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Au sujet de la tradition…

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Comme plusieurs d’entre vous j’en suis certaine, j’ai été violemment interpellée par la vidéo d’un taureau dont on a enflammé les cornes qui se jette contre un poteau et meurt apparemment sur le coup (en tous cas, on l’espère pour lui)  :cry:

Quelques secondes de vidéo absolument bouleversantes (et non, je ne partagerai pas la vidéo, vous la trouverez aisément sur le net si vous souhaitez la visionner).

Cette pratique d’une indicible cruauté humaine fait partie, avec la corrida et autres manifestations apparentées, à ce qu’on qualifie souvent de « tradition ».

A travers celle-ci, je me suis mise à réfléchir à ce qu’on appelle, justement, la « tradition ».

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Je suis venue au monde, au début des « sixties » dans une famille italienne, bourgeoise et catholique pratiquante – autant dire que, étant encore là en ce cher 2017 – en passant par le féminisme des années ’70 - les traditions et moi avons eu souvent nous confronter et, de manière assez conflictuelle souvent.

L’attachement à la « famille traditionnelle » est finalement un « spin off » du simple l’attachement à l’autorité : il s’agit de préserver la stabilité des rôles familiaux, de soutenir une nette différenciation entre le rôle masculin et le féminin et donc, pour certains, de préserver la société toute entière d’un modernisme effrayant et uncertain.

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Accepter sans la remettre en question une quelconque croyance, reconnaitre des actes et des pratiques comme étant valides dans le présent tout simplement parce qu’elles l’étaient dans le passé est une forme d’attachement bien compréhensible à ce même passé (et donc à nos parents, nos grands-parents et ainsi de suite, à notre pays, à notre culture en opposition à d’autres cultures, etc.).

Je souriais quand mes enfants, tous petits, allaient pour les toutes premières fois manger ou dormir chez un petit copain ou copine – à chaque fois, j’avais droit à des considérations étonnées sur le fait que « ils ne font pas comme nous » (le repas et ce qui y était servi était différent, le rituel du bain, l’histoire sacrosainte avant le dodo ou absence de ils prenaient conscience que les « autres » ne font pas tout « comme nous », ils sont différents donc nous existons en opposition à l’autre).

Nous prenons conscience de qui nous sommes, nous nous structurons en tant que famille et en tant qu’individus à travers la différence de l’autre.

La symbolique, la pratique aide à construire son identité et les traditions familiales sont les plus fortes (la famille étant le premier groupe identitaire).

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Une de mes filles (adulte) me disait que, quand elle a pris la décision définitive de devenir végétarienne, sa plus grande angoisse, bien au delà du quotidien qui ne lui posait aucun problème, c’était de « rompre » de manière définitive avec notre tradition culinaire de la dinde à Noël, l’agneau à Pâques, etc. etc. – elle m’a dit (textuellement) qu’elle avait l’impression (horrible pour elle) que : « plus jamais je ne pourrais récréer les fêtes de famille de mon enfance » ;-)

Il ne s’agissait pas d’avaler de la dinde ou du gigot mais de l’amour partagé, des souvenirs reliés à ces occasions familiales spécifiques.

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Or, depuis, la majorité des membres de la famille ayant passé au végétarisme, on se rend compte que cette « tradition » supporte parfaitement d’être remplacée par une autre et tout le monde va très bien sans animaux morts dans notre assiette  :-D

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On n’a rien perdu, on a tout simplement construit sur une inspiration commune, on a re-inventé la tradition (la nôtre).

Ce qui prouve que la « tradition » peut allègrement évoluer (et évolue tout le temps) et ses petits-enfants hypothétiques, auront également une tradition mais complètement différente (et qui sera susceptible d’évoluer encore, le passé imagine toujours mal l’avenir).

En francophonie, les éducateurs canins qui usent (et souvent abusent) de la punition, et d’artifices qui infligent la peur et la douleur (collier étrangleur, à piques, électrique, clôture électrique mais également saccades et intimidations diverses – pas non plus très plaisantes quand le chien est en harnais notons au passage même si, évidemment, moins dommageables, bref, tout ce qu’on appelle des « corrections ») – sont appelés «les tradis » (pour traditionnels).

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La « règle » (il faut punir) n’a pas à être considérée ni appréciée selon son contenu elle est légitime uniquement parce que permanente (le célèbre et populaire : « on a toujours fait comme ça »).

L’autonomie de la réflexion fait peur parce qu’impermanente justement et perpétuellement tournée vers le relativisme de toute chose et la remise en question : c’est ce malaise qui a contribué à forger cette appellation (volontairement ridicule) de «bisounours » dont se voient affublés ces éducateurs canins qui ont fait la démarche de rompre avec le passé, de devenir autonomes en pensée et en actes ensuite et de créer d’autres vérités.

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Quand, en plus, l’évolution est proposée et validée par la sciencese met en place la dérision du savoir (« on n’apprend pas à éduquer dans les livres » disent-ils souvent pour justifier que, ces livres, ils n’ont pas le courage – ni les capacités parfois – de les ouvrir justement).

La croyance en les vertus de la science, les lois qui définissent l’abusif (même si encore péniblement en ce qui concerne les animaux), tout processus rationnel (qui englobe notre existence toute entière et, évidemment, notre relation à l’animal aussi) est en violente contradiction avec l’aspect routinier et rassurant de ce qui est qualifié de « traditionnel ».

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Le rejet de l’ultra autoritaire c’est un peu l’agonie du traditionnel

Ce n’est pas très simple de sortir du « traditionnel », on l’aura compris – ni d’admettre que rien n’est, jamais, immuable et que la tradition s’invente continuellement de génération en génération et il y aura toujours ceux qui s’accrochent désespérément à leur cocotier au cri faiblard ou agressif de « mais ça marche »  :roll:

A contrario des dits « tradis » les éducateurs canins qui réfutent la punition sont appelés «les positifs » et présentés comme de doux incompétents inadaptés à « mater » de grosses bêtes dangereuses – l’unique chose qu’on retient au final, c’est cette interdiction de «punir» (voir de dire « non »), une forme de complaisance qui exclut, à leurs yeux, l’exigence.

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Etre un éducateur bienveillant (et non «positif » car nous ne faisons pas que renforcer le positif qu’on l’admette ou pas), ce n’est pas l’auberge espagnole des bons sentiments et encore moins une distribution confuse de nourriture saupoudrée de laxisme.

Notre manière d’éduquer ne peut pas produire de vidéos où de gros malabars « affrontent en combat» des chiens qui apparaissent comme une menace – une vidéo de désensibilisation, de contre conditionnement outre à être longuissime, serait d’un ennui absolument mortel (ça n’a rien de sexy un contre conditionnement, ça demande de sérieuses compétences, un plan très clair, des retours en arrière parfois)

La bienveillance dans l’éducation de nos animaux de compagnie est avant tout l’écoute des besoins de l’animal (et passe donc par un premier processus de les connaître puis de les reconnaître) et de ses émotions – ce qu’on appelle, également, l’empathie.

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C’est se focaliser moins sur le seul résultat et se préoccuper de la qualité du processus – on peut parfaitement obtenir ce qu’on appelle « l’obéissance » par l’intimidation et la peur, ce que ne fera pas un éducateur bienveillant car il sait que le prix à payer est une perte dramatique de confiance en l’éducateur, un stress intense, voir une augmentation de l’agressivité.

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C’est renoncer à la relation de lutte pour le pouvoir (le chien « soumis » à notre volonté humaine versus l’humain soumis au pouvoir du chien) pour arriver à un binôme qui se comprend et se fait, mutuellement, confiance.

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C’est accepter une certaine autonomie de l’animal – la souhaiter, la rendre possible et en tirer parti pour les aider à vivre dans notre société humaine tout en préservant leur bien-être au maximum.

C’est complètement compatible avec la performance, l’exigence, la rigueur si nous savons être des éducateurs qui réfléchissent, qui rendent le succès possible, les erreurs improbables – qui savons mettre sur pied une éducation proactive et non réactive comme celle des dits « tradis »  :-D

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En définitive, c’est inventer le présent et contribuer à l’avenir

« Assis-reste »

Si le « assis » est l’enfance de l’art de l’éducation canine (et fait arriver chez moi des bébés- chiens d’à peine 2 mois qui ont déjà ce comportement « par défaut » tant ils ont immédiatement intégré que poser leur popotin sur le sol fait pleuvoir des bonbons), un autre immense classique des terrains d’éducation (et de sport) est le «assis-reste».

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…. ou, plutôt, le «assis-reste-reste-reeeeeeeeste-NOON-jédiassis-reste-reste-REEEEESTE » accompagné d’une marche arrière de l’humain à la fois hésitante et se voulant intimidante, puis retour au chien qui s’est levé quand même pour le remettre assis et on recommence toute l’opération douteuse  :-D

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Quand on ne change rien à sa manière de faire, il est assez logique que les conséquences et le résultat obtenu ne changent pas non plus.

Généralement, on obtient comme résultat un chien complètement confus, intimidé et qui, globalement, trouve toute la chose considérablement désagréable.

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Le stress s’évacuant de manière très individuelle, la suite peut donner un chien qui affiche toute une panoplie de comportements de stress mais également un chien qui se met à courir partout, vole les départs et soulage la tension qu’on lui inflige à sa manière.

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Si on décortique l’apprentissage du chien, « assis », signifie « pose ton derrière sur le sol » ce que le chien fait assez facilement  ;-)

Souvent, dès le click, le chien est déjà debout et on récompense en position debout voir avec un chien qui saute déjà comme un cabri démoniaque  (« click for behavior, feed for position » nous rappelle Bob Bailey).

A savoir, cliquez le comportement, renforcez en position. Si votre chien a fait 5 comportements depuis votre click au moment où son fessier a touché le sol, c’est passablement inefficace.

Quand le « assis » (ou tout autre comportement d’ailleurs), signifie plus précisément « tu restes assis jusqu’à nouvelle information » – le «reeeeste» devient complètement inutile.

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L’information suivante est le signal du comportement suivant (autre position stationnaire, autre comportement, revenir à vous ou signal de libération : fais désormais ce que bon te semble).

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Un chien qui grandit avec ce concept « tout comportement dure jusqu’à nouvelle information » sait garder la position face aux distractions, quand des personnes l’approchent, au départ d’une activité ou compétition canine et résout automatiquement le problème du chien qui saute sur tout le monde.

Comment s’y prendre donc ?

Avant toute chose, réfléchissez à ce que sera votre signal de libération (comme déjà dit dans un précédent article, le mien est « okay », à peu près le moins opportun entre tous car trop présent dans le langage courant : toutefois, depuis 2 décennies que je l’utilise, je suis trop conditionnée pour en changer, je vous conseille de vous conditionner à un autre mot, moins usité).

On va débuter par évidemment cliquer dès que le chien pose effectivement son fessier sur le sol et en distribuant la friandise rapidement dans la position : sans JAMAIS oublier de prononcer le mot de libération en incitant le mouvement.

Pour un chien qui meurt d’envie de bouger, le simple fait de bouger (et jouer) est un renforçateur, ceux qui sont plus placides et ne verraient aucun inconvénient à rester assis indéfiniment à recevoir des bonbons, seront motivés par un bonbon jeté un peu plus loin.

On change de position (se déplacer de 2 mètres dans une même pièce ou changer de pièce chez soi est déjà un début de généralisation) et on recommence.

N’oubliez pas que votre click doit « jaillir » comme unique information de l’environnement et que votre main doit donc aller chercher la friandise APRES celui-ci, cela évitera qu’il ne soit complètement focalisé sur votre main déjà installée dans la pochette à friandises (ou finissent tous les neurones du chien).

Le comportement fait apparaître le bonbon et NON LE CONTRAIRE. 

Généralisez l’apprentissage : changez d’endroit encore et encore (et encore et encore).

