir quoi dire et quand le dire et mon cerveau va est parfois battu à plate couture par sa vitesse dans des parcours plus complexes – celui en dessous est plutôt facile).

Comme tout apprentissage d’une activité canine, cela ne s’improvise pas et un cours d’initiation est fondamental pour bien commencer et pour progresser de manière cohérente, ce ne sera donc pas un article « how-to », suis pas une grande fan des apprentissages « youtube » personnellement  :-D

J’ai également poursuivi une formation à distance mais, vraiment, rien ne vaut un vrai stage et une interactivité réelle  :-D

L’idée est, surtout de donner envie de découvrir cette discipline encore jeune et relativement peu connue (même si elle fait des adeptes à très grands pas)  ;-)

Ce que j’aime très particulièrement dans cette discipline :

a) Le chien ne doit pas aboyer... (certains sont déjà en train de se dire « aïe ») : pourquoi ça me plaît? Parce qu’on confond souvent excitation et motivation, joie et stress et que les chiens survoltés non seulement ne sont pas forcément dans le bien-être mais ils ne sont pas, non plus, les plus efficaces. Intégrer cette idée d’un travail dans le calme dès le « jour 1″ me parle considérablement (je suis une grande fondue du calme chez le chien). Par ailleurs, si votre chien aboie à pleins poumons, il sera problématique de lui faire entendre vos signaux à 30 ou plus mètres de vous  :-D

b) On est en « compétition » avec soi-même : un nombre de points vous est attribué au départ et des pénalités tombent en cas d’erreur (et d’aboiements justement). Au final, en fin de compétition, vous avez progressé en tant que binôme (ou pas) mais c’est sur cette progression qu’on se focalise et pas sur ce qu’ont fait les autres. En effet, on peut très bien être ex aequo avec un autre (ou plein d’autres) concurrents, le seul critère pris en compte c’est votre résultat personnel, vous avez fait mieux que la dernière fois (ou pas, encore une fois).

Pas uniquement parce que je suis venue au monde SANS le gène de la compétition mais parce que je trouve que celle-ci pervertit souvent les choses chez l’humain (pas toujours, certes, car tout le monde connaît d’immenses compétiteurs qui travaillent dans le respect du chien mais souvent quand même).

c) Les parcours sont sur de grandes distances certes mais les tournants sont larges, fluides, donc avec peu ou pas d’impact sur les articulations des chiens, tout en répondant au besoin d’activité, d’apprentissage, de jeu et de mouvement du chien. Pas de sauts, pas d’arrêts brusques et parfois violents (comme les « zones » en agility).

On présente souvent les « hoopers » comme une activité adaptée aux trop jeunes / trop vieux pour l’agility (chiens et humains d’ailleurs, surtout pour les « trop vieux humains » ah ah ah) et si c’est effectivement une super alternative pour les moins sportifs d’entre nous, cela permet également de préserver certains chiens adultes, parfaits sportifs accomplis mais qui montrent en agility une « intensité » telle qui rend le chien incapable de se « préserver » de manière proactive (ce qui rend la blessure probable, à terme).

d) Les apprentissages du chien sont très nombreux, on n’a jamais fini de progresser et impossible de faire l’impasse d’un bon « shaping plan » pour à peu près tout ce qu’on introduit (tous ceux qui ont suivi des cours avec moi connaissent mon penchant obsessionnel pour les « shaping plans » – plans d’apprentissage).

Pas question de se lancer à l’arrache (ce que j’appelle aussi l’éducation « de l’espoir » – lançons-nous à l’arrache et espérons que ça roule, je déconseille) et j’ai entendu avec délectation notre première formatrice demander à plusieurs reprises aux participants « quel est ton plan? » (je bois du petit lait)  :-D

Bref, le chien marche, trotte ou court (selon ses capacités physiques personnelle, la vitesse n’a aucune importance en hoopers) mais il écoute, réfléchit et discrimine entre les différents signaux et ça, c’est précieux.

Un chien qui « écoute » c’est, tout simplement, un chien qui possède ce fameux « contrôle de l’impulsion » dont on parle partout (c’est pas plus compliqué que ça au final)  ;-)

Bref, c’est fun, c’est ludique, ça fait réfléchir les gens et les chiens, ça travaille considérablement l’écoute (et donc exerce le contrôle de l’impulsion), les obstacles peuvent se bricoler aisément (ou s’achètent si vous êtes, comme moi, fâchée avec le bricolage sous toutes ses formes) – l’intégralité du parcours est légère à (trans)porter (pas besoin de vous fracasser le dos à traîner des obstacles à « zones » qui pèsent des tonnes et coûtent un rein), l’intégrité physique du chien est préservée, son mental stimulé (le nôtre aussi, croyez-moi) et, globalement, on fait équipe avec son chien, obligatoirement, sinon on oublie :-D  

Que demander de plus? 

Happy Hoopers…

(une petite introduction aux Hoopers sera présentée au Dog’n’cat Swiss Festival (palais de Beaulieu, Lausanne) – les 27, 28 et 29 octobre prochainsjuste un petit « apéro » pour se faire envie j’espère – sinon des cours d’initiation par demi-journée – pour les plus courageux – et peuvent être organisés dans vos clubs également sur demande) 

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… pour clore la rétrospective de ces deux jours de conférence, nous avons abordé la thématique de la modification du comportement – une approche annoncée comme «cognitive» (versus une approche en apprentissage opérant, dit-elle) que le Dr. Overall nous suggère par le biais de « Chaser », l’ultra célèbre Border Collie qui connaît précisément 1022 noms d’objets et peut associer un comportement spécifique en relation à un objet.

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Au milieu de tous ces objets connus par le chien, on lui demande d’aller chercher un objet qui n’a jamais été nommé et, après avoir examiné tous les objets connus, Chaser prend l’unique objet à sa portée dont elle ignore l’appellation : typique exemple de raisonnement déductif

Passons sur le fait que ces exploits sont précisément le résultat d’apprentissages opérants et que mon brave Zouk, s’il n’en connaît sûrement pas 1022 (j’admire la pugnacité du propriétaire, je m’ennuierais certainement plus vite que mon chien), est parfaitement capable de m’apporter son frisbee violet versus sa balle verte, tout comme de faire « jaune cible assis» ou « bleue cible couché » (c’est du clicker training avancé, ni plus ni moins)

… ou encore le chien du roi de Thaïlande, issu de la rue où elle a appris à ouvrir des noix de coco pour en manger la pulpe et dont les chiots ensuite ont fait preuve des mêmes inhabituelles capacités, par observation de la mère (ma plus jeune chienne Biba, assez réactive quand elle est arrivée chez moi, regardait Eelou à chaque rencontre inhabituelle et, comme Eelou restait zen, elle restait zen aussi : Eelou me l’a éduquée, je n’ai pas eu grand chose à faire sur le plan de la réactivité).

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Overall nous a également rendus attentifs au fait que les chiens approchent plus facilement un humain qu’ils ont observé jouer en harmonie avec un congénère heureux et détendu : bref, les chiens font preuve de processus mentaux qui mettent en jeu, comme chez l’humain, l’apprentissage, l’intelligence, la résolution de problèmes, la prise de décision, la perception.

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En gros, elle nous démontrait l’intelligence du chien – probablement dans le but de promouvoir une rééducation comportementale intelligente, respectueuse et non coercitive (mais je pense – ou du moins j’espère – qu’elle prêchait à un public de convaincus).

Overall nous propose un petit test (que je vous « re-propose » à mon tour) où le chien suit un objet des yeux – s’il en est incapable, selon elle, le chien aura des difficultés d’apprentissage (immédiatement testé sur les miens dès mon retour, évidemment)  :lol:

Zouk a suivi 2 fois des yeux, très poliment… en cherchant très fort la solution au problème : à la 3ème tentative, il s’est mis à ignorer ostensiblement l’objet pour fixer un point dans le vide (d’un air futé), comme il a appris à le faire avec ses frisbees ou à rester focalisé sur l’obstacle pendant que je fais une danse de Sioux à ses côtés : mon chien est un poème de déduction logique (dans tous les cas de figure, il est assez évident qu’il n’a franchement aucun problème d’apprentissage, me faisais pas trop de mouron à ce sujet).

Eelou a suivi bien poliment l’objet des yeux à plusieurs reprises avec une grande intensité — pour ne plus me lâcher ensuite (genre « j’ai fait ta chose sans intérêt aucun, donne moi un truc maintenant ») – ma chienne a un sens très aigu de ses conditions de travail et fait preuve d’une bonne volonté à toute épreuve : toutefois, son salaire minimum n’est tout simplement pas négociable (rassurez-vous, je paie toujours)

Logiquement, nous avons procédé sur le protocole de relation du Dr. K. Overall – que tout le monde connaît (et, si vous ne le connaissez pas, il est à peu près partout sur le net aussi bien détaillé par écrit qu’en un nombre affolant de vidéos) – je m’en sers sur les chiens réactifs, en parallèle à d’autres exercices, depuis des années.

Ce n’est pas un exercice d’éducation ni de contrôle mais de détente et de relaxation – son utilité ne se perçoit probablement pas de manière intuitive et, pourtant, il aide puissamment (à sa charge, il est répétitif et ennuyeux à en mourir)  :lol:

A ce protocole, on peut ajouter l’apprentissage de « l’inspiration » : Overall suggère d’apprendre aux chiens réactifs à prendre une grande « inspiration » qui leur permettrait de reprendre le contrôle sur leur système nerveux autonome afin d’éviter un rythme cardiaque qui s’accélère, l’hyper vigilance anxieuse et un halètement de stress.

Parce que le chien associe des mauvaises émotions à la perception d’une menace, ce comportement, mis sur signal, peut les aider à une meilleure autonomie et le chien peut y avoir recours, ensuite, de manière spontanée et sans signal dans des moments difficiles (j’ai donc essayé sur Zouk et, dans les 2 ou 3 dernières secondes de cette courte vidéo, vous pouvez voir ses narines s’ouvrir assez clairement – c’est la fameuse inspiration profonde – tout à fait fugitive et soulignée par mon « tu vois que ses narines s’ouvrent » triomphant – oui, vous avez le droit de rigoler).

C’est aussi l’objet de la vidéo ci-dessous, la respiration est bossée au clicker – je ne le ferais pas car le clicker met, automatiquement, mes chiens en mode « travail » et ce n’est pas un mode de détente et de « lâcher prise », plutôt de focalisation intense  ;-)

Quand le chien regarde le chat (en fin de vidéo), ça évoque plutôt chez moi un simple conditionnement répondant qu’une inspiration quelconque mais il est vrai qu’il est très difficile d’observer la respiration d’un chien qu’on n’a pas sous les yeux  ;-)

Par ailleurs, toujours selon Overall, focaliser un chien réactif sur cette inspiration profonde, les rendrait plus aptes à écouter nos signaux (« ordres » si vous préférez).

Comme je suis une grande fanatique du signal dit « précieux » (hautement renforcé) et limpide comme l’eau claire, j’adhère volontiers, pour autant que toute notre attitude soit globalement congruente (et que donc, nos signaux, soient tous signifiants, donnés avec cohérence, dans des conditions où l’échec est improbable, etc.).

