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Médicaments, le dernier recours?

 

La médication en thérapie comportementale, le dernier recours ?

Sujet évidemment sensible tant il suscite, chez pas mal de monde, une réponse ultime, absolue et peu nuancée… alors que, en comportement, TOUT est nuance justement  ;-)

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Toutefois, je comprends ces réactions épidermiques de refus sans difficulté, tant l’idée semble, au premier abord, rebutante (j’avoue que, au fil des années, j’ai révisé mon approche et opinion). 

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On parle, clairement, de médicaments psychotropes, délivrés exclusivement sur ordonnance par un vétérinaire (et pas de moyens dits « naturels » tels que la caséine, la L-théanine, les phéromones, l’homéopathie, les fleurs de Bach et autres précurseurs naturels de la sérotonine plus ou moins efficaces).

Evidemment, la médicalisation au sein d’une thérapie de modification du comportement est du seul ressort du vétérinaire comportementaliste, pas celui de l’éducateur donc, a priori, pas le mien  :lol:

Sauf que – dans la réalité du quotidien – c’est à nous que s’adresse, souvent en premier lieu, le propriétaire aux prises avec ce chien qu’on ne peut même plus sortir pour aller faire pipi alors qu’on habite en appartement, ce chien qui aboie pour tout et rien mille fois par jour, qui a des phobies handicapantes, qu’on ne peut plus sortir en voiture, qui agresse les autres chiens ou les humains… bref, qui constitue un danger pour les autres et pour lui-même.

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Nous sommes ceux qui reçoivent et écoutent longuement, ce propriétaire à bouts de nerfs, de motivation, pris entre l’affection bien réelle qu’il porte à son chien (sinon, il ne serait pas là) et son exaspération parfois extrême car complètement désemparé par ce qu’il vit depuis des semaines, voir des mois ou même, parfois, des années. Ces personnes ont, souvent, à leur actif, un long parcours de promesses de « méthodes » et protocoles prometteurs qui n’ont rien changé et le scepticisme qui en découle  :roll:

Nous sommes ceux qui aident le propriétaire à jongler entre l’inévitable deuil à faire du chien « sympa et facile » et la motivation indispensable pour aider leur sujet réactif, voir hyper réactif ou tellement craintif que passer le seuil de l’habitation requiert une stratégie hautement élaborée, sans compter les inévitables échecs qui dépriment et démotivent (le «on ne va pas y arriver » fataliste et défaitiste).

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Nous sommes là pour mettre en évidence le plus petit embryon de progrès, le célébrer, ne pas laisser ce début de succès se diluer dans la marée du chemin encore à parcourir.

Ce sont d’ailleurs des cas extrêmement lourds en termes d’énergie mentale et affective pour l’éducateur également et c’est toujours du « sans garantie » (petite mention ironique, je l’admets sans complexe, à ces « collègues » qui promettent des résultats « rapides et définitifs » à prix d’or d’ailleurs, confirmant à tout professionnel digne de ce nom leur ignorance absolue en comportement). 

S’il existait une approche ultime et garantie de modification du comportement, on se demande pourquoi les prisons sont pleines, les psychiatres se trompent régulièrement dans leur évaluation de la dangerosité de certains individus, etc.  

Le comportement, reste l’étude unique d’un cas dans un environnement et aucune réponse ne saurait être universelle et infaillible  ;-)

Moi aussi j’aimerais bien une méthode magique pour perdre dix kilos en avalant force chocolat et fromage mais, quoi que l’idée me semble tout à fait attrayante et même au-delà, mon réalisme foncier me sauve d’acheter le « thé magique » vendu à prix d’or sur internet  8-)

Modifier une émotion et, donc par voie de conséquence, modifier le comportement est un chemin qui ne connaît aucun raccourci, jamais (à moins, évidemment, de ne viser QUE la disparition temporaire du comportement gênant et de se contenter d’un chien inhibé et contraint et encore, le plus souvent ça tient le temps de tourner leurs vidéos promotionnelles).

 … et c’est là que, parfois, se pose la question d’une médication  :-)

La peur est une très vilaine émotion, n’importe quelle personne anxieuse comprendra cette phrase sans que je développe ultérieurement et longuement.

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Observer un chien couché au sol dans une mare de bave et qui n’ose plus bouger me remue au moins autant que de voir un chien physiquement blessé : les deux souffrent de la même manière, les deux ont besoin d’une aide urgente et efficace.

Quand on parle de psychotropes, il faut faire la distinction entre les médicaments à prendre au quotidien (comme la fluoxétine par exemple) – la molécule doit être constamment dans le système du chien pour faire son effet : ses effets s’observent, le plus souvent, après 3 ou 4 semaines après le début du traitement.

Ensuite, il y a les médicaments que l’on donne de manière ponctuelle (comme le Xanax par exemple) qui sont donnés chez les chiens qui souffrent de phobies au sujet de certains bruits par exemple (comme l’orage).

Ils font effet rapidement mais on un effet « sédatif » clairement plus important que les premiers. Ils créent une accoutumance et il faudra souvent augmenter les doses avec le temps. Avant de grimacer, je me dois de mentionner cette chienne qui lors d’un orage, à traversé une fenêtre fermée en panique (se blessant évidemment au passage), une autre qui s’est démontée la mâchoire pour sortir de la cage où elle était enfermée  :-|

La chimie du cerveau d’un chien qui considère certains déclencheurs comme une menace mortelle est telle qu’aucun apprentissage constructif et profitable n’est possible en l’état.

Dans un monde parfait et idéal, le chien ne serait jamais exposé à ce qui le terrorise et donc pourrait se passer de médication et apprendre dans un milieu « sécurisé », en augmentant l’exposition de manière rigoureusement contrôlée.

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Sauf que, dans la vie réelle, c’est rarement possible, voir jamais (car il faut sortir le chien ne serait-ce que pour ses besoins physiologiques, il faut aller chez le vétérinaire, on ne peut pas vivre en reclus sans jamais recevoir d’inconnu, on ne peut pas contrôler les tirs, les feux d’artifice et la météo, on doit prendre la voiture, etc. etc.)

Les médicaments ne résolvent strictement rien, seuls.

Ils diffèrent (plus ou moins longtemps) la réponse comportementale du chien (qui réagit donc moins vite) et son intensité (il réagit moins intensément). Ce qui aide considérablement la mise en place d’une stratégie comportementale qui reste absolument indispensable et incontournable.

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Comme ces ordonnances viennent obligatoirement d’un vétérinaire (choisissez-le avec la spécialisation en comportement de préférence), il saura prendre en considération une éventuelle pathologie, notamment au niveau du foie et discuter avec vous des possibles effets secondaires et de la posologie. 

Pour conclure, je précise que cette décision n’est jamais prise par pure « convenance » ou à légère et que, chez mes clients, elle a toujours fait l’objet d’une véritable réflexion dans l’intérêt premier de leur animal, avant même le leur (il est par ailleurs difficile de dissocier les deux). 

