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Blazing clickers – Dog Event Science 2018

clicker

Dans ce qu’on appelle l’apprentissage des animaux par « marqueur » (clicker ou autre marqueur), cette procédure représente une communication que nous envoyons à l’animal pendant le processus d’apprentissage.

Le marqueur (que je vais désormais résumer à « clicker » par facilité de lecture, même si, évidemment, ce n’est pas l’unique marqueur possible) permet de marquer, avec une extrême précision (uniquement limitée par les compétences du « trainer »), un comportement spécifique et contribue à faire le lien entre ce comportement et sa conséquence. 

On l’appelle également « bridging stimulus » (bridge = pont) car il fait le lien (le pont) entre le comportement et sa conséquence.  Quand la conséquence est agréable pour l’animal, le comportement s’intensifie en fréquence d’apparition ou en force d’exécution ou les deux.

bridge

sans renforçateur, le click est un pont « vers nulle part »  :-D (Dr. Susan Friedman)

Pavlov et Skinner concluent, tous les deux, que pour qu’un renforçateur secondaire maintienne sa puissance, sa signifiance, chaque click doit être associé à un renforçateur. 

A l’identique pour Bob et Marian Bailey et leur infinie expérience de travail sur les animaux qui nous le confirment.

skinner

Il existe un épiphénomène que les anglophones appellent les « blazing clickers »  ;-) (est-ce la thématique qui est brûlante?). 

En très simple, quelques « experts » (ou non d’ailleurs) affirment qu’il ne serait pas nécessaire, voir qu’il serait contre productif d’associer chaque click à un renforçateur et que cette manière de faire (cliquer sans renforcer) obtiendrait (malgré tout ?) les résultats souhaités, voir, de meilleurs résultats.

Vu que cette thématique a été soulevée par le Dr. Simon Gadbois à Dog Event Science 2018, j’ai pensé apporter quelques explications à ce sujet… après, à chacun de se faire son opinion personnelle via, évidemment, des expériences personnelles appropriées (pas d’ambition évangélique chez moi)  :-D

dogevent

Que dit Gadbois ? que l’apprentissage arrive par la motivation et que la motivation est la résultante de l’anticipation.

Je suis toute prête à croire que notre organisme est plus intensément sollicité dans le processus de « recherche » du plaisir que dans le plaisir lui-même parfois ou, en tous cas, sollicité différemment.

ll reste que ce « seeking » ou « wanting » system dont parlent Panksepp et Berridge, s’il est très intense, ne promeut pas forcément le bien-être. 

wanting

C’est Gadbois lui-même qui a fait le parallèle avec l’addiction – j’en ai une justement : je fume (et j’adore fumer)   :mrgreen:

Si je suis privée de cigarettes sur une longue période (ou même pas si longue que ça), je suis à peu près certaine que mon cerveau est infiniment plus sollicité que quand, finalement, je l’allume et je tire dessus (liking system)  8-)

Toutefois, je suis tout aussi certaine que j’éprouve un plus grand bien être quand je fume que quand je cherche mes cigarettes partout sans les trouver  :-D

wanting

Peut-être, probablement que le « seeking » nous rend plus efficaces (puisqu’il sert à ça) mais nous rend-ils plus heureux ? sereins, détendus ? Je me pose la question.

Autre exemple donné par Gadbois – deux chats qui, selon son exposé à  Dog Event Science avaient été « renforcés » pour avoir touché une cible (un objet)… 

cats

On en déduit, assez logiquement, qu’ils ont reçu de la nourriture… (il parle bien de «récompense », j’ai vérifié sur notre support de cours).

Gadbois nous relate que les chats s’approchaient ensuite de l’objet qui ne leur avait valu aucun renforcement de préférence (ayant appris le comportement de toucher une cible à un nombre considérable d’espèces, j’étais très perplexe).

Jusqu’à ce que je me souvienne, post conférence, d’avoir lu cette expérimentation dans «Affective Neuroscience » de Jaak Panksepp… que je suis donc allée consulter.

Les chats ont reçu une stimulation cérébrale quand ils se rendaient dans une zone précise et pas de stimulation cérébrale quand ils se rendaient dans une autre… 

Panksepp lui-même relativise en n’excluant pas qu’ils aient pu développer une amnésie partielle suite aux stimulations et/ou que les dites stimulations cérébrales se soient finalement révélées aversives (personne n’est dans l’organisme du chat au fond). 

 Expérience des chats toute relative donc  8-)

Revenons à nos « blazing clickers »… via le papier de Martin and Friedman (2011).

  1. Le terme « click » fait référence à tout renforçateur conditionné utilisé dans l’apprentissage afin de renforcer de manière contigüe un comportement. Il est synonyme de renforçateur conditionné ou renforçateur secondaire, stimulus conditionné, bridge ou pont conditionné, marqueur d’événement et marqueur.
  1. Le terme « renforçateur » définit un renforçateur conditionné ou non qu’on exploite pour conditionner et maintenir la puissance de renforcement du click. Le mot renforçateur est remplacé, dans la terminologie courante, par le mot « friandise » ou « bonbon » – en effet, le plus souvent le renforçateur est de la nourriture.
  1. Le terme « blazing clickers » fait référence à la pratique de cliquer de manière répétée sans fournir un renforçateur immédiatement après.

 Blazing clickers 

Il est intéressant de constater que cette pratique est très répandue chez les « trainers » d’animaux sauvages captifs (zoos, aquariums, parcs animaliers mais également d’animaux domestiques en laboratoire), elle est très rarement préconisée dans les cours clicker training et relativement peu appliquée chez le chien de sport ou de famille.

Un des fondamentaux du clicker training est, précisément que « à chaque click, son renforçateur ».

Il existe bien des « agility people » qui cliquent tous les sauts et ne renforcement jamais mais, vu qu’ils travaillent avec des Borders pour qui travailler est déjà un énorme renforçateur en soi, je pense que nous sommes plus dans le comportement superstitieux qu’autre chose  ;-)

Les animaux captifs (zoos ou toute autre structure de ce style) n’ont guère d’alternatives gratifiantes en dehors de ces séances de « training » (le dauphin, dans son bassin où il s’ennuie prodigieusement, est certainement motivé à essayer encore… il n’a rien à perdre et quelque chose à gagner). Ils sont, parfois, légèrement sous alimentés également… pas systématiquement mais ça arrive  :roll:

(et, évidemment, tu repenses immédiatement à cette malheureuse Dawn Brancheau qui s’est fait dévorer justement… parce que Tillikum était en frustration ayant exécuté et PAS reçu de poisson).

orca

A l’identique avec le volatile dans une cage, mentionné pendant la présentation, qui picorait fortement sa cible (précédemment renforcée) alors qu’il n’y avait plus de renforçateurs à disposition : quelle autre option que cet unique comportement « payant »? et quel autre « choix » que de le mettre en pratique encore et encore, avec l’énergie du désespoir?  :cry:

Quand nous sommes enfermés dans un ascenseur en panne et que l’aide n’arrive pas, nous appuyons compulsivement sur le bouton « assistance » même s’il semble ne pas fonctionner… que pouvons-nous faire d’autre? et quelles sont nos émotions surtout?

ELEVATOR ALARM

Ce n’est de très loin pas le cas avec nos chiens qui, eux, ne sont ni affamés ni en privation de gratifications autres - ils peuvent aisément décider qu’aller ronger leur os ou renifler un trou de taupe est finalement tout aussi bien et demande moins d’efforts ;-)

Retriever with bone chewing

Ensuite : l’étude de l’apprentissage nous dit qu’un rythme de renforcement variable rend le comportement plus résistant à l’extinction et incite l’animal à produire plus de comportement afin d’obtenir son renforçateur.  

Quand cette information a atteint certains autres supporters de l’approche « blazing clickers », ils en ont déduit que cette « variabilité» s’appliquait uniquement au renforçateur primaire et pas au « bridge» (click).

A mon sens, c’est une piètre interprétation d’un concept clair  :roll:

En effet, en cliquant chaque comportement approprié et en distribuant un renforçateur sporadiquement, on n’est PAS dans un rythme de renforcement variable mais continu, techniquement parlant  (la seule chose qu’on accomplit c’est d’affaiblir le renforçateur secondaire). 

Pourquoi le font-ils alors ? Parce que cliquer est un renforçateur pour le trainer, il nous donne la preuve tangible que le comportement s’est vérifié, comme une confirmation pour nous-mêmes.

S’entendre cliquer 20 fois d’affilée est gratifiant pour l’humain, sans aucun doute, une manière de s’auto-congratuler  :-D

superstition

Revenons au papier de Martin et Friedman, 2011…

Martin et Friedman ont détaillé certains des points mis en avant par les supporters des «blazing clickers »…

Affirmation : le click est déjà un renforçateur (parfois juste aussi puissant, voir même plus puissant qu’un renforçateur secondaire), il n’y a pas besoin d’autre chose.

Remarques : 

  • Si le renforçateur secondaire est parfois aussi fort que le renforçateur primaire, il l’est parce que systématiquement associé à d’autres renforçateurs qui, justement, lui donnent sa puissance (sinon, il ne serait qu’un bruit sans signification)
  • Les renforçateurs primaires sont des renforçateurs par définition – alors que les renforçateurs secondaires ont besoin des primaires pour acquérir – et maintenir leur puissance et qualité de renforcement
  • A chaque fois qu’un click se produit sans être suivi d’un renforçateur, il perd un peu de sa capacité de se comporter comme un renforçateur
  • Si le click n’annonce plus l’arrivée du renforçateur, l’animal peut se mettre à chercher ailleurs dans l’environnement un signal prédictif de l’arrivée du renforçateur (comme la main du trainer qui s’approche de la pochette à friandises). L’animal peut se focaliser sur ce mouvement comme le « marqueur officiel » délaissant ensuite le click comme information non pertinente. 

Affirmation : les « blazing clickers » rendent le travail plus intéressant et moins prévisible pour l’animal

Remarques : 

  • Si la variété est, effectivement, importante, elle doit se situer dans les renforçateurs primaires et leur qualité, la difficulté des comportements travaillés et le rythme de la séance d’entraînement – pas par des clicks qui ne sont pas suivis par un renforçateur. 
  • Suite à des comportements marqués mais non renforcés, les animaux voient leur attention de dégrader (plusieurs comportements demandés successivement avec un click après chaque comportement correct et une unique, grosse récompense à la fin).

Affirmation : 

Le comportement sera plus résistant dans une approche de « blazing clickers » parce que sa résultante de renforcement variable procure l’excitation d’une machine à sous…

Remarques :

  • Un rythme de renforcement intermittent crée la persistance une fois qu’un comportement est bien établi et fluide mais, ne pas distribuer de renforçateur ne change rien au fait que, techniquement, on reste dans une dynamique de renforcement continu si on affirme que le click est un renforçateur (sinon, il n’est qu’un bruit sans signification et, dans ce cas, à quoi sert-il ?).
  • Quand on a besoin d’introduire une certaine persistance dans un comportement, il est préférable d’enseigner un comportement avec un rythme de renforcement continu et, ensuite, quand celui-ci est appris, passer à un rythme de renforcement variable. Chaque click reste associé à un renforçateur mais on demande graduellement plus de comportement, de durée, de persistance, d’affirmation.

Affirmation : 

L’approche du « blazing clicker » réduit la frustration et l’agressivité inhérente à la frustration parce que le chien ne s’y attend pas de manière automatique et systématique.

Réponse : 

  • Planifiez votre séance de travail avec des critères adéquats ou planifiez des séances plus courtes afin de minimiser / éviter de créer toute forme de frustration.
  • Nous avons des données qui confirment que ces clicks sans renforçateur favorisent l’apparition de comportements d’agression par frustration. 

Affirmation : 

Le clicker peut à la fois dire à l’animal qu’il a fait « juste » mais également qu’il doit continuer à faire ce qu’il est en train de faire. Le click peut avoir différentes significations.