En définitive, la protagoniste de cette conférence si dense, était bel et bien la pharmacologie mais, même si ce n’est pas notre rôle (et que cela reste celui du vétérinaire évidemment), nous sommes souvent ceux qui voient plus le client, nous avons sa confiance souvent et sommes en mesure de faire accepter l’idée d’une médication non systématique, non de « confort » ni de « convenance » mais, parfois, une aide indispensable aux apprentissages que nous prévoyons de mettre en place.

L’utilisation de certaines molécules représente également parfois un « répit » pour le propriétaire, parfois à bout de souffle, de patience, d’empathie et de moyens.

Merci à tous ceux qui ont suivi ☺

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En réalité, avec le recul de quelques jours, je me rends compte que certaines phrases prononcées par la Dr. Karen Overall étaient, à elles seules, des sources d’inspiration, de multiples questions et que j’aurais aimé (adoré) la voir s’asseoir autour d’une table et bâtir la conférence sur un dialogue « socratique » plutôt que sur des thèmes déterminés par avance et une foultitude d’informations à ingurgiter (aisément ou pas, nous n’avons pas tous le même background scientifique)  8-)

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Il est toutefois absolument passionnant d’en arriver à la conclusion que l’immense majorité des gens ne savent pas reconnaître, chez le chien – cet animal si familier, si présent dans nos vies (comme aucun autre animal domestique)les signaux de peur, d’incertitude et d’anxiété (et donc de besoin d’information) et ratent ainsi complètement l’occasion de mettre fin à une interaction inopportune(et, avec le temps, potentiellement dramatique). 

Le célèbre « il a mordu sans raison » qui, soumis à un œil plus averti, plus éduqué sur la communication non verbale des chiens est si rarement vrai : ce que certains appellent «l’agression idiopathique », un véritable trouble de la chimie du cerveau ou l’aboutissement d’une communication souvent incomprise, souvent sous estimée ?

La question reste largement ouverte  8-)

Les chiens manquent cruellement d’information au sujet de leur environnement et nous manquons cruellement d’intérêt sur ce qu’ils ont à nous dire (ou de moyens, voir de volonté réelle, pour les comprendre).

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Même quand nous imaginons comprendre nos chiens, il reste un chemin considérable à parcourir pour accepter ce que l’individu chien nous dit : nous renonçons souvent très difficilement à la vision de « notre » chien idéal, de ce que notre chien devrait être ou comment il devrait se comporter.

L’idée assez répandue de la pertinence d’un « chef »  ou d’un « dominant » (intra spécifique, à savoir entre les chiens d’un même foyer ou partageant des balades ou des activités) pousse bon nombre de propriétaires à « laisser faire » lors d’escarmouches répétées, d’un harcèlement subtil d’un chien par un autre, de déplacements, d’interdiction d’accéder à certains lieux, choses, accès.

On laisse faire en pensant favoriser la mise en place d’un système acceptable, que tout le monde « trouve sa place » – sauf que, la place de victime n’est pas franchement enviable et, au final, ne devrait revenir à personne. 

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Le célèbre « il/elle l’a remis à sa place » (une expression qui me donne de l’urticaire personnellement, elle est pourtant chère à pas mal de propriétaires voir d’éducateurs).

Dans l’agression (même sans morsure), d’un chien anxieux, il faut avant tout déceler une forme de « provocation », celle d’un individu qui cherche à obtenir de l’information en relation à un autre : « es-tu une menace pour moi ? » (en effet, la provocation sert parfois à définir les limites).

Parfois, la réponse est rassurante (et donc renforce le comportement de provocation) et, d’autres fois, le chien se retrouve conforté dans son idée première de danger en relation à un congénère.

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Probablement pas inutile de préciser que cette réponse peut se modifier dans le temps et selon le contexte social, ce qui me rend personnellement si peu encline à demander à mon propre chien, pourtant un monstre de tolérance, d’apporter une réponse rassurante à des congénères anxieux (pas, du tout, envie de le voir atteindre les limites de sa propre stabilité et les signifier à un autre).

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C’est assez fascinant d’observer comment les chiens qui vivent ensemble – et s’entendent bien – se comprennent par le biais d’une communication excessivement subtile, presque invisible pour nos yeux d’humains.

Alors que deux chiens inconnus vont s’exprimer avec des signaux très visibles, amplifiés, exagérés… et je m’amuse à penser que nous ne sommes guère différents quand nous rencontrons une personne pour la première fois et que nous souhaitons faire cette fameuse « bonne impression »  :-D

Notre courtoisie (déférence, en français cette fois) est aussi légèrement exagérée, comiquement évidente  :lol:

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Apprenons à reconnaître ces signaux : à reconnaître ces provocations lancées à un congénère « es-tu une menace pour moi ? »

Les composantes de cette communication sont parfois plus dans les comportements «passifs » qu’actifs : un chien qui contrôle un autre chien, certains regards très appuyés ou un regard qui se détourne chez le chien « victime ».

Nous avons souvent besoin de bien plus spectaculaire pour prendre conscience d’un vrai malaise entre deux chiens.

Souvent les propriétaires nous demandent comment « favoriser une bonne entente » et, si pas mal de choses peuvent être mises en place, cette entente profonde, absolue entre deux (ou plusieurs) chiens est à peu près un cadeau du ciel : « il n’y a pas de stratégie de l’amour » dit Overall (je l’ai noté)  ;-)

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A travers une série de vidéos, Overall nous a vivement incités à ne pas prendre à la légère ces comportements peu appropriés au contexte social et à reconnaître rapidement le malaise d’un individu et même à accepter que, parfois, la « victime » systématique MERITE un nouvel endroit de vie : le monde des chiens ne peut pas être cette parenthèse idyllique que nous avons souvent en tête.

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Je saute les quelques présentations (comme celle sur les troubles obsessionnels compulsifs) qui impliquaient principalement des solutions médicamenteuses.

En effet, pour nous éducateurs spécialisés en comportement, il s’agit avant tout de mettre en place un dialogue constructif et mutuellement respectueux avec un vétérinaire comportementaliste,  dans le meilleur intérêt du client.

On a ensuite passé à la réactivité aux bruits qui va d’une simple réaction sensible à la phobie pure et simple.

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Intéressant de voir confirmé que toute phobie du bruit est toujours associée à une ou plusieurs autres formes d’anxiété.

Un problème très présent dans les races bergères (notamment chez le Border Collie) qui peut sérieusement gâcher la qualité de vie du chien (intéressant de savoir que certaines lignées galloises de Border Collies, particulièrement favorisées en reproduction en raison de leurs exceptionnelles aptitudes au troupeau, sont très particulièrement concernées par cette réponse pathologique aux bruits).

Les études des pathologies dans une race spécifique sont ardues à réaliser, les éleveurs n’étant pas souvent très désireux de venir annoncer avec clarté et transparence ce qui ne « va pas » dans leur race et leurs lignées plus spécifiquement  :roll:

En définitive, Overall souligne l’importance d’intervenir dès les premiers signes de sensibilisation aux bruits (en évitant ce que j’appelle la politique de l’espoir) par une désensibilisation précoce (à mettre en place, obligatoirement, avec un éducateur chevronné), sans oublier les moyens auxiliaires comme les « mutt muffs », les masques de nuit, etc.

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En définitive, les pathologies vraiment sérieuses relèvent inévitablement de la médecine vétérinaire (pharmacologie) et la réponse aux véritables phobies a été présentée sous forme d’une synergie de benzodiazépines, anti dépresseurs, anti névralgiques et un sédatif spécifique sous forme de gel gingival (une énumération si impressionnante que tu te surprends à frissonner en te réjouissant que ton propre Border soit allègrement non concerné)  8-O

Toutes ces molécules étant moins qu’inoffensives sur le foie, il est impératif de choisir un vétérinaire qui maîtrise ces molécules et leur synergie, effets secondaires, etc. pour une approche systémique.

Encore un épisode à venir pour ceux qui suivent (et, maintenant que la frustration de ne pas avoir pu aller plus loin sur certains sujets, s’est un  peu dissipée, j’ai une perception nettement plus constructive de ces deux jours)  :-D

« Assis-reste »

Si le « assis » est l’enfance de l’art de l’éducation canine (et fait arriver chez moi des bébés- chiens d’à peine 2 mois qui ont déjà ce comportement « par défaut » tant ils ont immédiatement intégré que poser leur popotin sur le sol fait pleuvoir des bonbons), un autre immense classique des terrains d’éducation (et de sport) est le «assis-reste».

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…. ou, plutôt, le «assis-reste-reste-reeeeeeeeste-NOON-jédiassis-reste-reste-REEEEESTE » accompagné d’une marche arrière de l’humain à la fois hésitante et se voulant intimidante, puis retour au chien qui s’est levé quand même pour le remettre assis et on recommence toute l’opération douteuse  :-D

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Quand on ne change rien à sa manière de faire, il est assez logique que les conséquences et le résultat obtenu ne changent pas non plus.

Généralement, on obtient comme résultat un chien complètement confus, intimidé et qui, globalement, trouve toute la chose considérablement désagréable.

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Le stress s’évacuant de manière très individuelle, la suite peut donner un chien qui affiche toute une panoplie de comportements de stress mais également un chien qui se met à courir partout, vole les départs et soulage la tension qu’on lui inflige à sa manière.

Labrodor Dog Run

Si on décortique l’apprentissage du chien, « assis », signifie « pose ton derrière sur le sol » ce que le chien fait assez facilement  ;-)

Souvent, dès le click, le chien est déjà debout et on récompense en position debout voir avec un chien qui saute déjà comme un cabri démoniaque  (« click for behavior, feed for position » nous rappelle Bob Bailey).

A savoir, cliquez le comportement, renforcez en position. Si votre chien a fait 5 comportements depuis votre click au moment où son fessier a touché le sol, c’est passablement inefficace.

Quand le « assis » (ou tout autre comportement d’ailleurs), signifie plus précisément « tu restes assis jusqu’à nouvelle information » – le «reeeeste» devient complètement inutile.

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L’information suivante est le signal du comportement suivant (autre position stationnaire, autre comportement, revenir à vous ou signal de libération : fais désormais ce que bon te semble).

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Un chien qui grandit avec ce concept « tout comportement dure jusqu’à nouvelle information » sait garder la position face aux distractions, quand des personnes l’approchent, au départ d’une activité ou compétition canine et résout automatiquement le problème du chien qui saute sur tout le monde.

Comment s’y prendre donc ?

Avant toute chose, réfléchissez à ce que sera votre signal de libération (comme déjà dit dans un précédent article, le mien est « okay », à peu près le moins opportun entre tous car trop présent dans le langage courant : toutefois, depuis 2 décennies que je l’utilise, je suis trop conditionnée pour en changer, je vous conseille de vous conditionner à un autre mot, moins usité).

On va débuter par évidemment cliquer dès que le chien pose effectivement son fessier sur le sol et en distribuant la friandise rapidement dans la position : sans JAMAIS oublier de prononcer le mot de libération en incitant le mouvement.

Pour un chien qui meurt d’envie de bouger, le simple fait de bouger (et jouer) est un renforçateur, ceux qui sont plus placides et ne verraient aucun inconvénient à rester assis indéfiniment à recevoir des bonbons, seront motivés par un bonbon jeté un peu plus loin.

On change de position (se déplacer de 2 mètres dans une même pièce ou changer de pièce chez soi est déjà un début de généralisation) et on recommence.

