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qu’importe le flacon…

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Il y a quelques jours, au hasard d’un statut Facebook, j’ai lu que demander « assis, couché debout » au chien était une preuve de notre besoin de contrôle et de domination sur celui-ci…

Si je peux parfaitement comprendre le concept que voulait certainement véhiculer ce statut, je l’ai trouvé symptomatique  d’une certaine conception du chien de compagnie (et, là dedans, j’inclus tous nos chiens sportifs et qui se consacrent, avec plus ou moins de plaisir et bonheur, à toutes les activités canines existantes sous le soleil).

Je me suis souvenue de ma présence à la SPA il y a bon nombre d’années, pendant que j’attendais patiemment l’employé qui devait me rendre mon chat égaré et retrouvé (et de fort méchante humeur par ailleurs, pas l’employé… mon chat) et que j’ai donc assisté aux dernières minutes d’une adoption : un Monsieur, trente secondes après avoir pris possession de la laisse à laquelle était attaché un jeune et grand chien fraîchement adopté, lance un très tonitruant « au pied !» :roll:

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Le chien qui avait l’air de comprendre cet « au pied » à peu près comme je comprends l’hébreu, a continué à faire ce que fait un chien de SPA fraîchement sorti de son box… à savoir, bondir dans tous les sens et tirer pour sortir de l’immeuble au plus vite (laisse = bénévoles plus ou moins compétents qui viennent me sortir de mon box, youpiiie).

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Le « au pied » est devenu plus péremptoire avec une 2ème tentative. Au 3ème « ordre » (le ton employé était tout à fait celui d’un chef de régiment), le chien s’est pris une secousse magistrale sur son collier :roll:

Oreilles qui se plaquent contre le crâne, queue qui descend, regard furtif : le chien accuse le coup… mais pas longtemps, il en a vu d’autres, et recommence à faire le fou cinq secondes plus tard  :roll:

Le Monsieur a quitté la SPA laisse très courte, tout en continuant de claironner un « au pied/au pied» non seulement parfaitement inefficace (vu qu’il n’est pas rattaché à un quelconque apprentissage) mais qui n’allait pas tarder à être associé à la crainte et à la douleur.

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Cet « ordre » restera porteur de ces émotions peu agréables, tant il est vrai que Pavlov «est toujours sur notre épaule» et que quelles que soient les couches de conditionnement qu’on va ensuite tenter de mettre par dessus par la suite, cette émotion ne s’en ira pas :-|

Si cet « au pied » est suivi d’une panoplie « d’ordres » tout aussi bien transmis, l’émotion néfaste risque allègrement de s’étendre à l’humain même qui la cause (ce qui ne va pas faciliter la vie du chien mais pas, non plus, celle du « maître »).

Tous les êtres vivants sont programmés pour réagir plus vivement et de manière plus définitive à ce qui est aversif (en clair : tout ce qui fait mal, peur ou met notre bien-être ou notre vie à mal ou carrément en danger) plutôt que à ce qui est agréable et positif.

Les raisons éthologiques sont parfaitement évidentes : si vous « ratez » un danger mortel, il n’y aura pas de 2ème chance de faire mieux, si vous ratez quelque chose de plaisant, c’est certes dommage, mais vous êtes toujours en vie et donc tout à fait susceptible de retrouver une autre gratification ou la même, répétée  ;-)

C’est un mécanisme de survie 8-)

Si ce chien finit par comprendre (malgré l’incohérence de son « maître ») que, pour échapper à cette secousse sur ses cervicales, il peut se tenir tranquille, il est possible que cela fonctionne et que le chien « obéisse » comme unique moyen de contrôle de son environnement (savoir comment échapper à la douleur et pouvoir le faire est un contrôle de son environnement en effet).

Avoir compris comment échapper à quelque chose de très déplaisant est plutôt une bonne affaire et peut donner des chiens très « obéissants »…

Si je vous donne un mode d’emploi pour échapper à une punition, disons « quand la lumière bleue s’allume, asseyez-vous pour éviter une secousse électrique » – vous m’en serez un peu reconnaissants… c’est déjà ça, personne n’a envie d’être électrocuté :-|

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Par contre, vous allez vivre dans la crainte et l’attente de cette lumière bleue, vous ne serez jamais serein, jamais tranquille, jamais détendu – il vous faudra toujours contrôler l’apparition de la lumière bleue et vous la redouterez (mais vous allez vous asseoir quand elle apparaît).

Pour un peu que vous ne n’ayez pas cru mon « mode d’emploi » sur parole, vous aurez pris la secousse la première fois et la lumière bleue vous fera peur pour le restant de vos jours  :-|

Tout ça pour en arriver au concept que, pour le chien « assis » « couché » « debout » mais également « twist », « roule » ou « donne la patte » sont juste des comportements, tous logés à la même enseigne a priori :lol:

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A savoir, l’humain émet un son que j’ai appris à reconnaître je produis un comportement il y a une conséquence = apprentissage (et une émotion qui s’y attache, inévitablement, toujours).

Ce qui, en apprentissage bienveillant, serait plutôt : je produis un comportement je l’associe à un son de l’humain conséquence plaisante (et ce signal devient un renforçateur secondaire).

Un signal qui aura valu une ou des punitions au chien ne sera jamais un renforçateur secondaire et, si vous l’incluez dans une chaîne de comportements, vous allez vite vous en apercevoir :-|

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Je travaille avec suffisamment de clients pour constater, encore et encore, que nous sommes ceux qui faisons cette distinction très humaine entre « obéissance » et « ludique » et nous ne la faisons pas à moitié  :lol:

Les « assis, couché, debout, reste, pas bouger » sont rarement véhiculés joyeusement et la menace est souvent limpide pour le chien, dès le début.

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Je le constate pratiquement tous les jours : on dit « twist » d’un ton joyeux et amusé et, si le chien fait « rouler-bouler » à la place parce que le signal n’est pas encore tout à fait en place, on en rit volontiers (« c’est pas bien grave »)  :lol:

Par contre, quand on dit « couché » au chien, c’est très souvent (presque toujours) d’un ton de sergent-major en pétard et on est dans une dynamique « d’ordre » et sûrement pas d’information, encore moins d’une opportunité de renforcement :-|

Je travaille souvent avec des chiens très craintifs, avec qui nous mettons tout en œuvre pour minimiser leur anxiété : arrive le mot de « rappel » (par exemple) et il est, dès le départ, tellement péremptoire et stressant, qu’il ressort comme celui à éviter absolument (tu as l’air fâché, je préfère rester éloigné).

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D’où l’utilité, puisque NOUS sommes des êtres verbaux (contrairement au chien) d’utiliser un terme qui nous met dans une émotion différente, comme « bingo » ou « bonbon » (ou ce que vous voudrez qui est, pour vous, rattaché à une émotion agréable)  ;-)

Si je dis « reste » à mon chien parce qu’une voiture va arriver, c’est sérieux : il en va de sa vie (notez qu’on peut le mettre en laisse).

Moins important pour le chien mais souvent très important pour nous, si je te dis « reste» en cours collectif d’éducation, je veux montrer à tout le monde que j’ai bien éduqué mon chien (et, donc, que je suis un humain compétent et capable, ce qui est gratifiant)  :-D

Ce que démontre le chien (ou pas) en faisant ce qu’on lui demande.

Si, justement, il n’exécute pas (parce qu’il a appris dans votre cuisine ou votre jardin et que l’apprentissage est trop léger pour résister à la présence de congénères, d’inconnus, des effluves de taupes que lui signale sa truffe), nous entrons immédiatement dans un mode « désobéissance » assez peu indulgent ;-)

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Pour des raisons morales, philosophiques, logiques, utilitaires la plupart d’entre nous sommes (plus ou moins) convaincus du bien de l’obéissance aux « lois » et du fait qu’elles sont nécessaires à la sécurité et nous protègent contre les risques et le mal – au moins autant que nous avons appris à craindre la sanction (légale ou la simple réprobation sociale).

…pour le coup, les quelques humains entre nous qui sont moins régis par ce besoin d’approbation sociale et le revendiquent vont souvent s’enorgueillir d’avoir un chien « mal élevé », « créatif » ou « rebelle » (nos définitions).

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C’est la preuve (par notre chien, ce qui assez amusant) que nous ne sommes pas des abrutis de l’obéissance, des fondus de la discipline, des obsédés de l’ordre convenu et du contrôle de l’autre et que nous reconnaissons la « liberté » du chien d’être lui-même.

Notons que cette interprétation du monde a ses limites à moins de vivre dans un désert… en effet, il y aura toujours un moment où nous serons obligés de limiter la liberté du chien (tout comme la nôtre d’ailleurs ou celle de nos enfants), ne serait-ce que pour sa sécurité et celle des autres (ou pour nous éviter des ennuis, aussi).

Tout le monde reste parfaitement libre d’enseigner 150 comportements à son chien ou d’en enseigner deux ou trois parce qu’ils sont nécessaires.

Il n’en reste pas moins vrai que travailler sur un comportement, est travailler sur un comportement et une même identique démarche quel que soit ce comportement :-D

Un « twist » peut être aussi solide, bien appris, renforcé, qu’un « reste » (ou autre « ordre ») et inversement.

Un « reste » peut être aussi fun, solidement attaché à du renforcement et donc à une belle émotion qu’un « rouler-bouler » et inversement.

Nous seuls faisons la distinction entre « important » ou « accessoire », entre « chien obéissant » et « chien rigolo » (ou « de cirque » pour les détracteurs), entre chien qui sauve des vies et chien qui fait du dog dancing… pour le chien, tout ça n’est QUE comportement (et émotion rattachée à celui-ci) :-D

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Si votre chien apprend « assis » « couché » « debout » de la même identique manière (haut taux de renforcement, renforcer la durée, un signal de libération clair, pas de menace ressentie) qu’il apprend des comportements ludiques – ces mots seront à tout jamais rattachés à une émotion agréable, plaisante — et donc souhaitable — et leur apparition dans votre langage sera tout à fait la bienvenue, un « feu vert » vers un renforçateur et quand, plus de renforçateur systématique, le comportement lui-même sera devenu un renforçateur secondaire, fort de sa portée émotionnelle positive (ou le contraire, évidemment).

Si tous les comportements de votre chien sont appris de cette manière, les produire sur signal est une excellente affaire pour le chien et, s’il ne les fait pas, à vous de vous demander si l’apprentissage est vraiment terminé, s’il est généralisé, conceptualisé, flexible ou encore uniquement inhérent à un contexte précis.

Bref, il faut encore travailler plutôt que « mon chien désobéit » ;-)

Il est évident que la manière de donner ces signaux est fondamentale : si le « couché » est utilisé pour interrompre quelque chose que le chien souhaite faire, il devient punitif, si le «assis » est donné après que le chien ait sauté sur vos invités et qu’il est, ensuite, renforcé, vous créez ainsi une jolie chaîne de comportements qui renforce le fait de sauter sur les invités.

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Si vous demandez quelque chose et que, face à l’inertie du chien, vous continuez de demander sans strictement rien changer dans l’environnement, vous construisez un signal qui devient « assis, assis, assis, assis » plutôt que, simplement « assis » (dans le premier cas, le chien finit par s’asseoir pour se débarrasser de la pression que vous êtes en train de créer)  :-|

En définitive, très peu importe ce que vous apprenez à votre chien, s’il doit faire donne la patte, cibler votre main ou faire couché quand les invités arrivent… ce qui importe c’est comment vous aurez appris un quelconque comportement.