Remarques :

  • Libre à vous de vous créer un « keep going signal » (continue à faire ce que tu fais) mais le click ne peut pas avoir 2 significations à la fois (tout comme le feu vert ne peut pas signifier « avance » et « reste sur place » à la fois). 
  • Un click qui implique « continue » et « le renforçateur arrive » est une communication plus laborieuse et créatrice d’une confusion inutile.

En clair, Martin et Friedman (2011), affirment clairement que chaque fois que nous cliquons sans renforcer, l’animal est soumis à une extinction qui diminue la portée du clicker, même identique son de cloche de Bob & Marian Bailey  :-D

Quand on clique un animal et qu’on associe le click à un renforçateur primaire (alimentaire), l’animal est à chaque fois soumis à un conditionnement classique (ou pavlovien). 

pavlov

Quand le stimulus conditionné est utilité de manière répétée sans le stimulus inconditionnel (donc click et pas de friandise), la réponse devient progressivement de plus en plus faible.

Ce processus s’appelle l’extinction (Chance, 2003). Plus un comportement aura été renforcé et plus il sera résistant à l’extinction.

En conclusion…   

Le matin, quand je rampe jusqu’à ma machine à café qui est un très gros renforçateur pour moi j’appuie sur un joli bouton vert et ma tasse se remplit de café qui me ramène à la vie.

Un joli renforcement négatif : en effet, mon manque de caféine, comme mon manque de nicotine d’ailleurs, me mettent dans un état d’inconfort – me débarrasser de cet inconfort fixe, très solidement, mon addiction au café (et à la clope, hélas).

coffee

Si c’est probablement ma première motivation à sortir du lit, c’est bien le café auquel j’aspire et certainement pas à la trépidante attente de savoir si, oui ou non, je vais obtenir mon précieux breuvage.  Si ma machine à café devait montrer le moindre « raté », non seulement j’en concevrais une intense frustration (la frustration s’apparente allègrement à la colère) mais un désir impérieux de rétablir les choses.

Je reconnais toutefois la puissance de mon « wanting system » qui, à Paris, m’a envoyée dans la rue déserte et toute seule à 6 heures du matin (à la recherche d’un café introuvable à l’hôtel)  :roll:

Le Dr. Simon Gadbois a suggéré le bénéfice de cette trépidante anticipation en imaginant que, quand il entend le click, le chien se dit « vais-je recevoir une friandise ou non ? » – ce qui l’engagerait à travailler plus efficacement (ce qui m’apparaît comme un audacieux pari).

Dans un labo, les chiens qui ne « performent » pas, sont écartés de l’expérimentation en définitive, les animaux captifs vont s’acharner faute de choix mais nos chiens? J’en reviens à l’option « je vais ronger mon os / je vais renifler le trou de taupe » cité plus haut. 

Quoi qu’il en soit, pour mes chiens, le click est une certitude inébranlable de voir arriver la friandise, pas une hypothèse, encore moins un pari.

La simple vue du clicker les branche, automatiquement, en mode travail (idem pour les friandises d’ailleurs).  

Cette dimension « prévisible » et « honnête » (je tiens mes promesses) est le fondement même d’une approche en clicker training.

Un dialogue fiable, un interlocuteur cohérent sur lequel on peut compter – n’est-ce pas la définition même de la confiance?

Evidemment, si je jouais aux machines à sous, je pourrais ressentir le grand frisson d’un hypothétique espoir de gain (je n’ai pas le goût du jeu, personnellement, et je ne ressens que l’irritation d’avoir gaspillé de l’argent) et accepter, peut-être, de ne rien gagner sans avoir envie de fracasser la machine.

slotmachine

Par contre, mon comportement de jeu s’arrêterait très vite après 2 ou 3 tentatives infructueuses (le mien, peut-être pas le vôtre… il existe bien des joueurs compulsifs qui se ruinent  dans ce type de jeu mais, là aussi, il y a des facteurs environnementaux majeurs à considérer). 

Et si gagnais de temps en temps ?

Je pense que mon comportement de jeu serait, effectivement renforcé mais toujours accompagné d’une forte d’irritation vis-à-vis de mes nombreux essais non renforcés.

A quel point mon comportement de jeu serait maintenu me semble individuel (motivating operations), environnemental et intimement relié au fait de gagner assez souvent ou pas très souvent (alors pourquoi pas ne pas gagner tout le temps ?).

Si, alors que j’ai très très soif, je mets 2 francs dans la machine parce que j’aspire à une canette de Coca Cola et que la machine ne distribue pas ma boisson, c’est essentiellement la frustration et la colère qui seraient mes émotions de base (et je ne remettrais pas 2 francs supplémentaires, encore et encore, dans l’hypothétique espoir d’obtenir ma boisson). 

cocavending

En clair, à vous de choisir – le clicker peut devenir une machine à sous, avec les émotions qui l’accompagnent (mais assurez-vous qu’il a le goût du jeu chevillé au corps ou des facteurs environnementaux propices) ou une machine qui distribue de manière tout à fait fiable, et gratifiante, le renforçateur auquel on aspire. 

 A mon sens, il ne peut pas être les deux, à vous de choisir  :lol:

Pour ma part, une émotion de prévisibilité, d’anticipation joyeuse et confiante sera toujours préférable à une anticipation fébrile, incompréhensible et souvent source de frustration  :lol:

happy

Au final, je pense sincèrement que tout « marche » (y compris certaines approches aversives d’ailleurs)… mais, outre au fait que le résultat ne peut être notre unique  préoccupation, quelle est la « added value » de cette option ?

A part économiser quelques centaines de grammes de fromage à l’année, je ne vois toujours pas  :roll:

En ayant dit tout ça, il est parfaitement vrai que je n’ai jamais pratiqué le « blazing clicker » et que, n’étant pas dans une optique de recherche (le bien-être de mes animaux me tenant plus à coeur qu’autre chose), je ne compte pas le mettre en pratique non plus – je vais devoir vivre avec mes « biais cognitifs » – comme la plupart d’entre nous  :lol:

Pour aller plus loin… 

Affective Neuroscience : the foundations of human and animal emotions (Jaak Panksepp)

Bailey, B., Bailey, M., (1998). « Clickersolutions Training Articles – Ratios, Schedules – Why And When ». Clickersolutions.com. N.p., Accessed 24 April 2016.

Chance, P., (2003). Learning and behavior (5th ed.). Belmont, CA: Wadsworth.

Egger, M. D., Miller, N. E., (1962). Secondary reinforcement in rats as a function of information value and reliability of the stimulus. Journal of Experimental Psychology, 64(2), 97-104.

Fernandez, E.J., (2001). Click or Treat: A Trick or Two in the Zoo. American Animal Trainer Magazine, 2, 41-44. Shedd Aquarium.

Langbein, J., Siebert, K., Nuernberg, G., Manteuffel, G., (2007). The impact of acoustical secondary reinforcement during shape discrimination learning of dwarf goats (Capra hircus). Applied Animal Behaviour Science. 103(1-2), 35–44.

Martin, S., Friedman, S.G., (2011, November). Blazing clickers. Paper present at Animal Behavior Management Alliance conference, Denver. Co.

McCall, C.A., Burgin, S.E., (2002). Equine utilization of secondary reinforcement during response extinction and acquisition. Applied Animal Behaviour Science. 78, 253–262.

Rilling, M., Caplan, H. J., (1973). Extinction-induced aggression during errorless discrimination learning. Journal of the Experimental Analysis of Behavior. 20, 85-92.

Smith, S.M., Davis, E.S., (2008) Clicker increases resistance to extinction but does not decrease training time of a simple operant task in domestic dogs (Canis familiaris). Applied Animal Behaviour Science. 110(3-4), 318-329.

Wennmacher, P. L. (2007). Effects of Click + Continuous Food Vs. Click + Intermittent Food on the Maintenance of Dog Behavior (Master’s Thesis). University of North Texas.

Williams, J.L., Friend, T.H., Nevill, C.H., Archer, G., (2004). The efficacy of a secondary reinforcer (clicker) during acquisition and extinction of an operant task in horses. Applied Animal Behaviour Science. 88, 331–341.

Zimmerman, D. W., (1957). Durable secondary reinforcement: Method and theory. Psychological Review. 64, 373-383.

PORTL games

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 … et, donc, après les deux présentations de la Dr. Susan Friedman (voir Life is for Learning 1 et 2) et un buffet qui avait le mérite d’être végétarien et même vegan (et 24 cafés pour ne pas piquer du nez pour moi), on est revenus terminer la première journée par un atelier PORTL, évidemment animé par Mary Hunter  :-D

Pour ceux qui n’ont jamais suivi mes cours où on y joue régulièrement, une petite introduction au « Portable Operant Research Training (or Teaching) Laboratory » (laboratoire portable de recherche sur le comportement opérant). 

Le « PORTL » nous arrive de son prédécesseur Genabacab (qui était, à l’époque, un affixe d’élevage) et il a été imaginé par la très talentueuse Kay Laurence.

Le jeu se déroule autour d’une table, sur une zone de travail déterminée (feuille A4 par exemple) et par le biais d’une multitude de petits objets : ma propre collection commence à être plutôt conséquente (un tout petit aperçu en dessous)  :-D

portlphoto

Il est évidemment une version (très) améliorée de ces abominables jeux de « chaud-froid » que les moins jeunes d’entre nous avons vécu dans nos toutes premières formations clicker training  8-)

A l’époque, le déroulement de la séance était de faire quitter la pièce à un apprenant, pendant que le groupe décidait d’un comportement à lui faire exécuter. Ensuite, on le faisait rentrer pour qu’il ou elle atteigne le comportement par le clicker training : « click = chaud / pas de click = froid ».

Les salles où se tenaient ces séances étaient généralement immenses, blindées de monde et d’objets… la chance d’arriver rapidement au comportement décidé par le groupe, était pratiquement inexistante (ou il fallait compter sur la chance, ce que nous faisons pas mal avec nos animaux  d’ailleurs : ce que j’appelle, avec mes élèves « l’éducation de l’espoir » – genre « allons-y et on verra bien »)  ;-) 

Quand les alternatives sont trop nombreuses, voir infinies, elles multiplient de manière exponentielle l’opportunité de nous tromper… exactement ce qui arrive quand, dans une séance de shaping, on met l’animal dans un environnement trop riche, trop distrayant, sans lui apprendre à se « stationner » à un endroit spécifique (les pre-requis au shaping à mon sens).

Ces séances ont donné naissance à l’épouvantable adage  « le clicker training c’est le jeu du chaud-froid » qui nous a ensuite poursuivis très longtemps (on l’entend d’ailleurs encore)

(évidemment, elle me fait personnellement saigner les yeux)  :lol:

chaudfroid

Le clicker training, au contraire, c’est le jeu du chaud-chaud car tout sera mis en place pour arriver au succès vite et bien, en gérant l’environnement et l’apprentissage de manière à diminuer de manière draconienne les possibilités d’erreur et en maintenant son apprenant dans une dynamique de renforcement continuel.

Si tout le processus était souvent émaillé de rires (surtout de l’assistance d’ailleurs), c’était parfois aux dépends de l’apprenant qui pouvait aller de 25 comportements à la minute au «shut down» total, en passant par des petits rires gênés et d’autres comportements de stress divers et variés… j’ai même vu quelques personnes aller jusqu’aux larmes (ceux là étaient qualifiés de « trop sensibles »). 

On se souciait assez peu de l’émotion dans l’apprentissage à cette époque, même quand elle nous crevait les yeux  ;-)

emotions

Je me rappelle avoir souvent entendu « pour elle, il faut trouver quelque chose de difficile »comme si enseigner n’était pas transmettre avec efficacité tout en renforçant la confiance en soi de l’apprenant mais, au contraire, mettre la personne en échec.