Comme toujours, une collaboration et communication franche et efficace entre propriétaire, éducateur et vétérinaire comportementaliste, chaque acteur respectant l’autre pour ses compétences, représente la meilleure option à prendre parfois sans tarder et non pas comme celle du « dernier recours » pour, parfois (mais pas toujours hélas) pouvoir, ensuite, s’en défaire  ;-)

 

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… pour clore la rétrospective de ces deux jours de conférence, nous avons abordé la thématique de la modification du comportement – une approche annoncée comme «cognitive» (versus une approche en apprentissage opérant, dit-elle) que le Dr. Overall nous suggère par le biais de « Chaser », l’ultra célèbre Border Collie qui connaît précisément 1022 noms d’objets et peut associer un comportement spécifique en relation à un objet.

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Au milieu de tous ces objets connus par le chien, on lui demande d’aller chercher un objet qui n’a jamais été nommé et, après avoir examiné tous les objets connus, Chaser prend l’unique objet à sa portée dont elle ignore l’appellation : typique exemple de raisonnement déductif

Passons sur le fait que ces exploits sont précisément le résultat d’apprentissages opérants et que mon brave Zouk, s’il n’en connaît sûrement pas 1022 (j’admire la pugnacité du propriétaire, je m’ennuierais certainement plus vite que mon chien), est parfaitement capable de m’apporter son frisbee violet versus sa balle verte, tout comme de faire « jaune cible assis» ou « bleue cible couché » (c’est du clicker training avancé, ni plus ni moins)

… ou encore le chien du roi de Thaïlande, issu de la rue où elle a appris à ouvrir des noix de coco pour en manger la pulpe et dont les chiots ensuite ont fait preuve des mêmes inhabituelles capacités, par observation de la mère (ma plus jeune chienne Biba, assez réactive quand elle est arrivée chez moi, regardait Eelou à chaque rencontre inhabituelle et, comme Eelou restait zen, elle restait zen aussi : Eelou me l’a éduquée, je n’ai pas eu grand chose à faire sur le plan de la réactivité).

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Overall nous a également rendus attentifs au fait que les chiens approchent plus facilement un humain qu’ils ont observé jouer en harmonie avec un congénère heureux et détendu : bref, les chiens font preuve de processus mentaux qui mettent en jeu, comme chez l’humain, l’apprentissage, l’intelligence, la résolution de problèmes, la prise de décision, la perception.

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En gros, elle nous démontrait l’intelligence du chien – probablement dans le but de promouvoir une rééducation comportementale intelligente, respectueuse et non coercitive (mais je pense – ou du moins j’espère – qu’elle prêchait à un public de convaincus).

Overall nous propose un petit test (que je vous « re-propose » à mon tour) où le chien suit un objet des yeux – s’il en est incapable, selon elle, le chien aura des difficultés d’apprentissage (immédiatement testé sur les miens dès mon retour, évidemment)  :lol:

Zouk a suivi 2 fois des yeux, très poliment… en cherchant très fort la solution au problème : à la 3ème tentative, il s’est mis à ignorer ostensiblement l’objet pour fixer un point dans le vide (d’un air futé), comme il a appris à le faire avec ses frisbees ou à rester focalisé sur l’obstacle pendant que je fais une danse de Sioux à ses côtés : mon chien est un poème de déduction logique (dans tous les cas de figure, il est assez évident qu’il n’a franchement aucun problème d’apprentissage, me faisais pas trop de mouron à ce sujet).

Eelou a suivi bien poliment l’objet des yeux à plusieurs reprises avec une grande intensité — pour ne plus me lâcher ensuite (genre « j’ai fait ta chose sans intérêt aucun, donne moi un truc maintenant ») – ma chienne a un sens très aigu de ses conditions de travail et fait preuve d’une bonne volonté à toute épreuve : toutefois, son salaire minimum n’est tout simplement pas négociable (rassurez-vous, je paie toujours)

Logiquement, nous avons procédé sur le protocole de relation du Dr. K. Overall – que tout le monde connaît (et, si vous ne le connaissez pas, il est à peu près partout sur le net aussi bien détaillé par écrit qu’en un nombre affolant de vidéos) – je m’en sers sur les chiens réactifs, en parallèle à d’autres exercices, depuis des années.

Ce n’est pas un exercice d’éducation ni de contrôle mais de détente et de relaxation – son utilité ne se perçoit probablement pas de manière intuitive et, pourtant, il aide puissamment (à sa charge, il est répétitif et ennuyeux à en mourir)  :lol:

A ce protocole, on peut ajouter l’apprentissage de « l’inspiration » : Overall suggère d’apprendre aux chiens réactifs à prendre une grande « inspiration » qui leur permettrait de reprendre le contrôle sur leur système nerveux autonome afin d’éviter un rythme cardiaque qui s’accélère, l’hyper vigilance anxieuse et un halètement de stress.

Parce que le chien associe des mauvaises émotions à la perception d’une menace, ce comportement, mis sur signal, peut les aider à une meilleure autonomie et le chien peut y avoir recours, ensuite, de manière spontanée et sans signal dans des moments difficiles (j’ai donc essayé sur Zouk et, dans les 2 ou 3 dernières secondes de cette courte vidéo, vous pouvez voir ses narines s’ouvrir assez clairement – c’est la fameuse inspiration profonde – tout à fait fugitive et soulignée par mon « tu vois que ses narines s’ouvrent » triomphant – oui, vous avez le droit de rigoler).

C’est aussi l’objet de la vidéo ci-dessous, la respiration est bossée au clicker – je ne le ferais pas car le clicker met, automatiquement, mes chiens en mode « travail » et ce n’est pas un mode de détente et de « lâcher prise », plutôt de focalisation intense  ;-)

Quand le chien regarde le chat (en fin de vidéo), ça évoque plutôt chez moi un simple conditionnement répondant qu’une inspiration quelconque mais il est vrai qu’il est très difficile d’observer la respiration d’un chien qu’on n’a pas sous les yeux  ;-)

Par ailleurs, toujours selon Overall, focaliser un chien réactif sur cette inspiration profonde, les rendrait plus aptes à écouter nos signaux (« ordres » si vous préférez).

Comme je suis une grande fanatique du signal dit « précieux » (hautement renforcé) et limpide comme l’eau claire, j’adhère volontiers, pour autant que toute notre attitude soit globalement congruente (et que donc, nos signaux, soient tous signifiants, donnés avec cohérence, dans des conditions où l’échec est improbable, etc.).

En définitive, la protagoniste de cette conférence si dense, était bel et bien la pharmacologie mais, même si ce n’est pas notre rôle (et que cela reste celui du vétérinaire évidemment), nous sommes souvent ceux qui voient plus le client, nous avons sa confiance souvent et sommes en mesure de faire accepter l’idée d’une médication non systématique, non de « confort » ni de « convenance » mais, parfois, une aide indispensable aux apprentissages que nous prévoyons de mettre en place.