N’oubliez pas que votre click doit « jaillir » comme unique information de l’environnement et que votre main doit donc aller chercher la friandise APRES celui-ci, cela évitera qu’il ne soit complètement focalisé sur votre main déjà installée dans la pochette à friandises (ou finissent tous les neurones du chien).

Le comportement fait apparaître le bonbon et NON LE CONTRAIRE. 

Généralisez l’apprentissage : changez d’endroit encore et encore (et encore et encore).

Ne soyez pas pressé d’en voir le bout – plus grande la généralisation, plus solide le comportement c’est un investissement à long terme que vous faites….

L’important est de véhiculer à votre chien l’information que le comportement se termine par le signal de libération et pas autrement.

Ensuite, vous pourrez commencer à retarder votre « click » : ne progressez pas en durée «linéaire » (c’est-à-dire une durée de plus en plus longue), surprenez votre chien par une durée plus courte quand il est capable d’une durée de comportement nettement plus longue : c’est bon pour le moral

Signal « assis » (durée à déterminer) puis click et distribution du bonbon, ensuite mot de libération.

Quand il sera capable de rester un bon 30 secondes assis dans un bon nombre d’endroits différents, on peut passer à l’étape « distance et distractions».

Pas de protocole gravé dans le marbre : pour mon bébé Border de 2 mois, un bras qui bougeait était déjà une distraction majeure – d’autres seront plus résistants et vous pourrez bouger d’un pas en arrière, latéralement, etc. Adaptez-vous au chien qui est en face de vous de manière à progresser de succès en succès. 

Dès le début de votre éloignement, cliquez dès le moment ou vous amorcerez votre retour vers le chien (la friandise doit être distribuée en position bis et tris).

Encore une fois, dès la séance terminée (pas plus de 5 minutes par séance), donnez votre mot de libération (et jouez si le chien aime jouer ou faites les fous tout simplement).

Quand l’éloignement deviendra plus conséquent, revenez vers le chien AVANT de cliquer. 

Ajoutez des distractions selon votre chien : pour certains, un autre chien de la famille sera une distraction mineure, pour d’autres une distraction majeure. Idem avec un membre humain de la famille. Le membre humain de la famille peut être silencieux au départ et progressivement, de moins en moins discret  :-D

Rappelez-vous que, si vous augmentez la distraction, il vous faudra diminuer la durée et la distance et inversement : vous devez impérativement rester dans une démarche de succès – si votre chien se lève, diminuez vos exigences immédiatement pour revenir à un succès garanti.

Ne vous montrez pas trop pressé : voyez la construction de ce comportement (et du concept même du comportement qui reste une information valable jusqu’à nouvelle information de votre part), comme poser les fondations d’une maison. Monter des murs, sans fondations, ne sert à rien – tout s’écroulera rapidement. 

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Quand tout sera bien en place et – évidemment – si le comportement « couché » est acquis et déjà sur signal, après le assis, demandez un « couché » ou un « debout » (si celui-ci est acquis également) et, ensuite, libérez le chien (variez vos demandes, sinon vous allez créer une chaîne de comportements).

Si vous faites souvent tomber des friandises, munissez-vous plutôt d’un tube de « pâté » (genre Parfait pour mes lecteurs suisses), cela évitera que le chien ne se lève continuellement pour aller récupérer les friandises au sol.

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Ne « soulez » pas le chien : pour certains, cet exercice demande un énorme contrôle de soi et fatigue, surtout chez le chiot, faites des séances courtes.

Cela implique évidemment, que si vous êtes en plein apprentissage du « assis » comme précédemment expliqué, il sera hors de question de demander à votre jeune chien un «assis » alors que courent autour de lui d’autres chiens, enfants ou autres distractions majeures et que tout ceci n’a pas encore été abordé (à l’identique et à plus forte raison avec le « couché », cette position mettant le chien dans une situation psychologiquement plus vulnérable encore). 

Ces positions « bétonnées » s’obtiennent sans difficulté quand on les propose avec cohérence et avec une certaine rigueur (le mot rigueur est à comprendre dans son sens d’exactitude, logique et précision et non pas dans son acceptation usuelle et plus commune de « sévérité ».

rigueur

C’est tout le concept d’une éducation en positif qui est (ou peut être) le contraire du laxisme qu’on lui impute un peu trop souvent.

Un éducateur (et, par « éducateur » j’entends toujours celui qui éduque son chien et pas un « professionnel ») qui travaille en positif peut être d’une rigueur absolue ou d’un laxisme absolu, c’est un choix – y mettre du travail et de la précision est pour moi la concrétisation d’un optimisme exigeant alors que le laxiste est un optimiste permissif…. à chacun de choisir son chemin ☺ 

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« Youki, reviens »…. le rappel

A la demande de quelques uns de mes stagiaires de parler du rappel, je me suis dit qu’on allait en faire un article, question d’en faire profiter les stagiaires eux-mêmes et mes gentils lecteurs et clients qui n’ont pas fait de stage…

recall1

Un petit préambule qui s’expliquera au fil de la lecture : on va se pencher sur ce qui, en théorie de l’apprentissage, s’appelle en anglais la « learned irrelevance ».

Le mot « irrelevance » en anglais signifie « non pertinence » (j’ai pas mieux en français) et «learned » signifie en français « apprise» ou acquise.

On va donc opter pour « non pertinence acquise ».

irrelevance

En gros, on apprend qu’un quelconque événement dans l’environnement (stimulus pour les geeks du comportement) n’a pas de signification particulière pour le sujet (le « coui-coui-coui » des oiseaux, vous l’entendez clairement mais vous ne l’écoutez pas, ça fait partie de l’environnement mais n’a aucun impact spécifique pour vous… à moins d’être un chat affamé évidemment). Comme il ne comporte pas de conséquence particulière (ni fâcheuse ni agréable), on apprend à l’ignorer, tout simplement.

Quand les signaux tombent, un à un, dans cette « non pertinence acquise » – le chien apprend surtout et avant tout à ne pas vous écouter  :-?

singing

C’est un phénomène qui guette TOUS nos signaux (ou « ordres » si vous préférez, moi pas vraiment) quand on ne les « chouchoute » pas

  • Quand le signal est introduit trop tôt (le chien ne peut pas apprendre en même temps le comportement et le signal verbal rattaché à celui-ci, enseignez le comportement et, ensuite, introduisez le signal). Si je vous hurle une information en japonais (à moins d’être japonais évidemment), vous ne la comprendrez pas mieux que si je vous la susurre, par contre, je vous stresserai sans aucun doute par mes hurlements incompréhensibles  :-(
  • Quand le signal est donné n’importe comment sans la moindre cohérence (on demande « assis », le chien se couche, on renforce parce que « ça va aussi » ou on rappelle le chien parce qu’on croit que c’est nécessaire, il ne revient pas, on s’aperçoit que, finalement, c’était pas nécessaire et on laisse courir). Quand vous prononcez un quelconque signal celui-ci doit être compris et avoir été travaillé solidement, sinon, renoncez à le prononcer (pourquoi demander quelque chose qui ne signifie rien pour votre chien franchement?).
  • Quand on donne un signal qui n’a pas passé par les cases renforcement+++, généralisation, flexibilité — c’est à dire qu’on inonde le chien de mots qui n’ont aucun sens pour lui – c’est à peu près le meilleur moyen de lui apprendre à ne plus vous écouter du tout (si rien de ce que vous dites n’est pertinent, votre chien apprend à ignorer votre « verbiage »).
  • Quand on donne un signal alors qu’on a à peu près 0 chances de succès (rappeler un jeune chien dont l’apprentissage est encore en cours alors qu’il est complètement pris par son environnement riche en distractions).
  • Quand on répète un signal encore et encore (le célèbre « assis-assis-assis-assis-assis» des terrains d’entraînement qui, quand il est suivi d’un coup de laisse sur le collier, finit par devenir un signal empoisonné car potentiellement porteur de punition)

Quand un chien ne répond pas à un signal par le comportement attendu, les premières questions à se poser sont :

  • Est-ce que ce signal est rattaché à un apprentissage abouti, terminé, flexible, généralisé ? En clair, est-ce que le fruit de mon travail est assez solide pour que je l’utilise en ce moment (dans ce contexte, cet environnement) ? Pour moi, rappeler un chien à la cuisine est un apprentissage niveau « maternelle », le rappeler en extérieur, c’est un apprentissage niveau « master » Puniriez-vous votre enfant de 8 ans s’il ne comprend pas un exercice de maths niveau Baccalauréat ? j’espère que non, pauvre petit 
  •  Est-ce que cet environnement est propice à la continuité de mon apprentissage et prend en considération l’émotionnel de mon chien ? (demander un « couché » à un chien craintif alors que plein de congénères autour peut mettre le chien dans l’impossibilité d’effectuer le dit comportement… en effet, si j’ai peur de quelque chose, je préfère rester alerte et prêt à m’enfuir plutôt que de me vautrer par terre).

Avant même de débuter à parler de rappel, considérons le premier signal que nous apprenons à nos chiens : leur nom.

puppies german shepherds

Si, dès le premier jour de vie commune, Youki entend 3 millions de « Youki-youki-youki-youki-youki » à tort et à travers, alors que, finalement, soit il n’est point nécessaire d’obtenir son attention (et que, d’ailleurs, on ne l’obtient pas, à force), cette « non pertinence » est mise en place très tôt.

Parfois déjà en « cours chiot » (voir carrément chez l’éleveur si le chiot a été nommé). Si votre chiot joue comme un déjanté ou, au contraire, est préoccupé par l’environnement (ça ne devrait pas arriver mais ça arrive) il ne vous écoutera pas (et son nom devient, rapidement, un truc sans aucune pertinence, intérêt, conséquence intéressante).

dogsniffing

Je ne compte plus le nombre de clients qui « appellent » (et appellent encore) leur chien par son prénom et que celui-ci continue, imperturbable, à renifler le sol ou à faire ce qu’il est en train de faire comme si celui-ci n’avait pas la moindre signification ni intérêt. on le croirait sourd (sauf qu’il ne l’est pas du tout).

On débute donc par donner à ce nom une importance toute particulière : chez votre chiot, en début d’apprentissage, chaque fois que son prénom est prononcé (une seule fois!) dans un contexte propice (préférablement ennuyeux) et que le chiot vous regarde, il sera suivi d’un renforçateur (qui peut-être une friandise, un gros câlin s’il apprécie, un moment de jeu, une petite « fiesta »)  :-D

puppywatching

A contrario, on ne dira pas le nom du chiot s’il s’agit de lui infliger toute forme d’interaction désagréable (mais parfois incontournable, genre lui donner un bain parce qu’il pue la mort suite à roulade dans la nature odorante).

Bref, on « chouchoute » ce premier signal avec soin…

Il est parfaitement possible d’associer une quelconque onomatopée à une friandise (ce qu’on appelle un « interrupteur positif »), voir utiliser un petit nom affectueux qu’on abandonnera par la suite, du style « bébé chien » pour une utilisation provisoire et qui souffrira de quelques ratés pendant qu’on travaille à construire un nom définitif qui, lui, sera porteur d’un historique d’interactions si positives qu’il jaillira comme une information très importante dans l’environnement du chien.

La finalité ultime étant d’avoir un chien qui relève la tête, clairement et avec grand intérêt quand il entend « Youki » dans notre verbiage si largement « non pertinent ». Quand on n’a pas ces fondations, travailler sur le rappel est légèrement illusoire.