Il faut dire que notre propre expérience avec l’enseignement nous a, parfois, fait profondément intégrer un certain concept de souffrance et, surtout, de sélection « les meilleurs y arrivent, les autres pas » (tant mieux pour les uns et tant pis pour les autres).

better

Suggérer que tout le monde peut y arriver, à sa manière et à son rythme, est assez révolutionnaire comme concept dans une société où tout est axé sur la sélection (les chefs et les subalternes… les maîtres, les esclaves, toussa toussa).

Ensuite, on s’étonne avec candeur de cet attachement profond pour le concept de la «dominance » dans nos relations avec le chien – et avec tous les animaux domestiques – alors qu’il correspond à notre perception culturelle depuis la maternelle)  ;-)

Life

Kay Laurence a transformé tout ça en un jeu à la table, entre un coach et un apprenant (avec, parfois, un co-coach qui prend des notes).

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Le but de l’apprenant – et donc la seule instruction qu’on lui donne avant de cesser de parler – est qu’il est là pour récolter autant de renforçateurs que possible. 

Le but du coach est d’y arriver avec la plus grande aisance possible, dans le concept d’un apprentissage où les erreurs sont réduites au minimum, afin d’obtenir un comportement final dont on ne voit pas les « coutures » et un apprenant confiant et sûr de lui pendant toute la durée du jeu  :-D

Si le rythme de renforcement baisse… on voit apparaître des comportements de substitution (bonjour la résurgence)  ;-)

Evidemment, l’idée est toujours celle de « faires ses armes » (et donc ses erreurs d’enseignement) sur un humain volontaire et informé plutôt que sur un animal chez qui on va créer une confusion certaine (et, parfois, un désengagement évident). 

Kay Laurence me disait une fois que personne ne devrait jamais cliquer un animal sans avoir joué, de manière très extensive, à cliquer d’autres humains à une table, dans un milieu limité et contrôlé par le coach :-D  (je le pense aussi d’ailleurs mais compliqué à transmettre parfois). 

En réalité, quand on clique depuis quelques années, on repense parfois avec gêne à nos débuts (et on a parfois envie de demander pardon à quelques animaux et, si ce n’est pas votre cas, c’est que vous  ne cliquez pas depuis assez longtemps)  ;-)

Le jeu a été ensuite repris par le Dr. Jésus Rosalez-Ruiz qui l’utilise à la UTN (University of North Texas) où on enseigne la Science du Comportement et successivement structuré par Mary Hunter, d’abord son élève et désormais également prof dans la même université (notre intervenante dans cet atelier).

Les étudiants en science du comportement y jouent de manière extensive afin d’expérimenter toutes les subtilités du comportement.

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A une époque où les expériences sur les animaux deviennent de moins en moins acceptables, c’est un excellent laboratoire de recherche sur le comportement.  

Bref, une Skinner box pour humains volontaires  ;-)

On voit apparaître dans nos jeux la généralisation (voulue ou non), la répétition qui fait la mémorisation, on se bute à l’extinction frustrante et à la résurgence parfois inattendue.

On prend surtout conscience que, sans un plan de « shaping » bien ficelé et maintes fois revu sans pitié, on ne va nulle part dès lors que le comportement est à peine complexe.  

Je suis certaine que certains d’entre vous se disent « bah, moi j’y arrive quand même » : souvent, c’est, précisément ce « quand même »  qui implique des émotions qu’on ne souhaite pas vraiment associer à nos apprentissages… et pourtant  ;-)

En cas de piètre enseignement, on se confronte rapidement  à la perplexité, l’hésitation, la frustration de notre apprenant.

A ce stade, nous avons la possibilité « d’étiqueter » l’autre (il est stupide, il ne comprend rien) ou de repenser notre manière de transmettre (je peux mieux faire et, surtout, faire autrement). 

On parle beaucoup  de « signaux d’apaisement » chez le chien (on a même développé une véritable adoration pour ce concept)il est parfois absolument stupéfiant de voir à quel point nous ignorons allègrement ceux de notre propre espèce (quand votre apprenant commence à écarquiller les yeux, se gratter la tête, grimace, hésite, se trompe de manière répétée… autant de signaux d’alerte qui devraient nous amener à stopper la séance, revoir notre apprentissage et notre plan de shaping de toute urgence).  

stress

En général, confrontés à ce scénario, nous développons plutôt une irritation sourde mais bien réelle vis-à-vis de l’autre qui ne « fait pas » ce que nous trouvons absolument évident qu’il fasse (quel est donc SON problème ? difficile d’admettre que « son » problème c’est nous, justement).

stupid

« Le rat a toujours raison » disait Skinner… 

On lit souvent les doléances d’éducateurs au sujet des humains dans leurs cours… et, effectivement, certains comportements nous irritent mais, un humain qui est pendu à son téléphone, qui ne suit pas les consignes cherche-t-il à nous éviter (et, surtout, pourquoi ?), c’est un comportement de substitution, pourquoi ? Complexe, riche et fascinant.

On constate qu’un simple « click du désespoir » (ce click qu’on donne à notre animal après une série de comportements inappropriés  question de le ramener sur un semblant de « droit chemin »)on peut renforcer toute une chaîne de comportements dont on ne voulait absolument pas et dont aura, ensuite, toute la difficulté du monde à se défaire.

chaos

On s’aperçoit qu’on peut fixer solidement un comportement « superstitieux » – celui que l’apprenant aura identifié comme celui qui lui vaut le marqueur et le renforçateur alors qu’il s’est vérifié par hasard… en un mot comme en cent : on apprend à transmettre un comportement de manière propre, précise et adaptée à notre apprenant du moment.

J’ai été l’apprenante d’une personne (qui ne risque pas de me lire, pas de panique) qui, pendant mon apprentissage, m’a littéralement arraché les objets des mains quand je « faisais faux », m’a fusillée du regard à plusieurs reprises et a stoppé physiquement certains de mes comportements qui ne lui convenaient pas  :lol:

En fin de séance, on demande rituellement à son apprenant comment il a vécu l’apprentissage et je lui ai répondu, suavement (même si en vrai j’étais plutôt amusée), que j’avais vécu une expérience très désagréable et que je n’avais plus vraiment envie de jouer encore avec elle (ce qui m’a valu un ultérieur regard noir).

La preuve, s’il en fallait encore une, qu’il ne suffit pas d’être armé d’un clicker et de renforçateurs pour créer une atmosphère propice à l’apprentissage  ;-)

amused

Pas facile d’accepter de ne pas faire porter à l’autre la responsabilité de notre parfois piètre enseignement (toutefois, j’avoue humblement y arriver mieux avec les animaux – et les enfants – qu’avec les humains adultes) ;-)

 … et, mine de rien, sommes-nous absolument sûrs que nos animaux ne nous en diraient pas autant lors de certaines séances de shaping que nous laissons aller complètement de travers ?  

En gros, le PORTL – même si vous n’avez pas le bonheur (tout comme moi d’ailleurs, quel dommage) d’étudier la science du comportement à NTU, nous apprend que, si nous voulons un comportement propre, nous devons travailler de manière propre, si nous voulons emmener notre apprenant vers la réussite, nous devons gérer l’environnement et rendre le succès plus probable que l’erreur. 

Vous voulez jouer ? 

Munissez-vous d’objets (n’importe lesquels), de « renforçateurs » (nul besoin qu’ils soient comestibles, l’humain bosse volontiers pour un sentiment de compétence et ce dès le plus jeune âge), déterminez un comportement dans votre tête, expliquez uniquement à votre apprenant que son but est de récolter un maximum de renforçateurs. 

… des idées de comportements ? Votre imagination est votre seule limite  :-D

Soyez créatifs mais débutez par des choses simples  (qui sont, au final, moins simples que vous ne le pensez)

  • Prendre un objet en main
  • Prendre un objet en main et le poser à un endroit spécifique
  • Mettre un objet dans un autre objet
  • Toucher un objet d’un seul doigt
  • Faire pivoter un objet
  • Secouer un objet
  • Faire tomber un objet de haut
  • Faire pivoter un objet
  • Secouer un objet
  • Mettre un objet improbable sur un autre objet (puis 3 objets)

On ne parle pas, on n’écrit pas, on ne gesticule pas…  on utilise son clicker et ses renforçateurs.

En Autriche, j’ai pioché le petit papier suivant quand j’ai du être coach :

« si la voiture est sur son toit, la soulever  / si elle couchée sur le côté droit, il faut la faire tourner sur elle-même » 

Ensuite, vous préparez votre plan de shaping  :-D

Première phase

  • Soulever un objet – mémorisation du geste
  • Soulever un 2èmeobjet – généralisation de l’apprentissage
  • Soulever un 3èmeobjet  -  conceptualisation
  • Soulever le même objet renversé

 ==> Introduire la voiture renversée (revenir en arrière si erreur)

(je n’ai pas débuté avec la voiture car, en raison de notre historique d’apprentissage humain, j’ai estimé qu’un apprenant humain l’aurait remise sur ses roues)

Deuxième phase 

  • Proposer la toupie à mon apprenant (probable phénomène de généralisation sur le premier comportement, ce qui n’a pas manqué d’arriver – on change l’objet pour redonner rapidement une chance de succès)
  • 2èmetoupie, 3ème toupie
  • Introduire un autre objet facile à faire tourner (étape sautée finalement)

==> Introduire la voiture  sur le flanc (si erreur, retour en arrière)

Vous verrez dans la vidéo que mon apprenant à montré quelques hésitations au moment préciser où se fait l’apprentissage… c’est, précisément, ce que nous cherchons au clicker: ce moment de réflexion, de compréhension qui n’est PAS le blocage, l’incompréhension, la frustration et l’erreur ;-) (ce que les anglophones appellent le «ah ah moment »)  8-)

Alterner les comportements de « soulever la voiture » et « faire pivoter la voiture ».

En Autriche, je n’avais pas de toupie donc le comportement du « spinning » a du être construit par l’utilisation de cibles (mini « post its » qui traînaient dans ma trousse) et il a comporté plusieurs étapes intermédiaires (touche la cible, suis la cible, effectue un tour complet).

Je n’avais pas de voiture non plus, j’ai donc utilisé un petit pot à glace qui roulait sur la table quand je le positionnais sur le côté, ce qui a considérablement compliqué l’apprentissage, qui a souffert d’une préparation un peu bâclée  ;-)

Au final, mon apprenante est arrivée aux deux comportements mais, quand je lui ai demandé ce qu’elle avait appris, elle n’en avait juste aucune idée (alors qu’elle le faisait parfaitement devant moi)  ;-)

Cela nous rend humbles : ce n’est pas parce que l’apprenant fait qu’il a forcément conceptualisé  :lol:

A la maison, avec des objets adaptés, mon apprenant à su me dire « voiture renversée, je soulève, voiture sur le côté, je tourne »  ;-)

Parce que je suis nulle en traitement de vidéo, j’ai tout balancé en une séance presque continue  -  PAS bonne idée  ;-)

En temps normal, je ferais une pause tous les dix clicks et je reverrais mon shaping plan… mais, mon apprenant suivait parfaitement et avait l’air tout de très bien gérer la succession des apprentissages (ce qui aurait été différent avec un autre apprenant)  :-D

J’ai très envie de mettre sur pied une journée PORTL pour éducateurs canins…  (et, par éducateurs, j’entends des personnes qui éduquent tout simplement)  :-D

si ça vous inspire… dites-le dans les commentaires  :-D :-D :-D

Happy Training  :-D

Life is for learning / 2

« Le contrôle, une nécessité biologique »  par la Dr. Susan Friedman

En éducation canine, il n’est pas rare d’entendre, parfois sur un ton légèrement (ou résolument) moqueur : « ton chien est en train de t’éduquer »  :roll:

humans

Pourtant, il est à la fois logique et inévitable que cela se produise : tous, et nos chiens aussi, oeuvrons dans le sens d’une conséquence qui nous sera profitable, c’est le contraire qui serait aberrant  :lol:

En clicker training, nous rendons le comportement possible, nous signalons, l’animal produit et c’est un signal clair, pour nous, de cliquer et renforcer… un dialogue constant où, si le travail est bien fait, tout le monde trouve son compte (ajout personnel)  ;-)

pavlov

Nous fonctionnons tous sur une séquence « action ==> effet produit » qui va nous amener à répéter cette action… ou pas  :-)

Cela nous donne à la fois un certain contrôle sur notre environnement (nous choisissons) et un retour en terme d’information (« essaie encore » / « fais autre chose » / « abandonne »).