L’utilisation de certaines molécules représente également parfois un « répit » pour le propriétaire, parfois à bout de souffle, de patience, d’empathie et de moyens.

Merci à tous ceux qui ont suivi ☺

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En réalité, avec le recul de quelques jours, je me rends compte que certaines phrases prononcées par la Dr. Karen Overall étaient, à elles seules, des sources d’inspiration, de multiples questions et que j’aurais aimé (adoré) la voir s’asseoir autour d’une table et bâtir la conférence sur un dialogue « socratique » plutôt que sur des thèmes déterminés par avance et une foultitude d’informations à ingurgiter (aisément ou pas, nous n’avons pas tous le même background scientifique)  8-)

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Il est toutefois absolument passionnant d’en arriver à la conclusion que l’immense majorité des gens ne savent pas reconnaître, chez le chien – cet animal si familier, si présent dans nos vies (comme aucun autre animal domestique)les signaux de peur, d’incertitude et d’anxiété (et donc de besoin d’information) et ratent ainsi complètement l’occasion de mettre fin à une interaction inopportune(et, avec le temps, potentiellement dramatique). 

Le célèbre « il a mordu sans raison » qui, soumis à un œil plus averti, plus éduqué sur la communication non verbale des chiens est si rarement vrai : ce que certains appellent «l’agression idiopathique », un véritable trouble de la chimie du cerveau ou l’aboutissement d’une communication souvent incomprise, souvent sous estimée ?

La question reste largement ouverte  8-)

Les chiens manquent cruellement d’information au sujet de leur environnement et nous manquons cruellement d’intérêt sur ce qu’ils ont à nous dire (ou de moyens, voir de volonté réelle, pour les comprendre).

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Même quand nous imaginons comprendre nos chiens, il reste un chemin considérable à parcourir pour accepter ce que l’individu chien nous dit : nous renonçons souvent très difficilement à la vision de « notre » chien idéal, de ce que notre chien devrait être ou comment il devrait se comporter.

L’idée assez répandue de la pertinence d’un « chef »  ou d’un « dominant » (intra spécifique, à savoir entre les chiens d’un même foyer ou partageant des balades ou des activités) pousse bon nombre de propriétaires à « laisser faire » lors d’escarmouches répétées, d’un harcèlement subtil d’un chien par un autre, de déplacements, d’interdiction d’accéder à certains lieux, choses, accès.

On laisse faire en pensant favoriser la mise en place d’un système acceptable, que tout le monde « trouve sa place » – sauf que, la place de victime n’est pas franchement enviable et, au final, ne devrait revenir à personne. 

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Le célèbre « il/elle l’a remis à sa place » (une expression qui me donne de l’urticaire personnellement, elle est pourtant chère à pas mal de propriétaires voir d’éducateurs).

Dans l’agression (même sans morsure), d’un chien anxieux, il faut avant tout déceler une forme de « provocation », celle d’un individu qui cherche à obtenir de l’information en relation à un autre : « es-tu une menace pour moi ? » (en effet, la provocation sert parfois à définir les limites).

Parfois, la réponse est rassurante (et donc renforce le comportement de provocation) et, d’autres fois, le chien se retrouve conforté dans son idée première de danger en relation à un congénère.

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Probablement pas inutile de préciser que cette réponse peut se modifier dans le temps et selon le contexte social, ce qui me rend personnellement si peu encline à demander à mon propre chien, pourtant un monstre de tolérance, d’apporter une réponse rassurante à des congénères anxieux (pas, du tout, envie de le voir atteindre les limites de sa propre stabilité et les signifier à un autre).

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C’est assez fascinant d’observer comment les chiens qui vivent ensemble – et s’entendent bien – se comprennent par le biais d’une communication excessivement subtile, presque invisible pour nos yeux d’humains.

Alors que deux chiens inconnus vont s’exprimer avec des signaux très visibles, amplifiés, exagérés… et je m’amuse à penser que nous ne sommes guère différents quand nous rencontrons une personne pour la première fois et que nous souhaitons faire cette fameuse « bonne impression »  :-D

Notre courtoisie (déférence, en français cette fois) est aussi légèrement exagérée, comiquement évidente  :lol:

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Apprenons à reconnaître ces signaux : à reconnaître ces provocations lancées à un congénère « es-tu une menace pour moi ? »

Les composantes de cette communication sont parfois plus dans les comportements «passifs » qu’actifs : un chien qui contrôle un autre chien, certains regards très appuyés ou un regard qui se détourne chez le chien « victime ».

Nous avons souvent besoin de bien plus spectaculaire pour prendre conscience d’un vrai malaise entre deux chiens.

Souvent les propriétaires nous demandent comment « favoriser une bonne entente » et, si pas mal de choses peuvent être mises en place, cette entente profonde, absolue entre deux (ou plusieurs) chiens est à peu près un cadeau du ciel : « il n’y a pas de stratégie de l’amour » dit Overall (je l’ai noté)  ;-)

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A travers une série de vidéos, Overall nous a vivement incités à ne pas prendre à la légère ces comportements peu appropriés au contexte social et à reconnaître rapidement le malaise d’un individu et même à accepter que, parfois, la « victime » systématique MERITE un nouvel endroit de vie : le monde des chiens ne peut pas être cette parenthèse idyllique que nous avons souvent en tête.

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Je saute les quelques présentations (comme celle sur les troubles obsessionnels compulsifs) qui impliquaient principalement des solutions médicamenteuses.

En effet, pour nous éducateurs spécialisés en comportement, il s’agit avant tout de mettre en place un dialogue constructif et mutuellement respectueux avec un vétérinaire comportementaliste,  dans le meilleur intérêt du client.

On a ensuite passé à la réactivité aux bruits qui va d’une simple réaction sensible à la phobie pure et simple.

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Intéressant de voir confirmé que toute phobie du bruit est toujours associée à une ou plusieurs autres formes d’anxiété.

Un problème très présent dans les races bergères (notamment chez le Border Collie) qui peut sérieusement gâcher la qualité de vie du chien (intéressant de savoir que certaines lignées galloises de Border Collies, particulièrement favorisées en reproduction en raison de leurs exceptionnelles aptitudes au troupeau, sont très particulièrement concernées par cette réponse pathologique aux bruits).

Les études des pathologies dans une race spécifique sont ardues à réaliser, les éleveurs n’étant pas souvent très désireux de venir annoncer avec clarté et transparence ce qui ne « va pas » dans leur race et leurs lignées plus spécifiquement  :roll:

En définitive, Overall souligne l’importance d’intervenir dès les premiers signes de sensibilisation aux bruits (en évitant ce que j’appelle la politique de l’espoir) par une désensibilisation précoce (à mettre en place, obligatoirement, avec un éducateur chevronné), sans oublier les moyens auxiliaires comme les « mutt muffs », les masques de nuit, etc.