Si vous vous dites que vos « assis » « couché » « débout » (ou tout autre comportement) pourraient être une meilleure nouvelle pour votre chien, considérez de changer vos signaux en reprenant l’apprentissage (pour ce que le chien en a à faire, ça pourrait être « fraise » «pistache » et «concombre » d’ailleurs).

Qu’un chien ait 150 comportements à son actif ou seulement trois, il peut être dans une émotion positive ou très désagréable quand ils ont donnés, selon quand, comment, ils sont donnés et comment ils ont été appris  :-D

Bref, le voyage est plus important que la destination :-D

Avoir une pochette pleine de « récompenses » n’est certainement pas suffisant ;-)

Happy training :-D

Il n’aime pas les friandises

Il existe des phrases qui sont le pain quotidien de l’éducateur canin et elles sont légion ;-)

Un grand classique de l’éducateur canin qui travaille essentiellement avec des renforçateurs alimentaires (pour faire simple « la friandise ») c’est «mon chien ne s’intéresse pas aux friandises»   :lol:

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… ce à quoi, je réponds le plus souvent « … pas encore »  :-D

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Précisons d’emblée qu’un être vivant qui ne mange pas est en danger : dans les zoos, le fait de ne pas manger correctement est souvent le premier signal d’alerte, qui précède souvent tout autre indice ou symptôme que quelque chose ne va pas (santé, anxiété, peur, méfiance, mauvaises conditions de détention) et il est immédiatement source d’inquiétude pour le soigneur consciencieux (quoi qu’on pense des zoos et autres parcs animaliers, il existe des soigneurs consciencieux). 

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J’héberge actuellement (momentanément) un perroquet sevré façon «McDonald», son assiduité et enthousiasme aux gamelles maison de graines germées, légumes, fruits (etc. etc.) que je lui prépare amoureusement restent pour moi la meilleure information (même si ce n’est pas la seule évidemment) de son bien-être général (en effet, je ne suis pas spécialiste du perroquet même si, en quelques semaines, mes connaissances rudimentaires ont augmenté de manière exponentielle). 

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Ne pas « être motivé » par la nourriture est un concept inexistant : dès que votre chien se lève et marche vers sa gamelle, il est « motivé par la nourriture » (dans le cas contraire, il y a un ou des problèmes à considérer urgemment).  

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Je passerai brièvement sur le fait que cette affirmation arrive souvent alors que je me trouve face à un chien en léger (ou pas si léger que ça parfois) surpoids et, par conséquence, n’a pas une énorme motivation à produire des comportements pour un petit biscuit industriel inodore et insipide et dur comme un caillou (ce que certains propriétaires achètent souvent car « ça ne salit pas les poches »)  ;-)

Un conseil? Salissez vos poches et pochettes  :-D

Un chien en surpoids est, évidemment, un chien qui mange trop en relation à son rythme d’activité – quand la gamelle de croquettes est en « libre service », on a rarement l’impression de le voir manger goulument vu que, tout au long de la journée, il picore (et, à force, finit par trop manger). Par ailleurs, il est perpétuellement en train de digérer une alimentation qui n’est pas forcément la plus digestible possible  :-(

J’entends aussi souvent des clients m’affirmer que  «le véto a dit que son poids était bien comme ça » – n’oubliez pas que, au final, vous êtes les clients de votre vétérinaire et que, à moins d’une obésité morbide, son souci est souvent de ne pas vous vexer ou vous contrarier… il est fort possible que, quand il vous dit que « tout va bien comme ça » il n’ait pas envie de s’engager dans une croisade diététique qui vous mettrait peut-être dans des dispositions peu agréables  ;-)

Je vous suggère, dès lors, quand vous demandez à votre vétérinaire ce qu’il pense du poids de votre chien de l’informer que vous appréciez son avis réel et pas une version «courtoise» ou politiquement correcte de la chose  :-D

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Chez mes clients qui nourrissent BARF (c’est-à-dire frais et cru), le pourcentage quotidien qu’ingurgitent certains chiens menant une vie relativement sédentaire excède parfois celui de chiens qui sont de vrais sportifs : une simple baisse de ce pourcentage et pas mal de difficultés rencontrées par ces propriétaires se résolvent d’elles-mêmes  :-D

Il ne s’agit en aucun cas d’affamer le chien pour qu’il collabore avec nous mais il est évident qu’après un repas festif gargantuesque précédé d’un sérieux apéritif, je serai moins réceptive à des mignardises qu’après un repas normal ou léger (même si satisfaisant d’un point de vue nutritionnel). 

Vous aurez tous entendu parler du concept de « contrafreeloading »  (un comportement observé chez plusieurs espèces où le sujet, à qui on donne le choix de se servir librement de nourriture, choisit d’obtenir la même nourriture à travers des comportements).

On peut disserter longuement sur cette constatation qui semble peu intuitive (en effet, tout organisme cherche un effort minimal pour un résultat maximal) et on pourrait l’imputer, spécifiquement chez le chien, au plaisir d’interagir avec son propriétaire qui devient un renforçateur secondaire ou tertiaire (sauf que ce phénomène existe sans l’ombre d’un conditionnement préalable) mais il est intéressant de savoir que ce phénomène diminue avec l’augmentation de la faim il ne s’applique donc pas à des animaux « affamés » au contraire  ;-)

Au delà de la qualité, l’appétibilité d’une friandise et de l’appétit du chien, il y a l’art et la manière de la distribution à considérer. 

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En effet, utilisée comme « appât » (ou leurre) pour attirer le chien vers des activités ou des soins qu’on lui inflige, elle devient le signal de l’arrivée de quelque chose d’aversif (et devient, dès lors, une mauvaise nouvelle).

The Right Way to Do Lure Reward Dog Training

J’ai vu bon nombre de chiens montrer plein de comportements de stress face à la présentation de friandises fort appétissantes pourtant… le chien a intégré que quelque chose de très désagréable est en préparation.

Si vous sortez le « bonbon » du chien AVANT de lui imposer le bain qu’il exècre ou de débuter la pédicure qu’il redoute, vous transformez votre friandise en un signal d’alarme qui informe le chien que le pire va arriver…. d’où une méfiance considérable vis-à-vis de celle-ci.

Une méfiance qui, au fil du temps, peut se généraliser à tout environnement et situation – la peur se généralise très vite. 

Un renforçateur DOIT arriver APRES le comportement: il est une conséquence et pas un antécédent… quand on travaille avec un chien craintif, c’est absolument fondamental de vérifier que le chien (le chien, pas vous !) a vu, perçu ce qui fait peur pour, ensuite, l’associer à quelque chose de plaisant, pas l’inverse. 

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J’ai vu un jeune chien se précipiter dans la voiture dès que sa propriétaire sortait un ex-jouet adoré…

En effet, elle se servait de celui-ci pour attirer son chien sur du matériel d’agility où clairement, le chien n’était pas à l’aise.  Il était devenu l’information première du chien d’un moment anxiogène et contraignant.  A l’identique, ces méthodes anciennes de parsemer la « passerelle » ou la « balançoire » de friandises (le chien avance, capté par l’odeur pour s’apercevoir ensuite qu’on l’a emmené précisément là où il ne voulait pas aller). Sensibilisation, perte de confiance, méfiance envers les renforçateurs, voir envers la personne  :cry: 

Autre piège dans lequel nous tombons parfois, c’est la « surenchère » du renforçateur. Le chien ne produit pas de comportement avec la friandise X, on sort la friandise Y qui, elle, est plus appétente et, finalement, on finit par y aller avec Z, qui est le top absolu pour ce chien spécifique…

Certes,  il est plus que légitime (et même vivement recommandé) de prendre note que votre chien n’apprécie pas énormément X et seulement moyennement Y mais ne passez pas successivement de X à Z dans une même séance et contexte : votre chien aura vite fait de comprendre que, s’il ne participe pas, le salaire augmente (et donc pourquoi participerait-il  dès le départ ?)  ;-)

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Des séances clicker training mal construites, improvisées sans « plan de shaping », un rythme de renforcement inadapté (et donc des critères trop exigeants) peuvent très bien finir par dégoûter votre chien de ces moments spécifiques… tout événement se voit associé à une émotion, attention  à celle que vous construisez, séance après séance. 

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Dernièrement, je me suis retrouvée devant un chien très craintif au sujet duquel la propriétaire m’a tout de suite informée « oh, les friandises ne l’intéressent pas »… on a fini notre séance d’éducation avec un chien qui boulottait allègrement mes bouts de jambon-fromage et cherchait même à voler le contenu de ma pochette  :-D

Au début de notre rencontre, je me suis assise par terre, sans le regarder et j’ai joué avec mes « bonbons » tout en parlant avec la propriétaire. Après une dizaine de minutes, le chien s’est approché lentement de moi et j’ai lancé nonchalamment un bout de fromage… à partir de là, sur plusieurs séances de 2 minutes par séance,  il s’est mis à bosser avec moi en remuant la queue (à la stupéfaction de la propriétaire qui voulait, à tous prix, avoir la « marque du fromage »). 

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Je n’ai pas de fromage magique… le chien a surtout apprécié que j’enlève toute forme de pression de notre échange et la possibilité qu’il a eue d’avoir « le choix ». Interagir ou partir (il est parti quelques fois au début d’ailleurs, au moindre bruit extérieur… mais il est revenu). 

Le choix de mon critère à cliquer était évidemment plus que modeste et donc à la portée de ce chien très peu opérant. Nous avons ensuite pu continuer à travailler alors que le chien du voisin aboyait, ce qui, en temps normal, est son déclencheur ultime.

Si on vous servait du champagne à chaque fois que votre vie va mal ou que vous recevez une mauvaise nouvelle, il n’aurait pas pour vous cette dimension festive qui fait boire du champagne à tant de gens, sans même vraiment savoir s’ils aiment vraiment ça  ;-)

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Les éducateurs compétents en clicker training sont un peu les « rockstars » de la friandise – ils savent la manier, ils savent quand et comment l’utiliser, quand la donner et ils finissent souvent avec cette réputation du « bonbon magique »  qui fait que le chien travaille avec l’éducateur plus volontiers qu’avec le propriétaire alors que nous avons précisément la même chose dans nos pochettes respectives (mais, ce qui génial c’est que tout s’apprend)  :-D

On peut également se construire un chien qui veut bien manger mais donne l’impression qu’il n’est guère disposé à produire un quelconque comportement pour obtenir son « bonbon »…

Je vois beaucoup de mes clients, munis de pochette, tomber dans une distribution «mécanique »  : le chien les harcèle un peu, la friandise sort de la pochette presque machinalement (et ils écopent de ma candide question : « tu renforces quoi là ? »).

Je n’ai vraiment rien contre la friandise occasionnelle « pour la relation » (comme je l’appelle affectueusement)… bien au contraire, je la préconise et je l’applique à mes chiens assez souvent mais elle arrive malgré tout dans un moment où nous sommes en harmonie.

Par ailleurs, je reste convaincue que l’immense majorité des propriétaires renforcent bien trop peu souvent : nous avons tendance à considérer notre « bonbon » comme une espèce de légion d’honneur majeure qui n’est distribuée qu’en cas de mérite majeur  ;-)

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Quel gaspillage d’occasions de se construire un chien focalisé, attentif, calme, engagé, etc.