Le nom du chien DOIT devenir ce qu’on appelle parfois un « signal précieux »à savoir un signal ultra renforcé.

Ensuite, il faut prendre conscience que tout signal précieux devient un renforçateur secondaire… à méditer quand on entend très souvent les propriétaires lancer le nom du chien quand il démarre un comportement peu souhaitable (vous renforcez la « bêtise »)  :-|

Le rappel est la suite logique de ce premier travail : trop souvent, quand je demande à mes clients comment le rappel a été introduit, il s’avère que le chiot revenait à 2-3 mois, il a été renforcé (au début, puis très rapidement moins « puisque ça roule ») et, au fur et à mesure que le chiot grandit et qu’il devient plus hardi dans un environnement bien sympa et attirant, on se retrouve à répéter ce mot de manière de plus en plus impérieuse sans grand succès (voir plus de succès du tout)  :-? 

On parle, un peu vite à mon sens, de « crise d’adolescence » alors que, au fond, on n’a juste pas mis en place le moindre apprentissage crédible.

Ronja von hinten

En effet, le concept de « l’obéissance » est pour moi une immense illusion humaine : le chien va toujours choisir la conséquence la plus agréable pour lui – entre continuer à renifler cette chose qui « pue très bon » et revenir vers vous pour se voir mettre la laisse et rentrer, son cœur ne balance pas un seul instant  ;-)

Considérez la situation avant de décider comment agir  :-D

C’est l’historique de renforcement de votre signal qui le rendra « pertinent » et intéressant (les chiens d’accompagnement pour mal voyants ont un « signal précieux » qui est le bord du trottoir – qui est le plus renforcé entre tous. On ne laissera jamais le chien aller au bord du trottoir s’il a commis un quelconque impair dans la chaîne de comportements de son apprentissage, parce que cet historique de renforcement renforcera tous les comportements précédents… le trottoir, vous imaginez bien, ne donne pas « d’ordre » au chien – par contre, sa signification est limpide et son historique de renforcement énorme).

Dès lors que vous aurez lancé votre mot de rappel et que Youki aura continué à renifler son trésor odorant, l’apprentissage se fait : ne pas réagir est une excellente affaire – en effet, la conséquence est de pouvoir continuer à faire ce qu’il apprécie de faire.

Si vous vous fâchez tout vert ensuite, toujours avec votre mot de rappel rageusement, il deviendra un signal empoisonné puisque rattaché à l’intimidation et à la peur… ce qui ne va guère lui donner envie de vous rejoindre à l’avenir (tout le contraire). On le voit souvent chez certains chiens qui reviennent très lentement, comme hésitants, ne sachant plus très bien si ce mot spécifique est une bonne nouvelle ou, au contraire, l’arrivée d’une catastrophe imminente.

intimidated

Pensez également à votre « timing » - si, quand vous rappelez votre chien, il arrive gaiement et, ensuite, vous lui demandez « assis » en face de vous et vous renforcez, c’est le « assis » qui est renforcé et pas le rappel (ce n’est pas ce que vous voulez)  :-D 

sittingdog

Même problème si, quand vous rappelez votre chiot à la maison vous devez ensuite aller à la cuisine et chercher laborieusement un « bonbon » – le chien aura effectué un certain nombre de comportements suite au rappel, il ne fera plus la relation directe avec le fait de revenir (soyez « armés » de renforçateurs quand vous êtes en plein apprentissage, ayez un ou des bols de « bonbons » à portée de main).

bolfriandises

On l’aura compris, si votre mot de rappel est flingué par de très nombreux échecs (et qu’il est donc sujet à notre fameuse « learned irrelevance ») ou qu’il a donné lieu à des énervements de votre part, voir des punitions (signal empoisonné) il va falloir impérativement en changer et tout recommencer

NB : personne au monde ne vous oblige à dire « retour » « viens » ou « au pied » – le mot peut-être « bonbon », « youpidou » ou « bingo »  :-D

bingo

Gardez en tête qu’il est infiniment plus facile de conditionner un nouveau mot que de travailler à modifier la perception d’un ancien…

J’ai un peu horreur des protocoles et les approches « how-to » (parce que chaque chien est un individu unique par définition)… mais, de manière générale, un rappel se construit chez vous, dans le calme, voir l’ennui, quand votre chiot (ou chien) n’a strictement rien de mieux à faire que de vous écouter et que vous représentez une source bienvenue d’intérêt.

Mot de rappel = toujours giga friandise (pas la croquette ennuyeuse de sa gamelle mais morceau de saucisse, jambon, fromage, foie séché, friandise maison bien alléchante… et variez ces friandises : s’il vous reste un morceau du rôti de dimanche et que vous n’allez rien en faire, faites-en des munitions d’entraînement).

A répéter à la cuisine, dans la chambre, la salle de bain, le salon, la salle à manger (bref, on aura compris le principe) avant de l’exporter dans votre jardin clôturé (qui est déjà un très grand saut en termes de distractions). A répéter en famille : chaque membre de la famille appelle le chien (une fois!) et il renforce s’il revient – aucun autre membre de la famille n’octroie la moindre attention au chien s’il ne va pas vers la personne qui l’appelle (on peut s’assoir en cercle avec le chiot au milieu).

Rappelez-vous que, pour votre chien, un signal appris avec la pendule de la cuisine face à lui et le frigo derrière lui n’est pas la même chose que s’il a la pendule derrière lui et le frigo face à lui, il s’agit donc de varier à l’infini l’environnement :lol:

Notre monde d’humains est fait d’une masse affolante d’informations pour nos chiens et ils en font ce qu’ils peuvent… ils cherchent constamment à anticiper les conséquences de leurs décisions (et décident en leur faveur évidemment, non, les chiens ne viennent pas au monde pour nous rendre heureux)  :lol:

Chacun d’entre vous aura noté chez son chien quelques « signaux » qui sont d’une parfaite clarté et n’ont pas besoin d’être répétés – genre « on va balader » (ou le simple fait de prendre la laisse en main), manier les gamelles en métal (ils sont tous très intéressés dès le premier cliquetis) ou, dans l’autre sens, la bouteille de shampooing qu’on empoigne et le chien se fait immédiatement la malle (etc. etc. etc.).

dogbath

Là, on ne parle plus « d’obéissance » et, pourtant, les chiens réagissent tous à ces informations ultra pertinentes dans leur monde, pour obtenir, ou éviter, une conséquence. Nos « signaux » peuvent avoir la même clarté et cohérence. 

Question d’éviter les échecs, on aura compris qu’il est parfaitement contre-productif, en plein apprentissage, de lâcher votre jeune chien si vous craignez ne pas pouvoir obtenir son attention et que vous savez que vous devrez le récupérer dans un temps défini ou parce que l’environnement l’exige (dangers).

Si nécessaire, allez le chercher calmement ou, si problématique, ne le lâchez tout simplement pas (la longe est votre amie)  ;-)

longe

Vous ne lâchez votre chien que si et quand votre apprentissage est déjà solide ou, alternativement, l’environnement sécurisé permet d’attendre sereinement que votre chien revienne vers vous de manière spontanée (vous pouvez lancer votre mot de rappel dès que vous voyez votre chien revenir et vous renforcez).

Réfléchir avant de lancer son mot de rappel : demander à Youki de revenir (du jardin) et partir travailler est une véritable catastrophe – la conséquence d’avoir répondu à ce fameux rappel est désastreuse (pour Youki).

A l’identique si votre chien déteste la voiture : utilisez votre mot de rappel pour l’enfourner dans le coffre où il est malade, est un contre-sens  :roll:

En résumé :

  • Obtenez l’attention de votre chien quand vous prononcez son nom et ne le prononcez pas si pas de conséquence gratifiante
  • Faites-en un « signal précieux » (hautement renforcé)
  • Considérez que tout signal « précieux » devient un renforçateur secondaire, ne l’utilisez pas pour stopper un comportement qui vous déplaît
  • Mettez en place le conditionnement au rappel en milieu très peu distrayant au début
  • Augmentez la difficulté par paliers très modestes, rappelez-vous que rappeler votre chien en extérieur est un apprentissage niveau « master » (si les circonstances ne s’y prêtent pas, ne détachez pas)
  • Réservez vos friandises de très haute valeur pour le rappel et variez-les régulièrement, identifiez ce que votre chien estime être une « giga friandise »
  • Pensez à votre timing – c’est le rappel que vous renforcez, pas autre chose
  • Ne rappelez pas si moins de 99% de succès en cours d’apprentissage
  • Rappelez votre chien souvent pour le renvoyer ensuite à ses occupations de chien
  • Rappelez votre chien pour débuter une partie de jeu, lancer la balle, toute interaction qu’il apprécie…

… et bossez, bossez, bossez – on n’a jamais rien sans rien :-D 

process

Attachez-vous au processus : les résultats suivront  :-D

Quelques minutes par jour suffisent et seront bien plus productives qu’une heure de cours sur le terrain…

Si beaucoup (infiniment) de chiens n’ont aucun rappel (le chien qui « revient des fois » n’a pas de rappel), c’est tout simplement parce que celui-ci n’a pas été travaillé ou a été travaillé de manière peu pertinente.

A la question : « peut-on avoir un rappel à 100%? » ma réponse sera toujours et inévitablement « non » mais, identifier l’ennemi aidant à le vaincre, crééz un plan d’apprentissage spécifique, suivez-le, renforcez toute la vie du chien  ;-)

Chez les miens, par exemple, un rappel lambda ne sera plus renforcé autrement que par une intonation particulièrement gentille et/ou un mot conditionné, comme « good boy », « good girl », un rappel à fond les ballons en circonstances distrayantes sera payé grassement toute leur vie, à savoir par une friandise (pour certains qui vivent pour manger) ou une partie de jeu (pour ceux qui vivent pour jouer)  :-D

Happy training ☺ 

Je fais mes débuts en laisse….

Clairement, j’ai une grande aversion pour les « protocoles » éducatifs, les articles « how-to» qu’on me réclame pourtant tout le temps et les recettes toutes faites, détaillées point par point  :lol:

3d people - man, person with a clipboard. Businessman.

Pour moi, chaque chien est un individu unique et non, je n’ai pas de protocole standardisé selon l’âge : voilà pourquoi je préconise les cours privés pour les chiots (la théorie, elle, peut se faire en groupe évidemment puisqu’elle n’est destinée qu’aux propriétaires, en privé, elle constituera un repos bien mérité pour le jeune « apprenant »).

puppyschool

Je ne suis donc pas très fan des classes chiots complètement standardisées où je vois certains chiots explosés de stress, d’énergie plus ou moins contenue, qui vocalisent et se tortillent au bout d’une laisse mais qui « doivent », comme tout le monde, attendre leur tour pour l’exercice de rappel que vont entreprendre cinq ou six personnes avant lui, toujours le même (le propriétaire dont c’est le tour s’accroupit et on l’encourage à émettre des tas de sons enjôleurs qui, avec un peu de chance, vont convaincre le chiot « dont c’est le tour » à revenir rapidement vers son propriétaire. Sauf que, pendant ce temps, le chiot qui attend a parfois atteint un niveau stratosphérique de frustration pendant que son propriétaire le regarde médusé).

crazy

Pour certains chiots, une classe « chiots » digne de ce nom peut (et devrait) tout à fait se limiter à «bonbonner » le calme du chiot à plusieurs mètres de la classe et, si si, je vous assure, il y a apprentissage et un apprentissage autrement plus utile que celui de la frustration et de ses nombreux symptômes (je sais que certains sont de grands fan de la frustration – pas moi, c’est une émotion qui s’apparente à la colère et je ne pense pas qu’il soit utile d’associer nos apprentissages à une telle émotion, bien au contraire). 

frustration

Les chiens n’apprennent pas « quand c’est leur tour » mais tout le temps et si on est en train d’enseigner le rappel (si on a de la chance et c’est pas sûr) à un chiot, certains autres sont en train d’apprendre que la laisse c’est une sacrée source de frustration (semaine après semaine)  :roll:

Tout ça pour vous parler, justement, de la laisse…. (j’adore les longs préambules).

leash

La laisse, grand sujet de préoccupation auprès des propriétaires de chiens : le chien tire en laisse, mange la laisse, ne revient pas quand on sort la laisse, s’enfuit quand on le détache, est frustré en laisse, n’avance pas en laisse (oui, ça existe aussi).