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En définitive, les pathologies vraiment sérieuses relèvent inévitablement de la médecine vétérinaire (pharmacologie) et la réponse aux véritables phobies a été présentée sous forme d’une synergie de benzodiazépines, anti dépresseurs, anti névralgiques et un sédatif spécifique sous forme de gel gingival (une énumération si impressionnante que tu te surprends à frissonner en te réjouissant que ton propre Border soit allègrement non concerné)  8-O

Toutes ces molécules étant moins qu’inoffensives sur le foie, il est impératif de choisir un vétérinaire qui maîtrise ces molécules et leur synergie, effets secondaires, etc. pour une approche systémique.

Encore un épisode à venir pour ceux qui suivent (et, maintenant que la frustration de ne pas avoir pu aller plus loin sur certains sujets, s’est un  peu dissipée, j’ai une perception nettement plus constructive de ces deux jours)  :-D

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Je vais passer rapidement sur la présentation de ce que le Dr. Overall considère et présente comme des mythes ou des controverses en médecine vétérinaire.

Certaines thématiques (comme celle de l’homéopathie et celle de l’utilisation des phéromones dites « apaisantes ») impliquent plus fortement que d’autres l’effet placebo qui, pour les détracteurs, ne se limite pas au simple cachet ou granule mais à toute la dynamique reliée à toute forme de croyance (il est fréquent de voir le comportement et/ou l’état de santé d’un chien se modifier de manière significative tout simplement parce qu’il participe à une étude… ce qui laisse songeur).

Toutefois, sans vouloir entrer dans ce débat spécifique, il était intéressant de constater que, dans une étude portant sur les effets d’une préparation homéopathique, l’état des chiens impliqués (peu atteints, gravement atteints, début de pathologie, aigüe, chronique ?) n’est même pas spécifié au départ, ce qui laisse le béotien quelque peu perplexe (manque de précision).

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Evidemment inutile s’attarder sur le fait qu’il n’existe pas la moindre étude qui parle d’une quelconque efficacité en ce qui concerne l’homéopathie mais ça, je pense que tout le monde le savait déjà, ces études à charge ayant déjà été largement reprises par la presse généraliste (et qui ont été réfutés immédiatement par le public).

Même combat pour certains acides aminés présumés utiles dans la modification de l’humeur comme le tryptophane et/ou la tyrosine… et dont il serait parfaitement inutile et illusoire de supplémenter son chien (hors effet placebo).

Je ne peux que vous proposer la conclusion car l’explication, donnée à une allure de folie (comme l’intégralité de la conférence d’ailleurs) aurait nécessité bon nombre de questions de ma part et une explication largement plus détaillée (ma formation scientifique n’était, tout simplement, pas à la hauteur). 

(tout cela, vous le trouvez noir sur blanc dans le livre « Manual of Clinical Behavioral Medecine for Dogs and Cats » si vous voulez aller plus loin)  ;-)

A travers ce premier sujet, on en arrive à mon principal (voir unique) vrai reproche au sujet de ces deux jours : une frustration intense sur certains sujets survolés comme si nous étions attablés entre pharmacologistes chevronnéssans que soit proposée la moindre tentative de vulgarisation et, de surcroît, à une cadence que je qualifierais volontiers d’infernale  (grands échanges de regards ahuris avec mes voisines de rangées, ce qui m’a fait rire car nous aussi nous donnons une montagne de ce que les gens aiment appeler « des signaux d’apaisement »)  :-D 

Autre controverse qui en aura laissé plus d’un perplexe, les études sur les méfaits présumés de la castration / stérilisation qui, sous nos latitudes, ont dernièrement été mises considérablement en avant pourtant (notamment l’augmentation des ostéosarcomes, des rupture des ligaments croisés, des lymphosarcomes)complètement réfutées par la Dr. Karen Overall qui met en avant l’âge des chiens participants à ces études (insuffisamment avancé) et le très petit nombre de chiens utilisés (ce qui casse les règles de la statistique) : selon elle, aucun effet néfaste ne peut être imputé aux gonadectomies (quel que soit l’âge de l’animal au moment de l’intervention).

Pour aller plus loin : http://www.joeldehasse.com/books/castration.06.html

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Quoi qu’il en soit, les études étant effectivement insuffisantes, incomplètes, peu significatives (c’est elle qui nous le dit), son opinion (au demeurant assez tranchée en l’absence de vraies données) est à considérer comme lourdement teintée de culturel, social et anthropologique (n’oublions pas qu’elle nous arrive des USA où la production incontrôlée de chiens et l’abandon endémique ont des conséquences catastrophiques avec des «refuges» qui se voient obligés de tuer les chiens par dizaines, ce qui est considérablement choquant et traumatisant).

Un mini café et on repart dans une présentation surtout utile aux vétérinaires présents – sur l’évaluation du stress des chiens en cabinet vétérinaire (procédure standardisée) : en ce qui nous concerne, éducateurs et propriétaires, une vraie préparation des nos clients en «medical training » reste précieuse quelle que soit l’attitude de notre vétérinaire traitant (notons que si nous restons libre de choisir notre vétérinaire généraliste, le chirurgien spécialiste dont tout le monde parle « car il fait des miracles », on le prendra qu’il soit aimable avec notre chien ou pas : autant préparer nos chiens)  ;-)

On espère donc que les vétérinaires présents auront, tous, pris bonne note car on peut toujours « mieux faire » (même si je salue mon gentil véto qui me voit si rarement au passage, en espérant continuer à le voir rarement).

Idem pour tous les toiletteurs, ostéopathes, masseurs, magnétiseurs, reiki et autres manipulateurs « new age » que je pourrais oublier  :-D

Si la Dr. Karen Overall a clairement dit que la plupart des vaccins faits aux chiens sont valables « à vie » dès la première injection (si, si) – elle préconise d’emmener le chiot chez le vétérinaire hors nécessité de vaccins, tous les 3 mois la première année et 2 fois par an les années suivantes même quand le chien va bien (et là, tu regardes tes pieds mais, à ma décharge, je n’emmenais même pas mes enfants chez le pédiatre à cette fréquence et je me traîne à la permanence médicale qu’aux débuts des hallucinations ou quand je suis en fin de vie)  :roll:

Amusant de constater que nos assurances maladie nous incitent à aller consulter le moins possible alors qu’il faudrait emmener le chien qui se porte comme un charme chez le vétérinaire tous les trois ou six mois (oui, oui, je vois clairement la différence)  ;-)

Dans la foulée, une autre étude démontre ce que tout éducateur expérimenté sait déjà : le propriétaire lambda et même le praticien de santé, s’ils sont à 90% aptes à reconnaître les signes de joie et de bien-être, détectent par contre très mal les signaux de stress, de malaise, d’hésitation et d’anxiété chez les chiens (surtout les plus subtils).