Le fait de renforcer souvent et avec générosité ne doit pas occulter le besoin de considérer ce qu’on est en train de renforcer.   

Quand certains de mes clients constatent mon rythme de renforcement, ils prennent peur…. « aaah mais, il faut donner aussi souvent que ça ? ».  

Oui, quand vous êtes en plein apprentissage, oui, pour éviter de voir arriver la frustration, oui pour éviter que votre chien se désengage, oui pour construire des comportements résistants à l’environnement, oui pour construire une émotion agréable, cent fois oui… mais toute friandise est là pour renforcer un comportement spécifique, malgré tout – elle n’est jamais distribuée sans réflexion, bien au contraire. 

En agility, on voit souvent des gens « tugger » avec leur chien de manière complètement irréfléchie, alors que ce jeu a une valeur immense pour leur chien – notamment quand le coach parle ou explique (question d’occuper le chien). Souvent, le jeu n’arrive pas suite à l’exercice pratiqué (on écoute le coach parce qu’on est polis) et arrive bien plus tard, alors que le chien nous a aboyé contre ou nous saute dessus (on sort le tug)  :-|

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La « contingence »  (c’est à dire la « liaison » entre un événement et un autre) est fondamentale quand elle doit faire office de renforçateur. 

Si votre chien n’est pas malade, s’il n’est pas soumis à un stress intense (autre sujet) et s’il «ne s’intéresse pas à la friandise », je vous le re-dis : la réponse est « pas encore »  :-D

Happy Training ☺  

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 … et, donc, après les deux présentations de la Dr. Susan Friedman (voir Life is for Learning 1 et 2) et un buffet qui avait le mérite d’être végétarien et même vegan (et 24 cafés pour ne pas piquer du nez pour moi), on est revenus terminer la première journée par un atelier PORTL, évidemment animé par Mary Hunter  :-D

Pour ceux qui n’ont jamais suivi mes cours où on y joue régulièrement, une petite introduction au « Portable Operant Research Training (or Teaching) Laboratory » (laboratoire portable de recherche sur le comportement opérant). 

Le « PORTL » nous arrive de son prédécesseur Genabacab (qui était, à l’époque, un affixe d’élevage) et il a été imaginé par la très talentueuse Kay Laurence.

Le jeu se déroule autour d’une table, sur une zone de travail déterminée (feuille A4 par exemple) et par le biais d’une multitude de petits objets : ma propre collection commence à être plutôt conséquente (un tout petit aperçu en dessous)  :-D

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Il est évidemment une version (très) améliorée de ces abominables jeux de « chaud-froid » que les moins jeunes d’entre nous avons vécu dans nos toutes premières formations clicker training  8-)

A l’époque, le déroulement de la séance était de faire quitter la pièce à un apprenant, pendant que le groupe décidait d’un comportement à lui faire exécuter. Ensuite, on le faisait rentrer pour qu’il ou elle atteigne le comportement par le clicker training : « click = chaud / pas de click = froid ».

Les salles où se tenaient ces séances étaient généralement immenses, blindées de monde et d’objets… la chance d’arriver rapidement au comportement décidé par le groupe, était pratiquement inexistante (ou il fallait compter sur la chance, ce que nous faisons pas mal avec nos animaux  d’ailleurs : ce que j’appelle, avec mes élèves « l’éducation de l’espoir » – genre « allons-y et on verra bien »)  ;-) 

Quand les alternatives sont trop nombreuses, voir infinies, elles multiplient de manière exponentielle l’opportunité de nous tromper… exactement ce qui arrive quand, dans une séance de shaping, on met l’animal dans un environnement trop riche, trop distrayant, sans lui apprendre à se « stationner » à un endroit spécifique (les pre-requis au shaping à mon sens).

Ces séances ont donné naissance à l’épouvantable adage  « le clicker training c’est le jeu du chaud-froid » qui nous a ensuite poursuivis très longtemps (on l’entend d’ailleurs encore)

(évidemment, elle me fait personnellement saigner les yeux)  :lol:

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Le clicker training, au contraire, c’est le jeu du chaud-chaud car tout sera mis en place pour arriver au succès vite et bien, en gérant l’environnement et l’apprentissage de manière à diminuer de manière draconienne les possibilités d’erreur et en maintenant son apprenant dans une dynamique de renforcement continuel.

Si tout le processus était souvent émaillé de rires (surtout de l’assistance d’ailleurs), c’était parfois aux dépends de l’apprenant qui pouvait aller de 25 comportements à la minute au «shut down» total, en passant par des petits rires gênés et d’autres comportements de stress divers et variés… j’ai même vu quelques personnes aller jusqu’aux larmes (ceux là étaient qualifiés de « trop sensibles »). 

On se souciait assez peu de l’émotion dans l’apprentissage à cette époque, même quand elle nous crevait les yeux  ;-)

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Je me rappelle avoir souvent entendu « pour elle, il faut trouver quelque chose de difficile »comme si enseigner n’était pas transmettre avec efficacité tout en renforçant la confiance en soi de l’apprenant mais, au contraire, mettre la personne en échec.

Il faut dire que notre propre expérience avec l’enseignement nous a, parfois, fait profondément intégrer un certain concept de souffrance et, surtout, de sélection « les meilleurs y arrivent, les autres pas » (tant mieux pour les uns et tant pis pour les autres).

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Suggérer que tout le monde peut y arriver, à sa manière et à son rythme, est assez révolutionnaire comme concept dans une société où tout est axé sur la sélection (les chefs et les subalternes… les maîtres, les esclaves, toussa toussa).

Ensuite, on s’étonne avec candeur de cet attachement profond pour le concept de la «dominance » dans nos relations avec le chien – et avec tous les animaux domestiques – alors qu’il correspond à notre perception culturelle depuis la maternelle)  ;-)

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Kay Laurence a transformé tout ça en un jeu à la table, entre un coach et un apprenant (avec, parfois, un co-coach qui prend des notes).

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Le but de l’apprenant – et donc la seule instruction qu’on lui donne avant de cesser de parler – est qu’il est là pour récolter autant de renforçateurs que possible. 

Le but du coach est d’y arriver avec la plus grande aisance possible, dans le concept d’un apprentissage où les erreurs sont réduites au minimum, afin d’obtenir un comportement final dont on ne voit pas les « coutures » et un apprenant confiant et sûr de lui pendant toute la durée du jeu  :-D

Si le rythme de renforcement baisse… on voit apparaître des comportements de substitution (bonjour la résurgence)  ;-)

Evidemment, l’idée est toujours celle de « faires ses armes » (et donc ses erreurs d’enseignement) sur un humain volontaire et informé plutôt que sur un animal chez qui on va créer une confusion certaine (et, parfois, un désengagement évident). 

Kay Laurence me disait une fois que personne ne devrait jamais cliquer un animal sans avoir joué, de manière très extensive, à cliquer d’autres humains à une table, dans un milieu limité et contrôlé par le coach :-D  (je le pense aussi d’ailleurs mais compliqué à transmettre parfois). 

En réalité, quand on clique depuis quelques années, on repense parfois avec gêne à nos débuts (et on a parfois envie de demander pardon à quelques animaux et, si ce n’est pas votre cas, c’est que vous  ne cliquez pas depuis assez longtemps)  ;-)

Le jeu a été ensuite repris par le Dr. Jésus Rosalez-Ruiz qui l’utilise à la UTN (University of North Texas) où on enseigne la Science du Comportement et successivement structuré par Mary Hunter, d’abord son élève et désormais également prof dans la même université (notre intervenante dans cet atelier).

Les étudiants en science du comportement y jouent de manière extensive afin d’expérimenter toutes les subtilités du comportement.

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A une époque où les expériences sur les animaux deviennent de moins en moins acceptables, c’est un excellent laboratoire de recherche sur le comportement.  

Bref, une Skinner box pour humains volontaires  ;-)

On voit apparaître dans nos jeux la généralisation (voulue ou non), la répétition qui fait la mémorisation, on se bute à l’extinction frustrante et à la résurgence parfois inattendue.

On prend surtout conscience que, sans un plan de « shaping » bien ficelé et maintes fois revu sans pitié, on ne va nulle part dès lors que le comportement est à peine complexe.  

Je suis certaine que certains d’entre vous se disent « bah, moi j’y arrive quand même » : souvent, c’est, précisément ce « quand même »  qui implique des émotions qu’on ne souhaite pas vraiment associer à nos apprentissages… et pourtant  ;-)

En cas de piètre enseignement, on se confronte rapidement  à la perplexité, l’hésitation, la frustration de notre apprenant.

A ce stade, nous avons la possibilité « d’étiqueter » l’autre (il est stupide, il ne comprend rien) ou de repenser notre manière de transmettre (je peux mieux faire et, surtout, faire autrement). 

On parle beaucoup  de « signaux d’apaisement » chez le chien (on a même développé une véritable adoration pour ce concept)il est parfois absolument stupéfiant de voir à quel point nous ignorons allègrement ceux de notre propre espèce (quand votre apprenant commence à écarquiller les yeux, se gratter la tête, grimace, hésite, se trompe de manière répétée… autant de signaux d’alerte qui devraient nous amener à stopper la séance, revoir notre apprentissage et notre plan de shaping de toute urgence).  

stress

En général, confrontés à ce scénario, nous développons plutôt une irritation sourde mais bien réelle vis-à-vis de l’autre qui ne « fait pas » ce que nous trouvons absolument évident qu’il fasse (quel est donc SON problème ? difficile d’admettre que « son » problème c’est nous, justement).

stupid

« Le rat a toujours raison » disait Skinner… 

On lit souvent les doléances d’éducateurs au sujet des humains dans leurs cours… et, effectivement, certains comportements nous irritent mais, un humain qui est pendu à son téléphone, qui ne suit pas les consignes cherche-t-il à nous éviter (et, surtout, pourquoi ?), c’est un comportement de substitution, pourquoi ? Complexe, riche et fascinant.

On constate qu’un simple « click du désespoir » (ce click qu’on donne à notre animal après une série de comportements inappropriés  question de le ramener sur un semblant de « droit chemin »)on peut renforcer toute une chaîne de comportements dont on ne voulait absolument pas et dont aura, ensuite, toute la difficulté du monde à se défaire.

chaos

On s’aperçoit qu’on peut fixer solidement un comportement « superstitieux » – celui que l’apprenant aura identifié comme celui qui lui vaut le marqueur et le renforçateur alors qu’il s’est vérifié par hasard… en un mot comme en cent : on apprend à transmettre un comportement de manière propre, précise et adaptée à notre apprenant du moment.

J’ai été l’apprenante d’une personne (qui ne risque pas de me lire, pas de panique) qui, pendant mon apprentissage, m’a littéralement arraché les objets des mains quand je « faisais faux », m’a fusillée du regard à plusieurs reprises et a stoppé physiquement certains de mes comportements qui ne lui convenaient pas  :lol:

En fin de séance, on demande rituellement à son apprenant comment il a vécu l’apprentissage et je lui ai répondu, suavement (même si en vrai j’étais plutôt amusée), que j’avais vécu une expérience très désagréable et que je n’avais plus vraiment envie de jouer encore avec elle (ce qui m’a valu un ultérieur regard noir).