First dog walk on a leash

Mes propres chiens sont très peu en laisse : d’abord parce que j’ai la chance de vivre dans un endroit particulièrement désertique et bucolique mais, parce que, quand nous fréquentons d’autres endroits qui représentent un « challenge » plus intense, ils ont à leur actif des tas de comportements, appris hors contexte, qui sont incompatibles avec la liste de problèmes énumérés plus haut.

Quand mes clients s’adressent à moi au sujet d’un problème avec la laisse, il est déjà clairement concrétisé en général – le chien « tire » ou présente d’autres problèmes relationnels avec ce fameux bout de tissu, plastique ou cuir qui reste indispensable (je ne suis pas fan du tout du chien détaché en ville, même avec des comportements ultra solides, même avec des autocontrôles bien rodés, le risque me semble ne pas valoir la peine si on considère les impondérables).

Je note souvent dans mes cours, que, dès que le chien est « détaché » (sans autre forme de procès) il s’en va explorer l’environnement avec grand plaisir (et c’est légitime, puisque c’est le seul signal de liberté qu’il connaît finalement).

Dans ma vision des choses, la présence – ou absence – de laisse doit rester vide de sens pour le chien et doit être accompagnée d’une autre information complémentaire (ce que d’aucuns appellent « ordres »).

Si on y réfléchit un instant : à peu près tout ce qui est intéressant dans la vie d’un chien se passe une fois qu’on l’a détaché (aller renifler ou jouer avec les autres chiens, jouer à la balle, jouer au frisbee, débuter son tour en agility, avancer à son rythme naturel).

La laisse disparaît : le fun débute  :lol:

 Bref, ce « cliquetis » de mousqueton devient la portée vers toutes sortes de paradis  :-D

unleashed

On va donc remonter à « avant » le problème dans l’optique d’une éducation proactive et non réactive qui m’est si chère  ;-)

Je mets souvent la laisse aux chiots dès leurs débuts à la maison ou en cours d’éducation : on met la laisse, on clique (et renforce) et on associe donc le petit cliquetis du mousqueton à quelque chose de plutôt sympa. On enlève la laisse et on ne clique pas… on remet la laisse et on clique et renforce.

Dans un 2ème temps, toujours à la maison et dans des périodes de calme complet (quand les enfants sont à l’école et que le moment n’est pas particulièrement fascinant), je mets le chiot en laisse (click bonbon) et je le laisse oublier l’engin (évidemment, il s’agit de choisir une laisse légère et adaptée au gabarit du chiot).

Quand il semble avoir repris le cours de sa petite vie et retourne dans son panier ou se pose quelque part, je prends la laisse et j’exerce une très légère pression sur la dite laisse (qu’elle soit attachée au collier ou au harnais, même si je vous conseille définitivement un harnais adapté à la morphologie de votre chien)la force utilisée doit correspondre à ce que serait un léger tapotement sur l’épaule d’un autre humain, pas plus – aussitôt que le chiot en prend conscience (et se retourne, vu qu’il n’a pas grand chose d’autre à faire au fond), je clique et je renforce.

happypuppy

Dans un 2ème temps, j’introduis un signal verbal avant ma mini pression (« je suis là »), «je suis là » ==> mini pression ==> click ==> bonbon  :-D (nouveau signal, ancien signal). 

Rapidement, votre chiot réagira à la plus petite pression de la laisse et, ensuite, au mot «je suis là » (ou autre mot de votre choix).

C’est l’enfance de l’art d’une marche en laisse sans tirer  ;-)

Tous ces jeux sont à pratiquer de préférence avant que votre chiot n’ait appris à tirer sur sa laisse (le moindre pas en avant que vous faites dans la direction choisie par le chiot renforce le fait de tirer)  :roll:

Je travaille presque toujours mes chiots en laisse quand on débute le clicker training (et j’encourage mes propriétaires à le faire, même quand ils travaillent dans leur cuisine, évidemment sans danger)cela évite de se construire une association « les trucs bien c’est toujours quand on détache la laisse ».

On débute donc par mettre le chiot en laisse  (j’insiste, encore une fois, sur une laisse fine, légère, en proportion raisonnable avec le gabarit de votre chiot) ==> click-bonbon. 

Je débute avec un critère excessivement bas et un rythme de renforcement excessivement haut : il faut impérativement que l’activité soit assimilée à du pur «amusement en barres »  :-D

De temps en temps j’attache la laisse (assez longue) à ma taille et, de temps en temps je la laisse tomber au sol, ce qui devient un non événement (pour autant que le chiot soit véritablement engagé avec vous et pas empêtré dans une de ces séances de clicker training où on clique une fois toutes les morts de pape et au cours desquelles le chien s’ennuie prodigieusement avant de s’en aller).

Je ne vous propose pas de faire du « free shaping » (à peu près mon pire ennemi… mais c’est un autre sujet) mais de cliquer un critère très bas de manière à garantir un rythme de renforcement très soutenu.

Quand on s’amuse vraiment bien et que le chiot est ultra engagé (gardez vos séances très courtes), je le détache et je donne mon signal « c’est fini » (un peu décevant parce que, sérieux, on s’amusait drôlement bien).

N’oublions jamais que, du point de vue d’une chien, nous ne sommes qu’une option (parmi plein d’autres)  ;-)

Etre attaché est assimilé à l’interaction, être détaché, à la fin de l’interaction (évidemment, tout ceci n’a aucune pertinence si l’action n’est pas agréable).

boredpuppy

Un autre jeu à considérer est de détacher le chiot et, dès qu’il est détaché, click et jet d’une généreuse poignée de « bonbons » très proche de vos pieds (comprendre jambon, fromage, foie séché ou n’importe quelle friandise adorée)le petit bruit métallique est associé à une émotion agréable mais également calme vu que le chiot ne part pas en trombe explorer le vaste monde (y’a bien plus passionnant juste à mes pieds).

C’est toujours très constructif d’avoir un chien qui attend un signal de libération après avoir été détaché.

Après quelques répétitions de ce jeu (qu’on débutera, évidemment, dans un milieu peu riche en distractions), je détache, clique, balance mes « bonbons » et je m’éloigne de mon chiot de quelques pas. Presque à coup sûr, Bébé Chien vous suit : vous vous construisez un chiot qui sera encore là pour écouter le signal que vous lui donnerez plus tard.

A ce stade, vous pouvez débuter une interaction plaisante pour votre chiot, cliquer l’attention du chiot sur vous et, encore une fois, quand il vous semble hyper engagé, vous lui signalez qu’il est « libre» de faire ce que bon lui semble…. s’éloigner de vous reste certes attractif (le monde est fun pour un chiot confiant) mais ce n’est pas l’unique source de bonheur, bien au contraire (vous êtes pas mal non plus question « fun »)  ;-)

sniffingpuppy

Je vous conseille vivement de mettre votre chiot en voiture et d’aller le détacher dans un lieu calme afin de rendre ces jeux possibles bien avant de lui apprendre que tirer sur sa laisse, s’enfuir dès qu’il est détaché, sont ses options uniques pour s’amuser.

Un mot pour finir au sujet des harnais à « boucle sur le poitrail » : s’ils sont une aide efficace et solide pour des propriétaires déjà dans la panade au sujet de la marche en laisse, ils doivent à mon sens rester une aide transitoire, le temps de travailler une marche en laisse détendue de manière très active (avec votre éducateur).

Quand votre jeune chien marche plus d’un an (ou pire) de « guingois » à cause de cette boucle sur le devant, il adopte une posture excessivement malsaine qui, si très transitoire et occasionnelle, ne fera pas de dégâts mais qui ne sera pas sans conséquences si elle se pérennise.

Happy Training  :-D

Le chien introverti, ça existe?

Dans mon « ping pong » perpétuel dans mes considérations sur l’apprentissage chez l’humain et chez l’animal non humain – hier, j’ai lu un article qui m’a profondément interpellée.

L’auteure était une personne étiquetée comme « introvertie » et elle racontait ses années d’école où, bonne élève, avec d’excellents résultats, sans (à l’origine) de souffrance particulière, on n’a pas cessé d’exiger d’elle «qu’elle participe plus en classe ».

introverti1

Dès le cycle primaire, cette personne a interiorisé un étrange message : elle était « trop » réservée (par rapport à quoi ?).

S’en suit une longue description du calvaire absolu de ses années d’études où, de la maternelle à la fin de l’école supérieure, on n’a pas cessé de lui reprocher son manque d’interaction avec les autres et avec les professeurs.

Son apothéose était atteinte lors de « séminaires socratiques » où les participants – assis en cercle – participaient à des joutes verbales et dont le temps de parole individuel était soigneusement « monitoré » par les enseignants et déterminait, entre autre, la note finale.

Avec, évidemment, des résultats médiocres dans cet exercice très précis et une hantise de plus en plus affirmée vis-à-vis de l’expression orale en public.

Une petite souffrance construite de manière très artificielle, à mon sens, car il me semble tout à fait possible de réussir sans vie sans devenir un orateur pétillant  ;-)

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Ce que dénonçait cette personne c’est l’idée hasardeuse – et pourtant bien généralisée – qu’être « extraverti » c’est paraître plus intelligent et plus engagé dans une quelconque activité, plus présent.

Pire encore, que le fait d’être extraverti, volubile et très interactif avec les autres est mis en avant comme concept « normatif » : ceux qui correspondent à cette description sont ceux qui « vont bien », les autres doivent changer ou, en tous cas, travailler à devenir « moins introvertis ».

J’ai immédiatement fait le parallèle avec une balade faite avec une connaissance il y a quelques temps qui m’a dit, avec un peu de commisération que c’était « dommage » (?) que mon chien n’interagisse pas avec les autres chiens (bref, il ne joue pas avec les autres chiens).

funnyboy

Si, en réalité, aucun de mes chiens ne joue beaucoup avec les chiens inconnus : mes deux Bergers Australiens jouent entre elles (elles sont sœurs et très proches) Zouk, s’il supporte avec patience leurs jeux, ne joue avec absolument personne (pas même avec elles).

Totalement non conflictuel, les autres chiens ne l’intéressent absolument pas.

Les autres gens non plus d’ailleurs  ;-)

Il est habitué à ses « frangines » et il aime, encore mieux, moi ou plutôt l’accès que je lui donne à ce qui a de la valeur pour lui.