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Ensuite, quelques études sur les comportements pathologiques des chiots issus d’animaleries versus issus d’élevages (que j’ai considéré peu signifiantes personnellement vu qu’un chiot d’animalerie est, lui aussi, né chez un naisseur plus ou moins acceptable et, sans ces précisions circonstancielles, sans contexte précis, les appellations « chiot d’animalerie » versus « chiot d’éleveur » me semblent passablement vides de sens).

Les élevages ne sont pas tous irréprochables (très loin s’en faut), les chiots d’animalerie ont pu grandir dans un salon et être socialisés (ils ne sont pas tous issus de sombres trafics) <== ici aussi, intense frustration car impossible de casser le rythme infernal de la présentation pour demander plus de précisions (c’est froid une étude). Les animaleries sont interdites en Suisse mais, en France, il existe des élevages qui vendent directement ET fournissent les animaleries notamment.

Bref, des pistes de réflexion et un début d’approche moins émotionnelle de l’étude scientifique que j’ai (comme à peu près tout le monde) tendance à croire volontiers quand elle m’arrange et à oublier rapidement quand ce n’est pas le cas  :lol:

… et, toujours, suite à venir  :-D

Pédicure canine…

waitJ’ai souvent des clients qui me demandent comment couper les griffes de leur chien ou, pour certains, carrément de le faire à leur place, ce que je fais volontiers si le chien gère la manipulation, qu’il y a été correctement préparé et n’a pas déjà fait d’association fâcheuse, ce qui est – hélas – plus que fréquent.

Impossible par contre d’empoigner mon matériel et y aller gaiement sur un chien qu’il faut contraindre par la force et l’intimidation (ce qui n’est pas trop le genre de la maison).

J’ai vu des chiens paniquer au simple contact d’un doigt humain sur leurs pieds ou à la vue d’un coupe-griffes.

Normalement – ou plutôt « idéalement » – une griffe de chien s’use naturellement par simple contact avec des surfaces de toutes sortes, en creusant, etc.

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Il y a des chiens très actifs et baroudeurs sur lesquels il n’est pratiquement jamais nécessaire de couper les ongles mais, chez certains chiens dont la pousse de l’ongle est très conséquente, qui marchent peu ou sur des surfaces peu abrasives, il est fort possible que la griffe pousse bien au delà du raisonnable (je dois couper les ongles de notre doyenne à la maison toutes les semaines au grand maximum, voir tous les 4-5 jours : dans sa 16ème année et bien qu’elle soit en excellente forme pour son âge, elle ne peut pas cumuler les kilomètres, n’apprécie plus les sorties par temps pluvieux, encore moins les terrains compliqués et ses ongles poussent à la vitesse du son).

Sans évidemment oublier les ergots qui eux, quand ils sont présents, ne s’usent évidemment pas. 

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C’est la peur légitime de faire mal – et de faire saigner la partie vascularisée de l’ongle – qui, souvent, fait que les propriétaires préfèrent déléguer cette tâche au toiletteur – qu’on ne voit généralement pas assez souvent pour que la coupe soit efficace – et l’ongle continue de pousser…

Plus l’ongle pousse, plus la partie vascularisée (« vive ») de l’ongle avance et on se retrouve avec un chien sur lequel on n’ose plus du tout intervenir (et là, votre toiletteur ne pourra pas faire grand chose en une unique séance occasionnelle).

A contrario, plus vous couperez les griffes de votre chien régulièrement, plus cette partie va reculer. 

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Si la la partie vascularisée de la griffe (« quick » en anglais sur la photo) se voit très bien chez les chiens dont les griffes ne sont pas pigmentées, c’est un peu plus laborieux – mais possible – sur les griffes fortement pigmentées (noires).  Voir plus loin…

Ces griffes trop longues ne sont pas sans conséquences : en effet, dès que l’ongle entre en contact avec une surface dure (en extérieur ou tout simplement chez vous, sur un sol carrelé ou béton par exemple) – l’ongle est contrait de « rentrer » imperceptiblement — ce qui implique une pression répétée sur la phalange qui le porte.

Alternativement, l’ongle « tourne » sur le côté et entraîne la phalange dans cette torsion constante. Ces actions mécaniques, sensibilisent les phalanges en un premier temps (elles commencent à faire mal) et, avec le temps, peuvent même causer une arthrose précoce.

Progressivement, le chien commence à ne plus du tout tolérer qu’on lui touche les pieds, voir la patte toute entière et la coupe occasionnelle des ces fameuses griffes devient éminemment problématique voir le drame intégral : donc, le propriétaire laisse tomber et on entre dans un cercle vicieux.

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D’un point de vue « postural », le fait que les ongles des pattes avant touchent constamment le sol provoque un déplacement constant même si imperceptible du poids du corps vers l’arrière, ce qui, à son tour favorise l’apparition de douleurs sur l’arrière-main (ce qui ne se verra pas sur un chien très jeune mais apparaîtra souvent sur des chiens pourtant pas encore « seniors »).

Tout ça pour suggérer que la coupe des ongles de votre chien n’est pas « juste » une option esthétique ni anodine.

Bref, il faut prendre soin des griffes de vos chiens et rester vigilants à ce qu’elles n’entrent pas en contact avec les surfaces dures (un simple « tic tic tic » sur sol carrelé devrait vous interpeller).

Si votre chien est déjà peu enclin à vous laisser manipuler ses pieds, il va falloir entreprendre rapidement une « désensibilisation » à ces manipulations.

Comme toujours, quand il s’agit de « désensibiliser » (c’est-à-dire, pour faire simple, réduire la peur), je vous conseille vivement de vous entourer, au moins au début, par un éducateur qui connaît – et pratique – le « medical training » (qui n’est rien d’autre que la création d’associations positives avec certaines manipulations, ce qui devrait faire partie de tout cours chiot a priori – ce qui éviterait bien des problèmes par la suite si on montre aux propriétaires comment s’y prendre pour la durée de la vie du chien).

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En effet, si on avance trop vite, si on brûle les étapes, le résultat pourrait être une aggravation des réticences du chien plutôt qu’une amélioration (je vois souvent des propriétaires débuter une désensibilisation directement par le pied — que le chien n’apprécie pas du tout que l’on touche — alors que, justement, il faudrait savoir commencer par une partie de son anatomie que le chien tolère parfaitement de voir toucher et avancer, sans jamais provoquer de réaction de retrait, vers la zone problématique).

Mes propres chiens se vautrent les 4 « fers » en l’air si je dois soit couper leurs griffes, soit couper les poils autour du pied ou ceux qui poussent entre les coussinets (ces poils, en dessous du pied, s’usent évidemment aussi à la marche mais ils peuvent causer des « mini nœuds » douloureux entre les coussinets). Les poils qui recouvrent largement les coussinets, eux, causent des micro-glissements sur les sols lisses, à éviter. 