En effet, peu d’entre nous vont retoucher et retoucher encore un même objet qui vient les brûler  :-)

Imaginez un monde qui ne nous offrirait AUCUNE faculté de contrôler les conséquences de nos choix : une perspective véritablement terrifiante.

… et cela existe bel et bien, on le sait tous  :-(

Tous les jours, dans les media,  nous regardons, écoutons et lisons — avec plus ou moins de compassion, d’effroi et révolte — que des individus, des populations entières, des ethnies sont sujettes à ce type de frustration, de douleur et de colère : toutes les injustices de ce monde concernent cette incapacité  totale à contrôler un environnement hostile.  

justice

Toute forme d’injustice débute en retirant le contrôle à sa victime, en niant sa possibilité de choisir. Qu’il s’agisse d’animaux ou d’humains. 

Nous connaissons tous les renforçateurs primaires (naturellement renforçateurs et, donc, inhérents à la survie) – le contrôle en fait naturellement partie : en effet, que deviendrions-nous sans le contrôle de nous enfuir en cas de danger mortel ?  ;-)

Une étude sur des nourrissons de 4 mois a comparé deux groupes distincts sur l’intérêt qu’ils pouvaient porter à leur « mobile » musical (qui n’est pas un téléphone portable mais cette chose que tous les parents auront accroché, sous différentes formes, au dessus du berceau de notre progéniture).

mobile

Le premier groupe de nourrissons avait un contrôle direct sur le fonctionnement du mobile, le 2èmegroupe n’en avait pas et le mobile se mettait en mouvement de manière aléatoire (Watson, 1967, 1971).

Alors que, au début de l’expérience, le mobile provoquait sourires et mouvements chez tous les nourrissons, rapidement, seul le groupe de nourrissons qui avait un contrôle sur le mouvement de l’objet a continué à s’y intéresser de manière active.

Plus intéressant encore, le groupe de nourrissons qui pouvait contrôler le fonctionnement du mobile a montré une augmentation des comportements joyeux (sourires, vocalises, etc.) par rapport au groupe des nourrissons qui n’avaient aucun contrôle sur le fonctionnement de l’objet.

Si on se réfère, à l’étude britannique sur le contrôle en relation au « burn out » (mentionnée dans « Life is for learning 1″, ne pourrions-nous pas en déduire qu’un nombre grandissant de personnes dans notre monde a l’impression– justement – de ne rien contrôler du tout, de ne plus pouvoir choisir et de subir des circonstances qui les écrasent ?  Il n’y a qu’un pas à franchir entre cette constatation et le taux de « bonheur » dans certains pays.

happy

Un nombre impressionnant d’études sur les animaux (ouistitis, poules, veaux, cochons, etc.) démontre que, quand ces animaux peuvent contrôler, par un comportement préalablement appris, la chaleur, la lumière qui leur sont dispensées, leur comportement se révélait plus calme et moins agressif. 

Les animaux, comme les humains d’ailleurs, préfèrent qu’on leur donne un choix, même quand celui-ci n’apporte pas de plus value concrète (toutes les mamans savent qu’il vaut mieux dire « tu veux mettre tes chaussettes roses ou tes vertes ? » à son enfant récalcitrant plutôt que « mets tes chaussettes »)  :-)

socks

En maison de retraite, donner un certain nombre de choix aux résidents a démontré influencer l’humeur, la qualité de vie exprimée et la longévité (Leotti, 2010 – Langer, et al. 1976).

Sans même mentionner le concept du « contrafreeloading » (le fait que les animaux préfèrent obtenir de la nourriture sous forme de renforçateurs suite à des comportements appris, plutôt qu’en self service), maintes fois testé et répliqué sur les souris, les rats, les poules, les pigeons, les corbeaux, les gerbilles et les chats. Un concept qui s’applique à des animaux correctement nourris, en bonne santé et qui ne souffrent pas de la faim (un animal en privation sévère va se jeter sur la nourriture librement accessible). 

Manquer de contrôle sur son environnement est une source reconnue de stress (ce qui explique, par ailleurs, le faible taux de reproduction des animaux sauvages en captivité quand ils sont privés de comportements fondamentaux pour leur espèce).

Contraindre, lors d’une procédure vétérinaire par exemple, provoque une augmentation substantielle du rythme cardiaque et de la production de cortisol (aucun d’entre nous n’a besoin de connaître le taux de cortisol de son chien pour reconnaître ce stress). 

Ayant dit tout cela, la Dr. Susan Friedman nous rappelle que tout ne peut pas être un choix dans la vie de nos animaux et que si une approche la plus respectueuse possible est un but, nos animaux portent en eux la résilience nécessaire à la négation occasionnelle d’un choix.

La résilience fait cet heureux lien entre la contrainte totale et le choix absolu  :-)

resilience

En conclusion, nous sommes sur terre pour agir et donc choisir et non pas pour rester passifs et subir, cela nous concerne nous et cela concerne les animaux qui partagent nos vies.

choice

Le besoin de contrôler notre environnement est un concept inné, il fait partie de notre bagage biologique et il est le produit de notre évolution à travers les âges, quelle que soit notre espèce.

Avoir des choix, contrôler ce qui nous entoure nous est aussi nécessaire que boire et manger. 

A nous de savoir reconnaître quand l’animal dit non, l’écouter, à nous de faire des efforts pour mieux reconnaître ces refus et à nous de trouver une harmonie entre donner le choix et le « vivre ensemble »  :-)

L’apprentissage sans erreurs

ou « errorless learning » :-D

Préambule 

L’apprentissage sans erreurs est une approche qui a été introduite Charles Ferster, psychologue, dans les années ’50 dans le cadre de recherches sur l’apprentissage.

B.F. Skinner a aussi énormément contribué au concept et a écrit : « … les erreurs ne sont pas une fonction de l’apprentissage et vice versa et elles ne doivent pas être imputées à l’apprenant. Les erreurs sont le résultat d’une piètre analyse du comportement, d’un piètre plan de shaping qui évolue trop vite d’une étape à une autre et ne se focalise pas sur les prérequis indispensables à une réussite spécifique ».

Plusieurs étudiants de Skinner ont continué sur cette lancée : en 1963, Herbert Terrace a publié une étude décrivant une expérience de discrimination de formes et couleurs avec des pigeons. Il travaillait à minimiser la réponse émotionnelle en cas d’erreur dans un apprentissage par conditionnement opérant.

… fin du préambule  :-D

Pyramid made of tick marks and yellow lamp.

Il y a très (très) longtemps, dans un cours d’agility, alors que mon jeune chien réussissait fort bien ce qu’on lui demandait, le coach du jour m’a fait monter le critère (le point de succès ou, plus simplement, notre exigence vis-à-vis de la performance du chien), à une allure telle que, rapidement, il ne pouvait que se confronter à l’échec… ce qui est évidemment arrivé et semblait réjouir le coach considérablement (contrairement à moi).

A la vue de ma mine dépitée face à cette approche, il m’a dit « comment veux-tu qu’il fasse la différence entre ce qui est juste et ce qui est faux s’il ne fait jamais faux ? Il ne peut pas faire toujours juste ».

Parce que mon coach était convaincu de travailler en « positif », il m’a suggéré de ne pas dire « non » au chien mais d’employer un autre mot comme « zut » « oups » ou « raté », selon lui moins « aversif » qu’un « non » tonitruant (ou qu’un coup de batte de baseball, on en convient aisément)  :lol:

Si on est tout à fait sincères toutefois, on veut faire tester au chien la différence entre un renforcement positif et une punition : en effet, en quelques répétions seulement, votre «oups» ou «raté» (ce qu’on appelle communément un « non reward marker » – un marqueur d’erreur)devient une information parfaitement aversive.

Imaginez-vous acteur dans un jeu télévisé : quand vous répondez juste, on entend un «jingle » immédiatement suivi d’un billet de mille euros.

Quand, au contraire, vous répondez faux, on entend un « buzzer » et rien n’arrive.

En très peu de répétitions, le « buzzer » causera chez vous une émotion parfaitement désagréable (même si personne ne vous assène un coup de batte de baseball : dans l’absolu, si vous receviez en prime un coup de batte de baseball suite au buzzer, vous finiriez rapidement par ne plus répondre du tout).

Cette émotion précisément (frustration, irritation, dépit, tristesse, etc.) sera très vite associée au buzzer et, si elle se répète trop souvent, versus le jingle qui annonce la réussite (et le renforçateur), elle s’étendra à l’activité entière («ce jeu n’est pas drôle» ou «je suis nul»:-(

… et donc, mon chien, mis en situation de « essaie toujours » a, évidemment, fini par faire faux, puis encore faux et faux encore – suscitant en moi (puisque je ne vais pas parler des émotions de mon chien que je ne peux prétendre connaître), une certaine irritation envers l’activité elle-même, le coach et, admettons-le, vis-à-vis de mon chien également  :-|

Au niveau du comportement de mon chien (qui lui est observable et quantifiable) –il s’est mis à renifler le sol avec une grande attention, comme si une odeur sublime avait soudainement fait son apparition (un clair « je n’ai plus envie de jouer avec toi »).

A force « d’erreurs » induites, suivies de divers « ratés », on crée avec une touchante application une réponse conditionnée à un signal, à une activité précise (dans ce cas, l’agility), à un environnement, voir même à une personne (moi en l’occurrence).

Et, comme si ça ne suffisait pas, on crée la mémoire du comportement inapproprié.

En dessous, une intéressante vidéo du Dr. Tedd Judd, professeur de psychologie. Elle est en anglais et, si vous êtes anglophones, je vous conseille de la visionner en entier.

Je la résume pour ceux qui ne sont pas copains avec la langue de Shakespeare

Il mentionne un de ses patients qui souffre d’une perte de mémoire suite à un accident.

Lors d’une séance, il demande au patient « vous souvenez-vous de mon nom ? » et le patient répond par la négative, il ne s’en souvient pas.

Le professeur incite donc le patient à se lancer « essayez quand même » et le patient lui répond « euh, Dr. Smith ? ».

Le praticien lui répond « non, je suis le Dr. Judd ». La séance suivante, il répète sa question «vous souvenez-vous de mon nom ? » et, encore une fois, le patient répond « non ».

Le praticien l’incite encore à « se lancer » et le patient répond « c’était pas Dr. Smith ? » et la réponse arrive « non, je suis le Dr. Judd ».

A leur troisième rencontre, le patient aperçoit le Dr. Judd et l’apostrophe allègrement «hey, bonjour Dr. Smith ».

Son cerveau a « appris » ce qu’il a le plus souvent répété, encore et encore, plutôt que la «bonne réponse ».

dommage

Je le dis souvent à mes clients : plus votre chien met en pratique un comportement et plus celui-ci devient son comportement « par défaut », celui qu’il retient (à considérer chez le chien qui déclenche et déclenche encore sur un quelconque élément de son environnement).