Ne soyez pas pressé d’en voir le bout – plus grande la généralisation, plus solide le comportement c’est un investissement à long terme que vous faites….

L’important est de véhiculer à votre chien l’information que le comportement se termine par le signal de libération et pas autrement.

Ensuite, vous pourrez commencer à retarder votre « click » : ne progressez pas en durée «linéaire » (c’est-à-dire une durée de plus en plus longue), surprenez votre chien par une durée plus courte quand il est capable d’une durée de comportement nettement plus longue : c’est bon pour le moral

Signal « assis » (durée à déterminer) puis click et distribution du bonbon, ensuite mot de libération.

Quand il sera capable de rester un bon 30 secondes assis dans un bon nombre d’endroits différents, on peut passer à l’étape « distance et distractions».

Pas de protocole gravé dans le marbre : pour mon bébé Border de 2 mois, un bras qui bougeait était déjà une distraction majeure – d’autres seront plus résistants et vous pourrez bouger d’un pas en arrière, latéralement, etc. Adaptez-vous au chien qui est en face de vous de manière à progresser de succès en succès. 

Dès le début de votre éloignement, cliquez dès le moment ou vous amorcerez votre retour vers le chien (la friandise doit être distribuée en position bis et tris).

Encore une fois, dès la séance terminée (pas plus de 5 minutes par séance), donnez votre mot de libération (et jouez si le chien aime jouer ou faites les fous tout simplement).

Quand l’éloignement deviendra plus conséquent, revenez vers le chien AVANT de cliquer. 

Ajoutez des distractions selon votre chien : pour certains, un autre chien de la famille sera une distraction mineure, pour d’autres une distraction majeure. Idem avec un membre humain de la famille. Le membre humain de la famille peut être silencieux au départ et progressivement, de moins en moins discret  :-D

Rappelez-vous que, si vous augmentez la distraction, il vous faudra diminuer la durée et la distance et inversement : vous devez impérativement rester dans une démarche de succès – si votre chien se lève, diminuez vos exigences immédiatement pour revenir à un succès garanti.

Ne vous montrez pas trop pressé : voyez la construction de ce comportement (et du concept même du comportement qui reste une information valable jusqu’à nouvelle information de votre part), comme poser les fondations d’une maison. Monter des murs, sans fondations, ne sert à rien – tout s’écroulera rapidement. 

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Quand tout sera bien en place et – évidemment – si le comportement « couché » est acquis et déjà sur signal, après le assis, demandez un « couché » ou un « debout » (si celui-ci est acquis également) et, ensuite, libérez le chien (variez vos demandes, sinon vous allez créer une chaîne de comportements).

Si vous faites souvent tomber des friandises, munissez-vous plutôt d’un tube de « pâté » (genre Parfait pour mes lecteurs suisses), cela évitera que le chien ne se lève continuellement pour aller récupérer les friandises au sol.

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Ne « soulez » pas le chien : pour certains, cet exercice demande un énorme contrôle de soi et fatigue, surtout chez le chiot, faites des séances courtes.

Cela implique évidemment, que si vous êtes en plein apprentissage du « assis » comme précédemment expliqué, il sera hors de question de demander à votre jeune chien un «assis » alors que courent autour de lui d’autres chiens, enfants ou autres distractions majeures et que tout ceci n’a pas encore été abordé (à l’identique et à plus forte raison avec le « couché », cette position mettant le chien dans une situation psychologiquement plus vulnérable encore). 

Ces positions « bétonnées » s’obtiennent sans difficulté quand on les propose avec cohérence et avec une certaine rigueur (le mot rigueur est à comprendre dans son sens d’exactitude, logique et précision et non pas dans son acceptation usuelle et plus commune de « sévérité ».

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C’est tout le concept d’une éducation en positif qui est (ou peut être) le contraire du laxisme qu’on lui impute un peu trop souvent.

Un éducateur (et, par « éducateur » j’entends toujours celui qui éduque son chien et pas un « professionnel ») qui travaille en positif peut être d’une rigueur absolue ou d’un laxisme absolu, c’est un choix – y mettre du travail et de la précision est pour moi la concrétisation d’un optimisme exigeant alors que le laxiste est un optimiste permissif…. à chacun de choisir son chemin ☺ 

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« Youki, reviens »…. le rappel

A la demande de quelques uns de mes stagiaires de parler du rappel, je me suis dit qu’on allait en faire un article, question d’en faire profiter les stagiaires eux-mêmes et mes gentils lecteurs et clients qui n’ont pas fait de stage…

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Un petit préambule qui s’expliquera au fil de la lecture : on va se pencher sur ce qui, en théorie de l’apprentissage, s’appelle en anglais la « learned irrelevance ».

Le mot « irrelevance » en anglais signifie « non pertinence » (j’ai pas mieux en français) et «learned » signifie en français « apprise» ou acquise.

On va donc opter pour « non pertinence acquise ».

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En gros, on apprend qu’un quelconque événement dans l’environnement (stimulus pour les geeks du comportement) n’a pas de signification particulière pour le sujet (le « coui-coui-coui » des oiseaux, vous l’entendez clairement mais vous ne l’écoutez pas, ça fait partie de l’environnement mais n’a aucun impact spécifique pour vous… à moins d’être un chat affamé évidemment). Comme il ne comporte pas de conséquence particulière (ni fâcheuse ni agréable), on apprend à l’ignorer, tout simplement.

Quand les signaux tombent, un à un, dans cette « non pertinence acquise » – le chien apprend surtout et avant tout à ne pas vous écouter  :-?

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C’est un phénomène qui guette TOUS nos signaux (ou « ordres » si vous préférez, moi pas vraiment) quand on ne les « chouchoute » pas

  • Quand le signal est introduit trop tôt (le chien ne peut pas apprendre en même temps le comportement et le signal verbal rattaché à celui-ci, enseignez le comportement et, ensuite, introduisez le signal). Si je vous hurle une information en japonais (à moins d’être japonais évidemment), vous ne la comprendrez pas mieux que si je vous la susurre, par contre, je vous stresserai sans aucun doute par mes hurlements incompréhensibles  :-(
  • Quand le signal est donné n’importe comment sans la moindre cohérence (on demande « assis », le chien se couche, on renforce parce que « ça va aussi » ou on rappelle le chien parce qu’on croit que c’est nécessaire, il ne revient pas, on s’aperçoit que, finalement, c’était pas nécessaire et on laisse courir). Quand vous prononcez un quelconque signal celui-ci doit être compris et avoir été travaillé solidement, sinon, renoncez à le prononcer (pourquoi demander quelque chose qui ne signifie rien pour votre chien franchement?).
  • Quand on donne un signal qui n’a pas passé par les cases renforcement+++, généralisation, flexibilité — c’est à dire qu’on inonde le chien de mots qui n’ont aucun sens pour lui – c’est à peu près le meilleur moyen de lui apprendre à ne plus vous écouter du tout (si rien de ce que vous dites n’est pertinent, votre chien apprend à ignorer votre « verbiage »).
  • Quand on donne un signal alors qu’on a à peu près 0 chances de succès (rappeler un jeune chien dont l’apprentissage est encore en cours alors qu’il est complètement pris par son environnement riche en distractions).
  • Quand on répète un signal encore et encore (le célèbre « assis-assis-assis-assis-assis» des terrains d’entraînement qui, quand il est suivi d’un coup de laisse sur le collier, finit par devenir un signal empoisonné car potentiellement porteur de punition)

Quand un chien ne répond pas à un signal par le comportement attendu, les premières questions à se poser sont :

  • Est-ce que ce signal est rattaché à un apprentissage abouti, terminé, flexible, généralisé ? En clair, est-ce que le fruit de mon travail est assez solide pour que je l’utilise en ce moment (dans ce contexte, cet environnement) ? Pour moi, rappeler un chien à la cuisine est un apprentissage niveau « maternelle », le rappeler en extérieur, c’est un apprentissage niveau « master » Puniriez-vous votre enfant de 8 ans s’il ne comprend pas un exercice de maths niveau Baccalauréat ? j’espère que non, pauvre petit 
  •  Est-ce que cet environnement est propice à la continuité de mon apprentissage et prend en considération l’émotionnel de mon chien ? (demander un « couché » à un chien craintif alors que plein de congénères autour peut mettre le chien dans l’impossibilité d’effectuer le dit comportement… en effet, si j’ai peur de quelque chose, je préfère rester alerte et prêt à m’enfuir plutôt que de me vautrer par terre).

Avant même de débuter à parler de rappel, considérons le premier signal que nous apprenons à nos chiens : leur nom.

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Si, dès le premier jour de vie commune, Youki entend 3 millions de « Youki-youki-youki-youki-youki » à tort et à travers, alors que, finalement, soit il n’est point nécessaire d’obtenir son attention (et que, d’ailleurs, on ne l’obtient pas, à force), cette « non pertinence » est mise en place très tôt.

Parfois déjà en « cours chiot » (voir carrément chez l’éleveur si le chiot a été nommé). Si votre chiot joue comme un déjanté ou, au contraire, est préoccupé par l’environnement (ça ne devrait pas arriver mais ça arrive) il ne vous écoutera pas (et son nom devient, rapidement, un truc sans aucune pertinence, intérêt, conséquence intéressante).

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Je ne compte plus le nombre de clients qui « appellent » (et appellent encore) leur chien par son prénom et que celui-ci continue, imperturbable, à renifler le sol ou à faire ce qu’il est en train de faire comme si celui-ci n’avait pas la moindre signification ni intérêt. on le croirait sourd (sauf qu’il ne l’est pas du tout).

On débute donc par donner à ce nom une importance toute particulière : chez votre chiot, en début d’apprentissage, chaque fois que son prénom est prononcé (une seule fois!) dans un contexte propice (préférablement ennuyeux) et que le chiot vous regarde, il sera suivi d’un renforçateur (qui peut-être une friandise, un gros câlin s’il apprécie, un moment de jeu, une petite « fiesta »)  :-D

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A contrario, on ne dira pas le nom du chiot s’il s’agit de lui infliger toute forme d’interaction désagréable (mais parfois incontournable, genre lui donner un bain parce qu’il pue la mort suite à roulade dans la nature odorante).

Bref, on « chouchoute » ce premier signal avec soin…

Il est parfaitement possible d’associer une quelconque onomatopée à une friandise (ce qu’on appelle un « interrupteur positif »), voir utiliser un petit nom affectueux qu’on abandonnera par la suite, du style « bébé chien » pour une utilisation provisoire et qui souffrira de quelques ratés pendant qu’on travaille à construire un nom définitif qui, lui, sera porteur d’un historique d’interactions si positives qu’il jaillira comme une information très importante dans l’environnement du chien.

La finalité ultime étant d’avoir un chien qui relève la tête, clairement et avec grand intérêt quand il entend « Youki » dans notre verbiage si largement « non pertinent ». Quand on n’a pas ces fondations, travailler sur le rappel est légèrement illusoire.

Le nom du chien DOIT devenir ce qu’on appelle parfois un « signal précieux »à savoir un signal ultra renforcé.

Ensuite, il faut prendre conscience que tout signal précieux devient un renforçateur secondaire… à méditer quand on entend très souvent les propriétaires lancer le nom du chien quand il démarre un comportement peu souhaitable (vous renforcez la « bêtise »)  :-|

Le rappel est la suite logique de ce premier travail : trop souvent, quand je demande à mes clients comment le rappel a été introduit, il s’avère que le chiot revenait à 2-3 mois, il a été renforcé (au début, puis très rapidement moins « puisque ça roule ») et, au fur et à mesure que le chiot grandit et qu’il devient plus hardi dans un environnement bien sympa et attirant, on se retrouve à répéter ce mot de manière de plus en plus impérieuse sans grand succès (voir plus de succès du tout)  :-? 