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Ce n’est pas par hasard : ces manipulations ont toutes été travaillées au clicker training dès leur plus jeune âge, question de construire un bon « historique ».

Par ailleurs, elles sont toujours une excellente occasion pour une séance de « papouilles » avec caresses et échanges affectueux, si votre chien apprécie ce genre de choses (les miens apprécient très fortement). Toute leur vie, les soins de leurs pieds (coupe, lime ou simple inspection) seront associés à des friandises de haute valeur et un échange amical…. ce qui fait que, quand j’empoigne ma petite caisse à « pédicure », ils arrivent tous gaiement

Si, pour votre chien, c’est déjà ou encore problématique, il est parfaitement envisageable de ne couper qu’une seule griffe par jour : si fait avec régularité, tous les jours, ça peut être suffisant.

Il vaut souvent mieux débuter par les pattes arrière, souvent moins « sensibles ».

Personnellement, j’utilise un coupe-ongles de type « ciseaux » - les engins dits à «guillotine» peuvent causer un écrasement de l’ongle et c’est souvent douloureux.

Je n’ai pas de chiens géants, mes ciseaux sont plutôt petits, je les trouve plus faciles à manier avec précision.

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On est souvent plus à l’aise avec des griffes non pigmentées qui laissent clairement apparaître la partie vascularisée de la griffe – si votre chien a des griffes très pigmentées, pas de panique : coupez jusqu’à l’apparition d’un « rond crayeux » – généralement bien visible (comme sur photo).

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Pour ceux d’entre nous (genre moi) qui dépendent de lunettes de lecture et/ou ont besoin d’une bonne lumière pour lire, il vaut mieux se mettre au travail dans une pièce très bien éclairée – voir (si et quand possible) carrément en extérieur, quand la lumière est abondante. 

Il existe également des « limes à ongles » rotatives – comme celle que je vous mets en photo (il en existe plein d’autres modèles, plus ou moins onéreux). J’ai acheté celui-ci pour accompagner des clients dans son utilisation et habituer leurs chiens, je n’en fais pas usage moi-même sur les miens. 

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Il faut insérer la griffe du chien dans l’ouverture du bouchon de sécurité adapté (selon la taille de la griffe) et débuter avec la vitesse la plus lente – on ne lime que quelques secondes à la fois, pas en continu (ça chauffe). On attaque les côtés de l’ongle et le dessus, façon « taille de crayon ».

Là aussi, il ne s’agit pas d’y aller « franco » sans préparation – votre chien pourrait avoir peur et une seule expérience négative pourrait le rendre réticent à l’engin…. il est recommandé d’associer l’engin, le bruit, l’approche, la première seconde d’utilisation à force « bonbons », en tenant rigoureusement compte des réactions individuelles du chien 

Attention si votre chien a des poils longs que nous ne coupez pas – ils pourraient se prendre dans la rotation et attention à vos propres cheveux s’ils sont longs : internet pullule de photos de chevelures empêtrées dans la lime rotative

Certains utilisent également des planches de bois recouvertes de papier à poncer sur lesquelles on incite le chien à gratter (c’est plus laborieux pour les pattes arrière): c’est ingénieux mais je n’ai jamais eu besoin d’en faire usage – je vous laisse me donner vos retours si vous utilisez cet artifice

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…. et, pour finir, ai-je jamais fait saigner l’ongle d’un chien? ….et oui, mea maxima culpa, ça m’est arrivé parfois – nul n’est infaillible : si cela devait vous arriver, pas de panique incontrôlable – prévoyez d’avoir toujours chez vous et sous la main de la poudre styptique (hémostatique) ou, même de la fécule de maïs que vous mettrez dans un petit bol et « trempez » l’ongle atteint dans votre poudre, un petit saignement sera vite jugulé et tâchez de faire oublier cette mauvaise expérience à votre chien par votre calme, ton enjoué et force friandises. 

Happy grooming ☺

« Il doit se soumettre »

Il est évident que, très souvent (trop souvent), je sous estime considérablement ce que la Dr. Susan Friedman qualifie de « brume culturelle » — à savoir des croyances populaires plus que tenaces qui n’en finissent pas d’occulter des connaissances pourtant prouvées (encore et encore) par la science, comme (liste non exhaustive) « mettre le nez du chien dans son pipi » ou encore « le frapper avec un journal roulé » ou encore « soumettre le chien » <== concept qu’on va remettre en question aujourd’hui, justement  ;-)

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Dans mes très anciens souvenirs de cours canins, je me rappelle très spécifiquement d’un épisode où de jeunes propriétaires (attendris) d’un minuscule chiot Coton de Tuléar de 9 semaines, ont vu leur boule de coton adorée fermement maintenue au sol par l’éducatrice du jour (qui n’était pas la soussignée, je vous rassure)…. Sa peur à son absolu paroxysme, ce minuscule chiot s’est battu avec l’énergie du désespoir – essayant de mordre furieusement cette grosse main qui n’avait, évidemment, aucune peine à maintenir un petit truc de moins de 2 kilos au sol. En définitive, dans cette lutte parfaitement inégale (et lamentable à regarder), le chiot a perdu une petite dent de lait et une traînée de sang rouge est apparue sur son poil « couleur Tippex »… Je vous laisse imaginer l’impact de cet épisode sur le jeune couple. Quel échec pour l’éducatrice, le chiot et son futur, les propriétaires qu’on n’a (évidemment) plus jamais revu dans ce cours (on les comprend).

cotonL’idée de ce « placage au sol » serait de montrer au chien « qui est le chef » une fois pour toutes. Vous démontrez au chien que vous êtes « fort » physiquement et mentalement et donc investi d’un pouvoir absolu. C’est ce que m’a, justement, expliqué un client la semaine dernière.

En réalité, nous sommes confrontés à des réactions que la science du comportement connaît bien et qui s’appliquent à tout organisme vivant.  Résumés en 3 « F » (pour aujourd’hui) : de manière simplifiée, face à un danger – tout organisme a le choix entre le « flight » (s’envoler – s’en aller)… bref, on s’enfuit à toutes jambes. C’est ce que fait tout animal sauvage s’il soupçonne l’attaque d’un prédateur. C’est ce que nous faisons aussi, parfois, dans une situation qui nous met violemment mal à l’aise (donner sa démission au boulot, c’est une manière de s’enfuir pour préserver sa santé mentale et physique).

flight

Si l’option n’est pas disponible, on peut recourir au « fight » (lutter, se bagarrer) : acculé devant le danger un animal va se battre avec l’énergie du désespoir, c’est de sa survie dont il s’agit – et le système nerveux sympathique va investir tous ses moyens dans cette lutte même si complètement inégale (avec des conséquences évidentes sur d’autres ressources de l’organisme concerné : accélération cardiaque et respiratoire, système digestif qui lâche tout, etc.).