La preuve, s’il en fallait encore une, qu’il ne suffit pas d’être armé d’un clicker et de renforçateurs pour créer une atmosphère propice à l’apprentissage  ;-)

amused

Pas facile d’accepter de ne pas faire porter à l’autre la responsabilité de notre parfois piètre enseignement (toutefois, j’avoue humblement y arriver mieux avec les animaux – et les enfants – qu’avec les humains adultes) ;-)

 … et, mine de rien, sommes-nous absolument sûrs que nos animaux ne nous en diraient pas autant lors de certaines séances de shaping que nous laissons aller complètement de travers ?  

En gros, le PORTL – même si vous n’avez pas le bonheur (tout comme moi d’ailleurs, quel dommage) d’étudier la science du comportement à NTU, nous apprend que, si nous voulons un comportement propre, nous devons travailler de manière propre, si nous voulons emmener notre apprenant vers la réussite, nous devons gérer l’environnement et rendre le succès plus probable que l’erreur. 

Vous voulez jouer ? 

Munissez-vous d’objets (n’importe lesquels), de « renforçateurs » (nul besoin qu’ils soient comestibles, l’humain bosse volontiers pour un sentiment de compétence et ce dès le plus jeune âge), déterminez un comportement dans votre tête, expliquez uniquement à votre apprenant que son but est de récolter un maximum de renforçateurs. 

… des idées de comportements ? Votre imagination est votre seule limite  :-D

Soyez créatifs mais débutez par des choses simples  (qui sont, au final, moins simples que vous ne le pensez)

  • Prendre un objet en main
  • Prendre un objet en main et le poser à un endroit spécifique
  • Mettre un objet dans un autre objet
  • Toucher un objet d’un seul doigt
  • Faire pivoter un objet
  • Secouer un objet
  • Faire tomber un objet de haut
  • Faire pivoter un objet
  • Secouer un objet
  • Mettre un objet improbable sur un autre objet (puis 3 objets)

On ne parle pas, on n’écrit pas, on ne gesticule pas…  on utilise son clicker et ses renforçateurs.

En Autriche, j’ai pioché le petit papier suivant quand j’ai du être coach :

« si la voiture est sur son toit, la soulever  / si elle couchée sur le côté droit, il faut la faire tourner sur elle-même » 

Ensuite, vous préparez votre plan de shaping  :-D

Première phase

  • Soulever un objet – mémorisation du geste
  • Soulever un 2èmeobjet – généralisation de l’apprentissage
  • Soulever un 3èmeobjet  -  conceptualisation
  • Soulever le même objet renversé

 ==> Introduire la voiture renversée (revenir en arrière si erreur)

(je n’ai pas débuté avec la voiture car, en raison de notre historique d’apprentissage humain, j’ai estimé qu’un apprenant humain l’aurait remise sur ses roues)

Deuxième phase 

  • Proposer la toupie à mon apprenant (probable phénomène de généralisation sur le premier comportement, ce qui n’a pas manqué d’arriver – on change l’objet pour redonner rapidement une chance de succès)
  • 2èmetoupie, 3ème toupie
  • Introduire un autre objet facile à faire tourner (étape sautée finalement)

==> Introduire la voiture  sur le flanc (si erreur, retour en arrière)

Vous verrez dans la vidéo que mon apprenant à montré quelques hésitations au moment préciser où se fait l’apprentissage… c’est, précisément, ce que nous cherchons au clicker: ce moment de réflexion, de compréhension qui n’est PAS le blocage, l’incompréhension, la frustration et l’erreur ;-) (ce que les anglophones appellent le «ah ah moment »)  8-)

Alterner les comportements de « soulever la voiture » et « faire pivoter la voiture ».

En Autriche, je n’avais pas de toupie donc le comportement du « spinning » a du être construit par l’utilisation de cibles (mini « post its » qui traînaient dans ma trousse) et il a comporté plusieurs étapes intermédiaires (touche la cible, suis la cible, effectue un tour complet).

Je n’avais pas de voiture non plus, j’ai donc utilisé un petit pot à glace qui roulait sur la table quand je le positionnais sur le côté, ce qui a considérablement compliqué l’apprentissage, qui a souffert d’une préparation un peu bâclée  ;-)

Au final, mon apprenante est arrivée aux deux comportements mais, quand je lui ai demandé ce qu’elle avait appris, elle n’en avait juste aucune idée (alors qu’elle le faisait parfaitement devant moi)  ;-)

Cela nous rend humbles : ce n’est pas parce que l’apprenant fait qu’il a forcément conceptualisé  :lol:

A la maison, avec des objets adaptés, mon apprenant à su me dire « voiture renversée, je soulève, voiture sur le côté, je tourne »  ;-)

Parce que je suis nulle en traitement de vidéo, j’ai tout balancé en une séance presque continue  -  PAS bonne idée  ;-)

En temps normal, je ferais une pause tous les dix clicks et je reverrais mon shaping plan… mais, mon apprenant suivait parfaitement et avait l’air tout de très bien gérer la succession des apprentissages (ce qui aurait été différent avec un autre apprenant)  :-D

J’ai très envie de mettre sur pied une journée PORTL pour éducateurs canins…  (et, par éducateurs, j’entends des personnes qui éduquent tout simplement)  :-D

si ça vous inspire… dites-le dans les commentaires  :-D :-D :-D

Happy Training  :-D

Il ne le fait pas « pour toi »…

SkinnerLove

« Il ne le fait pas pour toi, il le fait pour la friandise » : voilà comment certains asphyxient de leur jugement sans nuance les tentatives encore incertaines de ceux qui débutent dans une approche des apprentissages renforcés positivement.

Pour tempérer, certains arrivent en expliquant qu’un renforçateur (qui, dans ces groupes de discussion s’appelle toujours « récompense ») ce n’est pas « que la friandise mais aussi la caresse ou le jeu » (ouf, on est sauvés) afin de rassurer la personne en proie à ce doute atroce : « mon chien, bosse-t-il POUR MOI ou pour le petit morceau de fromage ? »

Passons aussi sur le fait que, nous humains, mangeons et ripaillons sans complexe aux naissances, aux fêtes religieuses (même quand on est un mécréant de première d’ailleurs), aux anniversaires de naissance, de mariage et même aux enterrements.   A peu près tous les moments importants – ou tout simplement plaisants, même les plus anodins –  de nos vies comportent une relation à la nourriture  d’une manière ou d’une autre ☺ 

Car le problème véritable et profond est de savoir si le chien se montre à ce point désintéressé pour « travailler » avec nous (ou pour nous) avec une abnégation absolue ou si, finalement, il n’est qu’un affreux petit opportuniste qui se mobilise uniquement si et quand une friandise est attendue?

En clair : nous aime-t-il « inconditionnellement » ?

Au delà de la technicité et la mécanique du clicker training (où la friandise est la conséquence d’un comportement et jamais son antécédent : en clair, c’est le comportement qui fait arriver la friandise et pas le contraire), au delà d’une approche au leurre, souvent conspuée et pourtant parfois tout à fait apte à diminuer le stress de manière générale, la question est bel et bien philosophique chez certains.

Elle s’inscrit dans cette vision parfois très poétique que nous avons du chien.  

« Fidèle » quoi qu’il en soit et qui qu’on soit et qui nous aime plus qu’il ne s’aime soi-même — ce qui lui confère une dimension sanctifiée tout à fait particulière à laquelle certains tiennent dur comme fer  :lol: 

En effet, on ne peut pas dire que l’amour inconditionnel coure les rues dans notre espèce  :-)

unconditional

L’amour « inconditionnel » est présumé ne rien demander en retour, absolument rien : ce qui m’apparaît comme une option peu raisonnable personnellement et qui implique potentiellement un léger souci d’estime de soi et de ses besoins personnels, je suis plutôt du genre pragmatique… un peu comme les chiens  ;-) 

Je ne pense pas que le chien n’attende rien en retour dans sa relation à l’humain… il demande qu’on comble ses besoins fondamentaux et moins fondamentaux et, parfois, spécifiques à sa race et, quand on ne le fait pas, les problèmes de comportement arrivent presque inévitablement (certes, il ne s’en va pas mais en a-t-il vraiment le choix au final?)

Je ne pense pas qu’un chien soit « fidèle » quoi qu’il arrive : j’ai récupéré un chien perdu dans la nature qui, en apercevant ses propriétaires chez qui je l’ai évidemment ramené, a ressauté dans mon coffre avec conviction et a pris son air le plus dépité possible quand on a du le rendre, contre son gré, à sa « vraie famille » (il n’a pas eu un très improbable coup de foudre pour ma personnalité charismatique mais, ayant peur de le perdre pendant notre balade, je l’ai gavé de dés de jambon pendant 4 heures créant probablement chez lui le premier historique de renforcement de sa vie).

Les besoins physiologiques et de sécurité comblés, arrivent les autres besoins (cognitifs notamment). 

Le clicker training active des circuits émotionnels fondamentaux au bien-être : celui de la compréhension de l’environnement (indispensable à tous les animaux, domestiques ou sauvages d’ailleurs) et celui du jeu… ce sont bel et bien ces émotions (qui favorisent la production d’hormones à l’effet euphorisant) qui rendent les chiens « accros » à un apprentissage bien présenté et maîtrisé, via cette minuscule friandise qui les réjouit et engage dans un premier temps. Il ne s’agit pas d’une distribution désordonnée de friandises mais planifiée et réfléchie. Il y a des conditions assez strictes au renforcement positif – que ses détracteurs ignorent complètement le plus souvent  8-) 

En répondant à toute cette panoplie des besoins de nos chiens, se construit ce qu’on appelle la « relation » – une myriade de renforçateurs qui, les uns après les autres, la rendent solide et empreinte de confiance mutuelle (« you are good news »). 

Ils ne sont guère différents de nous car, avec nos meilleurs amis, nos compagnons et compagnes, tous ceux que nous apprécions nous partageons également un historique de renforcements parfois kilométrique et qui, en raison de sa solidité, de ses répétitions innombrables, supporte parfois quelques coups de canifs occasionnels s’ils ne sont pas trop méchants (quand les coups de canifs deviennent répétés ou trop violents, étrangement, même les grandes amitiés s’arrêtent). A moins de confondre amour et dépendance, nous fonctionnons considérablement de la même manière  ;-)

Même notre action la plus désintéressée en apparence, est gratifiante, parce qu’elle nous apporte cette émotion confortable qui nourrit l’estime que nous avons de nous-mêmes…

feelinggood

Nous passons l’intégralité de nos vies à essayer d’échapper à des conséquences néfastes ou désagréables et à rechercher celles qui seront agréables, gratifiantes et plaisantes. Tout ce qui est gratifiant produit de la dopamine et votre cerveau va chercher à reproduire le comportement en question. 

C’est ce qu’on appelle communément le conditionnement par apprentissage opérant et qui nous motive même quand on croit que le conditionnement est un gros vilain mot

Quand vous bossez/jouez avec votre chien, au delà de l’apprentissage d’un quelconque comportement, vous lui apprenez, surtout et avant tout, si faire des choses avec nous est quelque chose de gratifiant, qui est générateur de bonheur, de confiance en soi, de confiance en nous ou, au contraire, source de stress, de frustration, d’ennui ou de mal être : à partir de ces conclusions, notre chien « aimera » travailler avec nous ou nettement moins.