On parle, un peu vite à mon sens, de « crise d’adolescence » alors que, au fond, on n’a juste pas mis en place le moindre apprentissage crédible.

Ronja von hinten

En effet, le concept de « l’obéissance » est pour moi une immense illusion humaine : le chien va toujours choisir la conséquence la plus agréable pour lui – entre continuer à renifler cette chose qui « pue très bon » et revenir vers vous pour se voir mettre la laisse et rentrer, son cœur ne balance pas un seul instant  ;-)

Considérez la situation avant de décider comment agir  :-D

C’est l’historique de renforcement de votre signal qui le rendra « pertinent » et intéressant (les chiens d’accompagnement pour mal voyants ont un « signal précieux » qui est le bord du trottoir – qui est le plus renforcé entre tous. On ne laissera jamais le chien aller au bord du trottoir s’il a commis un quelconque impair dans la chaîne de comportements de son apprentissage, parce que cet historique de renforcement renforcera tous les comportements précédents… le trottoir, vous imaginez bien, ne donne pas « d’ordre » au chien – par contre, sa signification est limpide et son historique de renforcement énorme).

Dès lors que vous aurez lancé votre mot de rappel et que Youki aura continué à renifler son trésor odorant, l’apprentissage se fait : ne pas réagir est une excellente affaire – en effet, la conséquence est de pouvoir continuer à faire ce qu’il apprécie de faire.

Si vous vous fâchez tout vert ensuite, toujours avec votre mot de rappel rageusement, il deviendra un signal empoisonné puisque rattaché à l’intimidation et à la peur… ce qui ne va guère lui donner envie de vous rejoindre à l’avenir (tout le contraire). On le voit souvent chez certains chiens qui reviennent très lentement, comme hésitants, ne sachant plus très bien si ce mot spécifique est une bonne nouvelle ou, au contraire, l’arrivée d’une catastrophe imminente.

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Pensez également à votre « timing » - si, quand vous rappelez votre chien, il arrive gaiement et, ensuite, vous lui demandez « assis » en face de vous et vous renforcez, c’est le « assis » qui est renforcé et pas le rappel (ce n’est pas ce que vous voulez)  :-D 

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Même problème si, quand vous rappelez votre chiot à la maison vous devez ensuite aller à la cuisine et chercher laborieusement un « bonbon » – le chien aura effectué un certain nombre de comportements suite au rappel, il ne fera plus la relation directe avec le fait de revenir (soyez « armés » de renforçateurs quand vous êtes en plein apprentissage, ayez un ou des bols de « bonbons » à portée de main).

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On l’aura compris, si votre mot de rappel est flingué par de très nombreux échecs (et qu’il est donc sujet à notre fameuse « learned irrelevance ») ou qu’il a donné lieu à des énervements de votre part, voir des punitions (signal empoisonné) il va falloir impérativement en changer et tout recommencer

NB : personne au monde ne vous oblige à dire « retour » « viens » ou « au pied » – le mot peut-être « bonbon », « youpidou » ou « bingo »  :-D

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Gardez en tête qu’il est infiniment plus facile de conditionner un nouveau mot que de travailler à modifier la perception d’un ancien…

J’ai un peu horreur des protocoles et les approches « how-to » (parce que chaque chien est un individu unique par définition)… mais, de manière générale, un rappel se construit chez vous, dans le calme, voir l’ennui, quand votre chiot (ou chien) n’a strictement rien de mieux à faire que de vous écouter et que vous représentez une source bienvenue d’intérêt.

Mot de rappel = toujours giga friandise (pas la croquette ennuyeuse de sa gamelle mais morceau de saucisse, jambon, fromage, foie séché, friandise maison bien alléchante… et variez ces friandises : s’il vous reste un morceau du rôti de dimanche et que vous n’allez rien en faire, faites-en des munitions d’entraînement).

A répéter à la cuisine, dans la chambre, la salle de bain, le salon, la salle à manger (bref, on aura compris le principe) avant de l’exporter dans votre jardin clôturé (qui est déjà un très grand saut en termes de distractions). A répéter en famille : chaque membre de la famille appelle le chien (une fois!) et il renforce s’il revient – aucun autre membre de la famille n’octroie la moindre attention au chien s’il ne va pas vers la personne qui l’appelle (on peut s’assoir en cercle avec le chiot au milieu).

Rappelez-vous que, pour votre chien, un signal appris avec la pendule de la cuisine face à lui et le frigo derrière lui n’est pas la même chose que s’il a la pendule derrière lui et le frigo face à lui, il s’agit donc de varier à l’infini l’environnement :lol:

Notre monde d’humains est fait d’une masse affolante d’informations pour nos chiens et ils en font ce qu’ils peuvent… ils cherchent constamment à anticiper les conséquences de leurs décisions (et décident en leur faveur évidemment, non, les chiens ne viennent pas au monde pour nous rendre heureux)  :lol:

Chacun d’entre vous aura noté chez son chien quelques « signaux » qui sont d’une parfaite clarté et n’ont pas besoin d’être répétés – genre « on va balader » (ou le simple fait de prendre la laisse en main), manier les gamelles en métal (ils sont tous très intéressés dès le premier cliquetis) ou, dans l’autre sens, la bouteille de shampooing qu’on empoigne et le chien se fait immédiatement la malle (etc. etc. etc.).

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Là, on ne parle plus « d’obéissance » et, pourtant, les chiens réagissent tous à ces informations ultra pertinentes dans leur monde, pour obtenir, ou éviter, une conséquence. Nos « signaux » peuvent avoir la même clarté et cohérence. 

Question d’éviter les échecs, on aura compris qu’il est parfaitement contre-productif, en plein apprentissage, de lâcher votre jeune chien si vous craignez ne pas pouvoir obtenir son attention et que vous savez que vous devrez le récupérer dans un temps défini ou parce que l’environnement l’exige (dangers).

Si nécessaire, allez le chercher calmement ou, si problématique, ne le lâchez tout simplement pas (la longe est votre amie)  ;-)

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Vous ne lâchez votre chien que si et quand votre apprentissage est déjà solide ou, alternativement, l’environnement sécurisé permet d’attendre sereinement que votre chien revienne vers vous de manière spontanée (vous pouvez lancer votre mot de rappel dès que vous voyez votre chien revenir et vous renforcez).

Réfléchir avant de lancer son mot de rappel : demander à Youki de revenir (du jardin) et partir travailler est une véritable catastrophe – la conséquence d’avoir répondu à ce fameux rappel est désastreuse (pour Youki).

A l’identique si votre chien déteste la voiture : utilisez votre mot de rappel pour l’enfourner dans le coffre où il est malade, est un contre-sens  :roll:

En résumé :

  • Obtenez l’attention de votre chien quand vous prononcez son nom et ne le prononcez pas si pas de conséquence gratifiante
  • Faites-en un « signal précieux » (hautement renforcé)
  • Considérez que tout signal « précieux » devient un renforçateur secondaire, ne l’utilisez pas pour stopper un comportement qui vous déplaît
  • Mettez en place le conditionnement au rappel en milieu très peu distrayant au début
  • Augmentez la difficulté par paliers très modestes, rappelez-vous que rappeler votre chien en extérieur est un apprentissage niveau « master » (si les circonstances ne s’y prêtent pas, ne détachez pas)
  • Réservez vos friandises de très haute valeur pour le rappel et variez-les régulièrement, identifiez ce que votre chien estime être une « giga friandise »
  • Pensez à votre timing – c’est le rappel que vous renforcez, pas autre chose
  • Ne rappelez pas si moins de 99% de succès en cours d’apprentissage
  • Rappelez votre chien souvent pour le renvoyer ensuite à ses occupations de chien
  • Rappelez votre chien pour débuter une partie de jeu, lancer la balle, toute interaction qu’il apprécie…

… et bossez, bossez, bossez – on n’a jamais rien sans rien :-D 

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Attachez-vous au processus : les résultats suivront  :-D

Quelques minutes par jour suffisent et seront bien plus productives qu’une heure de cours sur le terrain…

Si beaucoup (infiniment) de chiens n’ont aucun rappel (le chien qui « revient des fois » n’a pas de rappel), c’est tout simplement parce que celui-ci n’a pas été travaillé ou a été travaillé de manière peu pertinente.

A la question : « peut-on avoir un rappel à 100%? » ma réponse sera toujours et inévitablement « non » mais, identifier l’ennemi aidant à le vaincre, crééz un plan d’apprentissage spécifique, suivez-le, renforcez toute la vie du chien  ;-)

Chez les miens, par exemple, un rappel lambda ne sera plus renforcé autrement que par une intonation particulièrement gentille et/ou un mot conditionné, comme « good boy », « good girl », un rappel à fond les ballons en circonstances distrayantes sera payé grassement toute leur vie, à savoir par une friandise (pour certains qui vivent pour manger) ou une partie de jeu (pour ceux qui vivent pour jouer)  :-D

Happy training ☺ 

Les bienfaits de la gélatine

Depuis très longtemps, j’ajoute une préparation de gélatine aux gamelles de mes chiens…. et vous devriez le faire aussi

Parce que je n’ai pas toujours le temps / courage/ les os adéquats pour faire du « bouillon d’os » et parce que la gélatine est un vrai trésor de bienfaits, aisément disponible, pour nos carnivores domestiques  :-D

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La gélatine a toujours fait partie de l’alimentation des humains et le bouillon gélatineux, vieux remède de grand-mère, était généralement inclus dans les plats longuement mijotés qui se sont un peu (énormément) perdus dans notre vie moderne.

gelatineux

Comme ce blog se concentre sur les chiens essentiellement, le concept du végétarisme n’entre tout simplement pas en ligne de compte (les chiens sont des carnivores et le resteront quoi qu’en disent certains), toutefois, si vous n’êtes pas végétarien, ces concepts s’appliquent également à l’humain.

Si vous faites régulièrement du bouillon d’os – et que celui-ci gélifie aisément – vous pouvez vous en tenir à ça bien évidemment – mais c’est souvent long à réaliser, certains n’ont même pas de casserole adéquate et ne sont pas assez longtemps à domicile pour surveiller la cuisson et, parfois, celui-ci ne gélifie pas.

Quelques conseils à ce sujet, avant de revenir à notre gélatine  :-D

Pourquoi mon bouillon ne gélifie pas, malgré mon vinaigre ?

  • Parce qu’il cuit à trop haute température. Si la température est trop haute, la chaleur va détruire le collagène et le bouillon ne gélifiera pas ou très peu.
  • Parce qu’il n’a pas cuit assez longtemps (un bouillon d’os de poulet devrait cuire entre 6 et 24 heures et un bouillon d’os de bœuf entre 12 et 50 heures) d’où l’utilité de la gélatine pour ceux qui sont terrassés par la perspective et ne possèdent pas de « slow cooker ».
  • Parce que les os utilisés ne sont pas appropriés : ils contiennent trop peu de cartilage. Ne pas hésiter à ajouter des morceaux « cartilagineux ». 
  • Parce qu’on a utilisé trop d’eau pour la quantité d’os disponibles : il faut environ 2 kilos d’os pour 4 litres d’eau pas trop calcaire, les os doivent être recouverts.
  • Parce qu’on utilise les os de poulets élevés en batterie ☹ On sait que les carcasses de ces poulets contiennent très peu de gélatine.