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Si l’option 1 et 2 se révèlent toutes deux impossibles – l’organisme peut tomber dans un 3ème « F » : celui du « freeze » à savoir l’immobilité complète de l’organisme menacé. C’est ce qu’on voit chez la souris qui sait qu’un rapace voltige au dessus de sa tête : pas de cachette en vue, la lutte impossible, reste l’immobilité en espérant que le danger disparaisse. Et c’est ce simulacre de «capitulation» complète que recherchent ceux qui sont encore friands de cette approche du chien – selon leur vision du monde, le chien s’est « soumis » à une volonté par définition supérieure alors qu’il est, tout simplement, en train de vivre un traumatisme (qui, comme tout traumatisme, n’aura pas fini d’avoir des conséquences). 

(chez l’humain, cette option équivaudrait à la dépression : on ne lutte plus)

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Sauf que : la suppression pure est simple d’un comportement n’est pas éducation et, encore moins, une solution. Cette étrange idée de « soumettre » le chien se fait généralement de la manière la plus délétère qui existe : quand un chien « grogne », il vous informe et avertit que quelque chose le met mal à l’aise, lui fait peur – intervenir par une agression est à la fois énormément dangereux (si le chien a une taille plus impressionnante que mon pauvre chiot de moins de 2 kilos), et énormément maladroit parce que, en gros, vous effacez l’étape « je grogne » du répertoire de menace du chien (plus on efface d’étapes avant la morsure et plus vite arrive celle-ci… ce qui est à peu près le contraire de ce qu’un éducateur cherche à faire, a priori). La prochaine fois que le chien aurait grogné, il va se rappeler de votre réponse subtile à son grognement et passer directement à quelque chose de plus efficace et explicite, à savoir : vous mordre.

Angry Chihuahua growling, 2 years old, in front of white backgro

Ce que certains propriétaires très novices n’ont pas encore compris c’est que, l’immensité des problèmes de comportements chez le chien se vérifient parce que son environnement (pour de nombreuses raisons possibles), le désécurise. En gros, votre chien agressif n’est pas sûr de l’environnement, de vous, de lui…. en l’agressant de la sorte vous lui confirmez qu’il a toutes les raisons du monde de se méfier (et donc de se méfier vous, son « maître »). Quelle équivoque

Ces méthodes brutales et décérébrées nous viennent d’un autre âge : elles sont issues tout droit des conclusions fallacieuses de l’observation des meutes de loups largement réfutées depuis longtemps (les chiens ne sont pas des loups) et de la manière d’aborder les chiens qui nous arrive historiquement de l’armée (je me rappelle d’avoir lu d’un célèbre dresseur de chien de l’armée allemande préconisait, pour « enseigner » au chien de ne plus creuser de trous dans le jardin, de remplir un trou d’eau et d’y maintenir la tête du chien jusqu’à presque le noyer…. si si).

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Le premier livre de Karen Pryor (« Don’t Shoot the Dog ») est pourtant sorti en 1985 (autant dire que ce n’est pas un truc récent) mais des émissions comme le « Dog Whisperer » (le tristement célèbre Cesar Millan dit le Chuchoteur) ont – très efficacement – fait barrage à des approches plus respectueuses de l’animal auprès du grand public  :roll:

Dernièrement, j’ai lu une interview du Dr. Vét. Joël Dehasse où il affirme que « l’humain aime punir ». Il ne le préconise pas, il n’encense pas cette approche mais il fait une constatation qui est, à mon sens, tout simplement irréfutable : nous sommes une espèce excessivement belliqueuse et notre sens de la « justice » est culturellement fondé sur le concept du « ce qui est bien fait mérite récompense et ce qui est mal fait mérite sanction ».

goodSauf que notre attitude avec nos chiens ne devrait pas être celle du justicier implacable mais celle de l’enseignant aussi intelligent que bienveillant qui sait fixer des objectifs réalistes, sait aider le chien à les atteindre et « capitalise » sur les succès.

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… puis-je « rassurer » mon chien?

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Il existe en éducation canine des questions qui resteront à jamais irrésolues ou, en tous cas, éternellement débattues et dont, évidemment, la réponse ne peut se limiter à un bon gros « oui » ou un bon gros « non » (tout au plus un « oui mais » ou un « non mais »)  ☺

Une des meilleures que je connaisse étant « faut-il rassurer mon chien quand il a peur ? » dont la réponse consacrée des temps anciens aura forcé des milliers de propriétaires pourtant empathiques et compatissants à traverser des situations avec un chien de légèrement anxieux à totalement terrorisé, la mort dans l’âme, le visage clos, la bouche scellée « parce que l’éducateur a dit que j’allais renforcer la peur »…

Si on comprend bien ce qu’est un conditionnement simple (ou répondant ou pavlovien), on comprendra bien que de donner une friandise, chercher à jouer ou caresser (si le chien apprécie les caresses, ce qui n’est pas automatique non plus) n’est, en aucun cas, un « renforçateur » mais un simple stimulus – puisque nous ne cherchons pas à renforcer un quelconque comportement mais à modifier une émotion (en désensibilisation). Si on comprend ce qu’est un comportement, on peut aisément me rétorquer qu’il y a toujours comportement, sinon l’organisme est mort ☺ 

En gros, si j’ai terriblement peur de prendre l’avion – j’ai l’option de la personne qui a aussi peur que moi et qui va me dire, en bredouillant « c’est terrible, tu as raison : nous allons tous mourir » sa propre peur exacerbant la mienne, l’option de la personne qui n’a absolument pas peur et prendra mes émotions à la légère « ne sois pas ridicule, on a bien plus de risques à prendre la voiture » et se plongera dans son livre sans plus se soucier de moi et puis la personne empathique qui va me dire « que puis-je faire pour toi ? Pour t’aider à supporter ta peur ? Tu veux un verre de vin, manger un truc, que je te masse les épaules ? Qu’est-ce qui peut t’aider toi, en tant qu’individu ? ».

empathyDepuis que le monde est monde, le fait de « tenir la main » à un être de confiance (et parfois même à un parfait inconnu, faute de mieux), aide à passer un moment difficile. Je n’ai jamais entendu parler de quelqu’un qui serait – aurait été – « rassuré » par l’indifférence de l’autre. Je ne connais personne qui aurait souffert de l’empathie.. qui, peut par contre, évidemment, se révéler complètement inutile et/ou mal ciblée même si blindée d’excellentes intentions (en clair : vos tentatives de « rassurer » peuvent se révéler totalement inefficaces).