Bref, ce qui lui procure du bien-être et donc une émotion agréable pour lui et selon ses critères personnels – je n’ai pas appris à Zouk cette intensité qu’il met dans toute chose, elle fait partie de lui (au mieux, je l’ai encadrée).

Il est très avare en « manifestations festives » même avec les personnes qu’il connaît bien (mes proches) et se contente d’un petit remuage de queue très minimaliste – genre « ouais, je te connais, c’est bon »  :lol:

Les personnes inconnues n’existent même pas et il très parcimonieux dans toute forme d’interaction, un petit salut, ça va… plus, c’est l’envahir  :lol:

Bref, on pourrait dire qu’il est introverti

Il ne correspond absolument pas au chien ultra-jovial, pote universel, et adorateur de tous les humains, curieux des congénères et joueur impénitent…. il a ses centres d’intérêt, ses (rares) humains rangés dans une catégorie « amis » et il s’y tient avec un certain acharnement.

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Impossible toutefois de le ranger dans le chien « à problèmes de comportement » vu qu’il a l’air parfaitement satisfait, parfaitement posé et que tout son physique et ses comportements affichent que sa vie lui convient parfaitement bien telle qu’elle est.

Il n’a pas « peur » des gens, il n’est pas intéressé, c’est très différent. Il n’a pas peur des chiens non plus, après une vague reconnaissance par l’arrière, il n’a juste plus rien à leur dire  :lol:

Quand quelqu’un insiste pour le papouiller, il prend une attitude légèrement agacée – gentiment agacée, il remue la queue et se détourne clairement – bref, on l’ennuie (ce qui vexe considérablement certains humains).

Presque pareil avec ses congénères, on voit qu’il y met des trésors de patience mais que, en gros, tout ça ne l’amuse aucunement  :lol:

Mon accompagnatrice de l’autre jour trouvait ça « dommage » et je me suis demandée pourquoi – avons-nous à ce point intégré la norme de l’extraverti comme étant la voie royale, demandons-nous à nos chiens d’être les enfants « participatifs » dont parlait la personne mentionnée au-dessus ?

Une cliente me disait, au sujet de son chiot qui préfère observer les autres chiens que d’aller jouer avec eux, que ça lui faisait de la peine… mais pourquoi, vu que son chiot semble tout à fait à l’aise entre ses jambes et préfère, clairement, ce poste d’observateur que celui de participant ?

Peut-être que l’animal observateur, qui sait se rendre invisible et éviter les conflits est le plus susceptible d’adaptation dans une logique de survie ?

…et que cela confirme que, chez l’animal humain ou non humain, les différentes personnalités constituent des variations tout aussi valables les unes que les autres au sein d’une espèce ?

En définitive, la véritable souffrance, n’est-elle pas d’avoir un idéal en tête, une description rigide de ce qu’un être vivant devrait être ou ne pas être (hors pathologie) alors que, au fond, accueillir un être dans sa vie (quel qu’il soit) c’est s’ouvrir à la surprise d’une personnalité spécifique.

Nous avons, parfois, du mal

L’apologie du calme…

 

hyper1La réalité du chien dit «actif» est relativement compliquée : et s’il n’est pas rare de devoir inciter certains propriétaires à bouger son chien « un peu plus » quiconque a partagé sa vie avec un chien très speed, fit et légitimement entraîné sait que de le «fatiguer » est – souvent – un vœu assez pieux  :lol:

Parce qu’il existe une montagne d’excellents propriétaires (quoi qu’on en dise) : j’ai rencontré une foultitude de clients, souvent jeunes et sportifs eux-mêmes, ayant adopté en toute connaissance de cause un chien de nature sportive et active et qui sont passés rapidement d’une heure de balade à deux, puis trois, puis quatre heures par jour – j’ai même eu un jeune couple de deux jeunes hommes qui se relayaient l’un après l’autre pour balader leur chien la bagatelle de six heures par jour  8-O   (sans arriver à la moindre amélioration du comportement destructeur de leur chien d’ailleurs, qui était incapable de se poser à la maison).

Quand la balade nez au vent dans la nature ne suffit pas à atteindre le nirvâna du «un chien fatigué est un chien sage» et que le chien arrive à l’âge de pouvoir pratiquer, on ajoute l’agility, le frisbee, le lanceur de balles (post balade), etc. etc.

Ensuite, à la maison, «il a ses jouets » à disposition  :-?

 

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Dans certaines races dont le potentiel sportif est énorme, ces super athlètes (rendus tels par leurs propriétaires pleins de bonne volonté), on se retrouve avec un chien littéralement «increvable » parfois (et des propriétaires épuisés qui – hagards – voient leur chien leur apporter la balle à la maison, et parfois vocaliser si on les ignore, genre « je m’ennuie », alors que les humains sont exténués et, accessoirement, ont aussi besoin / envie de faire autre chose que d’amuser le chien).

creve

Quand on se retrouve avec un chien adolescent très actif et que, à un moment dans la journée, vous avez l’impression qu’il va dévorer vos possessions une à une, on sort et on va « le fatiguer ». On balade, on lance des trucs divers et variés, on joue au frisbee ou tout ça en même temps ou successivement, longtemps. Très longtemps parfois.

Rassurez-vous, je ne vais pas vous pondre une litanie anti-sports canins : les chiens qui s’ennuient sont légion (eux aussi) et toute activité canine bien introduite me semble excellente à prendre (et puis, soyons un peu francs : tout le monde prend un chien pour une quelconque forme de gratification et le nier me semble très hypocrite – je laisse ça aux plus « saints d’entre nous »).

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Tous mes chiens ont des vies bien sportives, des tas d’apprentissages au clicker et, néanmoins, savent parfaitement me « lâcher les baskets » (et moi lâcher les leurs) - vivre comme des chiens pendant leurs balades, se poser à la maison et attendre tranquillement quand je travaille d’autres chiens, même en salle. 

Quand mes enfants étaient petits et qu’ils avaient besoin de se défouler physiquement, il n’était pas approprié de leur proposer une activité de lecture ou un jeu de réflexion même s’ils adoraient les moments de lecture et les bricolages tranquilles – l’un ne peut empêcher l’autre, l’autre ne doit exclure l’autre.

Par ailleurs, adopter un chien sportif, à moins d’une monumentale erreur de casting (cela arrive aussi et même plutôt souvent, mais ce n’est juste pas la thématique du jour), implique qu’on ait envie de faire des trucs avec son chien – sinon, on porterait judicieusement son choix sur une race moins exigeante à ce niveau là.

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Ce qu’on oublie souvent dans notre vision du « j’ai pris un chien sportif et j’assume » c’est que toute forme d’activité dynamique, génère une montée d’adrénaline considérable – chez des sujets qui montent très, très vite en excitation déjà de par leur génétique (la sélection au chien ultra speed est très réelle et parfois un peu délirante aussi).

L’impasse est souvent atteinte parce que le chien n’a aucun apprentissage du «calme» et vit en état d’excitation perpétuelle (ce qui peut aider à se construire un chien dit « réactif » – qui aboie sur les autres chiens, qui aboie quand les gens bougent, qui « exige » car aux prises avec des émotions qu’il ne peut plus gérer).

J’ai des clients propriétaires de chiens ultra sportifs chez qui je vais parce que le chien ne leur laisse plus un instant de tranquillité et qui me disent, soucieux de ne pas me voir les taxer de ne pas « assumer leur chien », qu’ils baladent 3 heures par jour, jouent au frisbee, vont à l’entraînement d’agility, lancent la balle et rentrent, malgré tout, à la maison avec un chien littéralement insupportable dans ses demandes d’interaction (et qui, parfois, pendant l’entretien de comportement, lancent le jouet inlassablement à leur chien qui vocalise aussitôt qu’ils s’arrêtent). 

A ces personnes, je propose avant tout d’en faire beaucoup moins ou, plutôt de faire très différemment (et là, ils me regardent ahuris – j’ai un chien « sportif » Madame). Oui, moi aussi  :-D

et on se met à bosser sur l’apologie du « calme »  :-D

Parce que oui, parfois on peut avoir le beurre et l’argent du beurre, on peut avoir un chien actif et sportif ET calme.

trio

Renforcer le calme : souvent, quand on a un chien qui ne se tient « jamais tranquille » à la maison, quand le chien se pose (enfin) sur son dodo, on aurait tendance à surtout ne plus le déranger du tout (versus les montagnes de renforcement quand il provoque, inévitablement, l’attention quand il prend la télécommande, bouffe vos coussins du salon, vole votre chaussure à l’entrée, etc.). 

C’est, souvent, précisément ainsi que nous fonctionnons avec les enfants – qu’on ignore quand ils sont « sages » (comprendre n’ennuient personne) et dont on s’occupe très activement aussitôt qu’ils ne sont plus « sages » (comprendre font quoi que ce soit pour attirer l’attention).

On s’étonne ensuite de la construction d’enfants « insupportables » alors qu’on renforce avec constance et systématique tous les comportements inappropriés et qu’on ignore les autres.

Que vous « croyiez » ou non, aux lois de l’apprentissage ne les empêchera pas d’exister…. ce sont des forces en action qui feront leur boulot quelles que soient vos convictions culturelles personnelles  ;-)

science

Quand j’incite les propriétaires à aller « renforcer » ces moments de calme, par une friandise ou une séance de câlins (si le chien apprécie la séance de câlins évidemment), on me répond – horrifié – «ah mais non, il va se lever » (quelle horreur)  :-D  

Oui, il va se lever pratiquement à coup sûr, je vous le confirme et là, il va falloir tout simplement recommencer ce que vous étiez en train de faire sans faire cas du chien (pas toujours facile au début). Faute de mieux, il finira par retourner à son dodo ou sa position de calme (les miens ont une fâcheuse tendance à ignorer leurs dodos hors de prix et à dormir sur le sol, à la dure). Là, vous retournez renforcer ce moment de calme…. en lâchant quelques friandises sur le dodo ou en débutant une séance de câlins-massages très calmes.

Avant de débuter ce travail – prenez note de combien de minutes / heures votre chien est calme dans son dodo – quelques 15 jours plus tard reprenez à noter les moments de calme dans le dodo…. je vous parie qu’ils auront augmenté  ;-)

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En parallèle, virez les jouets qui sont au sol ou dans le panier accessible au chien, virez les coussins, rangez la télécommande et autres opportunités de devoir « réagir » aux « bêtises » de votre chien (qui, au contraire, se montre très intelligent car il a rapidement compris comment vous contraindre à interagir).

Apprenez à votre chien à réagir à un « interrupteur positif » (un petit bruit quelconque que vous associerez, hors contexte de « bêtises » à quelque chose de hautement gratifiant, surtout si vous avez utilisé son nom, encore et encore, pour le stopper dans ses comportements inappropriés).