Si la perspective du bouillon d’os gélatineux vous sidère par avance, il vous reste la gélatine  :-D

(et, si vous avez cuit un bouillon d’os qui n’a pas gélifié correctement, n’hésitez pas, justement à lui ajouter de la gélatine, tout simplement :-D

Les acides aminés présents dans la gélatine (glycine, proline, hydroxy proline, acide glutamique, alanine, arginine, acide glutamique, acide aspartique, lysine, sérine, leucine, méthionine, histidine et tyrosine en des proportions variables selon la gélatine utilisée) apportent un nombre incroyable de «mesures préventives et curatives »

La gélatine peut :

  • aider à la cicatrisation
  • aider à la digestion
  • réduire les effets cataboliques des tissus musculaires en période de stress ou de maladie
  • aider à la sécrétion gastrique 
  • réduire l’inflammation des muqueuses (une alliée en présence de ce qu’on appelle le « leaky gut » ou « intestins poreux » également chez le chien)
  • favoriser la production d’hormone thyroïdienne
  • régulariser le diabète
  • protéger contre le stress (cortisol)
  • améliorer la qualité du poil, des griffes, des os et tous les tissus conjonctifs
  • aider en cas de douleurs articulaires (dysplasie et donc arthrose et arthrite)
  • aider les chiens souffrant d’épilepsie (études effectuées chez le rat)
  • soutenir les tissus conjonctifs (penser au chien sportif)

Que peut-on faire de la gélatine pour nos chiens ?

Une friandise appétissante (plus intéressante pour utilisation à la maison car ne supportera pas bien la chaleur et se garde au frigo)un délicieux complément pour sa gamelle – hyper bas en calories (zéro calories dans la gélatine – peut-être réalisée avec un bouillon maigre très appétissant pour le chien, pour un résultat final à la fois hyper digeste et hyper appétissant : que demander de plus?). Evitez toutefois les cubes de bouillon, beaucoup trop riches en sel (ou choisissez un produit sans sel, si la perspective d’un bouillon maison vous décourage, celui-ci contiendra toutefois de l’amidon de maïs, du sucre mais, enfin, on fait ce qu’on peut). 

Dosage, approximatif, journalier d’une préparation de gélatine pour un chien de :

  • 5 à 10 kilos : une cuillère à café
  • de 10 à 20 kilos : 2 à 3 cuillères à café
  • de 20 à 30 kilos : 3 à 4 cuillères à café
  • plus : une ou deux cuillères à soupe

(Je précise que la gélatine est un supplément et non un médicament, ces quantités sont donc purement indicatives)

Pour ma part, je la garde en pots et j’ajoute leur dose quotidienne à tous mes chiens : importante pour les chiots en croissance, déterminante pour les petits vieux, essentielle pour mes chiens sportifs ☺

Considérez que, si les soucis de votre chien sont digestifs, il est préférable de lui en donner souvent pendant la journée, plutôt qu’une seule fois au moment de la gamelle (d’où l’utilité des « friandises »).

Je mets ces friandises dans « mon » désormais célèbre « moule magique » (et je le garde ensuite au frigo les friandises démoulées – pas plus que 3-4 jours). 

friandisesgelatine

Ces friandises ont la consistance des « oursons » en gélatine de notre enfance (pas le même goût ni la même couleur par contre), elles sont « caoutchouteuses » et « rebondissantes ».

oursons

Vous pouvez y ajouter plein de choses comme des légumes, des herbes aromatiques, du gingembre, de la cannelle, des myrtilles,  etc. etc. etc.

Si votre chien est difficile ou si votre gélatine est uniquement à base d’eau, n’hésitez pas à mixer quelque chose qu’il apprécie et à l’ajouter à la masse (j’y ajoute, pour mes lecteurs suisses, une tombée de notre très célèbre « Parfait »)  ;-)

parfait

Attention à ne pas utiliser de préparation de gélatine sucrée : outre au sucre tout à fait dommageable à nos chiens, ces préparations contiennent souvent du xylitol (sucre issu de l’écorce de bouleau) qui est MORTEL pour les chiens à certaines doses.

bouillon2

Vous aurez donc besoin de :

  • une tasse de gélatine neutre (pas de sucres, pas d’édulcorants)
  • une tasse d’un liquide froid (eau, bouillon de viande, eau ou lait de coco)
  • 3 tasses d’un liquide chaud (bouillon de viande maison – comme ci-dessus – ou industriel sans sel ou eau)
  • autres ingrédients de votre choix (ATTENTION : certains fruits ne sont pas appropriés à la préparation de gélatine car leur enzymes empêchent la « prise », ceux qui contiennent de broméline comme le kiwi, l’ananas, la papaye, la goyave)
  • un contenant de votre choix (un simple plat « pyrex » ou un moule à tarte fait l’affaire, vous pourrez ensuite couper votre gélatine à votre guise ou encore des Tupperware si vous souhaitez congeler votre production). 

Attention : toutes les gélatines n’ont pas le même pouvoir gélifiant, toutes les gélatines n’ont pas le même mode d’emploi – certaines se liquéfient dans le liquide chaud sans trempage, regardez votre paquet et adaptez en conséquence. Si votre gélatine est trop « molle » à votre premier essai, augmentez les doses pour obtenir une consistance de « gomme ». Les produits du commerce destinés à fabriquer de la gelée indiquent un indice bloom » qui est compris entre 50 et 300. Plus le degré Bloom est élevé, plus le pouvoir gélifiant de la gélatine est important.

ingredientsgélatine

  • Mettez votre tasse de gélatine dans un bol et ajoutez une tasse d’un liquide froid et laissez reposer 2 minutes (ou suivez les indications de votre paquet)
  • Ajoutez votre liquide chaud sur la gélatine ramollie et mélangez afin de dissoudre la gélatine complètement
  • Transvasez dans le « contenant » de votre choix

gelatinepattes

Ma production « lambda » : bouillon maison de viandes et légumes + gingembre + cannelle + gélatine + myrtilles mixées + persil / le tout issu de la production biologique  ;-)

productionlambda

Elle se congèle sans problème dans des contenants appropriées : la mettre à décongeler au réfrigérateur pour la garder bien ferme.

Au frigo, elle se conserve une petite semaine sans problèmes.

Happy cooking  :-D

Je fais mes débuts en laisse….

Clairement, j’ai une grande aversion pour les « protocoles » éducatifs, les articles « how-to» qu’on me réclame pourtant tout le temps et les recettes toutes faites, détaillées point par point  :lol:

3d people - man, person with a clipboard. Businessman.

Pour moi, chaque chien est un individu unique et non, je n’ai pas de protocole standardisé selon l’âge : voilà pourquoi je préconise les cours privés pour les chiots (la théorie, elle, peut se faire en groupe évidemment puisqu’elle n’est destinée qu’aux propriétaires, en privé, elle constituera un repos bien mérité pour le jeune « apprenant »).

puppyschool

Je ne suis donc pas très fan des classes chiots complètement standardisées où je vois certains chiots explosés de stress, d’énergie plus ou moins contenue, qui vocalisent et se tortillent au bout d’une laisse mais qui « doivent », comme tout le monde, attendre leur tour pour l’exercice de rappel que vont entreprendre cinq ou six personnes avant lui, toujours le même (le propriétaire dont c’est le tour s’accroupit et on l’encourage à émettre des tas de sons enjôleurs qui, avec un peu de chance, vont convaincre le chiot « dont c’est le tour » à revenir rapidement vers son propriétaire. Sauf que, pendant ce temps, le chiot qui attend a parfois atteint un niveau stratosphérique de frustration pendant que son propriétaire le regarde médusé).

crazy

Pour certains chiots, une classe « chiots » digne de ce nom peut (et devrait) tout à fait se limiter à «bonbonner » le calme du chiot à plusieurs mètres de la classe et, si si, je vous assure, il y a apprentissage et un apprentissage autrement plus utile que celui de la frustration et de ses nombreux symptômes (je sais que certains sont de grands fan de la frustration – pas moi, c’est une émotion qui s’apparente à la colère et je ne pense pas qu’il soit utile d’associer nos apprentissages à une telle émotion, bien au contraire). 

frustration

Les chiens n’apprennent pas « quand c’est leur tour » mais tout le temps et si on est en train d’enseigner le rappel (si on a de la chance et c’est pas sûr) à un chiot, certains autres sont en train d’apprendre que la laisse c’est une sacrée source de frustration (semaine après semaine)  :roll:

Tout ça pour vous parler, justement, de la laisse…. (j’adore les longs préambules).

leash

La laisse, grand sujet de préoccupation auprès des propriétaires de chiens : le chien tire en laisse, mange la laisse, ne revient pas quand on sort la laisse, s’enfuit quand on le détache, est frustré en laisse, n’avance pas en laisse (oui, ça existe aussi).

First dog walk on a leash

Mes propres chiens sont très peu en laisse : d’abord parce que j’ai la chance de vivre dans un endroit particulièrement désertique et bucolique mais, parce que, quand nous fréquentons d’autres endroits qui représentent un « challenge » plus intense, ils ont à leur actif des tas de comportements, appris hors contexte, qui sont incompatibles avec la liste de problèmes énumérés plus haut.

Quand mes clients s’adressent à moi au sujet d’un problème avec la laisse, il est déjà clairement concrétisé en général – le chien « tire » ou présente d’autres problèmes relationnels avec ce fameux bout de tissu, plastique ou cuir qui reste indispensable (je ne suis pas fan du tout du chien détaché en ville, même avec des comportements ultra solides, même avec des autocontrôles bien rodés, le risque me semble ne pas valoir la peine si on considère les impondérables).

Je note souvent dans mes cours, que, dès que le chien est « détaché » (sans autre forme de procès) il s’en va explorer l’environnement avec grand plaisir (et c’est légitime, puisque c’est le seul signal de liberté qu’il connaît finalement).

Dans ma vision des choses, la présence – ou absence – de laisse doit rester vide de sens pour le chien et doit être accompagnée d’une autre information complémentaire (ce que d’aucuns appellent « ordres »).

Si on y réfléchit un instant : à peu près tout ce qui est intéressant dans la vie d’un chien se passe une fois qu’on l’a détaché (aller renifler ou jouer avec les autres chiens, jouer à la balle, jouer au frisbee, débuter son tour en agility, avancer à son rythme naturel).

La laisse disparaît : le fun débute  :lol:

 Bref, ce « cliquetis » de mousqueton devient la portée vers toutes sortes de paradis  :-D

unleashed

On va donc remonter à « avant » le problème dans l’optique d’une éducation proactive et non réactive qui m’est si chère  ;-)

Je mets souvent la laisse aux chiots dès leurs débuts à la maison ou en cours d’éducation : on met la laisse, on clique (et renforce) et on associe donc le petit cliquetis du mousqueton à quelque chose de plutôt sympa. On enlève la laisse et on ne clique pas… on remet la laisse et on clique et renforce.

Dans un 2ème temps, toujours à la maison et dans des périodes de calme complet (quand les enfants sont à l’école et que le moment n’est pas particulièrement fascinant), je mets le chiot en laisse (click bonbon) et je le laisse oublier l’engin (évidemment, il s’agit de choisir une laisse légère et adaptée au gabarit du chiot).

Quand il semble avoir repris le cours de sa petite vie et retourne dans son panier ou se pose quelque part, je prends la laisse et j’exerce une très légère pression sur la dite laisse (qu’elle soit attachée au collier ou au harnais, même si je vous conseille définitivement un harnais adapté à la morphologie de votre chien)la force utilisée doit correspondre à ce que serait un léger tapotement sur l’épaule d’un autre humain, pas plus – aussitôt que le chiot en prend conscience (et se retourne, vu qu’il n’a pas grand chose d’autre à faire au fond), je clique et je renforce.

happypuppy

Dans un 2ème temps, j’introduis un signal verbal avant ma mini pression (« je suis là »), «je suis là » ==> mini pression ==> click ==> bonbon  :-D (nouveau signal, ancien signal). 

Rapidement, votre chiot réagira à la plus petite pression de la laisse et, ensuite, au mot «je suis là » (ou autre mot de votre choix).