Quand on me répond « mais je ne peux pas l’empêcher de déclencher au jardin » (par exemple), je n’ai pas de baguette magique à vous fournir (il vous faudra limiter la visibilité du chien ou opter de ne plus le laisser seul au jardin en train d’aboyer cent millions de fois sur les passants car ce comportement spécifique, utilisé encore et encore, devient comme un muscle sur entraîné et surpassera tous les autres, moins fréquents).

barking

Prenons l’exemple de l’apprentissage d’une marche en laisse sans tirer, une des principales préoccupations de nombreux propriétaires : la plupart des procédures, méthodes et techniques (considérées comme « positives ») impliquent que le chien tire malgré tout d’abord : un comportement qu’on s’évertue ensuite à mettre sur extinction (c’est-à-dire qu’on veut faire disparaître le comportement de « tirer »), avec des résultats souvent peu probants.

dogpulling

La voie royale reste encore de rendre un comportement probable et de le renforcer (marcher à la hauteur de la cuisse de l’humain).

Dans une séance de shaping, une approche « sans erreurs » ne peut être construite sans un plan de shaping réfléchi, écrit, pensé et maintes et maintes fois revu (parfois).

think

Les gens travaillent souvent au clicker de cette manière « essayons toujours, on verra bien ce que ça donne » - ce qui est la porte (grande) ouverte à l’erreur, à la répétition de l’erreur (parfois encore et encore) et, au final, à l’irritation de l’humain qui conduit la séance…

… avec, en prime, un double effet Kiss-Cool : mémorisation de l’erreur ET réponse conditionnée frustrante à un exercice, un signal voir au travail de manière générale  :roll:

Un apprentissage sans erreurs est un but vers lequel on doit  travailler en réfléchissant à l’environnement, aux erreurs possibles (afin de les rendre improbables), pour – en définitive – réduire la difficulté et le temps d’apprentissage et, donc, construire un comportement qui, une fois rattaché à un signal, se comportera comme un renforçateur secondaire, fort de son historique de réussite et de confiance.

Happy Training

Il ne le fait pas « pour toi »…

SkinnerLove

« Il ne le fait pas pour toi, il le fait pour la friandise » : voilà comment certains asphyxient de leur jugement sans nuance les tentatives encore incertaines de ceux qui débutent dans une approche des apprentissages renforcés positivement.

Pour tempérer, certains arrivent en expliquant qu’un renforçateur (qui, dans ces groupes de discussion s’appelle toujours « récompense ») ce n’est pas « que la friandise mais aussi la caresse ou le jeu » (ouf, on est sauvés) afin de rassurer la personne en proie à ce doute atroce : « mon chien, bosse-t-il POUR MOI ou pour le petit morceau de fromage ? »

Passons aussi sur le fait que, nous humains, mangeons et ripaillons sans complexe aux naissances, aux fêtes religieuses (même quand on est un mécréant de première d’ailleurs), aux anniversaires de naissance, de mariage et même aux enterrements.   A peu près tous les moments importants – ou tout simplement plaisants, même les plus anodins –  de nos vies comportent une relation à la nourriture  d’une manière ou d’une autre ☺ 

Car le problème véritable et profond est de savoir si le chien se montre à ce point désintéressé pour « travailler » avec nous (ou pour nous) avec une abnégation absolue ou si, finalement, il n’est qu’un affreux petit opportuniste qui se mobilise uniquement si et quand une friandise est attendue?

En clair : nous aime-t-il « inconditionnellement » ?

Au delà de la technicité et la mécanique du clicker training (où la friandise est la conséquence d’un comportement et jamais son antécédent : en clair, c’est le comportement qui fait arriver la friandise et pas le contraire), au delà d’une approche au leurre, souvent conspuée et pourtant parfois tout à fait apte à diminuer le stress de manière générale, la question est bel et bien philosophique chez certains.

Elle s’inscrit dans cette vision parfois très poétique que nous avons du chien.  

« Fidèle » quoi qu’il en soit et qui qu’on soit et qui nous aime plus qu’il ne s’aime soi-même — ce qui lui confère une dimension sanctifiée tout à fait particulière à laquelle certains tiennent dur comme fer  :lol: 

En effet, on ne peut pas dire que l’amour inconditionnel coure les rues dans notre espèce  :-)

unconditional

L’amour « inconditionnel » est présumé ne rien demander en retour, absolument rien : ce qui m’apparaît comme une option peu raisonnable personnellement et qui implique potentiellement un léger souci d’estime de soi et de ses besoins personnels, je suis plutôt du genre pragmatique… un peu comme les chiens  ;-) 

Je ne pense pas que le chien n’attende rien en retour dans sa relation à l’humain… il demande qu’on comble ses besoins fondamentaux et moins fondamentaux et, parfois, spécifiques à sa race et, quand on ne le fait pas, les problèmes de comportement arrivent presque inévitablement (certes, il ne s’en va pas mais en a-t-il vraiment le choix au final?)

Je ne pense pas qu’un chien soit « fidèle » quoi qu’il arrive : j’ai récupéré un chien perdu dans la nature qui, en apercevant ses propriétaires chez qui je l’ai évidemment ramené, a ressauté dans mon coffre avec conviction et a pris son air le plus dépité possible quand on a du le rendre, contre son gré, à sa « vraie famille » (il n’a pas eu un très improbable coup de foudre pour ma personnalité charismatique mais, ayant peur de le perdre pendant notre balade, je l’ai gavé de dés de jambon pendant 4 heures créant probablement chez lui le premier historique de renforcement de sa vie).

Les besoins physiologiques et de sécurité comblés, arrivent les autres besoins (cognitifs notamment). 

Le clicker training active des circuits émotionnels fondamentaux au bien-être : celui de la compréhension de l’environnement (indispensable à tous les animaux, domestiques ou sauvages d’ailleurs) et celui du jeu… ce sont bel et bien ces émotions (qui favorisent la production d’hormones à l’effet euphorisant) qui rendent les chiens « accros » à un apprentissage bien présenté et maîtrisé, via cette minuscule friandise qui les réjouit et engage dans un premier temps. Il ne s’agit pas d’une distribution désordonnée de friandises mais planifiée et réfléchie. Il y a des conditions assez strictes au renforcement positif – que ses détracteurs ignorent complètement le plus souvent  8-) 

En répondant à toute cette panoplie des besoins de nos chiens, se construit ce qu’on appelle la « relation » – une myriade de renforçateurs qui, les uns après les autres, la rendent solide et empreinte de confiance mutuelle (« you are good news »). 

Ils ne sont guère différents de nous car, avec nos meilleurs amis, nos compagnons et compagnes, tous ceux que nous apprécions nous partageons également un historique de renforcements parfois kilométrique et qui, en raison de sa solidité, de ses répétitions innombrables, supporte parfois quelques coups de canifs occasionnels s’ils ne sont pas trop méchants (quand les coups de canifs deviennent répétés ou trop violents, étrangement, même les grandes amitiés s’arrêtent). A moins de confondre amour et dépendance, nous fonctionnons considérablement de la même manière  ;-)

Même notre action la plus désintéressée en apparence, est gratifiante, parce qu’elle nous apporte cette émotion confortable qui nourrit l’estime que nous avons de nous-mêmes…

feelinggood

Nous passons l’intégralité de nos vies à essayer d’échapper à des conséquences néfastes ou désagréables et à rechercher celles qui seront agréables, gratifiantes et plaisantes. Tout ce qui est gratifiant produit de la dopamine et votre cerveau va chercher à reproduire le comportement en question. 

C’est ce qu’on appelle communément le conditionnement par apprentissage opérant et qui nous motive même quand on croit que le conditionnement est un gros vilain mot

Quand vous bossez/jouez avec votre chien, au delà de l’apprentissage d’un quelconque comportement, vous lui apprenez, surtout et avant tout, si faire des choses avec nous est quelque chose de gratifiant, qui est générateur de bonheur, de confiance en soi, de confiance en nous ou, au contraire, source de stress, de frustration, d’ennui ou de mal être : à partir de ces conclusions, notre chien « aimera » travailler avec nous ou nettement moins.

On en fera un partenaire enthousiaste ou ce qu’on appelle un chien « distrait » « démotivé » « têtu » « borné » et mille autres étiquettes rassurantes (pour notre estime de nous-mêmes avant tout).

Ne vous culpabilisez pas, ne laissez pas les autres vous culpabiliser si vous souhaitez construire  la relation à coups de renforcement – c’est l’unique voie qui existe finalement et, peut-être, est-ce précisément ça « l’amour » ? ☺

gooddog

« Qu’est donc l’amour sinon une autre définition du renforcement positif ou vice versa? » (B.F. Skinner) 

Travailler du chapeau…

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Dans une autre vie, je travaillais dans une multinationale et si j’ai souvent eu envie d’ouvrir un blog sur les tribulations d’une anarchiste dans l’âme dans cet étrange milieu (que j’ai cordialement détesté) – rendons à César ce qui lui revient, elle m’a mis en contact avec des gens intéressants, très souvent.

Parce que ma hiérarchie s’est soudainement éprise de la méthode et de son auteur, nous avons vu débarquer, à Lausanne, un certain Edward de Bono (passons sur ma première question à mon patron qui me parle de «Bono » et à qui j’ai demandé s’il voulait vraiment faire venir le chanteur de U2….c’était pas lui, dommage) – auteur de la célèbre méthode des six chapeaux (« The 6 Hats Method »).

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L’idée était de favoriser l’énergie créatrice et la résolution des problèmes lors des interminables réunions dont était fait notre quotidien – laisser une chance aux idées nouvelles sans les voir enterrées d’office parce que nouvelles. 

Bref, ce célèbre monsieur a débarqué des USA avec sa joyeuse équipe au grand complet et je n’oublierai jamais la vision de son bras droit, une femme d’une quarantaine d’années, qui dansait et virevoltait seule sur une gigantesque scène sur des musiques des « sixties » devant un parterre de cadres supérieurs médusés et complètement immobiles (elle leur avait d’ailleurs lancé un « ohhhh, you Europeans are soooo stiff » qui avait suscité chez moi une grande hilarité à cette époque).

Rigides ou pas, nous avons ensuite tous été sommés d’utiliser la méthode des chapeaux, dont le mode d’emploi était donné en réunion, sous forme de petites cartes élégantes imprimées à grands frais et mises en évidence dans tous les bureaux et salles de réunion (pour la petite histoire, peu de temps après l’hypothétique révolution des « 6 hats », les petites cartes sont restées dans un coin pendant que tout le monde reprenait ses vieilles habitudes tranquillement – la pensée latérale était clairement au dessus des forces de nos cadres supérieurs).

 Pour vous donner une idée (merci Wiki)les codes des chapeaux de couleur :

Le Chapeau blanc : la neutralité. Lorsqu’il porte le chapeau blanc, le penseur énonce des faits purement et simplement. C’est l’image de la froideur et la simplicité : le minimalisme.

 Le Chapeau rouge : la critique émotionnelle. Lorsqu’il porte le chapeau rouge, le penseur rapporte les faits teintés d’émotion, d’intuitions et de pressentiments. Il n’a as à se justifier auprès des autres chapeaux, le rouge c’est le feu, la passion, l’émotionnel et l’intuitif.

Le Chapeau noir : la critique négative. Lorsqu’il porte le chapeau noir, le penseur émet des objections qui soulignent les dangers, les risques en relation à l’idée. C’est l’avocat du diable, la prudence, le négatif.

Le Chapeau jaune : la critique positive. Lorsqu’il porte le chapeau jaune, le penseur admet ses rêves et ses idées les plus folles. Ses commentaires sont toujours constructifs et visent l’action. C’est le soleil, l’optimisme.

Le Chapeau vert : lorsqu’il porte le chapeau vert, le penseur provoque, cherche des solutions alternatives. Il s’inspire de la pensée latérale, il imagine une autre manière d’envisager le problème. Il sort des sentiers battus et propose des idées nouvelles. C’est la fertilité des plantes, la semence des idées, le renouveau.

Le Chapeau bleu : le meneur de jeu, l’animateur du groupe qui canalise les idées et les échanges entre tous les autres chapeaux. C’est le bleu du ciel qui englobe tout.