Un travail sur la détente – comme le protocole de relaxation de la Dr. Karen Overall, l’exercice de détente sur le dodo de Nan Arthur (qui sont des protocoles à suivre étape par étape). Cela n’a strictement rien à avoir avec un exercice de travail du style « va à ta place » – qui fait appel à un conditionnement opérant – à savoir, appris, renforcé où le chien choisit ce qu’il sait être « payant ». Ces protocoles se focalisent sur l’émotion du chien, favorisent la détente  :-D  

Vous les trouvez aisément via une petite recherche Google, ils nécessitent, à mon sens, l’accompagnement d’un éducateur compétent, en tous cas au début  :-D

Pensez à l’olfaction – pensez « tapis de fouille » (ou snuffle mat), pensez à la technique des « Sprinkles »  :-D  (votre éducateur / trice pourra vous aider à mettre ces techniques en place). 

snuffle

Si votre chien mange des croquettes, pensez à passer à une alimentation BARF et ajoutez du kéfir que vous ferez maison ou des comprimés de probiotiques – c’est bénéfique de toute façon et la relation entre l’émotionnel et l’état de la flore intestinale est de plus en plus mis en avant en médecine humaine.

kefir

Certains produits naturels – comme la L-Théanine (thé vert), ou la caséine (protéine du lait) peuvent – parfois – aider votre chien à se détendre et ne créent aucune accoutumance (parlez-en à votre véto). 

Réévaluez si votre chien gagne vraiment quelque chose à voir certains « copains chiens » avec qui le jeu est souvent très agité et confine, parfois, à l’affrontement. 

Réévaluez si ses séances de sport en club finissent par une excitation qui devient ingérable (réactivité en laisse, réactivité en libre sur les autres chiens, les humains, etc.) – il faudra probablement arrêter ces activités quelques temps. Parlez-en avec votre coach – s’il connaît son travail, il saura parfaitement comprendre vos motivations et construire, avec vous, un retour à l’entraînement qui tient la route.

Apprenez à votre chien un signal « libre » : à partir de celui-ci, il peut faire ce que bon lui semble mais SANS interaction avec vous (surtout en balade) et, question de le rendre crédible, tenez-vous à celui-ci.

Quand vous travaillez votre chien au clicker, travaillez sur le contrôle de l’impulsion sur chaque comportement appris, sans exception. Le chien qui vous balance son répertoire de connaissances n’est pas « rigolo » ni « mignon » mais frustré avant tout et ça n’a rien d’une émotion agréable.

Le concept du contrôle de l’impulsion sur les comportements est le parent (très) pauvre des personnes qui ont appris le clicker training « sur le tas » (via Youtube et quelques articles).

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Faites des balades en longe en suivant votre chien là où il souhaite aller – la longe vous permettra de le laisser tranquille vaquer à sa vie de chien sans devoir l’appeler constamment vers vous si le rappel n’est pas acquis. S’il tire, n’avancez pas en ligne droite mais faites un parcours suffisamment sinueux et renforcez quand il vous suit.

Oui, vous pourrez revenir aux jeux, au sport, au club…. MAIS en continuant vos  protocoles d’apprentissage du « calme » et en mixant savamment votre progression entre périodes de calme et périodes d’excitation (à ce sujet, il vous faudra l’aide d’un éducateur compétent).

Le chien étiqueté comme « insupportable », « ingérable », ultra demandeur et qui finit par régir l’intégralité de la vie de son propriétaire (qui, parfois, ne reçoit plus personne chez soi, est épuisé par la gestion du chien) est une des causes d’abandon les plus fréquentes ou alors une des causes de prises de psychotropes le plus courantes : alors que, souvent, il s’agit tout simplement de chiens qui auraient eu besoin d’un apprentissage au calme systématique dès leur plus jeune âge, plutôt que d’une débauche d’activités excitantes afin de favoriser une très hypothétique – et improbable – « fatigue ».

Happy training  :-D

 

 

 

 

 

WOOF2017 – 3ème épisode

Layout 1

Début du 2ème jour de WOOF2017 (j’ai un peu zappé le reste du 1er jour dans ma détermination à me focaliser sur ce qui m’intéresse plutôt que d’activer un quelconque « cadre » de ce que je déplore fortement).

J’avale donc en presque solitaire mon (quadruple) espresso du matin dans la salle de conférence, en attendant les copines (qui s’empiffrent de saucisses et « beans on toast » britanniques en salle de petit déjeuner : mon incapacité naturelle à avaler quoi que ce soit avant midi aura servi à quelque chose pour une fois) quand, sur une page « Kong » projetée sur l’écran, je vois apparaître une graaande photo de ZoukBébéChien (oui, « the one and only ») : ça m’a fait tout drôle de voir apparaître mon chien (bon, en photo) dans ce contexte :-D  (activation immédiate de ma fierté maternelle forcenée).

myboy

du coup, la chance, vous y avez droit aussi   ;-)

Nous avions la possibilité, en effet, d’envoyer des photos de nos chiens sur un Dropbox, la beauté de mon Kornichon d’Amour a du frapper les publicistes de Kong, (c’était pas possible autrement d’ailleurs quand on y pense)  :-D 

(Fierté maternelle difficilement jugulée, après l’avoir raconté à qui voulait l’entendre et, très probablement, à qui ne voulait pas spécialement l’entendre aussi)  :lol:

C’est donc le tour de Kay Laurence – une des mes « trainers » favorites depuis toujours (ou, en tous cas, depuis très longtemps)  :-D

kay

« Microshaping » par Kay Laurence

Le sujet de microshaping est un sujet qui me tient particulièrement à cœur, tant je déplore qu’on mette encore en avant des séances de « free shaping » qui balancent l’animal dans un doute perpétuel, avec tellement de possibilités d’erreurs que ça en fait frémir mon cœur de « clicker trainer ».

Cela me rappelle, d’ailleurs, ces séances de « clicker entre humains » d’il y a dix ou quinze ans, où une personne quittait la pièce pendant que le reste du groupe décidait d’un comportement (généralement farfelu et improbable) à lui faire faire.

A son retour, « l’apprenant » était confronté à un potentiel de 3 milliards de comportements possibles et finissait systématiquement soit dans la frustration, la gêne (pour certains), l’irritation (qui découle de la frustration) ou devenait complètement inopérant sous les rires du groupe (ce qui peut se révéler très aversif pour certains d’ailleurs). Les plus « costauds » émotionnellement adoptaient systématiquement le costume de « clown » du moment, cumulant les erreurs et oubliant carrément d’écouter le marqueur. 

Ce qui a ensuite permis aux gens d’affirmer que le « clicker training, c’est comme le jeu du chaud-froid » (une des affirmations en clicker training qui me fait plus saigner les yeux d’ailleurs – le clicker training c’est tout SAUF le jeu du chaud-froid).

PATRONATO DE TURISMO DE GRAN CANARIA

« Avoir trop de choix est presque aussi punitif que pas de choix du tout » (Kay Laurence)  ;-)

Plus tard, Susan Friedman dira que

« il n’y a pas de médaille de mérite à gagner par l’enseignement d’un comportement de la manière la plus complexe possible »

excellente formule (que je retiens). 

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Le microshaping c’est offrir un choix et limiter les choix en même temps – c’est rendre le succès plus que probable, c’est considérer que l’extinction n’est pas le chemin le plus confortable pour arriver à un résultat (qui dit extinction dit forcément frustration). 

Petit parallèle que nous propose Kay : nos propres apprentissages.

Bon nombre d’entre nous avons été complètement traumatisés par la manière qu’on aura eu de nous transmettre une quelconque compétence : si son exemple s’est focalisé sur la littérature et les maths, je sais que, pour ma part, si je refuse de prendre une aiguille, des aiguilles à tricoter ou un crochet en main (malgré un penchant pas mal artistique), c’est clairement à attribuer à une série de « maîtresses de couture » les unes les plus sadiques que les autres qui transmettaient par la punition, les remarques acides et destructrices et n’avaient jamais un seul mot positif à offrir devant mes vaillants efforts.

A mon grand âge, je me rappelle encore d’un effroyable pull vert fluo que je devais tricoter, enfant, et qui était rageusement et systématiquement défait par la dame en question avec un regard fou :roll:  Ma grand-mère, ayant pris pitié de moi, l’avait finalement terminé à ma place et je n’ai plus jamais voulu tricoter de toute ma vie.

A contrario, j’adorais le dessin était constamment renforcée par mes professeurs successifs qui m’avaient étiquetée comme « douée »  ;-) (à ce jour, j’adore encore dessiner)

Bref, l’émotion qui accompagne un quelconque apprentissage reste souvent avec nous pour le restant de nos jours.

emotion

Toute approche qui exclut l’empathie avec l’apprenant, qu’il soit animal humain ou non humain, même quand on arrive « malgré tout » à obtenir un comportement, donnera une exécution au mieux frénétique et anxieuse et, fatalement, au rendu moins performant qu’un apprentissage obtenu par un voyage qui se construit d’un succès à un autre succès.

En microshaping, le but est un chemin construit sur une base de 95-100% de réussites et en se demandant, avant de débuter, quelles pourraient être les possibles interactions de l’animal avec un quelconque objet, dans un environnement spécifique.

Exemple pratique : si le chien doit tourner autour du cône et que, une fois aperçu le cône, il vous « propose » d’ores-et-déjà un « touche » avec son nez ou avec sa patte, vous voilà embarqués dans un processus d’extinction du comportement avant même d’avoir fait quoi que ce soit (ou comment se construire un problème avant même votre premier click).

Kay introduit le cône comme élément extérieur — et peu significatif au départ — à intégrer à un comportement de base, connu, maîtrisé et hautement renforcé (monter sur la plateforme au petit trot).

En clair, on débute par un comportement de base et on construit A PARTIR de cette base, en adaptant au fur et à mesure. En cas d’échec — de critère trop haut — ou de fatigue chez l’apprenant, il est dès lors très facile de pouvoir revenir au comportement de base pour renforcer (et éviter que votre apprenant se décompose devant vos yeux). 

Elle nous a également incités à ne pas nous mettre en position de « réparer » un comportement flingué mais à le remplacer par autre chose (un autre objet, un autre plan, un autre signal) – encore cette vilaine extinction  ;-) 

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J’ai aussi aimé sa figuration du « shaping » comme une activité créative : mettez une personne qui n’a aucune technique de dessin ni de peinture devant une toile vierge et des couleurs de toutes sortes : au mieux, il ne fera rien, au pire, il fera n’importe quoi (un exemple que je donne également dans mes cours de shaping et, comme Sean – voir premier article – moi aussi j’étais fière d’avoir trouvé ça « toute seule » ah ah ah)  :-D 

painting

Il est plus constructif de s’exercer avec une technique (le fusain, par exemple) et d’ajouter la complexité d’autres techniques ensuite, un élément à la fois.

Kay nous a incités à considérer que si apprendre un comportement au chien n’a souvent rien de « vital » – lui apprendre à « aimer apprendre » est, par contre, une compétence indispensable à la qualité de notre future relation (n’en déplaise aux adorateurs des « chiens libres » – l’apprentissage, la découverte sont des générateurs de dopamine). 

« Ne nous demandons pas comment transmettre la passion d’apprendre, demandons-nous — plutôt — comment avons-nous pu perdre – ou ne pas avoir su transmettre – la passion d’apprendre ? »

(Kay Laurence) 

« Quand on construit un comportement, on construit la relation » (en bien si possible mais assurément en mal – un apprentissage qui suscite le doute, la peur, la douleur ou l’anxiété restera rattaché à cette émotion spécifique ad vitam aeternam).

Les erreurs ne sont rien d’autre qu’une information pour l’enseignant – il va falloir revoir rapidement le « shaping plan ».