C’est l’enfance de l’art d’une marche en laisse sans tirer  ;-)

Tous ces jeux sont à pratiquer de préférence avant que votre chiot n’ait appris à tirer sur sa laisse (le moindre pas en avant que vous faites dans la direction choisie par le chiot renforce le fait de tirer)  :roll:

Je travaille presque toujours mes chiots en laisse quand on débute le clicker training (et j’encourage mes propriétaires à le faire, même quand ils travaillent dans leur cuisine, évidemment sans danger)cela évite de se construire une association « les trucs bien c’est toujours quand on détache la laisse ».

On débute donc par mettre le chiot en laisse  (j’insiste, encore une fois, sur une laisse fine, légère, en proportion raisonnable avec le gabarit de votre chiot) ==> click-bonbon. 

Je débute avec un critère excessivement bas et un rythme de renforcement excessivement haut : il faut impérativement que l’activité soit assimilée à du pur «amusement en barres »  :-D

De temps en temps j’attache la laisse (assez longue) à ma taille et, de temps en temps je la laisse tomber au sol, ce qui devient un non événement (pour autant que le chiot soit véritablement engagé avec vous et pas empêtré dans une de ces séances de clicker training où on clique une fois toutes les morts de pape et au cours desquelles le chien s’ennuie prodigieusement avant de s’en aller).

Je ne vous propose pas de faire du « free shaping » (à peu près mon pire ennemi… mais c’est un autre sujet) mais de cliquer un critère très bas de manière à garantir un rythme de renforcement très soutenu.

Quand on s’amuse vraiment bien et que le chiot est ultra engagé (gardez vos séances très courtes), je le détache et je donne mon signal « c’est fini » (un peu décevant parce que, sérieux, on s’amusait drôlement bien).

N’oublions jamais que, du point de vue d’une chien, nous ne sommes qu’une option (parmi plein d’autres)  ;-)

Etre attaché est assimilé à l’interaction, être détaché, à la fin de l’interaction (évidemment, tout ceci n’a aucune pertinence si l’action n’est pas agréable).

boredpuppy

Un autre jeu à considérer est de détacher le chiot et, dès qu’il est détaché, click et jet d’une généreuse poignée de « bonbons » très proche de vos pieds (comprendre jambon, fromage, foie séché ou n’importe quelle friandise adorée)le petit bruit métallique est associé à une émotion agréable mais également calme vu que le chiot ne part pas en trombe explorer le vaste monde (y’a bien plus passionnant juste à mes pieds).

C’est toujours très constructif d’avoir un chien qui attend un signal de libération après avoir été détaché.

Après quelques répétitions de ce jeu (qu’on débutera, évidemment, dans un milieu peu riche en distractions), je détache, clique, balance mes « bonbons » et je m’éloigne de mon chiot de quelques pas. Presque à coup sûr, Bébé Chien vous suit : vous vous construisez un chiot qui sera encore là pour écouter le signal que vous lui donnerez plus tard.

A ce stade, vous pouvez débuter une interaction plaisante pour votre chiot, cliquer l’attention du chiot sur vous et, encore une fois, quand il vous semble hyper engagé, vous lui signalez qu’il est « libre» de faire ce que bon lui semble…. s’éloigner de vous reste certes attractif (le monde est fun pour un chiot confiant) mais ce n’est pas l’unique source de bonheur, bien au contraire (vous êtes pas mal non plus question « fun »)  ;-)

sniffingpuppy

Je vous conseille vivement de mettre votre chiot en voiture et d’aller le détacher dans un lieu calme afin de rendre ces jeux possibles bien avant de lui apprendre que tirer sur sa laisse, s’enfuir dès qu’il est détaché, sont ses options uniques pour s’amuser.

Un mot pour finir au sujet des harnais à « boucle sur le poitrail » : s’ils sont une aide efficace et solide pour des propriétaires déjà dans la panade au sujet de la marche en laisse, ils doivent à mon sens rester une aide transitoire, le temps de travailler une marche en laisse détendue de manière très active (avec votre éducateur).

Quand votre jeune chien marche plus d’un an (ou pire) de « guingois » à cause de cette boucle sur le devant, il adopte une posture excessivement malsaine qui, si très transitoire et occasionnelle, ne fera pas de dégâts mais qui ne sera pas sans conséquences si elle se pérennise.

Happy Training  :-D

Obéir ou ne pas obéir…

Quand des amis constatent que mes mini-pigs font « assis » et « couché » (et autres comportements) sur demande, ils sont généralement au bord de l’extase – « oh wow, mais c’est génial, comment tu leur apprends ça ? ».

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Le sentiment de « mignonnitude » est presque à coup sûr à son comble

Si, parfois, elle n’exécutent pas (ça arrive), parce que trop d’inconnus dans leur enclos ou parce qu’un inconnu spécifique les laisse un peu perplexes (elles ne sont pas ultra sociables mais c’est une autre compétence que personne ne demande aux cochons), personne ne s’en offusque moindrement et accepte, sans rechigner, qu’elles puissent avoir peur, être intimidées ou mal à l’aise « ah ben oui, elle ne me connaît pas après tout » me disent-ils avec beaucoup d’empathie pour l’état émotionnel de mes deux animaux.

empathy

Personne ne s’attend à ce que je sorte un index menaçant ou que je répète ma demande sur un ton dont l’exaspération augmenterait de manière exponentielle « assis-assis-assis » ou que j’entreprenne une quelconque action coercitive à leur encontre. Et, surtout, personne ne soupçonne une quelconque « mutinerie » par rapport à mon autorité sur elles, en fait, personne ne s’attend que j’aie la moindre autorité sur elles.

boss

Pourtant, quand il s’agit d’un chien, c’est précisément ce qui arrive.

Je me souviens d’un monsieur ayant réceptionné un chien qu’il venait de décider d’adopter qui, 10 secondes après avoir pris le chien en laisse, lui claironnait un « au pied » très décidé. Le chien, soit complètement vierge de tout apprentissage (probablement), soit complètement déboussolé par des circonstances émotionnellement pas faciles n’a pas donné le moindre signe de savoir faire quoi que ce soit qui ressemble, même vaguement, à un «au pied». Immédiatement, le monsieur a élevé la voix et produit un «AU PIED» tonitruant (tout aussi inefficace que le premier).

A ce moment là, il se tourne vers l’employé du refuge et décrète, un peu dépité «dommage, il n’est pas très obéissant »…..  8-O 8-O 8-O

scratch

Cette étrange conviction que nos chiens comprennent notre langage humain est probablement le résultat d’une connivence très spéciale avec cet animal qui est si incroyablement proche de nous.

darkness

Elle est à la fois fascinante (d’un point de vue sociologique) et légèrement inquiétante (pour le chien).

Car, si personne ne s’attend à voir un chat « obéir » ni un cochon, c’est souvent précisément ce qu’on attend du chien, comme s’il venait au monde avec cet unique désir de combler toutes nos attentes et exigences (aussi peu adaptées qu’elles soient à un individu spécifique d’ailleurs : difficile parfois de faire le deuil du chien d’assistance, sportif ou – tout simplement – ultra sociable). 

grumpycat

J’ai des propriétaires qui, parfois, me disent « je lui dis de ne pas toucher mais il ne m’écoute pas » (quand je leur demande comment ils ont enseigné le « ne pas toucher » au chien, ils sont un peu perplexes, en réalité, ce mot spécifique n’a fait l’objet d’aucun apprentissage particulier).

Et, dès lors qu’on est complètement dans l’idée que le « chien comprend », s’il comprend et ne fait pas, c’est donc qu’il désobéit (il fait passer sa volonté propre de « ne pas faire » au dessus de la notre qui lui demande, justement, de « faire »).

Pour en revenir à mes petites cochonnes, personne ne s’attend, non plus, qu’elles soient cordiales avec le monde entier et 100% des personnes qui les rencontrent me demandent, prudemment, si « on peut les toucher ? »

(d’ailleurs oui, on « peut » et elles ne mordent personne, ensuite, elles n’y tiennent pas outre mesure comme mon Border qui ne grognera et encore moins mordra personne mais, si vous lui fichez la paix il préfère, alors que mon Australienne apprécierait très certainement les câlins d’un cambrioleur qui m’aurait, au préalable, égorgée).

cochonnes

Avoir été élevé au rang de « meilleur ami de l’homme » semble avoir généré par rapport au chien des attentes qui dépassent celles que nous avons pour tout autre animal…. l’obéissance de nos chiens étant pour certains la mesure de la dévotion qu’ils devraient ressentir à notre égard (l’éternel « il le fait pour moi » ou « pour me faire plaisir »).

lovemeobeyme

En gros, il m’aime s’il m’obéit et s’il m’obéit, il m’aime (ce qui est très loin d’être sûr).

Je surprends souvent mes clients quand je leur dis que, pour moi, « l’obéissance » n’existe pas : il y a des apprentissages, compris ou non, complets ou incomplets, généralisés ou non, flexibles ou non, des contextes propices ou pas du tout…. et le chien nous le confirme continuellement en n’exécutant pas ce malheureux « assis-assis-assis-assis » que vous répétez avec une exaspération grandissante alors qu’il est à 2 mètres d’un chien qui le préoccupe, alors que d’autres chiens font les fous devant lui ou parce que, tout simplement, vous lui avez appris ce comportement en lui faisant face et en utilisant un geste de la main alors que là, vous êtes à côté de lui et vous utilisez uniquement le mot qui n’a strictement aucun sens pour lui (quoi que vous en pensiez).

Sans oublier évidemment que notre brave Pavlov étant toujours sur notre épaule (même et surtout quand on n’y pense pas), votre petit coup sur la laisse (pas trop « méchant ») ou votre voix sévère (pas trop effrayante) deviennent précisément ce qui annonce l’opportunité d’un renforçateur si, après avoir exécuté, vous récompensez le chien : dans ce cas précis, le coup sur la laisse devient le signal conditionné et le chien l’accepte plutôt vaillamment puisqu’il annonce l’arrivée d’une friandise – en fait, il n’exécutera son comportement qu’en présence de ce signal spécifique.

peanuts-pavlov

Si, quand le chien « n’obéit pas » nous nous posions la question de son apprentissage (ce qui devrait plutôt vous inciter à NOUS remettre en question plutôt que de remettre le chien en question), de son état émotionnel dans l’instant, de l’environnement immédiat – nous nous éviterions de plonger dans cette vision douloureuse pour lui et pour nous de l’obéissance absolue en toutes circonstances qui complique et dégrade la relation.

Nous avons, en grand nombre, réfuté la théorie de la dominance mais nous parlons, encore (presque) tous, d’obéissance et d’ordres qui nous ramènent pourtant tout droit à un concept de domination  :lol: :lol: :lol:

Happy training ☺☺☺

Comment choisir son éducateur canin?

rottweiler and leash

Le métier d’éducateur canin est un des moins « réglementés » qui existent : même dans notre petite Suisse plutôt riche en interdits et obligations pourtant, il existe bien des cantons où on peut tout simplement s’auto-proclamer éducateur canin, sans coup férir (alors qu’il faut une formation diplômante de trois ans pour être vendeuse : sans aucunement vouloir médire d’une formation quelle qu’elle soit, tant je suis convaincue que tout métier nécessite soit une solide formation soit la reconnaissance officielle et vérifiée d’acquis autodidactes).

Sans conteste, dans votre début de quête d’un éducateur canin, l’enfance de l’art est de vous focaliser sur ceux qui annoncent des méthodes sans violence ni contrainte – souvent présentées – en francophonie en tous cas – sous l’appellation « positives ».

positiveattitude

Vaste concept parfois (et non toujours, évidemment) utilisé comme argument marketing (je me rappelle d’une éducatrice dans un funeste reportage à la télévision française, qui, se présentant comme «amicale et positive » justement, mettait de grands coups de genoux à un pauvre chien qui l’accueillait à la porte en lui sautant dessus).