Cette approche « managériale » peut tout aussi bien s’appliquer en éducation canine et il est assez passionnant de déterminer sous quel chapeau votre client est installé et quel est le nôtre (et, en ce qui nous concerne, il est surtout intéressant de s’évertuer tous les chapeaux, un à un, tour à tour).

fluffy

En effet, prenons une propriétaire qui s’adresse à l’éducateur canin… elle vous appelle parce que Fluffy son caniche de 5 ans, récupéré d’une première famille, « aboie toute la journée, ne reste pas seul et veut mordre le voisin » : « il a certainement été frappé par un homme » – ajoute-t-elle  ;-)

« J’ai déjà tout essayé  et rien ne marche » vous dit-elle pour finir, « de toute façon, il est dominant ».

 Pour mieux comprendre, on peut, tour à tour, endosser tous les chapeaux  :lol:

 Le chapeau blanc (je ne peux pas écrire en blanc sur fond blanc) 

whitehat

L’absence de couleur, la neutralité s’attache uniquement aux faits. On reste donc neutre et objectif, en évitant l’interprétation.

A nous éducateurs canins de faire la part de ce qui est un fait (avéré), versus une opinion personnelle ou une anecdote peu significative.

  • Fluffy aboie (la propriétaire l’a entendu)
  • Fluffy aboie toute la journée (a-t-il été enregistré sur plusieurs heures ? comment le sait-on?)
  • Fluffy est un caniche (il a des papiers)
  • Fluffy est peut-être un caniche croisé (il n’a pas de papiers)

 Le chapeau rouge

redhatL’émotion se passe de justifications – la chapeau rouge nous informe sur comment la personne « se sent », ou ce qu’elle « ressent » rien de plus mais rien de moins et on doit en tenir compte absolument.

Si la propriétaire pense que Fluffy est « dominant », rien ne sert de balayer cette croyance d’une référence scientifique – si la propriétaire y croit, cela va influencer tout votre travail.

Le chapeau noir

blackhat

On reste dans la logique (qui n’est pas forcément objective d’ailleurs). Le chapeau noir est négatif mais sans émotions, c’est un pessimisme qui se veut réaliste.

Nos clients portent souvent le chapeau noir : « j’ai déjà tout essayé » (et rien n’a fonctionné), « j’ai déjà vu 3 éducateurs avant vous, vous savez », « j’ai déjà dépensé une fortune pour Fluffy», « tous les caniches sont collants, y’a rien à faire », « il est trop vieux pour changer » (etc.).

Le chapeau jaune

yellowhat

Le chapeau jaune respire l’optimisme : il pousse à l’espoir. Il n’est pas forcément créatif d’ailleurs (l’optimisme n’inclut pas, automatiquement, la créativité).

Quand votre propriétaire porte le chapeau jaune, il vous dira « Fluffy n’a jamais mordu le voisin quand même », « il suffit que je le garde en laisse après tout » mais également « je vais le faire castrer, ça va arranger les choses, ça a marché pour le chien de ma voisine », « il est gentil, je sais qu’il ne mordra jamais».

Le chapeau vert

greenhat

Avec le printemps, arrive le vert : le chapeau vert trouve des idées, des concepts, il est créatif et novateur. Il est à l’aise avec ce qui n’a jamais été essayé.

Les sessions « portons notre chapeau vert » sont utiles quand toutes les parties le portent en même temps – éducateur et propriétaire, à deux, on peut inventer des solutions, en écarter certaines, en retenir d’autres.

Lors d’une formation aux USA (Legacy Canine), nous avions fait une séance « chapeau vert» sur un mot tiré au hasard du dictionnaire… si certains concepts ou idées sont éminemment farfelues, d’autres avaient créé des associations d’idées intéressantes. 

Le chapeau bleu

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L’éducateur canin dans toute sa splendeur : il englobe tout (le bilan de santé donné par le vétérinaire, le bilan comportemental d’un éventuel vétérinaire comportementaliste et une possible médication, les objections et les limites de l’entourage, celles de l’environnement, les besoins du propriétaire, ses attentes, la connaissance des lois locales, etc.), il est comme un chef d’orchestre.

En outre, il fait le tri des informations données par les autres chapeaux et, à partir de là, dessine le chemin à suivre.

Prenez en considération ce que vous auront dit les chapeaux – apprenez à les reconnaître, à les porter, un après l’autre, écrivez vos conclusions  et mettez votre chapeau bleu  :-D 

Happy Thinking  :-D

Les « hoopers » – pourquoi j’aime bien…

Après quelques articles un peu focalisés professionnels du chien, puisque j’aime surtout et avant tout parler aux propriétaires de chiens – un petit article voué à présenter – et à vous faire partager mon enthousiasme croissant pour les « hoopers » – j’ai, en effet, eu la chance et le privilège de faire une formation complète pour éducateurs canins, courtesy of Hoopers Schweiz, (lien) quatre fabuleux jours (qui ont été suivis par d’autres jours hoopers et je pense que ce n’est pas fini)  :lol:

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Façon Premack, on va débuter par le moins intéressant : leur mini historique  :-D

Les « hoopers » nous arrivent des USA où la fédération NADAC (North American Dog Agility Council) a proposé cette activité canine comme une alternative à l’agility (ou un travail pre-agility pour les jeunes chiens notamment ou un post-agility pour les chiens devant préserver leurs articulations). lls ont gagné l’Europe, via les Pays-Bas et la Belgique et font de régulières apparitions un peu partout depuis quelques années.

Normal, parce que les hoopers, c’est génial :-D 

… alors, késako donc?  8-)

Il s’agit essentiellement de se focaliser sur la capacité du conducteur à « naviguer » (diriger) son chien à travers un parcours de demi-cercles au sol (pensez au jeu du « croquet » sans la batte), sur de (longues) distances, plus un certain nombre d’autres « obstacles » comme les « gates », les « barils » et les tunnels (qui sont courts et donc, évidemment, jamais coudés)

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Adapté aux chiots, aux chiens adultes en pleine forme, adapté aux chiens adultes qui ne peuvent non seulement plus sauter des obstacles mais doivent également éviter des ces « tourner-court » désormais omniprésents en agility, adapté aux conducteurs qui ne sont pas, ne sont plus, n’ont pas l’ambition d’être Usain Bolt également  ;-)

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Le propriétaire est assigné à un endroit spécifique par le juge (il ne bouge donc pas) et il doit avoir mis en place un nombre considérable d’apprentissages.

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Certains y voient une « version facile » de l’agility mais, clairement, ils n’ont pas (encore) plongé dans l’univers des apprentissages des « hoopers » et, quand ils le font, ils sont étonnés par la foultitude d’apprentissages à mettre en place.

En effet, les signaux (ou « ordres » si vous voulez) verbaux sont tout simplement incontournables : quand votre chien est à 30 (ou plus) mètres devant vous et qu’il ne vous fait donc pas face, il doit connaître et reconnaître clairement ces signaux verbaux  car vous ne serez pas là pour l’aider d’un geste ou l’informer de la direction à prendre par la position de votre corps, de vos pieds, de vos épaules qu’il ne voit évidemment pas.

Le « en avant » pour commencer. Si vous n’avez pas un « en avant » clair, net et résolu, il n’est pas franchement utile d’aller plus loin, c’est vraiment votre premier but à atteindre.

Par ailleurs, un « en avant » en agility (où vous courez quand même, même si à la ramasse derrière le chien, vous êtes en mouvement quand même et le chien le sait), n’est PAS un en avant quand vous êtes complètement statique, que le chien doit vous dépasser ou s’éloigner de vous… moins évident qu’on ne le croit.  C’est un véritable exercice d’autonomie. 

On voit pas mal de vidéos circuler où les propriétaires « accompagnent » le chien à travers les « hoops » et si tout le monde a le droit de faire précisément ce qu’il a envie de faire dans son coin (indiscutablement), ce n’est à mon sens pas la bonne manière d’introduire les « hoopers » chez un chien débutant.

En effet, en accompagnant le chien, on devient « partie » intégrante du comportement et, se soustraire ensuite de celui-ci, non seulement peut se révéler problématique mais rend l’apprentissage confus. Autant débuter juste dès le départ même si cela implique de prendre un peu son mal en patience, comme pour tout apprentissage solide  :-D

A l’identique avec la gestuelle : si les gestes aident au début et sont adaptés aux débutants (dans l’optique de « l’apprentissage sans erreurs » qui est toujours la mienne), ils doivent finir par disparaître – quand le chien ne nous voit plus, ils sont parfaitement inutiles  :-D

Les hoopers ne sont pas la « danse artistique du conducteur » à moins de se limiter à de très petites distances évidemment et à des parcours où le chien vous voit continuellement (ce qui n’est pas l’idée de ce sport canin, justement)  ;-)

De bonnes « fondations », dans toute activité sont la base de la base – qui monterait les murs d’une maison sans avoir terminé ses fondations? 

Les signaux de direction : en avant certes mais reviens contre moi, éloignes-toi de moi, tourne autour, ralentis, diriges-toi à l’opposé de moi… le chien, seul sur le parcours, fait des choix et – surtout et avant tout – « écoute » son propriétaire qui n’a rien d’un spectateur puisqu’il doit donner les informations à son chien de manière opportune et sans équivoque.

Plus le chien va vite, évidemment, et plus ces signaux doivent tomber avec précision (autant vous dire qu’avec mon Zouk, j’ai intérêt à savoir quoi dire et quand le dire et mon cerveau va est parfois battu à plate couture par sa vitesse dans des parcours plus complexes – celui en dessous est plutôt facile).

Comme tout apprentissage d’une activité canine, cela ne s’improvise pas et un cours d’initiation est fondamental pour bien commencer et pour progresser de manière cohérente, ce ne sera donc pas un article « how-to », suis pas une grande fan des apprentissages « youtube » personnellement  :-D

J’ai également poursuivi une formation à distance mais, vraiment, rien ne vaut un vrai stage et une interactivité réelle  :-D

L’idée est, surtout de donner envie de découvrir cette discipline encore jeune et relativement peu connue (même si elle fait des adeptes à très grands pas)  ;-)

Ce que j’aime très particulièrement dans cette discipline :

a) Le chien ne doit pas aboyer... (certains sont déjà en train de se dire « aïe ») : pourquoi ça me plaît? Parce qu’on confond souvent excitation et motivation, joie et stress et que les chiens survoltés non seulement ne sont pas forcément dans le bien-être mais ils ne sont pas, non plus, les plus efficaces. Intégrer cette idée d’un travail dans le calme dès le « jour 1″ me parle considérablement (je suis une grande fondue du calme chez le chien). Par ailleurs, si votre chien aboie à pleins poumons, il sera problématique de lui faire entendre vos signaux à 30 ou plus mètres de vous  :-D

b) On est en « compétition » avec soi-même : un nombre de points vous est attribué au départ et des pénalités tombent en cas d’erreur (et d’aboiements justement). Au final, en fin de compétition, vous avez progressé en tant que binôme (ou pas) mais c’est sur cette progression qu’on se focalise et pas sur ce qu’ont fait les autres. En effet, on peut très bien être ex aequo avec un autre (ou plein d’autres) concurrents, le seul critère pris en compte c’est votre résultat personnel, vous avez fait mieux que la dernière fois (ou pas, encore une fois).

Pas uniquement parce que je suis venue au monde SANS le gène de la compétition mais parce que je trouve que celle-ci pervertit souvent les choses chez l’humain (pas toujours, certes, car tout le monde connaît d’immenses compétiteurs qui travaillent dans le respect du chien mais souvent quand même).

c) Les parcours sont sur de grandes distances certes mais les tournants sont larges, fluides, donc avec peu ou pas d’impact sur les articulations des chiens, tout en répondant au besoin d’activité, d’apprentissage, de jeu et de mouvement du chien. Pas de sauts, pas d’arrêts brusques et parfois violents (comme les « zones » en agility).