On en fera un partenaire enthousiaste ou ce qu’on appelle un chien « distrait » « démotivé » « têtu » « borné » et mille autres étiquettes rassurantes (pour notre estime de nous-mêmes avant tout).

Ne vous culpabilisez pas, ne laissez pas les autres vous culpabiliser si vous souhaitez construire  la relation à coups de renforcement – c’est l’unique voie qui existe finalement et, peut-être, est-ce précisément ça « l’amour » ? ☺

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« Qu’est donc l’amour sinon une autre définition du renforcement positif ou vice versa? » (B.F. Skinner) 

Travailler du chapeau…

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Dans une autre vie, je travaillais dans une multinationale et si j’ai souvent eu envie d’ouvrir un blog sur les tribulations d’une anarchiste dans l’âme dans cet étrange milieu (que j’ai cordialement détesté) – rendons à César ce qui lui revient, elle m’a mis en contact avec des gens intéressants, très souvent.

Parce que ma hiérarchie s’est soudainement éprise de la méthode et de son auteur, nous avons vu débarquer, à Lausanne, un certain Edward de Bono (passons sur ma première question à mon patron qui me parle de «Bono » et à qui j’ai demandé s’il voulait vraiment faire venir le chanteur de U2….c’était pas lui, dommage) – auteur de la célèbre méthode des six chapeaux (« The 6 Hats Method »).

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L’idée était de favoriser l’énergie créatrice et la résolution des problèmes lors des interminables réunions dont était fait notre quotidien – laisser une chance aux idées nouvelles sans les voir enterrées d’office parce que nouvelles. 

Bref, ce célèbre monsieur a débarqué des USA avec sa joyeuse équipe au grand complet et je n’oublierai jamais la vision de son bras droit, une femme d’une quarantaine d’années, qui dansait et virevoltait seule sur une gigantesque scène sur des musiques des « sixties » devant un parterre de cadres supérieurs médusés et complètement immobiles (elle leur avait d’ailleurs lancé un « ohhhh, you Europeans are soooo stiff » qui avait suscité chez moi une grande hilarité à cette époque).

Rigides ou pas, nous avons ensuite tous été sommés d’utiliser la méthode des chapeaux, dont le mode d’emploi était donné en réunion, sous forme de petites cartes élégantes imprimées à grands frais et mises en évidence dans tous les bureaux et salles de réunion (pour la petite histoire, peu de temps après l’hypothétique révolution des « 6 hats », les petites cartes sont restées dans un coin pendant que tout le monde reprenait ses vieilles habitudes tranquillement – la pensée latérale était clairement au dessus des forces de nos cadres supérieurs).

 Pour vous donner une idée (merci Wiki)les codes des chapeaux de couleur :

Le Chapeau blanc : la neutralité. Lorsqu’il porte le chapeau blanc, le penseur énonce des faits purement et simplement. C’est l’image de la froideur et la simplicité : le minimalisme.

 Le Chapeau rouge : la critique émotionnelle. Lorsqu’il porte le chapeau rouge, le penseur rapporte les faits teintés d’émotion, d’intuitions et de pressentiments. Il n’a as à se justifier auprès des autres chapeaux, le rouge c’est le feu, la passion, l’émotionnel et l’intuitif.

Le Chapeau noir : la critique négative. Lorsqu’il porte le chapeau noir, le penseur émet des objections qui soulignent les dangers, les risques en relation à l’idée. C’est l’avocat du diable, la prudence, le négatif.

Le Chapeau jaune : la critique positive. Lorsqu’il porte le chapeau jaune, le penseur admet ses rêves et ses idées les plus folles. Ses commentaires sont toujours constructifs et visent l’action. C’est le soleil, l’optimisme.

Le Chapeau vert : lorsqu’il porte le chapeau vert, le penseur provoque, cherche des solutions alternatives. Il s’inspire de la pensée latérale, il imagine une autre manière d’envisager le problème. Il sort des sentiers battus et propose des idées nouvelles. C’est la fertilité des plantes, la semence des idées, le renouveau.

Le Chapeau bleu : le meneur de jeu, l’animateur du groupe qui canalise les idées et les échanges entre tous les autres chapeaux. C’est le bleu du ciel qui englobe tout.

Cette approche « managériale » peut tout aussi bien s’appliquer en éducation canine et il est assez passionnant de déterminer sous quel chapeau votre client est installé et quel est le nôtre (et, en ce qui nous concerne, il est surtout intéressant de s’évertuer tous les chapeaux, un à un, tour à tour).

fluffy

En effet, prenons une propriétaire qui s’adresse à l’éducateur canin… elle vous appelle parce que Fluffy son caniche de 5 ans, récupéré d’une première famille, « aboie toute la journée, ne reste pas seul et veut mordre le voisin » : « il a certainement été frappé par un homme » – ajoute-t-elle  ;-)

« J’ai déjà tout essayé  et rien ne marche » vous dit-elle pour finir, « de toute façon, il est dominant ».

 Pour mieux comprendre, on peut, tour à tour, endosser tous les chapeaux  :lol:

 Le chapeau blanc (je ne peux pas écrire en blanc sur fond blanc) 

whitehat

L’absence de couleur, la neutralité s’attache uniquement aux faits. On reste donc neutre et objectif, en évitant l’interprétation.

A nous éducateurs canins de faire la part de ce qui est un fait (avéré), versus une opinion personnelle ou une anecdote peu significative.

  • Fluffy aboie (la propriétaire l’a entendu)
  • Fluffy aboie toute la journée (a-t-il été enregistré sur plusieurs heures ? comment le sait-on?)
  • Fluffy est un caniche (il a des papiers)
  • Fluffy est peut-être un caniche croisé (il n’a pas de papiers)

 Le chapeau rouge

redhatL’émotion se passe de justifications – la chapeau rouge nous informe sur comment la personne « se sent », ou ce qu’elle « ressent » rien de plus mais rien de moins et on doit en tenir compte absolument.

Si la propriétaire pense que Fluffy est « dominant », rien ne sert de balayer cette croyance d’une référence scientifique – si la propriétaire y croit, cela va influencer tout votre travail.

Le chapeau noir

blackhat

On reste dans la logique (qui n’est pas forcément objective d’ailleurs). Le chapeau noir est négatif mais sans émotions, c’est un pessimisme qui se veut réaliste.

Nos clients portent souvent le chapeau noir : « j’ai déjà tout essayé » (et rien n’a fonctionné), « j’ai déjà vu 3 éducateurs avant vous, vous savez », « j’ai déjà dépensé une fortune pour Fluffy», « tous les caniches sont collants, y’a rien à faire », « il est trop vieux pour changer » (etc.).

Le chapeau jaune

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Le chapeau jaune respire l’optimisme : il pousse à l’espoir. Il n’est pas forcément créatif d’ailleurs (l’optimisme n’inclut pas, automatiquement, la créativité).

Quand votre propriétaire porte le chapeau jaune, il vous dira « Fluffy n’a jamais mordu le voisin quand même », « il suffit que je le garde en laisse après tout » mais également « je vais le faire castrer, ça va arranger les choses, ça a marché pour le chien de ma voisine », « il est gentil, je sais qu’il ne mordra jamais».

Le chapeau vert

greenhat

Avec le printemps, arrive le vert : le chapeau vert trouve des idées, des concepts, il est créatif et novateur. Il est à l’aise avec ce qui n’a jamais été essayé.

Les sessions « portons notre chapeau vert » sont utiles quand toutes les parties le portent en même temps – éducateur et propriétaire, à deux, on peut inventer des solutions, en écarter certaines, en retenir d’autres.

Lors d’une formation aux USA (Legacy Canine), nous avions fait une séance « chapeau vert» sur un mot tiré au hasard du dictionnaire… si certains concepts ou idées sont éminemment farfelues, d’autres avaient créé des associations d’idées intéressantes. 

Le chapeau bleu

bluehat

L’éducateur canin dans toute sa splendeur : il englobe tout (le bilan de santé donné par le vétérinaire, le bilan comportemental d’un éventuel vétérinaire comportementaliste et une possible médication, les objections et les limites de l’entourage, celles de l’environnement, les besoins du propriétaire, ses attentes, la connaissance des lois locales, etc.), il est comme un chef d’orchestre.

En outre, il fait le tri des informations données par les autres chapeaux et, à partir de là, dessine le chemin à suivre.

Prenez en considération ce que vous auront dit les chapeaux – apprenez à les reconnaître, à les porter, un après l’autre, écrivez vos conclusions  et mettez votre chapeau bleu  :-D 

Happy Thinking  :-D

Médicaments, le dernier recours?

 

La médication en thérapie comportementale, le dernier recours ?

Sujet évidemment sensible tant il suscite, chez pas mal de monde, une réponse ultime, absolue et peu nuancée… alors que, en comportement, TOUT est nuance justement  ;-)

relatif

Toutefois, je comprends ces réactions épidermiques de refus sans difficulté, tant l’idée semble, au premier abord, rebutante (j’avoue que, au fil des années, j’ai révisé mon approche et opinion). 

baddogsjoke

On parle, clairement, de médicaments psychotropes, délivrés exclusivement sur ordonnance par un vétérinaire (et pas de moyens dits « naturels » tels que la caséine, la L-théanine, les phéromones, l’homéopathie, les fleurs de Bach et autres précurseurs naturels de la sérotonine plus ou moins efficaces).

Evidemment, la médicalisation au sein d’une thérapie de modification du comportement est du seul ressort du vétérinaire comportementaliste, pas celui de l’éducateur donc, a priori, pas le mien  :lol:

Sauf que – dans la réalité du quotidien – c’est à nous que s’adresse, souvent en premier lieu, le propriétaire aux prises avec ce chien qu’on ne peut même plus sortir pour aller faire pipi alors qu’on habite en appartement, ce chien qui aboie pour tout et rien mille fois par jour, qui a des phobies handicapantes, qu’on ne peut plus sortir en voiture, qui agresse les autres chiens ou les humains… bref, qui constitue un danger pour les autres et pour lui-même.

dogblanket

Nous sommes ceux qui reçoivent et écoutent longuement, ce propriétaire à bouts de nerfs, de motivation, pris entre l’affection bien réelle qu’il porte à son chien (sinon, il ne serait pas là) et son exaspération parfois extrême car complètement désemparé par ce qu’il vit depuis des semaines, voir des mois ou même, parfois, des années. Ces personnes ont, souvent, à leur actif, un long parcours de promesses de « méthodes » et protocoles prometteurs qui n’ont rien changé et le scepticisme qui en découle  :roll:

Nous sommes ceux qui aident le propriétaire à jongler entre l’inévitable deuil à faire du chien « sympa et facile » et la motivation indispensable pour aider leur sujet réactif, voir hyper réactif ou tellement craintif que passer le seuil de l’habitation requiert une stratégie hautement élaborée, sans compter les inévitables échecs qui dépriment et démotivent (le «on ne va pas y arriver » fataliste et défaitiste).

reactif

Nous sommes là pour mettre en évidence le plus petit embryon de progrès, le célébrer, ne pas laisser ce début de succès se diluer dans la marée du chemin encore à parcourir.