Voulez-vous vrament, pour votre « meilleur-ami-chien » – d’une éducation fondée sur la douleur, l’inconfort, la peur de la punition et la contrainte ? ( si la réponse est « oui », je pense que vous vous êtes égaré sur mon blog et que vous pouvez, d’ores-et-déjà, interrompre cette lecture).

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Ne me répondez pas « mais ça marche »  :roll:

Le résultat ne peut être notre unique considération - quand vos invités mettent les pieds sur votre table basse et que cela vous heurte, je doute que vous adressiez ce souci par un coup immédiat dans leur plexus, question qu’ils comprennent bien que ça ne se fait pas?  ;-)

De manière plus pragmatique, vous pouvez effectuer une simple vérification de l’approche de votre postulant éducateur par quelque simples questions dont: « que faites-vous quand le chien fait juste ? » et, surtout, « que faites-vous quand le chien fait faux ? » (suggestion de réponse rassurante : « je renforce les bons comportements » / « je rends probable et renforce un comportement alternatif et incompatible avec le comportement indésirable »).

rightwrong

Se contenter d’un laconique « ça fait 20 ans (ou 40) que je suis sur les terrains », ne devrait pas vous suffire : osez donc demander à votre éducteur quelle a été sa formation ou ses formations (qu’il devrait, normalement, se faire un plaisir de vous détailler) et, si sa réponse reste obscure pour vous, n’hésitez pas à aller regarder les sites des organismes qui les dispensent et renseignez-vous autour de vous. Je ne pense pas que vous seriez d’accord de confier vos enfants à une enseignante sans aucun diplôme et aucune éthique connue et sur le simple concept de son « auto-glorification »  :-D 

nasty

Faites la différence entre une certification et une simple « attestation de présence » (qui ne vous garantit en rien que la personne a effectivement intégré des concepts). Dans mes propres cours, je donne des attestations de présence et certainement pas des certifications qui impliqueraient que je vérifie, une personne à la fois, que certaines notions ont été clairement acquises et, seront dès lors appliquées (ce que je ne fais pas).

J’ai vu récemment une annonce sur Facebook d’une éducatrice qui se présentait laconiquement comme « diplômée » (point) : les seules personnes à demander des précisions étaient…. des éducateurs canins  :roll:

Soyez exigeant en tant que propriétaire, c’est votre compagnon de route pour 15 ans que vous allez confier à un quelconque individu et, que, accessoirement, vous allez devoir fréquenter pendant des semaines, des mois voir des années.

Bien-sûr, quand ce n’est pas notre domaine, qu’on vous dise qu’on a le papier X ou Y ne sera pas très parlant mais, déjà, vous saurez que la personne a pris la peine de faire une formation (c’est un début) – et il est parfaitement approprié – et légitime – de demander à la dite personne en quoi consistait sa formation (2 jours ou 3 ans ce n’est pas pareil), si elle a comporté un ou des examens, des heures de pratique, des travaux individuels écrits, etc.

Un éducateur compétent et qualifié sera toujours parfaitement heureux de vous répondre  :-D

Osez donc aller voir comment ça se passe en cours AVANT d’y emmener votre jeune (ou pas) chien et restez attentif aux détails suivants :

  • L’éducateur demande-t-il à voir un chien avant de l’intégrer à un groupe ou, au moins, vous demande-t-il s’il est à l’aise avec ses congénères ? Un chien anxieux ou craintif ou réactif n’a strictement rien à faire dans une éducation « en groupe » qui, en définitive, va causer plus de problèmes qu’elle n’en résoudra. Optez pour des cours privés dans un premier temps, voir même des cours à domicile.
  • Comment sont les chiens à leur arrivée (gérés ou pas du tout ?). Il est bien inutile d’avoir des chiens «obéissants » sur le terrain s’ils n’ont pas des acquis de base indispensables dans la vie courante.
  • Si et quand on vous demande de les « mettre en cage », vous propose-t-on des conseils afin de positiver la dite caisse au préalable ou les balance-t-on dedans sans préparation aucune ? Constatez-vous que les chiens en cage ou attachés vocalisent?
  • Laisse-t-on les chiens qui arrivent sur le terrain renifler l’environnement dans le calme avant toute chose ? S’imprégner de l’environnement en toute quiétude permet au chien de mieux se concentrer ensuite. 
  • Comment s’adresse-t-on aux propriétaires ? relève-t-on ce qu’ils font bien avant tout? Savoir renforcer ce qui « va bien » est un mode de vie et non une technique de «dressage » ☺
  • Les chiens – et les gens – ont-ils l’air détendus et de bonne humeur ou semblent-ils stressés et mal à l’aise ? n’hésitez pas à leur parler à l’issue du cours…. demandez-leur s’ils s’amusent et s’ils se sentent accompagnés
  • L’éducateur sait-il rapidement proposer des cours privés aux propriétaires en difficulté avec leur chien au sein d’un groupe ?
  • Entendez-vous une litanie de « assis-assis-assis », « reste-reste-reste »« couché-couché-couché » et des « non, non non »? Si c’est le cas, c’est que ces apprentissages ne sont pas acquis (et, s’ils ne sont pas acquis dans ce contexte, pourquoi les demander ?)
  • A-t-on recours à la « punition » quand le chien n’exécute pas alors qu’on estime qu’il le devrait ? L’éducateur sait-il prendre en considération l’environnement, un apprentissage peu ou pas généralisé, l’état émotionnel du chien, un signal (ordre) éventuellement « empoisonné » ?
  • Met-on des « étiquettes » sur les chiens (« démotivé, paresseux, têtu » etc. etc.) ou sur vous-même (il ne vous respecte pas, il vous danse sur le ventre, vous êtes trop ci ou pas assez ça). Mettre une étiquette fournit un alibi à une incompétence certaine – en effet, c’est de la faute du chien ou la vôtre, ce qui exonère dès lors l’éducateur.
  • Vous serine-t-on encore des notions de « chef de meute », de « famille meute », vous incite-t-on à « dominer » votre chien? ces considérations fallacieuses ont été démontées depuis des lustres, si votre éducateur en est encore là, il a du rattrapage à faire ☺ (dit en anglais « le leader du pack » comme on me l’a sorti une fois, est assez comique mais tout aussi fallacieux).
  • L’éducateur demande-t-il la permission de prendre le chien d’un participant pour démontrer un exercice ? et explique-t-il clairement ce qu’il projette de faire avant de le faire ? Ne confiez jamais votre chien à un éducateur si vous n’avez pas pleinement confiance en celui-ci.
  • L’éducateur donne-t-il des « garanties » de résultat ? S’il vous en donne, fuyez – cela veut dire qu’il n’appréhende pas toutes les subtilités du comportement (j’ai vu, l’autre jour, une annonce « obéissance 100% garantie » – pour moi, le type de concept marketing qui vous signale un charlatan à plein nez).

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De manière générale, n’hésitez jamais à demander à votre éducateur qu’il vous explique ce qu’il affirme, qu’il mette en paroles le pourquoi du comment (si competent, il n’aura aucune difficulté à le faire) et, s’il ressent cette demande d’explication comme une mise en doute de ses compétences, ne considérez pas ça comme un « bon point »

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Que votre éducateur canin soit d’une école ou d’une autre, il y a des bases qu’il doit savoir parfaitement maîtriser – les lois de l’apprentissage ne sont pas une opinion ou une vue de l’esprit mais des forces inéluctables qui s’appliquent à tous.

Ce sont les outils fondamentaux de tout éducateur canin et il doit les maîtriser complètement, tout comme, si vous êtes coiffeuse ou électricien, vous maîtrisez parfaitement les vôtres (et vous ne songeriez as à vous lancer dans une permanente ou une installation électrique sans avoir obtenu une reconnaissance professionnelle). 

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Toute modification du comportement s’effectue par le biais d’un conditionnement répondant ou opérant : il est absolument impératif que votre éducateur/éducatrice comprenne clairement – et vous explique tout aussi clairement – ces deux concepts.

Tout conditionnement opérant se décompose en trois phases : un antécédent, le comportement et la conséquence (vous demandez un « assis » – le signal « assis » est l’antécédent – le chien s’assied, c’est le comportement – vous lui donnez une friandise, c’est la conséquence).

Tout conditionnement répondant ne comporte que deux phases : « quand X se produit, Y s’en suit » (le chien vous entend préparer la gamelle, il rapplique).

Actuellement, l’éducation canine est fondée sur des connaissances scientifiques et non sur la brume culturelle transmise par la cousine de la tante de la concierge qui « dit que »

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En définitive, si après 2 ou 3 cours vous avez l’impression que ça ne se passe pas comme vous voudriez, rappelez-vous qu’il existe une quantité affolante d’éducateurs et qu’il vaut mieux faire quelques kilomètres de plus pendant quelques semaines / mois que de vous enfoncer dans une approche contre productive pour vous et pour votre chien  :-D

Happy shopping  :-D

Le chien introverti, ça existe?

Dans mon « ping pong » perpétuel dans mes considérations sur l’apprentissage chez l’humain et chez l’animal non humain – hier, j’ai lu un article qui m’a profondément interpellée.

L’auteure était une personne étiquetée comme « introvertie » et elle racontait ses années d’école où, bonne élève, avec d’excellents résultats, sans (à l’origine) de souffrance particulière, on n’a pas cessé d’exiger d’elle «qu’elle participe plus en classe ».

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Dès le cycle primaire, cette personne a interiorisé un étrange message : elle était « trop » réservée (par rapport à quoi ?).

S’en suit une longue description du calvaire absolu de ses années d’études où, de la maternelle à la fin de l’école supérieure, on n’a pas cessé de lui reprocher son manque d’interaction avec les autres et avec les professeurs.

Son apothéose était atteinte lors de « séminaires socratiques » où les participants – assis en cercle – participaient à des joutes verbales et dont le temps de parole individuel était soigneusement « monitoré » par les enseignants et déterminait, entre autre, la note finale.

Avec, évidemment, des résultats médiocres dans cet exercice très précis et une hantise de plus en plus affirmée vis-à-vis de l’expression orale en public.

Une petite souffrance construite de manière très artificielle, à mon sens, car il me semble tout à fait possible de réussir sans vie sans devenir un orateur pétillant  ;-)

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Ce que dénonçait cette personne c’est l’idée hasardeuse – et pourtant bien généralisée – qu’être « extraverti » c’est paraître plus intelligent et plus engagé dans une quelconque activité, plus présent.

Pire encore, que le fait d’être extraverti, volubile et très interactif avec les autres est mis en avant comme concept « normatif » : ceux qui correspondent à cette description sont ceux qui « vont bien », les autres doivent changer ou, en tous cas, travailler à devenir « moins introvertis ».

J’ai immédiatement fait le parallèle avec une balade faite avec une connaissance il y a quelques temps qui m’a dit, avec un peu de commisération que c’était « dommage » (?) que mon chien n’interagisse pas avec les autres chiens (bref, il ne joue pas avec les autres chiens).

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Si, en réalité, aucun de mes chiens ne joue beaucoup avec les chiens inconnus : mes deux Bergers Australiens jouent entre elles (elles sont sœurs et très proches) Zouk, s’il supporte avec patience leurs jeux, ne joue avec absolument personne (pas même avec elles).

Totalement non conflictuel, les autres chiens ne l’intéressent absolument pas.

Les autres gens non plus d’ailleurs  ;-)

Il est habitué à ses « frangines » et il aime, encore mieux, moi ou plutôt l’accès que je lui donne à ce qui a de la valeur pour lui.

Bref, ce qui lui procure du bien-être et donc une émotion agréable pour lui et selon ses critères personnels – je n’ai pas appris à Zouk cette intensité qu’il met dans toute chose, elle fait partie de lui (au mieux, je l’ai encadrée).