On présente souvent les « hoopers » comme une activité adaptée aux trop jeunes / trop vieux pour l’agility (chiens et humains d’ailleurs, surtout pour les « trop vieux humains » ah ah ah) et si c’est effectivement une super alternative pour les moins sportifs d’entre nous, cela permet également de préserver certains chiens adultes, parfaits sportifs accomplis mais qui montrent en agility une « intensité » telle qui rend le chien incapable de se « préserver » de manière proactive (ce qui rend la blessure probable, à terme).

d) Les apprentissages du chien sont très nombreux, on n’a jamais fini de progresser et impossible de faire l’impasse d’un bon « shaping plan » pour à peu près tout ce qu’on introduit (tous ceux qui ont suivi des cours avec moi connaissent mon penchant obsessionnel pour les « shaping plans » – plans d’apprentissage).

Pas question de se lancer à l’arrache (ce que j’appelle aussi l’éducation « de l’espoir » – lançons-nous à l’arrache et espérons que ça roule, je déconseille) et j’ai entendu avec délectation notre première formatrice demander à plusieurs reprises aux participants « quel est ton plan? » (je bois du petit lait)  :-D

Bref, le chien marche, trotte ou court (selon ses capacités physiques personnelle, la vitesse n’a aucune importance en hoopers) mais il écoute, réfléchit et discrimine entre les différents signaux et ça, c’est précieux.

Un chien qui « écoute » c’est, tout simplement, un chien qui possède ce fameux « contrôle de l’impulsion » dont on parle partout (c’est pas plus compliqué que ça au final)  ;-)

Bref, c’est fun, c’est ludique, ça fait réfléchir les gens et les chiens, ça travaille considérablement l’écoute (et donc exerce le contrôle de l’impulsion), les obstacles peuvent se bricoler aisément (ou s’achètent si vous êtes, comme moi, fâchée avec le bricolage sous toutes ses formes) – l’intégralité du parcours est légère à (trans)porter (pas besoin de vous fracasser le dos à traîner des obstacles à « zones » qui pèsent des tonnes et coûtent un rein), l’intégrité physique du chien est préservée, son mental stimulé (le nôtre aussi, croyez-moi) et, globalement, on fait équipe avec son chien, obligatoirement, sinon on oublie :-D  

Que demander de plus? 

Happy Hoopers…

(une petite introduction aux Hoopers sera présentée au Dog’n’cat Swiss Festival (palais de Beaulieu, Lausanne) – les 27, 28 et 29 octobre prochainsjuste un petit « apéro » pour se faire envie j’espère – sinon des cours d’initiation par demi-journée – pour les plus courageux – et peuvent être organisés dans vos clubs également sur demande) 

L’anthropomorphisme c’est le mal (ou pas)

 

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Il y a bien des années, il était fréquent de se voir tancer, par quelques éducateurs canins avertis, d’anthropomorphisme : c’était d’ailleurs un peu l’insulte ultime, celle qui tuait dans l’œuf toute tentative de spéculation sur le comportement allant au delà de la simple «obéissance canine » à laquelle on était encouragés à se tenir.

Pourtant, si le film-documentaire « Blackfish » a révolutionné la conception de l’animal attraction-spectacle-touristique et a permis une prise de conscience chez énormément de monde c’est, précisément, parce que nous avons vu percevoir cette part de nous dans l’animal et cette part d’animal en nous.

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La destruction du groupe social, la perte des liens d’attachements (ou l’impossibilité d’en créer pour ceux qui sont nés en captivité), le manque de choix dans nos faits et gestes quotidiens (perte de liberté), le « travail » pour manger, l’insémination forcée, la séparation toujours trop précoce du petit avec sa mère…. nous renvoient précisément à ce que nous connaissons historiquement comme l’esclavage (une pratique encore très présente d’ailleurs, sous différentes formes, mais qui laissent rarement l’humain bienveillant dans l’indifférence).

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Voir l’animal comme un être susceptible de ressentir et donc de souffrir nous aide à le regarder comme étant un « tout », un être digne de considération et non pas un morceau de viande dans notre assiette ou une possible décoration de notre capuche de veste hivernale.

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Dans ma pratique quotidienne, je véhicule à tous mes élèves comment informer le chien que notre temps en tête-à-tête, le temps où je suis 100% focalisée sur toi est terminé, par le biais d’un signal appris.

L’apparition de ce signal permet au chien de se détendre, d’aller renifler le trou de taupe par là-bas ou d’aller tranquillement se coucher… surtout et avant tout, il ne reste pas en attente constante d’une possibilité de renforcement ni en demande perpétuelle d’interaction comme certains que rien ne renseigne avec précision de la fin d’une interaction gratifiante. 

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Je ne réponds (évidemment) jamais au téléphone pendant que je donne un cours  mais, l’autre jour, j’attendais un appel urgent : j’avais donc préalablement averti mon client que celui-ci risquait d’arriver pendant notre temps partagé. Quand le téléphone a effectivement sonné, j’ai encore répété à mon client « voilà, c’est l’appel dont je vous parlais, merci de patienter quelques minutes ». Il en a profité pour jouer brièvement avec son chien entre 2 séances de travail et la leçon a pu recommencer en toute sérénité.

Toutefois, si je ne l’avais pas informé et coupé au beau milieu d’un échange, d’un exercice ou d’une interaction pour me précipiter répondre à mon coup de fil sans un mot d’explication, il aurait été ennuyé car en manque d’information – ne pas comprendre, subir, est exaspérant et génère une certaine frustration.

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Ce que nous définissons comme une « impolitesse » est en définitive ne pas respecter un code établi, appris, accepté et apaisant (la politesse est un moyen très puissant d’apaiser les tensions justement, un autre de ces vilains conditionnements que certains d’entre nous auront transmis à nos enfants et qui, mine de rien, rendent leurs relations sociales plus simples sur le long terme).

En revenant à mon client, j’en ai profité pour faire ce parallèle avec le fait de dire à son chien « c’est fini » après une séance de clicker training, toujours, systématiquement, suivi d’un petit lancer de bonbons question d’atténuer la dimension déplaisante d’un signal qui – si on travaille correctement – n’est pas une très bonne nouvelle au fond (le jour où mon chien sera très content que notre travail ensemble s’arrête et que cet arrêt représente un renforçateur, je me ferai beaucoup de souci).

Son regard s’est illuminé, grand sourire, et il m’a dit « ah oui, je n’avais pas vu ça comme ça, c’est vrai que je ne suis pas très poli finalement» ce qui l’a amusé un moment :-D

Clairement, un chien ne comprend pas les mots mais la répétition du signal verbal dans un même contexte rend celui-ci intelligible : il informe le chien de ce qui va suivre et dès lors, limite la frustration (et on évite le chien qui vous aboie dessus parce qu’il n’a pas compris que les opportunités de renforcement sont, pour l’instant, terminées). 

C’est à travers son propre ressenti et donc par le biais de l’anthropomorphisme, que j’ai pu rendre ce « signal de fin de séance » intéressant et légitime. Sur cette même thématique, je pourrais citer des dizaines d’exemples, qui contribuent tous à une plus grande considération des émotions de nos chiens.

Dans son magnifique livre (qu’il faut impérativement avoir lu) « The Ape and the Sushi Master » Frans de Waal cite Paul Shepard « l’anthropomorphisme nous rattache à la nature, il suscite chez nous le désir de nous identifier avec les animaux et leur histoire naturelle, même s’il est parfois motivé par l’imagination que nous sommes semblables».

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Grande différence avec l’anthropocentrisme, l’attitude qui considère que toute chose se rapporte avant tout à l’humain (toute la panoplie du  « il ne me respecte pas », « il le fait pour m’embêter / me tester » etc. etc.) quand les animaux non-humains n’existent que comme des ressources de l’humain et à qui nous ne devons absolument rien, pas même de tenter – tant bien que mal – de les comprendre  ;-)

Au sujet de la tradition…

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Comme plusieurs d’entre vous j’en suis certaine, j’ai été violemment interpellée par la vidéo d’un taureau dont on a enflammé les cornes qui se jette contre un poteau et meurt apparemment sur le coup (en tous cas, on l’espère pour lui)  :cry:

Quelques secondes de vidéo absolument bouleversantes (et non, je ne partagerai pas la vidéo, vous la trouverez aisément sur le net si vous souhaitez la visionner).

Cette pratique d’une indicible cruauté humaine fait partie, avec la corrida et autres manifestations apparentées, à ce qu’on qualifie souvent de « tradition ».

A travers celle-ci, je me suis mise à réfléchir à ce qu’on appelle, justement, la « tradition ».

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Je suis venue au monde, au début des « sixties » dans une famille italienne, bourgeoise et catholique pratiquante – autant dire que, étant encore là en ce cher 2017 – en passant par le féminisme des années ’70 - les traditions et moi avons eu souvent nous confronter et, de manière assez conflictuelle souvent.

L’attachement à la « famille traditionnelle » est finalement un « spin off » du simple l’attachement à l’autorité : il s’agit de préserver la stabilité des rôles familiaux, de soutenir une nette différenciation entre le rôle masculin et le féminin et donc, pour certains, de préserver la société toute entière d’un modernisme effrayant et uncertain.

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Accepter sans la remettre en question une quelconque croyance, reconnaitre des actes et des pratiques comme étant valides dans le présent tout simplement parce qu’elles l’étaient dans le passé est une forme d’attachement bien compréhensible à ce même passé (et donc à nos parents, nos grands-parents et ainsi de suite, à notre pays, à notre culture en opposition à d’autres cultures, etc.).

Je souriais quand mes enfants, tous petits, allaient pour les toutes premières fois manger ou dormir chez un petit copain ou copine – à chaque fois, j’avais droit à des considérations étonnées sur le fait que « ils ne font pas comme nous » (le repas et ce qui y était servi était différent, le rituel du bain, l’histoire sacrosainte avant le dodo ou absence de ils prenaient conscience que les « autres » ne font pas tout « comme nous », ils sont différents donc nous existons en opposition à l’autre).

Nous prenons conscience de qui nous sommes, nous nous structurons en tant que famille et en tant qu’individus à travers la différence de l’autre.

La symbolique, la pratique aide à construire son identité et les traditions familiales sont les plus fortes (la famille étant le premier groupe identitaire).

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Une de mes filles (adulte) me disait que, quand elle a pris la décision définitive de devenir végétarienne, sa plus grande angoisse, bien au delà du quotidien qui ne lui posait aucun problème, c’était de « rompre » de manière définitive avec notre tradition culinaire de la dinde à Noël, l’agneau à Pâques, etc. etc. – elle m’a dit (textuellement) qu’elle avait l’impression (horrible pour elle) que : « plus jamais je ne pourrais récréer les fêtes de famille de mon enfance » ;-)

Il ne s’agissait pas d’avaler de la dinde ou du gigot mais de l’amour partagé, des souvenirs reliés à ces occasions familiales spécifiques.

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Or, depuis, la majorité des membres de la famille ayant passé au végétarisme, on se rend compte que cette « tradition » supporte parfaitement d’être remplacée par une autre et tout le monde va très bien sans animaux morts dans notre assiette  :-D

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On n’a rien perdu, on a tout simplement construit sur une inspiration commune, on a re-inventé la tradition (la nôtre).

Ce qui prouve que la « tradition » peut allègrement évoluer (et évolue tout le temps) et ses petits-enfants hypothétiques, auront également une tradition mais complètement différente (et qui sera susceptible d’évoluer encore, le passé imagine toujours mal l’avenir).

En francophonie, les éducateurs canins qui usent (et souvent abusent) de la punition, et d’artifices qui infligent la peur et la douleur (collier étrangleur, à piques, électrique, clôture électrique mais également saccades et intimidations diverses – pas non plus très plaisantes quand le chien est en harnais notons au passage même si, évidemment, moins dommageables, bref, tout ce qu’on appelle des « corrections ») – sont appelés «les tradis » (pour traditionnels).