Ce sont d’ailleurs des cas extrêmement lourds en termes d’énergie mentale et affective pour l’éducateur également et c’est toujours du « sans garantie » (petite mention ironique, je l’admets sans complexe, à ces « collègues » qui promettent des résultats « rapides et définitifs » à prix d’or d’ailleurs, confirmant à tout professionnel digne de ce nom leur ignorance absolue en comportement). 

S’il existait une approche ultime et garantie de modification du comportement, on se demande pourquoi les prisons sont pleines, les psychiatres se trompent régulièrement dans leur évaluation de la dangerosité de certains individus, etc.  

Le comportement, reste l’étude unique d’un cas dans un environnement et aucune réponse ne saurait être universelle et infaillible  ;-)

Moi aussi j’aimerais bien une méthode magique pour perdre dix kilos en avalant force chocolat et fromage mais, quoi que l’idée me semble tout à fait attrayante et même au-delà, mon réalisme foncier me sauve d’acheter le « thé magique » vendu à prix d’or sur internet  8-)

Modifier une émotion et, donc par voie de conséquence, modifier le comportement est un chemin qui ne connaît aucun raccourci, jamais (à moins, évidemment, de ne viser QUE la disparition temporaire du comportement gênant et de se contenter d’un chien inhibé et contraint et encore, le plus souvent ça tient le temps de tourner leurs vidéos promotionnelles).

 … et c’est là que, parfois, se pose la question d’une médication  :-)

La peur est une très vilaine émotion, n’importe quelle personne anxieuse comprendra cette phrase sans que je développe ultérieurement et longuement.

SHUTDOWN

Observer un chien couché au sol dans une mare de bave et qui n’ose plus bouger me remue au moins autant que de voir un chien physiquement blessé : les deux souffrent de la même manière, les deux ont besoin d’une aide urgente et efficace.

Quand on parle de psychotropes, il faut faire la distinction entre les médicaments à prendre au quotidien (comme la fluoxétine par exemple) – la molécule doit être constamment dans le système du chien pour faire son effet : ses effets s’observent, le plus souvent, après 3 ou 4 semaines après le début du traitement.

Ensuite, il y a les médicaments que l’on donne de manière ponctuelle (comme le Xanax par exemple) qui sont donnés chez les chiens qui souffrent de phobies au sujet de certains bruits par exemple (comme l’orage).

Ils font effet rapidement mais on un effet « sédatif » clairement plus important que les premiers. Ils créent une accoutumance et il faudra souvent augmenter les doses avec le temps. Avant de grimacer, je me dois de mentionner cette chienne qui lors d’un orage, à traversé une fenêtre fermée en panique (se blessant évidemment au passage), une autre qui s’est démontée la mâchoire pour sortir de la cage où elle était enfermée  :-|

La chimie du cerveau d’un chien qui considère certains déclencheurs comme une menace mortelle est telle qu’aucun apprentissage constructif et profitable n’est possible en l’état.

Dans un monde parfait et idéal, le chien ne serait jamais exposé à ce qui le terrorise et donc pourrait se passer de médication et apprendre dans un milieu « sécurisé », en augmentant l’exposition de manière rigoureusement contrôlée.

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Sauf que, dans la vie réelle, c’est rarement possible, voir jamais (car il faut sortir le chien ne serait-ce que pour ses besoins physiologiques, il faut aller chez le vétérinaire, on ne peut pas vivre en reclus sans jamais recevoir d’inconnu, on ne peut pas contrôler les tirs, les feux d’artifice et la météo, on doit prendre la voiture, etc. etc.)

Les médicaments ne résolvent strictement rien, seuls.

Ils diffèrent (plus ou moins longtemps) la réponse comportementale du chien (qui réagit donc moins vite) et son intensité (il réagit moins intensément). Ce qui aide considérablement la mise en place d’une stratégie comportementale qui reste absolument indispensable et incontournable.

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Comme ces ordonnances viennent obligatoirement d’un vétérinaire (choisissez-le avec la spécialisation en comportement de préférence), il saura prendre en considération une éventuelle pathologie, notamment au niveau du foie et discuter avec vous des possibles effets secondaires et de la posologie. 

Pour conclure, je précise que cette décision n’est jamais prise par pure « convenance » ou à légère et que, chez mes clients, elle a toujours fait l’objet d’une véritable réflexion dans l’intérêt premier de leur animal, avant même le leur (il est par ailleurs difficile de dissocier les deux). 

Comme toujours, une collaboration et communication franche et efficace entre propriétaire, éducateur et vétérinaire comportementaliste, chaque acteur respectant l’autre pour ses compétences, représente la meilleure option à prendre parfois sans tarder et non pas comme celle du « dernier recours » pour, parfois (mais pas toujours hélas) pouvoir, ensuite, s’en défaire  ;-)

 

K Overall – fin

… pour clore la rétrospective de ces deux jours de conférence, nous avons abordé la thématique de la modification du comportement – une approche annoncée comme «cognitive» (versus une approche en apprentissage opérant, dit-elle) que le Dr. Overall nous suggère par le biais de « Chaser », l’ultra célèbre Border Collie qui connaît précisément 1022 noms d’objets et peut associer un comportement spécifique en relation à un objet.

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Au milieu de tous ces objets connus par le chien, on lui demande d’aller chercher un objet qui n’a jamais été nommé et, après avoir examiné tous les objets connus, Chaser prend l’unique objet à sa portée dont elle ignore l’appellation : typique exemple de raisonnement déductif

Passons sur le fait que ces exploits sont précisément le résultat d’apprentissages opérants et que mon brave Zouk, s’il n’en connaît sûrement pas 1022 (j’admire la pugnacité du propriétaire, je m’ennuierais certainement plus vite que mon chien), est parfaitement capable de m’apporter son frisbee violet versus sa balle verte, tout comme de faire « jaune cible assis» ou « bleue cible couché » (c’est du clicker training avancé, ni plus ni moins)

… ou encore le chien du roi de Thaïlande, issu de la rue où elle a appris à ouvrir des noix de coco pour en manger la pulpe et dont les chiots ensuite ont fait preuve des mêmes inhabituelles capacités, par observation de la mère (ma plus jeune chienne Biba, assez réactive quand elle est arrivée chez moi, regardait Eelou à chaque rencontre inhabituelle et, comme Eelou restait zen, elle restait zen aussi : Eelou me l’a éduquée, je n’ai pas eu grand chose à faire sur le plan de la réactivité).

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Overall nous a également rendus attentifs au fait que les chiens approchent plus facilement un humain qu’ils ont observé jouer en harmonie avec un congénère heureux et détendu : bref, les chiens font preuve de processus mentaux qui mettent en jeu, comme chez l’humain, l’apprentissage, l’intelligence, la résolution de problèmes, la prise de décision, la perception.

cognition

En gros, elle nous démontrait l’intelligence du chien – probablement dans le but de promouvoir une rééducation comportementale intelligente, respectueuse et non coercitive (mais je pense – ou du moins j’espère – qu’elle prêchait à un public de convaincus).

Overall nous propose un petit test (que je vous « re-propose » à mon tour) où le chien suit un objet des yeux – s’il en est incapable, selon elle, le chien aura des difficultés d’apprentissage (immédiatement testé sur les miens dès mon retour, évidemment)  :lol:

Zouk a suivi 2 fois des yeux, très poliment… en cherchant très fort la solution au problème : à la 3ème tentative, il s’est mis à ignorer ostensiblement l’objet pour fixer un point dans le vide (d’un air futé), comme il a appris à le faire avec ses frisbees ou à rester focalisé sur l’obstacle pendant que je fais une danse de Sioux à ses côtés : mon chien est un poème de déduction logique (dans tous les cas de figure, il est assez évident qu’il n’a franchement aucun problème d’apprentissage, me faisais pas trop de mouron à ce sujet).

Eelou a suivi bien poliment l’objet des yeux à plusieurs reprises avec une grande intensité — pour ne plus me lâcher ensuite (genre « j’ai fait ta chose sans intérêt aucun, donne moi un truc maintenant ») – ma chienne a un sens très aigu de ses conditions de travail et fait preuve d’une bonne volonté à toute épreuve : toutefois, son salaire minimum n’est tout simplement pas négociable (rassurez-vous, je paie toujours)

Logiquement, nous avons procédé sur le protocole de relation du Dr. K. Overall – que tout le monde connaît (et, si vous ne le connaissez pas, il est à peu près partout sur le net aussi bien détaillé par écrit qu’en un nombre affolant de vidéos) – je m’en sers sur les chiens réactifs, en parallèle à d’autres exercices, depuis des années.

Ce n’est pas un exercice d’éducation ni de contrôle mais de détente et de relaxation – son utilité ne se perçoit probablement pas de manière intuitive et, pourtant, il aide puissamment (à sa charge, il est répétitif et ennuyeux à en mourir)  :lol:

A ce protocole, on peut ajouter l’apprentissage de « l’inspiration » : Overall suggère d’apprendre aux chiens réactifs à prendre une grande « inspiration » qui leur permettrait de reprendre le contrôle sur leur système nerveux autonome afin d’éviter un rythme cardiaque qui s’accélère, l’hyper vigilance anxieuse et un halètement de stress.

Parce que le chien associe des mauvaises émotions à la perception d’une menace, ce comportement, mis sur signal, peut les aider à une meilleure autonomie et le chien peut y avoir recours, ensuite, de manière spontanée et sans signal dans des moments difficiles (j’ai donc essayé sur Zouk et, dans les 2 ou 3 dernières secondes de cette courte vidéo, vous pouvez voir ses narines s’ouvrir assez clairement – c’est la fameuse inspiration profonde – tout à fait fugitive et soulignée par mon « tu vois que ses narines s’ouvrent » triomphant – oui, vous avez le droit de rigoler).

C’est aussi l’objet de la vidéo ci-dessous, la respiration est bossée au clicker – je ne le ferais pas car le clicker met, automatiquement, mes chiens en mode « travail » et ce n’est pas un mode de détente et de « lâcher prise », plutôt de focalisation intense  ;-)

Quand le chien regarde le chat (en fin de vidéo), ça évoque plutôt chez moi un simple conditionnement répondant qu’une inspiration quelconque mais il est vrai qu’il est très difficile d’observer la respiration d’un chien qu’on n’a pas sous les yeux  ;-)

Par ailleurs, toujours selon Overall, focaliser un chien réactif sur cette inspiration profonde, les rendrait plus aptes à écouter nos signaux (« ordres » si vous préférez).

Comme je suis une grande fanatique du signal dit « précieux » (hautement renforcé) et limpide comme l’eau claire, j’adhère volontiers, pour autant que toute notre attitude soit globalement congruente (et que donc, nos signaux, soient tous signifiants, donnés avec cohérence, dans des conditions où l’échec est improbable, etc.).

En définitive, la protagoniste de cette conférence si dense, était bel et bien la pharmacologie mais, même si ce n’est pas notre rôle (et que cela reste celui du vétérinaire évidemment), nous sommes souvent ceux qui voient plus le client, nous avons sa confiance souvent et sommes en mesure de faire accepter l’idée d’une médication non systématique, non de « confort » ni de « convenance » mais, parfois, une aide indispensable aux apprentissages que nous prévoyons de mettre en place.

L’utilisation de certaines molécules représente également parfois un « répit » pour le propriétaire, parfois à bout de souffle, de patience, d’empathie et de moyens.