Construire le succès implique la maîtrise de techniques telles que le leurre (si si), les cibles, le micro-shaping et des acquisitions « de base »qui font défaut à bien des chiens (et font parfois le désespoir des débutants qui voudraient obtenir des « tricks » coûte que coûte et bien avant que leur chien n’ait maîtrisé ses « gammes »).

Rappelez-vous que votre apprenant ne désire qu’un chose : y arriver  :-D    (ce qui vaut également pour les humains, on l’oublie un peu trop souvent).

Bref, le clicker trainer ne chercher pas à changer les chiens mais à changer le monde dans lequel ils évoluent….

Merci Kay  :-D

Schneider

Je choisis de ne pas résumer les deux interventions successives de la Dr. Susan Schneider (mode « groupie » activé, j’ai fait dédicacer mon livre – « to happy consequences », j’ai adoré) – non pas que celles-cis ne m’aient pas passionné, tout le contraire – c’était une de mes favorites mais la thématique est si vaste que je me sens incapable de la résumer sans écrire dix pages (voir plus)  ;-) 

Du simple renforçateur jusqu’à des relations ultra complexes, la science des conséquences  est désormais intégrée à la psychologie, la biologie, la médecine, l’éducation  évidemment mais également… l’économie.

On savait déjà que les conséquences de nos actes façonnent nos choix futurs (et que nos choix déterminent ce que nous devenons et, à leur tour, transforment la société) – on découvre une autre dimension en passant par l’éthologie et le « behaviorisme », les connexions entre la génétique (et épigénétique), les neurosciences, la biologie, la psychologie cognitive, la psychiatrie et la gestion des émotions.

Je me limiterai donc à vous conseiller son fabuleux livre « The Science of Consequences »  :lol:  (complètement accessible à tous, si on parle anglais évidemment)

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En tous cas, une révélation que cette intervenante que je croisais pour la première fois : être humain accessible et cordial, avec une petite dimension de « savant fou » tout à fait attachante (je prends l’entière responsabilité de cette étiquette), elle était excitée comme une petite fille quand nous avons discuté de son livre – alors que, n’étant pas une «sciencey person», j’ai très probablement du lui dire quelques sottises (avec un peu de chance).

Bref, lisez son livre, c’est un must absolu (ne me remerciez pas)  ;-)

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Chirag Patel – « La gestion du client difficile »

Chirag nous a incités à considérer l’humain comme nous considérons l’animal – en évitant de l’affliger de notre propre perception personnelle.

Peu d’entre nous qualifieraient un chien de « méchant », « difficile », « agressif » et nous serions clairement plus focalisés sur les circonstances, l’environnement – bref, une approche systémique (en tous cas, quand on fonctionne sur un modèle de « parent nourricier » – voir épisode 2 de ma prose WOOF2017). 

Nous serions immédiatement enclins à envisager une modification de l’environnement plutôt qu’à une condamnation pure et simple de l’animal en question. Pourtant, ce que nous reconnaissons aux animaux, nous le reconnaissons assez mal aux humains et avec difficulté souvent.

Je suis moi-même étonnée, quand je prends la défense de certains de mes clients en rupture avec leur chien, de voir la réaction de (certains de) mes collègues qui sont très vite dans le jugement absolu et la critique lapidaire.

Quand on recourt au concept du « c’est du simple bon sens », en réalité, on veut dire «c’est que MOI j’aurais fait » (et que toi, tu n’as pas fait, donc tu as tort). Or, si on accepte le concept que tout organisme fait ce qu’il croit devoir faire dans un contexte spécifique, on devrait avoir pour ces personnes la même empathie.

Pour les humains aussi – il est utile de considérer notre très célèbre « WTF » (what is the function – quelle est la fonction du comportement ? quand cette personne acquiesce à mes paroles, est-elle d’accord ou essaie-t-elle, tout simplement, de se débarrasser de mon raisonnement et donc de moi ?).

Quand nous étiquetons une personne – que ce soit en positif ou en négatif – notre comportement change (quand il change irrémédiablement, ça peut arriver, il vaut peut-être mieux changer d’intervenant, ndlr).

Chez l’humain aussi, on peut appliquer des techniques d’approche scientifique : le client qui est pendu à son smartphone, manifeste peut-être un comportement d’évitement (pourquoi, que puis-je / dois-je changer dans l’environnement?), la personne qui finit vos phrases à votre place cherche à obtenir de l’attention (dès lors que nous en prenons conscience, pourquoi ne pas lui fournir de l’attention avant la manifestation de ce comportement inapproprié ?).

Pas des révélations cosmiques mais une excellente piqûre de rappel, jamais inutile  ;-)

Comme je vais passer sur quelques interventions qui ne m’ont pas passionnée, mon prochain article devrait être le dernier – stay tuned  :-D

Happy reading  :-D

« motive-le »….oui, mais

 

…..méééé motive-le !!!

S’il y a une leçon que mes chiens m’auront bien appris au fil du temps (et de mes multiples erreurs), c’est la contre productivité absolue de la supplique « travaille avec moi ».

begging

Pendant des années j’ai trimbalé avec moi un chien qui souffrait considérablement de «travailler » en présence de chiens et de personnes inconnues et j’ai plongé, tête baissée, dans les conseils amicaux du «….. motive-le!! » (sors le jouet  précieux, la friandise hors du commun, transforme-toi en majorette sautillante et glapissante, cours, enfuis-toi, vocalise, etc.) – tout ça, sous l’œil perplexe, voir tout à fait inquiet de ton chien.

unmotivated

Je me rappelle également très bien de la première fois où un formateur, pas forcément très amical avec les chiens d’ailleurs, m’a dit « je ne supplie pas mes chiens de bosser avec moi». Non, pas qu’il ait été dans une démarche de respect émotionnel à vrai dire, plutôt dans une démarche égocentrique, mais ses mots m’ont fait prendre conscience que c’était, précisément, ce que je faisais moi-même : je suppliais mon chien de bien vouloir interagir avec moi dans certains contextes – alors même que tout, dans son langage non verbal, m’indiquait que ça n’allait pas être possible (là, maintenant, aujourd’hui, dans ce contexte ou ce que tu me demandes, non merci, vraiment pas – et j’ai mes raisons que tu ferais bien de considérer).

Puisque j’étais résolument axée positif (pensais-je), je sortais mes friandises de la mort (avec plus ou moins de succès), je tablais sur notre relation (si, si, tu as envie d’interagir avec moi sinon je pars) mais, dans tous les cas de figure, j’étais là pour imposer ma volonté et ignorer la sienne (en toute prétendue « amitié »).

Si on transpose toute la séquence à un analyse du style « antécédent - comportement-conséquence prévision » - ça donnerait à peu près ce qui suit (pour rappel : l’antécédent est ce qui précède le comportement et la conséquence ce qui arrive après – la prévision est ce qui est susceptible d’arriver à l’avenir). La fonction du comportement est sa finalité : tout comportement sert une finalité. 

  • Antécédent : je demande au chien d’effectuer quelque chose dans un contexte précis
  • Comportement : il se met à renifler le sol ou s’éloigne (ou tout autre comportement d’évitement)
  • Conséquence : il échappe à la chose que je lui demande de faire
  • (Fonction du comportement : échapper à ma demande) 
  • Prévision : (à voir selon notre réponse à ce comportement)

(Panique à bord : ce chien on l’a pris pour faire cette activité qui nous plaît tellement donc ça ne va pas être possible. Là intervient le coach « motive-le »).

La séquence peut donc devenir :

  • Antécédent : « je supplie »  (jouet, relation, hyper friandise)
  • Comportement : le chien consent à interagir avec moi
  • Conséquence : il est renforcé plus qu’en temps normal
  • Prévision : il va falloir supplier de plus en plus souvent car cet antécédent là est devenu le signal d’un renforcement majeur

Ou alors :

  • Antécédent : « je supplie »
  • Comportement : le chien refuse malgré tout
  • Conséquence : il échappe à l’interaction (comportement renforcé)
  • Antécédent 2 : supplique de plus en plus énergique (syndrome de la majorette hystérique)
  • Conséquence 2 : le chien interagit avec vous 
  • Prévision : vous devrez passer systématiquement à la vitesse supérieure pour obtenir une réponse appropriée

Votre énergie à « motiver » dégénère souvent et rapidement dans une certaine irritation ou irritation certaine : qui, elle-même, devient un nouvel antécédent inquiétant : « supplique = irritation = stress du chien ». 

Dans tous les cas, vous venez de vous créer un problème. 

En gros, nous sommes en face de deux volontés opposées qui s’affrontent : je veux que tu fasses / je ne veux pas faire. Et même (voir surtout) si nous sortons la friandises du siècle – car nous travaillons en « positif » (sinon vous ne seriez pas en train de lire cet article), il n’est au fond pas question de donner le choix au chien, ce qui n’a pas grand chose d’amical et positif, ni de bienveillant en définitive.

Alors on fait quoi ? On laisse tomber ?

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Outre au fait que tout renforcement est circonstanciel et subjectif et qu’il convient toujours de se poser la question de comment se porte le chien (j’adore les sushis : la semaine dernière, j’ai été malade à en mourir post repas de sushis à gogo – le lendemain — voir les jours suivants — vous ne m’auriez pas fait avaler un sushi même pas en vous roulant par terre) la vraie question est une autre, à savoir que se passe-t-il dans l’environnement qui fait que mon chien n’a plus envie d’interagir ? (sans occulter que nous faisons partie de l’environnement en question, bien évidemment).

Le renforcement ne doit pas se positionner comme conséquence d’un comportement de refus (et je parle bien d’un quelconque renforçateur, qu’il se présente sous forme de lardon ou de joyeuse interaction) il doit le précéder : nous devons faire entrevoir au chien, à travers une succession de demandes facilement accessibles, à travers un environnement approprié que le renforçateur est de taille (quel qu’il soit : jouet, interaction joyeuse ou friandise, peu importe et, surtout, important ce qui a de la valeur pour ce chien là, à ce moment là). 

Souvent, en cours d’éducation – on voit clairement un chien dépassé par les demandes de son propriétaire mais l’éducateur responsable – au lieu de baisser le critère (en langage clair : plutôt que de rendre le succès accessible à ce chien là, ce jour là), pris par un souci de « performance » (parce que, si le chien apprend, le propriétaire est content et si le propriétaire est content, il revient) – suggère, dès que la difficulté s’installe, une dynamique de « supplique » (que beaucoup appellent « motiver le chien »). 

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Avoir des critères plus modestes afin de ne pas se trouver nez à nez avec le refus, permet au chien d’entrevoir ce monde merveilleux de la collaboration avec vous. La « motivation » se construit, elle est la conséquence de ses choix personnels qui sont systématiquement favorables et payants.   

L’autre jour, je suis tombée sur l’annonce d’une compétition « amicale » (donc destinée, a priori, aux très débutants) où on annonçait un « parcours entièrement clôturé, pour les chiens qui quittent encore le terrain » : heureuse clôture mise à part, j’en serais plutôt non seulement à me demander pourquoi ils quittent le terrain mais, surtout et avant tout, que font-ils donc sur un terrain qu’ils ne rêvent que de quitter ?

Il y a là un problème qu’on choisit tout simplement de ne pas résoudre.

Je conclus avec une phrase d’Alexandra Kurland : « ce n’est pas parce qu’on travaille avec des friandises que l’animal vit obligatoirement une expérience positive ». 

Happy training  :-D