Il est très avare en « manifestations festives » même avec les personnes qu’il connaît bien (mes proches) et se contente d’un petit remuage de queue très minimaliste – genre « ouais, je te connais, c’est bon »  :lol:

Les personnes inconnues n’existent même pas et il très parcimonieux dans toute forme d’interaction, un petit salut, ça va… plus, c’est l’envahir  :lol:

Bref, on pourrait dire qu’il est introverti

Il ne correspond absolument pas au chien ultra-jovial, pote universel, et adorateur de tous les humains, curieux des congénères et joueur impénitent…. il a ses centres d’intérêt, ses (rares) humains rangés dans une catégorie « amis » et il s’y tient avec un certain acharnement.

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Impossible toutefois de le ranger dans le chien « à problèmes de comportement » vu qu’il a l’air parfaitement satisfait, parfaitement posé et que tout son physique et ses comportements affichent que sa vie lui convient parfaitement bien telle qu’elle est.

Il n’a pas « peur » des gens, il n’est pas intéressé, c’est très différent. Il n’a pas peur des chiens non plus, après une vague reconnaissance par l’arrière, il n’a juste plus rien à leur dire  :lol:

Quand quelqu’un insiste pour le papouiller, il prend une attitude légèrement agacée – gentiment agacée, il remue la queue et se détourne clairement – bref, on l’ennuie (ce qui vexe considérablement certains humains).

Presque pareil avec ses congénères, on voit qu’il y met des trésors de patience mais que, en gros, tout ça ne l’amuse aucunement  :lol:

Mon accompagnatrice de l’autre jour trouvait ça « dommage » et je me suis demandée pourquoi – avons-nous à ce point intégré la norme de l’extraverti comme étant la voie royale, demandons-nous à nos chiens d’être les enfants « participatifs » dont parlait la personne mentionnée au-dessus ?

Une cliente me disait, au sujet de son chiot qui préfère observer les autres chiens que d’aller jouer avec eux, que ça lui faisait de la peine… mais pourquoi, vu que son chiot semble tout à fait à l’aise entre ses jambes et préfère, clairement, ce poste d’observateur que celui de participant ?

Peut-être que l’animal observateur, qui sait se rendre invisible et éviter les conflits est le plus susceptible d’adaptation dans une logique de survie ?

…et que cela confirme que, chez l’animal humain ou non humain, les différentes personnalités constituent des variations tout aussi valables les unes que les autres au sein d’une espèce ?

En définitive, la véritable souffrance, n’est-elle pas d’avoir un idéal en tête, une description rigide de ce qu’un être vivant devrait être ou ne pas être (hors pathologie) alors que, au fond, accueillir un être dans sa vie (quel qu’il soit) c’est s’ouvrir à la surprise d’une personnalité spécifique.

Nous avons, parfois, du mal

Pédicure canine…

waitJ’ai souvent des clients qui me demandent comment couper les griffes de leur chien ou, pour certains, carrément de le faire à leur place, ce que je fais volontiers si le chien gère la manipulation, qu’il y a été correctement préparé et n’a pas déjà fait d’association fâcheuse, ce qui est – hélas – plus que fréquent.

Impossible par contre d’empoigner mon matériel et y aller gaiement sur un chien qu’il faut contraindre par la force et l’intimidation (ce qui n’est pas trop le genre de la maison).

J’ai vu des chiens paniquer au simple contact d’un doigt humain sur leurs pieds ou à la vue d’un coupe-griffes.

Normalement – ou plutôt « idéalement » – une griffe de chien s’use naturellement par simple contact avec des surfaces de toutes sortes, en creusant, etc.

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Il y a des chiens très actifs et baroudeurs sur lesquels il n’est pratiquement jamais nécessaire de couper les ongles mais, chez certains chiens dont la pousse de l’ongle est très conséquente, qui marchent peu ou sur des surfaces peu abrasives, il est fort possible que la griffe pousse bien au delà du raisonnable (je dois couper les ongles de notre doyenne à la maison toutes les semaines au grand maximum, voir tous les 4-5 jours : dans sa 16ème année et bien qu’elle soit en excellente forme pour son âge, elle ne peut pas cumuler les kilomètres, n’apprécie plus les sorties par temps pluvieux, encore moins les terrains compliqués et ses ongles poussent à la vitesse du son).

Sans évidemment oublier les ergots qui eux, quand ils sont présents, ne s’usent évidemment pas. 

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C’est la peur légitime de faire mal – et de faire saigner la partie vascularisée de l’ongle – qui, souvent, fait que les propriétaires préfèrent déléguer cette tâche au toiletteur – qu’on ne voit généralement pas assez souvent pour que la coupe soit efficace – et l’ongle continue de pousser…

Plus l’ongle pousse, plus la partie vascularisée (« vive ») de l’ongle avance et on se retrouve avec un chien sur lequel on n’ose plus du tout intervenir (et là, votre toiletteur ne pourra pas faire grand chose en une unique séance occasionnelle).

A contrario, plus vous couperez les griffes de votre chien régulièrement, plus cette partie va reculer. 

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Si la la partie vascularisée de la griffe (« quick » en anglais sur la photo) se voit très bien chez les chiens dont les griffes ne sont pas pigmentées, c’est un peu plus laborieux – mais possible – sur les griffes fortement pigmentées (noires).  Voir plus loin…

Ces griffes trop longues ne sont pas sans conséquences : en effet, dès que l’ongle entre en contact avec une surface dure (en extérieur ou tout simplement chez vous, sur un sol carrelé ou béton par exemple) – l’ongle est contrait de « rentrer » imperceptiblement — ce qui implique une pression répétée sur la phalange qui le porte.

Alternativement, l’ongle « tourne » sur le côté et entraîne la phalange dans cette torsion constante. Ces actions mécaniques, sensibilisent les phalanges en un premier temps (elles commencent à faire mal) et, avec le temps, peuvent même causer une arthrose précoce.

Progressivement, le chien commence à ne plus du tout tolérer qu’on lui touche les pieds, voir la patte toute entière et la coupe occasionnelle des ces fameuses griffes devient éminemment problématique voir le drame intégral : donc, le propriétaire laisse tomber et on entre dans un cercle vicieux.

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D’un point de vue « postural », le fait que les ongles des pattes avant touchent constamment le sol provoque un déplacement constant même si imperceptible du poids du corps vers l’arrière, ce qui, à son tour favorise l’apparition de douleurs sur l’arrière-main (ce qui ne se verra pas sur un chien très jeune mais apparaîtra souvent sur des chiens pourtant pas encore « seniors »).

Tout ça pour suggérer que la coupe des ongles de votre chien n’est pas « juste » une option esthétique ni anodine.

Bref, il faut prendre soin des griffes de vos chiens et rester vigilants à ce qu’elles n’entrent pas en contact avec les surfaces dures (un simple « tic tic tic » sur sol carrelé devrait vous interpeller).

Si votre chien est déjà peu enclin à vous laisser manipuler ses pieds, il va falloir entreprendre rapidement une « désensibilisation » à ces manipulations.

Comme toujours, quand il s’agit de « désensibiliser » (c’est-à-dire, pour faire simple, réduire la peur), je vous conseille vivement de vous entourer, au moins au début, par un éducateur qui connaît – et pratique – le « medical training » (qui n’est rien d’autre que la création d’associations positives avec certaines manipulations, ce qui devrait faire partie de tout cours chiot a priori – ce qui éviterait bien des problèmes par la suite si on montre aux propriétaires comment s’y prendre pour la durée de la vie du chien).

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En effet, si on avance trop vite, si on brûle les étapes, le résultat pourrait être une aggravation des réticences du chien plutôt qu’une amélioration (je vois souvent des propriétaires débuter une désensibilisation directement par le pied — que le chien n’apprécie pas du tout que l’on touche — alors que, justement, il faudrait savoir commencer par une partie de son anatomie que le chien tolère parfaitement de voir toucher et avancer, sans jamais provoquer de réaction de retrait, vers la zone problématique).

Mes propres chiens se vautrent les 4 « fers » en l’air si je dois soit couper leurs griffes, soit couper les poils autour du pied ou ceux qui poussent entre les coussinets (ces poils, en dessous du pied, s’usent évidemment aussi à la marche mais ils peuvent causer des « mini nœuds » douloureux entre les coussinets). Les poils qui recouvrent largement les coussinets, eux, causent des micro-glissements sur les sols lisses, à éviter. 

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Ce n’est pas par hasard : ces manipulations ont toutes été travaillées au clicker training dès leur plus jeune âge, question de construire un bon « historique ».

Par ailleurs, elles sont toujours une excellente occasion pour une séance de « papouilles » avec caresses et échanges affectueux, si votre chien apprécie ce genre de choses (les miens apprécient très fortement). Toute leur vie, les soins de leurs pieds (coupe, lime ou simple inspection) seront associés à des friandises de haute valeur et un échange amical…. ce qui fait que, quand j’empoigne ma petite caisse à « pédicure », ils arrivent tous gaiement

Si, pour votre chien, c’est déjà ou encore problématique, il est parfaitement envisageable de ne couper qu’une seule griffe par jour : si fait avec régularité, tous les jours, ça peut être suffisant.

Il vaut souvent mieux débuter par les pattes arrière, souvent moins « sensibles ».

Personnellement, j’utilise un coupe-ongles de type « ciseaux » - les engins dits à «guillotine» peuvent causer un écrasement de l’ongle et c’est souvent douloureux.

Je n’ai pas de chiens géants, mes ciseaux sont plutôt petits, je les trouve plus faciles à manier avec précision.

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On est souvent plus à l’aise avec des griffes non pigmentées qui laissent clairement apparaître la partie vascularisée de la griffe – si votre chien a des griffes très pigmentées, pas de panique : coupez jusqu’à l’apparition d’un « rond crayeux » – généralement bien visible (comme sur photo).

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Pour ceux d’entre nous (genre moi) qui dépendent de lunettes de lecture et/ou ont besoin d’une bonne lumière pour lire, il vaut mieux se mettre au travail dans une pièce très bien éclairée – voir (si et quand possible) carrément en extérieur, quand la lumière est abondante. 

Il existe également des « limes à ongles » rotatives – comme celle que je vous mets en photo (il en existe plein d’autres modèles, plus ou moins onéreux). J’ai acheté celui-ci pour accompagner des clients dans son utilisation et habituer leurs chiens, je n’en fais pas usage moi-même sur les miens. 

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Il faut insérer la griffe du chien dans l’ouverture du bouchon de sécurité adapté (selon la taille de la griffe) et débuter avec la vitesse la plus lente – on ne lime que quelques secondes à la fois, pas en continu (ça chauffe). On attaque les côtés de l’ongle et le dessus, façon « taille de crayon ».

Là aussi, il ne s’agit pas d’y aller « franco » sans préparation – votre chien pourrait avoir peur et une seule expérience négative pourrait le rendre réticent à l’engin…. il est recommandé d’associer l’engin, le bruit, l’approche, la première seconde d’utilisation à force « bonbons », en tenant rigoureusement compte des réactions individuelles du chien 

Attention si votre chien a des poils longs que nous ne coupez pas – ils pourraient se prendre dans la rotation et attention à vos propres cheveux s’ils sont longs : internet pullule de photos de chevelures empêtrées dans la lime rotative

Certains utilisent également des planches de bois recouvertes de papier à poncer sur lesquelles on incite le chien à gratter (c’est plus laborieux pour les pattes arrière): c’est ingénieux mais je n’ai jamais eu besoin d’en faire usage – je vous laisse me donner vos retours si vous utilisez cet artifice

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…. et, pour finir, ai-je jamais fait saigner l’ongle d’un chien? ….et oui, mea maxima culpa, ça m’est arrivé parfois – nul n’est infaillible : si cela devait vous arriver, pas de panique incontrôlable – prévoyez d’avoir toujours chez vous et sous la main de la poudre styptique (hémostatique) ou, même de la fécule de maïs que vous mettrez dans un petit bol et « trempez » l’ongle atteint dans votre poudre, un petit saignement sera vite jugulé et tâchez de faire oublier cette mauvaise expérience à votre chien par votre calme, ton enjoué et force friandises. 