Merci à tous ceux qui ont suivi ☺

K Overall / 3

overall

En réalité, avec le recul de quelques jours, je me rends compte que certaines phrases prononcées par la Dr. Karen Overall étaient, à elles seules, des sources d’inspiration, de multiples questions et que j’aurais aimé (adoré) la voir s’asseoir autour d’une table et bâtir la conférence sur un dialogue « socratique » plutôt que sur des thèmes déterminés par avance et une foultitude d’informations à ingurgiter (aisément ou pas, nous n’avons pas tous le même background scientifique)  8-)

socratique

Il est toutefois absolument passionnant d’en arriver à la conclusion que l’immense majorité des gens ne savent pas reconnaître, chez le chien – cet animal si familier, si présent dans nos vies (comme aucun autre animal domestique)les signaux de peur, d’incertitude et d’anxiété (et donc de besoin d’information) et ratent ainsi complètement l’occasion de mettre fin à une interaction inopportune(et, avec le temps, potentiellement dramatique). 

Le célèbre « il a mordu sans raison » qui, soumis à un œil plus averti, plus éduqué sur la communication non verbale des chiens est si rarement vrai : ce que certains appellent «l’agression idiopathique », un véritable trouble de la chimie du cerveau ou l’aboutissement d’une communication souvent incomprise, souvent sous estimée ?

La question reste largement ouverte  8-)

Les chiens manquent cruellement d’information au sujet de leur environnement et nous manquons cruellement d’intérêt sur ce qu’ils ont à nous dire (ou de moyens, voir de volonté réelle, pour les comprendre).

dogchild

Même quand nous imaginons comprendre nos chiens, il reste un chemin considérable à parcourir pour accepter ce que l’individu chien nous dit : nous renonçons souvent très difficilement à la vision de « notre » chien idéal, de ce que notre chien devrait être ou comment il devrait se comporter.

L’idée assez répandue de la pertinence d’un « chef »  ou d’un « dominant » (intra spécifique, à savoir entre les chiens d’un même foyer ou partageant des balades ou des activités) pousse bon nombre de propriétaires à « laisser faire » lors d’escarmouches répétées, d’un harcèlement subtil d’un chien par un autre, de déplacements, d’interdiction d’accéder à certains lieux, choses, accès.

On laisse faire en pensant favoriser la mise en place d’un système acceptable, que tout le monde « trouve sa place » – sauf que, la place de victime n’est pas franchement enviable et, au final, ne devrait revenir à personne. 

dogstogether

Le célèbre « il/elle l’a remis à sa place » (une expression qui me donne de l’urticaire personnellement, elle est pourtant chère à pas mal de propriétaires voir d’éducateurs).

Dans l’agression (même sans morsure), d’un chien anxieux, il faut avant tout déceler une forme de « provocation », celle d’un individu qui cherche à obtenir de l’information en relation à un autre : « es-tu une menace pour moi ? » (en effet, la provocation sert parfois à définir les limites).

Parfois, la réponse est rassurante (et donc renforce le comportement de provocation) et, d’autres fois, le chien se retrouve conforté dans son idée première de danger en relation à un congénère.

agressivechi2

Probablement pas inutile de préciser que cette réponse peut se modifier dans le temps et selon le contexte social, ce qui me rend personnellement si peu encline à demander à mon propre chien, pourtant un monstre de tolérance, d’apporter une réponse rassurante à des congénères anxieux (pas, du tout, envie de le voir atteindre les limites de sa propre stabilité et les signifier à un autre).

ZoukPortrait

C’est assez fascinant d’observer comment les chiens qui vivent ensemble – et s’entendent bien – se comprennent par le biais d’une communication excessivement subtile, presque invisible pour nos yeux d’humains.

Alors que deux chiens inconnus vont s’exprimer avec des signaux très visibles, amplifiés, exagérés… et je m’amuse à penser que nous ne sommes guère différents quand nous rencontrons une personne pour la première fois et que nous souhaitons faire cette fameuse « bonne impression »  :-D

Notre courtoisie (déférence, en français cette fois) est aussi légèrement exagérée, comiquement évidente  :lol:

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Apprenons à reconnaître ces signaux : à reconnaître ces provocations lancées à un congénère « es-tu une menace pour moi ? »

Les composantes de cette communication sont parfois plus dans les comportements «passifs » qu’actifs : un chien qui contrôle un autre chien, certains regards très appuyés ou un regard qui se détourne chez le chien « victime ».

Nous avons souvent besoin de bien plus spectaculaire pour prendre conscience d’un vrai malaise entre deux chiens.

Souvent les propriétaires nous demandent comment « favoriser une bonne entente » et, si pas mal de choses peuvent être mises en place, cette entente profonde, absolue entre deux (ou plusieurs) chiens est à peu près un cadeau du ciel : « il n’y a pas de stratégie de l’amour » dit Overall (je l’ai noté)  ;-)

sleeping

A travers une série de vidéos, Overall nous a vivement incités à ne pas prendre à la légère ces comportements peu appropriés au contexte social et à reconnaître rapidement le malaise d’un individu et même à accepter que, parfois, la « victime » systématique MERITE un nouvel endroit de vie : le monde des chiens ne peut pas être cette parenthèse idyllique que nous avons souvent en tête.

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Je saute les quelques présentations (comme celle sur les troubles obsessionnels compulsifs) qui impliquaient principalement des solutions médicamenteuses.

En effet, pour nous éducateurs spécialisés en comportement, il s’agit avant tout de mettre en place un dialogue constructif et mutuellement respectueux avec un vétérinaire comportementaliste,  dans le meilleur intérêt du client.

On a ensuite passé à la réactivité aux bruits qui va d’une simple réaction sensible à la phobie pure et simple.

phobia

Intéressant de voir confirmé que toute phobie du bruit est toujours associée à une ou plusieurs autres formes d’anxiété.

Un problème très présent dans les races bergères (notamment chez le Border Collie) qui peut sérieusement gâcher la qualité de vie du chien (intéressant de savoir que certaines lignées galloises de Border Collies, particulièrement favorisées en reproduction en raison de leurs exceptionnelles aptitudes au troupeau, sont très particulièrement concernées par cette réponse pathologique aux bruits).

Les études des pathologies dans une race spécifique sont ardues à réaliser, les éleveurs n’étant pas souvent très désireux de venir annoncer avec clarté et transparence ce qui ne « va pas » dans leur race et leurs lignées plus spécifiquement  :roll:

En définitive, Overall souligne l’importance d’intervenir dès les premiers signes de sensibilisation aux bruits (en évitant ce que j’appelle la politique de l’espoir) par une désensibilisation précoce (à mettre en place, obligatoirement, avec un éducateur chevronné), sans oublier les moyens auxiliaires comme les « mutt muffs », les masques de nuit, etc.

muttmuffs

En définitive, les pathologies vraiment sérieuses relèvent inévitablement de la médecine vétérinaire (pharmacologie) et la réponse aux véritables phobies a été présentée sous forme d’une synergie de benzodiazépines, anti dépresseurs, anti névralgiques et un sédatif spécifique sous forme de gel gingival (une énumération si impressionnante que tu te surprends à frissonner en te réjouissant que ton propre Border soit allègrement non concerné)  8-O

Toutes ces molécules étant moins qu’inoffensives sur le foie, il est impératif de choisir un vétérinaire qui maîtrise ces molécules et leur synergie, effets secondaires, etc. pour une approche systémique.

Encore un épisode à venir pour ceux qui suivent (et, maintenant que la frustration de ne pas avoir pu aller plus loin sur certains sujets, s’est un  peu dissipée, j’ai une perception nettement plus constructive de ces deux jours)  :-D

conf K Overall / 2

myth

Je vais passer rapidement sur la présentation de ce que le Dr. Overall considère et présente comme des mythes ou des controverses en médecine vétérinaire.

Certaines thématiques (comme celle de l’homéopathie et celle de l’utilisation des phéromones dites « apaisantes ») impliquent plus fortement que d’autres l’effet placebo qui, pour les détracteurs, ne se limite pas au simple cachet ou granule mais à toute la dynamique reliée à toute forme de croyance (il est fréquent de voir le comportement et/ou l’état de santé d’un chien se modifier de manière significative tout simplement parce qu’il participe à une étude… ce qui laisse songeur).

Toutefois, sans vouloir entrer dans ce débat spécifique, il était intéressant de constater que, dans une étude portant sur les effets d’une préparation homéopathique, l’état des chiens impliqués (peu atteints, gravement atteints, début de pathologie, aigüe, chronique ?) n’est même pas spécifié au départ, ce qui laisse le béotien quelque peu perplexe (manque de précision).

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Evidemment inutile s’attarder sur le fait qu’il n’existe pas la moindre étude qui parle d’une quelconque efficacité en ce qui concerne l’homéopathie mais ça, je pense que tout le monde le savait déjà, ces études à charge ayant déjà été largement reprises par la presse généraliste (et qui ont été réfutés immédiatement par le public).

Même combat pour certains acides aminés présumés utiles dans la modification de l’humeur comme le tryptophane et/ou la tyrosine… et dont il serait parfaitement inutile et illusoire de supplémenter son chien (hors effet placebo).

Je ne peux que vous proposer la conclusion car l’explication, donnée à une allure de folie (comme l’intégralité de la conférence d’ailleurs) aurait nécessité bon nombre de questions de ma part et une explication largement plus détaillée (ma formation scientifique n’était, tout simplement, pas à la hauteur). 

(tout cela, vous le trouvez noir sur blanc dans le livre « Manual of Clinical Behavioral Medecine for Dogs and Cats » si vous voulez aller plus loin)  ;-)

A travers ce premier sujet, on en arrive à mon principal (voir unique) vrai reproche au sujet de ces deux jours : une frustration intense sur certains sujets survolés comme si nous étions attablés entre pharmacologistes chevronnéssans que soit proposée la moindre tentative de vulgarisation et, de surcroît, à une cadence que je qualifierais volontiers d’infernale  (grands échanges de regards ahuris avec mes voisines de rangées, ce qui m’a fait rire car nous aussi nous donnons une montagne de ce que les gens aiment appeler « des signaux d’apaisement »)  :-D 

Autre controverse qui en aura laissé plus d’un perplexe, les études sur les méfaits présumés de la castration / stérilisation qui, sous nos latitudes, ont dernièrement été mises considérablement en avant pourtant (notamment l’augmentation des ostéosarcomes, des rupture des ligaments croisés, des lymphosarcomes)complètement réfutées par la Dr. Karen Overall qui met en avant l’âge des chiens participants à ces études (insuffisamment avancé) et le très petit nombre de chiens utilisés (ce qui casse les règles de la statistique) : selon elle, aucun effet néfaste ne peut être imputé aux gonadectomies (quel que soit l’âge de l’animal au moment de l’intervention).

Pour aller plus loin : http://www.joeldehasse.com/books/castration.06.html

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Quoi qu’il en soit, les études étant effectivement insuffisantes, incomplètes, peu significatives (c’est elle qui nous le dit), son opinion (au demeurant assez tranchée en l’absence de vraies données) est à considérer comme lourdement teintée de culturel, social et anthropologique (n’oublions pas qu’elle nous arrive des USA où la production incontrôlée de chiens et l’abandon endémique ont des conséquences catastrophiques avec des «refuges» qui se voient obligés de tuer les chiens par dizaines, ce qui est considérablement choquant et traumatisant).