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La « règle » (il faut punir) n’a pas à être considérée ni appréciée selon son contenu elle est légitime uniquement parce que permanente (le célèbre et populaire : « on a toujours fait comme ça »).

L’autonomie de la réflexion fait peur parce qu’impermanente justement et perpétuellement tournée vers le relativisme de toute chose et la remise en question : c’est ce malaise qui a contribué à forger cette appellation (volontairement ridicule) de «bisounours » dont se voient affublés ces éducateurs canins qui ont fait la démarche de rompre avec le passé, de devenir autonomes en pensée et en actes ensuite et de créer d’autres vérités.

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Quand, en plus, l’évolution est proposée et validée par la sciencese met en place la dérision du savoir (« on n’apprend pas à éduquer dans les livres » disent-ils souvent pour justifier que, ces livres, ils n’ont pas le courage – ni les capacités parfois – de les ouvrir justement).

La croyance en les vertus de la science, les lois qui définissent l’abusif (même si encore péniblement en ce qui concerne les animaux), tout processus rationnel (qui englobe notre existence toute entière et, évidemment, notre relation à l’animal aussi) est en violente contradiction avec l’aspect routinier et rassurant de ce qui est qualifié de « traditionnel ».

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Le rejet de l’ultra autoritaire c’est un peu l’agonie du traditionnel

Ce n’est pas très simple de sortir du « traditionnel », on l’aura compris – ni d’admettre que rien n’est, jamais, immuable et que la tradition s’invente continuellement de génération en génération et il y aura toujours ceux qui s’accrochent désespérément à leur cocotier au cri faiblard ou agressif de « mais ça marche »  :roll:

A contrario des dits « tradis » les éducateurs canins qui réfutent la punition sont appelés «les positifs » et présentés comme de doux incompétents inadaptés à « mater » de grosses bêtes dangereuses – l’unique chose qu’on retient au final, c’est cette interdiction de «punir» (voir de dire « non »), une forme de complaisance qui exclut, à leurs yeux, l’exigence.

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Etre un éducateur bienveillant (et non «positif » car nous ne faisons pas que renforcer le positif qu’on l’admette ou pas), ce n’est pas l’auberge espagnole des bons sentiments et encore moins une distribution confuse de nourriture saupoudrée de laxisme.

Notre manière d’éduquer ne peut pas produire de vidéos où de gros malabars « affrontent en combat» des chiens qui apparaissent comme une menace – une vidéo de désensibilisation, de contre conditionnement outre à être longuissime, serait d’un ennui absolument mortel (ça n’a rien de sexy un contre conditionnement, ça demande de sérieuses compétences, un plan très clair, des retours en arrière parfois)

La bienveillance dans l’éducation de nos animaux de compagnie est avant tout l’écoute des besoins de l’animal (et passe donc par un premier processus de les connaître puis de les reconnaître) et de ses émotions – ce qu’on appelle, également, l’empathie.

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C’est se focaliser moins sur le seul résultat et se préoccuper de la qualité du processus – on peut parfaitement obtenir ce qu’on appelle « l’obéissance » par l’intimidation et la peur, ce que ne fera pas un éducateur bienveillant car il sait que le prix à payer est une perte dramatique de confiance en l’éducateur, un stress intense, voir une augmentation de l’agressivité.

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C’est renoncer à la relation de lutte pour le pouvoir (le chien « soumis » à notre volonté humaine versus l’humain soumis au pouvoir du chien) pour arriver à un binôme qui se comprend et se fait, mutuellement, confiance.

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C’est accepter une certaine autonomie de l’animal – la souhaiter, la rendre possible et en tirer parti pour les aider à vivre dans notre société humaine tout en préservant leur bien-être au maximum.

C’est complètement compatible avec la performance, l’exigence, la rigueur si nous savons être des éducateurs qui réfléchissent, qui rendent le succès possible, les erreurs improbables – qui savons mettre sur pied une éducation proactive et non réactive comme celle des dits « tradis »  :-D

future

En définitive, c’est inventer le présent et contribuer à l’avenir

« Assis-reste »

Si le « assis » est l’enfance de l’art de l’éducation canine (et fait arriver chez moi des bébés- chiens d’à peine 2 mois qui ont déjà ce comportement « par défaut » tant ils ont immédiatement intégré que poser leur popotin sur le sol fait pleuvoir des bonbons), un autre immense classique des terrains d’éducation (et de sport) est le «assis-reste».

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…. ou, plutôt, le «assis-reste-reste-reeeeeeeeste-NOON-jédiassis-reste-reste-REEEEESTE » accompagné d’une marche arrière de l’humain à la fois hésitante et se voulant intimidante, puis retour au chien qui s’est levé quand même pour le remettre assis et on recommence toute l’opération douteuse  :-D

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Quand on ne change rien à sa manière de faire, il est assez logique que les conséquences et le résultat obtenu ne changent pas non plus.

Généralement, on obtient comme résultat un chien complètement confus, intimidé et qui, globalement, trouve toute la chose considérablement désagréable.

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Le stress s’évacuant de manière très individuelle, la suite peut donner un chien qui affiche toute une panoplie de comportements de stress mais également un chien qui se met à courir partout, vole les départs et soulage la tension qu’on lui inflige à sa manière.

Labrodor Dog Run

Si on décortique l’apprentissage du chien, « assis », signifie « pose ton derrière sur le sol » ce que le chien fait assez facilement  ;-)

Souvent, dès le click, le chien est déjà debout et on récompense en position debout voir avec un chien qui saute déjà comme un cabri démoniaque  (« click for behavior, feed for position » nous rappelle Bob Bailey).

A savoir, cliquez le comportement, renforcez en position. Si votre chien a fait 5 comportements depuis votre click au moment où son fessier a touché le sol, c’est passablement inefficace.

Quand le « assis » (ou tout autre comportement d’ailleurs), signifie plus précisément « tu restes assis jusqu’à nouvelle information » – le «reeeeste» devient complètement inutile.

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L’information suivante est le signal du comportement suivant (autre position stationnaire, autre comportement, revenir à vous ou signal de libération : fais désormais ce que bon te semble).

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Un chien qui grandit avec ce concept « tout comportement dure jusqu’à nouvelle information » sait garder la position face aux distractions, quand des personnes l’approchent, au départ d’une activité ou compétition canine et résout automatiquement le problème du chien qui saute sur tout le monde.

Comment s’y prendre donc ?

Avant toute chose, réfléchissez à ce que sera votre signal de libération (comme déjà dit dans un précédent article, le mien est « okay », à peu près le moins opportun entre tous car trop présent dans le langage courant : toutefois, depuis 2 décennies que je l’utilise, je suis trop conditionnée pour en changer, je vous conseille de vous conditionner à un autre mot, moins usité).

On va débuter par évidemment cliquer dès que le chien pose effectivement son fessier sur le sol et en distribuant la friandise rapidement dans la position : sans JAMAIS oublier de prononcer le mot de libération en incitant le mouvement.

Pour un chien qui meurt d’envie de bouger, le simple fait de bouger (et jouer) est un renforçateur, ceux qui sont plus placides et ne verraient aucun inconvénient à rester assis indéfiniment à recevoir des bonbons, seront motivés par un bonbon jeté un peu plus loin.

On change de position (se déplacer de 2 mètres dans une même pièce ou changer de pièce chez soi est déjà un début de généralisation) et on recommence.

N’oubliez pas que votre click doit « jaillir » comme unique information de l’environnement et que votre main doit donc aller chercher la friandise APRES celui-ci, cela évitera qu’il ne soit complètement focalisé sur votre main déjà installée dans la pochette à friandises (ou finissent tous les neurones du chien).

Le comportement fait apparaître le bonbon et NON LE CONTRAIRE. 

Généralisez l’apprentissage : changez d’endroit encore et encore (et encore et encore).

Ne soyez pas pressé d’en voir le bout – plus grande la généralisation, plus solide le comportement c’est un investissement à long terme que vous faites….

L’important est de véhiculer à votre chien l’information que le comportement se termine par le signal de libération et pas autrement.

Ensuite, vous pourrez commencer à retarder votre « click » : ne progressez pas en durée «linéaire » (c’est-à-dire une durée de plus en plus longue), surprenez votre chien par une durée plus courte quand il est capable d’une durée de comportement nettement plus longue : c’est bon pour le moral

Signal « assis » (durée à déterminer) puis click et distribution du bonbon, ensuite mot de libération.

Quand il sera capable de rester un bon 30 secondes assis dans un bon nombre d’endroits différents, on peut passer à l’étape « distance et distractions».

Pas de protocole gravé dans le marbre : pour mon bébé Border de 2 mois, un bras qui bougeait était déjà une distraction majeure – d’autres seront plus résistants et vous pourrez bouger d’un pas en arrière, latéralement, etc. Adaptez-vous au chien qui est en face de vous de manière à progresser de succès en succès. 

Dès le début de votre éloignement, cliquez dès le moment ou vous amorcerez votre retour vers le chien (la friandise doit être distribuée en position bis et tris).

Encore une fois, dès la séance terminée (pas plus de 5 minutes par séance), donnez votre mot de libération (et jouez si le chien aime jouer ou faites les fous tout simplement).

Quand l’éloignement deviendra plus conséquent, revenez vers le chien AVANT de cliquer. 

Ajoutez des distractions selon votre chien : pour certains, un autre chien de la famille sera une distraction mineure, pour d’autres une distraction majeure. Idem avec un membre humain de la famille. Le membre humain de la famille peut être silencieux au départ et progressivement, de moins en moins discret  :-D

Rappelez-vous que, si vous augmentez la distraction, il vous faudra diminuer la durée et la distance et inversement : vous devez impérativement rester dans une démarche de succès – si votre chien se lève, diminuez vos exigences immédiatement pour revenir à un succès garanti.

Ne vous montrez pas trop pressé : voyez la construction de ce comportement (et du concept même du comportement qui reste une information valable jusqu’à nouvelle information de votre part), comme poser les fondations d’une maison. Monter des murs, sans fondations, ne sert à rien – tout s’écroulera rapidement. 

fondations

Quand tout sera bien en place et – évidemment – si le comportement « couché » est acquis et déjà sur signal, après le assis, demandez un « couché » ou un « debout » (si celui-ci est acquis également) et, ensuite, libérez le chien (variez vos demandes, sinon vous allez créer une chaîne de comportements).

Si vous faites souvent tomber des friandises, munissez-vous plutôt d’un tube de « pâté » (genre Parfait pour mes lecteurs suisses), cela évitera que le chien ne se lève continuellement pour aller récupérer les friandises au sol.

trixie

Ne « soulez » pas le chien : pour certains, cet exercice demande un énorme contrôle de soi et fatigue, surtout chez le chiot, faites des séances courtes.

Cela implique évidemment, que si vous êtes en plein apprentissage du « assis » comme précédemment expliqué, il sera hors de question de demander à votre jeune chien un «assis » alors que courent autour de lui d’autres chiens, enfants ou autres distractions majeures et que tout ceci n’a pas encore été abordé (à l’identique et à plus forte raison avec le « couché », cette position mettant le chien dans une situation psychologiquement plus vulnérable encore). 

Ces positions « bétonnées » s’obtiennent sans difficulté quand on les propose avec cohérence et avec une certaine rigueur (le mot rigueur est à comprendre dans son sens d’exactitude, logique et précision et non pas dans son acceptation usuelle et plus commune de « sévérité ».

rigueur

C’est tout le concept d’une éducation en positif qui est (ou peut être) le contraire du laxisme qu’on lui impute un peu trop souvent.

Un éducateur (et, par « éducateur » j’entends toujours celui qui éduque son chien et pas un « professionnel ») qui travaille en positif peut être d’une rigueur absolue ou d’un laxisme absolu, c’est un choix – y mettre du travail et de la précision est pour moi la concrétisation d’un optimisme exigeant alors que le laxiste est un optimiste permissif…. à chacun de choisir son chemin ☺ 

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