Happy grooming ☺

L’apologie du calme…

 

hyper1La réalité du chien dit «actif» est relativement compliquée : et s’il n’est pas rare de devoir inciter certains propriétaires à bouger son chien « un peu plus » quiconque a partagé sa vie avec un chien très speed, fit et légitimement entraîné sait que de le «fatiguer » est – souvent – un vœu assez pieux  :lol:

Parce qu’il existe une montagne d’excellents propriétaires (quoi qu’on en dise) : j’ai rencontré une foultitude de clients, souvent jeunes et sportifs eux-mêmes, ayant adopté en toute connaissance de cause un chien de nature sportive et active et qui sont passés rapidement d’une heure de balade à deux, puis trois, puis quatre heures par jour – j’ai même eu un jeune couple de deux jeunes hommes qui se relayaient l’un après l’autre pour balader leur chien la bagatelle de six heures par jour  8-O   (sans arriver à la moindre amélioration du comportement destructeur de leur chien d’ailleurs, qui était incapable de se poser à la maison).

Quand la balade nez au vent dans la nature ne suffit pas à atteindre le nirvâna du «un chien fatigué est un chien sage» et que le chien arrive à l’âge de pouvoir pratiquer, on ajoute l’agility, le frisbee, le lanceur de balles (post balade), etc. etc.

Ensuite, à la maison, «il a ses jouets » à disposition  :-?

 

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Dans certaines races dont le potentiel sportif est énorme, ces super athlètes (rendus tels par leurs propriétaires pleins de bonne volonté), on se retrouve avec un chien littéralement «increvable » parfois (et des propriétaires épuisés qui – hagards – voient leur chien leur apporter la balle à la maison, et parfois vocaliser si on les ignore, genre « je m’ennuie », alors que les humains sont exténués et, accessoirement, ont aussi besoin / envie de faire autre chose que d’amuser le chien).

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Quand on se retrouve avec un chien adolescent très actif et que, à un moment dans la journée, vous avez l’impression qu’il va dévorer vos possessions une à une, on sort et on va « le fatiguer ». On balade, on lance des trucs divers et variés, on joue au frisbee ou tout ça en même temps ou successivement, longtemps. Très longtemps parfois.

Rassurez-vous, je ne vais pas vous pondre une litanie anti-sports canins : les chiens qui s’ennuient sont légion (eux aussi) et toute activité canine bien introduite me semble excellente à prendre (et puis, soyons un peu francs : tout le monde prend un chien pour une quelconque forme de gratification et le nier me semble très hypocrite – je laisse ça aux plus « saints d’entre nous »).

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Tous mes chiens ont des vies bien sportives, des tas d’apprentissages au clicker et, néanmoins, savent parfaitement me « lâcher les baskets » (et moi lâcher les leurs) - vivre comme des chiens pendant leurs balades, se poser à la maison et attendre tranquillement quand je travaille d’autres chiens, même en salle. 

Quand mes enfants étaient petits et qu’ils avaient besoin de se défouler physiquement, il n’était pas approprié de leur proposer une activité de lecture ou un jeu de réflexion même s’ils adoraient les moments de lecture et les bricolages tranquilles – l’un ne peut empêcher l’autre, l’autre ne doit exclure l’autre.

Par ailleurs, adopter un chien sportif, à moins d’une monumentale erreur de casting (cela arrive aussi et même plutôt souvent, mais ce n’est juste pas la thématique du jour), implique qu’on ait envie de faire des trucs avec son chien – sinon, on porterait judicieusement son choix sur une race moins exigeante à ce niveau là.

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Ce qu’on oublie souvent dans notre vision du « j’ai pris un chien sportif et j’assume » c’est que toute forme d’activité dynamique, génère une montée d’adrénaline considérable – chez des sujets qui montent très, très vite en excitation déjà de par leur génétique (la sélection au chien ultra speed est très réelle et parfois un peu délirante aussi).

L’impasse est souvent atteinte parce que le chien n’a aucun apprentissage du «calme» et vit en état d’excitation perpétuelle (ce qui peut aider à se construire un chien dit « réactif » – qui aboie sur les autres chiens, qui aboie quand les gens bougent, qui « exige » car aux prises avec des émotions qu’il ne peut plus gérer).

J’ai des clients propriétaires de chiens ultra sportifs chez qui je vais parce que le chien ne leur laisse plus un instant de tranquillité et qui me disent, soucieux de ne pas me voir les taxer de ne pas « assumer leur chien », qu’ils baladent 3 heures par jour, jouent au frisbee, vont à l’entraînement d’agility, lancent la balle et rentrent, malgré tout, à la maison avec un chien littéralement insupportable dans ses demandes d’interaction (et qui, parfois, pendant l’entretien de comportement, lancent le jouet inlassablement à leur chien qui vocalise aussitôt qu’ils s’arrêtent). 

A ces personnes, je propose avant tout d’en faire beaucoup moins ou, plutôt de faire très différemment (et là, ils me regardent ahuris – j’ai un chien « sportif » Madame). Oui, moi aussi  :-D

et on se met à bosser sur l’apologie du « calme »  :-D

Parce que oui, parfois on peut avoir le beurre et l’argent du beurre, on peut avoir un chien actif et sportif ET calme.

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Renforcer le calme : souvent, quand on a un chien qui ne se tient « jamais tranquille » à la maison, quand le chien se pose (enfin) sur son dodo, on aurait tendance à surtout ne plus le déranger du tout (versus les montagnes de renforcement quand il provoque, inévitablement, l’attention quand il prend la télécommande, bouffe vos coussins du salon, vole votre chaussure à l’entrée, etc.). 

C’est, souvent, précisément ainsi que nous fonctionnons avec les enfants – qu’on ignore quand ils sont « sages » (comprendre n’ennuient personne) et dont on s’occupe très activement aussitôt qu’ils ne sont plus « sages » (comprendre font quoi que ce soit pour attirer l’attention).

On s’étonne ensuite de la construction d’enfants « insupportables » alors qu’on renforce avec constance et systématique tous les comportements inappropriés et qu’on ignore les autres.

Que vous « croyiez » ou non, aux lois de l’apprentissage ne les empêchera pas d’exister…. ce sont des forces en action qui feront leur boulot quelles que soient vos convictions culturelles personnelles  ;-)

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Quand j’incite les propriétaires à aller « renforcer » ces moments de calme, par une friandise ou une séance de câlins (si le chien apprécie la séance de câlins évidemment), on me répond – horrifié – «ah mais non, il va se lever » (quelle horreur)  :-D  

Oui, il va se lever pratiquement à coup sûr, je vous le confirme et là, il va falloir tout simplement recommencer ce que vous étiez en train de faire sans faire cas du chien (pas toujours facile au début). Faute de mieux, il finira par retourner à son dodo ou sa position de calme (les miens ont une fâcheuse tendance à ignorer leurs dodos hors de prix et à dormir sur le sol, à la dure). Là, vous retournez renforcer ce moment de calme…. en lâchant quelques friandises sur le dodo ou en débutant une séance de câlins-massages très calmes.

Avant de débuter ce travail – prenez note de combien de minutes / heures votre chien est calme dans son dodo – quelques 15 jours plus tard reprenez à noter les moments de calme dans le dodo…. je vous parie qu’ils auront augmenté  ;-)

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En parallèle, virez les jouets qui sont au sol ou dans le panier accessible au chien, virez les coussins, rangez la télécommande et autres opportunités de devoir « réagir » aux « bêtises » de votre chien (qui, au contraire, se montre très intelligent car il a rapidement compris comment vous contraindre à interagir).

Apprenez à votre chien à réagir à un « interrupteur positif » (un petit bruit quelconque que vous associerez, hors contexte de « bêtises » à quelque chose de hautement gratifiant, surtout si vous avez utilisé son nom, encore et encore, pour le stopper dans ses comportements inappropriés).

Un travail sur la détente – comme le protocole de relaxation de la Dr. Karen Overall, l’exercice de détente sur le dodo de Nan Arthur (qui sont des protocoles à suivre étape par étape). Cela n’a strictement rien à avoir avec un exercice de travail du style « va à ta place » – qui fait appel à un conditionnement opérant – à savoir, appris, renforcé où le chien choisit ce qu’il sait être « payant ». Ces protocoles se focalisent sur l’émotion du chien, favorisent la détente  :-D  

Vous les trouvez aisément via une petite recherche Google, ils nécessitent, à mon sens, l’accompagnement d’un éducateur compétent, en tous cas au début  :-D

Pensez à l’olfaction – pensez « tapis de fouille » (ou snuffle mat), pensez à la technique des « Sprinkles »  :-D  (votre éducateur / trice pourra vous aider à mettre ces techniques en place). 

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Si votre chien mange des croquettes, pensez à passer à une alimentation BARF et ajoutez du kéfir que vous ferez maison ou des comprimés de probiotiques – c’est bénéfique de toute façon et la relation entre l’émotionnel et l’état de la flore intestinale est de plus en plus mis en avant en médecine humaine.

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Certains produits naturels – comme la L-Théanine (thé vert), ou la caséine (protéine du lait) peuvent – parfois – aider votre chien à se détendre et ne créent aucune accoutumance (parlez-en à votre véto). 

Réévaluez si votre chien gagne vraiment quelque chose à voir certains « copains chiens » avec qui le jeu est souvent très agité et confine, parfois, à l’affrontement. 

Réévaluez si ses séances de sport en club finissent par une excitation qui devient ingérable (réactivité en laisse, réactivité en libre sur les autres chiens, les humains, etc.) – il faudra probablement arrêter ces activités quelques temps. Parlez-en avec votre coach – s’il connaît son travail, il saura parfaitement comprendre vos motivations et construire, avec vous, un retour à l’entraînement qui tient la route.

Apprenez à votre chien un signal « libre » : à partir de celui-ci, il peut faire ce que bon lui semble mais SANS interaction avec vous (surtout en balade) et, question de le rendre crédible, tenez-vous à celui-ci.

Quand vous travaillez votre chien au clicker, travaillez sur le contrôle de l’impulsion sur chaque comportement appris, sans exception. Le chien qui vous balance son répertoire de connaissances n’est pas « rigolo » ni « mignon » mais frustré avant tout et ça n’a rien d’une émotion agréable.

Le concept du contrôle de l’impulsion sur les comportements est le parent (très) pauvre des personnes qui ont appris le clicker training « sur le tas » (via Youtube et quelques articles).

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Faites des balades en longe en suivant votre chien là où il souhaite aller – la longe vous permettra de le laisser tranquille vaquer à sa vie de chien sans devoir l’appeler constamment vers vous si le rappel n’est pas acquis. S’il tire, n’avancez pas en ligne droite mais faites un parcours suffisamment sinueux et renforcez quand il vous suit.

Oui, vous pourrez revenir aux jeux, au sport, au club…. MAIS en continuant vos  protocoles d’apprentissage du « calme » et en mixant savamment votre progression entre périodes de calme et périodes d’excitation (à ce sujet, il vous faudra l’aide d’un éducateur compétent).

Le chien étiqueté comme « insupportable », « ingérable », ultra demandeur et qui finit par régir l’intégralité de la vie de son propriétaire (qui, parfois, ne reçoit plus personne chez soi, est épuisé par la gestion du chien) est une des causes d’abandon les plus fréquentes ou alors une des causes de prises de psychotropes le plus courantes : alors que, souvent, il s’agit tout simplement de chiens qui auraient eu besoin d’un apprentissage au calme systématique dès leur plus jeune âge, plutôt que d’une débauche d’activités excitantes afin de favoriser une très hypothétique – et improbable – « fatigue ».

Happy training  :-D