Un mini café et on repart dans une présentation surtout utile aux vétérinaires présents – sur l’évaluation du stress des chiens en cabinet vétérinaire (procédure standardisée) : en ce qui nous concerne, éducateurs et propriétaires, une vraie préparation des nos clients en «medical training » reste précieuse quelle que soit l’attitude de notre vétérinaire traitant (notons que si nous restons libre de choisir notre vétérinaire généraliste, le chirurgien spécialiste dont tout le monde parle « car il fait des miracles », on le prendra qu’il soit aimable avec notre chien ou pas : autant préparer nos chiens)  ;-)

On espère donc que les vétérinaires présents auront, tous, pris bonne note car on peut toujours « mieux faire » (même si je salue mon gentil véto qui me voit si rarement au passage, en espérant continuer à le voir rarement).

Idem pour tous les toiletteurs, ostéopathes, masseurs, magnétiseurs, reiki et autres manipulateurs « new age » que je pourrais oublier  :-D

Si la Dr. Karen Overall a clairement dit que la plupart des vaccins faits aux chiens sont valables « à vie » dès la première injection (si, si) – elle préconise d’emmener le chiot chez le vétérinaire hors nécessité de vaccins, tous les 3 mois la première année et 2 fois par an les années suivantes même quand le chien va bien (et là, tu regardes tes pieds mais, à ma décharge, je n’emmenais même pas mes enfants chez le pédiatre à cette fréquence et je me traîne à la permanence médicale qu’aux débuts des hallucinations ou quand je suis en fin de vie)  :roll:

Amusant de constater que nos assurances maladie nous incitent à aller consulter le moins possible alors qu’il faudrait emmener le chien qui se porte comme un charme chez le vétérinaire tous les trois ou six mois (oui, oui, je vois clairement la différence)  ;-)

Dans la foulée, une autre étude démontre ce que tout éducateur expérimenté sait déjà : le propriétaire lambda et même le praticien de santé, s’ils sont à 90% aptes à reconnaître les signes de joie et de bien-être, détectent par contre très mal les signaux de stress, de malaise, d’hésitation et d’anxiété chez les chiens (surtout les plus subtils).

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Ensuite, quelques études sur les comportements pathologiques des chiots issus d’animaleries versus issus d’élevages (que j’ai considéré peu signifiantes personnellement vu qu’un chiot d’animalerie est, lui aussi, né chez un naisseur plus ou moins acceptable et, sans ces précisions circonstancielles, sans contexte précis, les appellations « chiot d’animalerie » versus « chiot d’éleveur » me semblent passablement vides de sens).

Les élevages ne sont pas tous irréprochables (très loin s’en faut), les chiots d’animalerie ont pu grandir dans un salon et être socialisés (ils ne sont pas tous issus de sombres trafics) <== ici aussi, intense frustration car impossible de casser le rythme infernal de la présentation pour demander plus de précisions (c’est froid une étude). Les animaleries sont interdites en Suisse mais, en France, il existe des élevages qui vendent directement ET fournissent les animaleries notamment.

Bref, des pistes de réflexion et un début d’approche moins émotionnelle de l’étude scientifique que j’ai (comme à peu près tout le monde) tendance à croire volontiers quand elle m’arrange et à oublier rapidement quand ce n’est pas le cas  :lol:

… et, toujours, suite à venir  :-D

Au sujet de la tradition…

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Comme plusieurs d’entre vous j’en suis certaine, j’ai été violemment interpellée par la vidéo d’un taureau dont on a enflammé les cornes qui se jette contre un poteau et meurt apparemment sur le coup (en tous cas, on l’espère pour lui)  :cry:

Quelques secondes de vidéo absolument bouleversantes (et non, je ne partagerai pas la vidéo, vous la trouverez aisément sur le net si vous souhaitez la visionner).

Cette pratique d’une indicible cruauté humaine fait partie, avec la corrida et autres manifestations apparentées, à ce qu’on qualifie souvent de « tradition ».

A travers celle-ci, je me suis mise à réfléchir à ce qu’on appelle, justement, la « tradition ».

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Je suis venue au monde, au début des « sixties » dans une famille italienne, bourgeoise et catholique pratiquante – autant dire que, étant encore là en ce cher 2017 – en passant par le féminisme des années ’70 - les traditions et moi avons eu souvent nous confronter et, de manière assez conflictuelle souvent.

L’attachement à la « famille traditionnelle » est finalement un « spin off » du simple l’attachement à l’autorité : il s’agit de préserver la stabilité des rôles familiaux, de soutenir une nette différenciation entre le rôle masculin et le féminin et donc, pour certains, de préserver la société toute entière d’un modernisme effrayant et uncertain.

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Accepter sans la remettre en question une quelconque croyance, reconnaitre des actes et des pratiques comme étant valides dans le présent tout simplement parce qu’elles l’étaient dans le passé est une forme d’attachement bien compréhensible à ce même passé (et donc à nos parents, nos grands-parents et ainsi de suite, à notre pays, à notre culture en opposition à d’autres cultures, etc.).

Je souriais quand mes enfants, tous petits, allaient pour les toutes premières fois manger ou dormir chez un petit copain ou copine – à chaque fois, j’avais droit à des considérations étonnées sur le fait que « ils ne font pas comme nous » (le repas et ce qui y était servi était différent, le rituel du bain, l’histoire sacrosainte avant le dodo ou absence de ils prenaient conscience que les « autres » ne font pas tout « comme nous », ils sont différents donc nous existons en opposition à l’autre).

Nous prenons conscience de qui nous sommes, nous nous structurons en tant que famille et en tant qu’individus à travers la différence de l’autre.

La symbolique, la pratique aide à construire son identité et les traditions familiales sont les plus fortes (la famille étant le premier groupe identitaire).

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Une de mes filles (adulte) me disait que, quand elle a pris la décision définitive de devenir végétarienne, sa plus grande angoisse, bien au delà du quotidien qui ne lui posait aucun problème, c’était de « rompre » de manière définitive avec notre tradition culinaire de la dinde à Noël, l’agneau à Pâques, etc. etc. – elle m’a dit (textuellement) qu’elle avait l’impression (horrible pour elle) que : « plus jamais je ne pourrais récréer les fêtes de famille de mon enfance » ;-)

Il ne s’agissait pas d’avaler de la dinde ou du gigot mais de l’amour partagé, des souvenirs reliés à ces occasions familiales spécifiques.

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Or, depuis, la majorité des membres de la famille ayant passé au végétarisme, on se rend compte que cette « tradition » supporte parfaitement d’être remplacée par une autre et tout le monde va très bien sans animaux morts dans notre assiette  :-D

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On n’a rien perdu, on a tout simplement construit sur une inspiration commune, on a re-inventé la tradition (la nôtre).

Ce qui prouve que la « tradition » peut allègrement évoluer (et évolue tout le temps) et ses petits-enfants hypothétiques, auront également une tradition mais complètement différente (et qui sera susceptible d’évoluer encore, le passé imagine toujours mal l’avenir).

En francophonie, les éducateurs canins qui usent (et souvent abusent) de la punition, et d’artifices qui infligent la peur et la douleur (collier étrangleur, à piques, électrique, clôture électrique mais également saccades et intimidations diverses – pas non plus très plaisantes quand le chien est en harnais notons au passage même si, évidemment, moins dommageables, bref, tout ce qu’on appelle des « corrections ») – sont appelés «les tradis » (pour traditionnels).

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La « règle » (il faut punir) n’a pas à être considérée ni appréciée selon son contenu elle est légitime uniquement parce que permanente (le célèbre et populaire : « on a toujours fait comme ça »).

L’autonomie de la réflexion fait peur parce qu’impermanente justement et perpétuellement tournée vers le relativisme de toute chose et la remise en question : c’est ce malaise qui a contribué à forger cette appellation (volontairement ridicule) de «bisounours » dont se voient affublés ces éducateurs canins qui ont fait la démarche de rompre avec le passé, de devenir autonomes en pensée et en actes ensuite et de créer d’autres vérités.

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Quand, en plus, l’évolution est proposée et validée par la sciencese met en place la dérision du savoir (« on n’apprend pas à éduquer dans les livres » disent-ils souvent pour justifier que, ces livres, ils n’ont pas le courage – ni les capacités parfois – de les ouvrir justement).

La croyance en les vertus de la science, les lois qui définissent l’abusif (même si encore péniblement en ce qui concerne les animaux), tout processus rationnel (qui englobe notre existence toute entière et, évidemment, notre relation à l’animal aussi) est en violente contradiction avec l’aspect routinier et rassurant de ce qui est qualifié de « traditionnel ».

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Le rejet de l’ultra autoritaire c’est un peu l’agonie du traditionnel

Ce n’est pas très simple de sortir du « traditionnel », on l’aura compris – ni d’admettre que rien n’est, jamais, immuable et que la tradition s’invente continuellement de génération en génération et il y aura toujours ceux qui s’accrochent désespérément à leur cocotier au cri faiblard ou agressif de « mais ça marche »  :roll:

A contrario des dits « tradis » les éducateurs canins qui réfutent la punition sont appelés «les positifs » et présentés comme de doux incompétents inadaptés à « mater » de grosses bêtes dangereuses – l’unique chose qu’on retient au final, c’est cette interdiction de «punir» (voir de dire « non »), une forme de complaisance qui exclut, à leurs yeux, l’exigence.

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Etre un éducateur bienveillant (et non «positif » car nous ne faisons pas que renforcer le positif qu’on l’admette ou pas), ce n’est pas l’auberge espagnole des bons sentiments et encore moins une distribution confuse de nourriture saupoudrée de laxisme.

Notre manière d’éduquer ne peut pas produire de vidéos où de gros malabars « affrontent en combat» des chiens qui apparaissent comme une menace – une vidéo de désensibilisation, de contre conditionnement outre à être longuissime, serait d’un ennui absolument mortel (ça n’a rien de sexy un contre conditionnement, ça demande de sérieuses compétences, un plan très clair, des retours en arrière parfois)

La bienveillance dans l’éducation de nos animaux de compagnie est avant tout l’écoute des besoins de l’animal (et passe donc par un premier processus de les connaître puis de les reconnaître) et de ses émotions – ce qu’on appelle, également, l’empathie.

somebody

C’est se focaliser moins sur le seul résultat et se préoccuper de la qualité du processus – on peut parfaitement obtenir ce qu’on appelle « l’obéissance » par l’intimidation et la peur, ce que ne fera pas un éducateur bienveillant car il sait que le prix à payer est une perte dramatique de confiance en l’éducateur, un stress intense, voir une augmentation de l’agressivité.

scared

C’est renoncer à la relation de lutte pour le pouvoir (le chien « soumis » à notre volonté humaine versus l’humain soumis au pouvoir du chien) pour arriver à un binôme qui se comprend et se fait, mutuellement, confiance.

team

C’est accepter une certaine autonomie de l’animal – la souhaiter, la rendre possible et en tirer parti pour les aider à vivre dans notre société humaine tout en préservant leur bien-être au maximum.

C’est complètement compatible avec la performance, l’exigence, la rigueur si nous savons être des éducateurs qui réfléchissent, qui rendent le succès possible, les erreurs improbables – qui savons mettre sur pied une éducation proactive et non réactive comme celle des dits « tradis »  :-D

future

En définitive, c’est inventer le présent et contribuer à l’avenir