Dans l’absolu, si ma peur diminue suite à mon verre de vin et mon massage des épaules, il est possible que je trouve l’issue de mon comportement agréable et que, lors d’un voyage successif, je simule une légère nervosité question de me procurer cette intervention de mon accompagnateur (considération, verre de vin, massage). Reste que…. ma peur a quand même diminué donc, en définitive, j’ai bénéficié d’une certaine forme de désensibilisation et donc trouvé une approche efficace pour gérer mes émotions et, sincèrement, c’est plus que bon à prendre (si votre chien, quand il a peur, se rapproche de vous pour soulager sa peur… où est le problème?).  Notez bien que cet heureux cas de figure n’est envisageable qu’en présence d’une légère appréhension, aucun phobique ne sera soulagé aussi facilement, hélas. 

Idéalement, vous l’aurez compris, ce que veut réellement un phobique de l’avion, c’est descendre ou éviter cet engin de terreur… donc, à mon sens, avant de nous poser la question sur le « que faire pendant la peur », la première et vraie question serait plutôt « que faire pour éviter cette peur ? ».

Si j’ai vraiment très peur de l’avion, ce qui me ferait vraiment du bien ce serait de pouvoir me rendre là où je dois me rendre, en bateau ou en voiture, plutôt que la version de l’immersion qui, outre à être très douloureuse, est difficilement réalisable (peut-être devrais-je passer 3 mois non stop en avion ?).

En réalité, je n’ai nulle peur de l’avion mais, enfant, j’avais très peur du vide. Ma mère (une grande adepte du courage chez ses enfants) m’a donc inscrit à un cours de plongeon – je devais avoir une dizaine d’années – et j’ai même fini par obtenir un brevet « or » – à savoir des mois et des mois de cours de plongeon dont je me souviens de chaque instant, alors que mes dix ans sont bien lointains.

Ma mère, m’a purement et simplement obligée à affronter ma peur en m’affirmant que, « une fois qu’on a sauté du plongeoir des 12 mètres une fois, on n’a plus peur… ». Alléchante affirmation vu que, en définitive, la peur est une émotion particulièrement désagréable à vivre.

Après ce vertigineux plongeon qui me glaçait le sang, obscurcissait ma vue et me donnait physiquement la nausée, j’ai découvert deux choses : que j’avais encore plus peur de le refaire (bonjour la sensibilisation, la 2ème fut pire que la première et a troisième encore pire et ainsi de suite…) et que j’avais perdu ma confiance aveugle en ma mère qui, croyais-je, avait toujours raison (j’ai appris, à dix ans, que tel n’était pas le cas).

La confiance est ce truc qu’on met des siècles à construire et qu’on peut perdre en quelques instants…

trustBref, peut-on « renforcer une émotion »  par notre comportement? Je ne le crois pas hormis si notre propre peur, contagieuse, fait escalader l’émotion de l’autre. On peut aider ou pas et ça, c’est le comportement de l’autre qui vous fera savoir si votre intervention est significative ou pas.

On peut doit, par contre, mettre en place une gestion attentive et intelligente de la peur

a) la prévenir (l’éviter) quand possible

b) la gérer selon l’individu (travailler en désensibilisation et contre conditionnement) et, pour ce faire – il vous faut un(e) professionnel (le)

c) aider par des médicaments en cas de grave souffrance (la peur est vraiment l’unique émotion où je considère une aide médicamenteuse indispensable tant elle est souffrance quand elle est intense)

La peur est une souffrance intense et votre chien mérite votre considération et votre aide.

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(p.s. je n’ai plus peur du vide, tout simplement parce que je ne m’expose plus à de telles situations)

La muselière

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Éducateurs compris, on me parle souvent de « désensibilisation à la muselière » alors que, à chaque fois, il s’agit plutôt de conditionner une réponse initiale à un moyen qui suscite une telle aversion auprès du public qu’on l’imagine déjà forcément et naturellement catalogué, dans la tête d’un chien, comme engin d’opprobre et de torture ;-) On parle uniquement de « désensibilisation » quand un premier conditionnement (généralement négatif) a été fait chez le chien vis-à-vis d’un objet, personne ou situation – une procédure de désensibilisation c’est changer cette association, néfaste, par une autre, positive.

Personne ne mettra en question l’utilité, ne serait-ce que ponctuelle, de la laisse comme moyen d’assurer la sécurité du chien notamment. De manière générale, l’immense majorité des chiens va se dire « youpie, on sort » (il y a des exceptions à cette généralité mais ce n’est pas le thème du jour). Cette joie chez le chien déclenche, à son tour, une satisfaction chez l’humain qui apprécie de rendre son chien heureux et en avant pour un cercle vertueux (cette joie qui, parfois, nous est indispensable pour affronter la balade du matin ou du soir quand il fait un temps à manger des loukoums sous son édredon). 

Une association qui se fait tout naturellement…. il est tellement plus facile de créer, dès le départ, une association positive avec un quelconque objet, moyen, personne ou situation que de devoir travailler à transformer une association néfaste en une autre, plus appropriée.

Pourtant, quand on décide qu’on va museler Youki (idéalement, en prévention d’un accident de morsure ou parce que cela vous aura été imposé par une quelconque autorité déjà), c’est avec le cœur lourd et l’esprit chagrin que le propriétaire va se résoudre à cet apprentissage.

Pourtant, le but ultime est de voir Youki s’illuminer de cette même joie profonde en voyant arriver sa muselière que quand il vous voit empoigner la laisse « chic, on sort, on va faire un truc ensemble » :-D

si, si… c’est possible ;-)

Procurez-vous, avant tout, une muselière appropriée : je vous rappelle, au passage, que la muselière de nylon qui garde mécaniquement la gueule du chien fermée, sans possibilité de haleter, est une muselière dite « d’urgence » – facile à transporter, légère, elle peut servir à un vétérinaire qui doit agir rapidement, elle peut servir à se mettre à l’abri d’une morsure d’un chien qui éprouve une forte douleur (blessure) lors d’un transport vers un lieu de soins.

Ce qu’elle n’est PAS, par contre, c’est une muselière pour une utilisation continue et quotidienne (et, accessoirement, elle est justement interdite en Suisse en utilisation continue et quotidienne).

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Pourquoi? Parce que le chien ne transpire, et donc régule sa température corporelle, que par sa gueule (et très accessoirement par ses coussinets) : gueule que nous avons tous loisir d’observer très grande ouverte et haletante quand il fait chaud, quand le chien fournit des efforts physiques ou les deux. La muselière nylon l’empêche d’ouvrir la gueule et peut donc amener une hyperthermie gravissime voir, rapidement, mortelle.

Une muselière appropriée est une muselière dite « panier » ou « cage » dont aucun morceau ne blesse votre chien, qui est solidement fixée et ne peut être enlevée même (et dirons-nous surtout) en cas de bagarre (sinon c’est pas la peine d’avoir une muselière, on en conviendra).

Ma préférée (et non, je ne touche pas de royalties encore même je reste ouverte à toute proposition dans ce sens en cas de très forte notoriété subite ah ah ah…)  c’est, indiscutablement, la Baskerville Ultra: bien profilée, solide, le matériau utilisé est doux au toucher. De plus, elle a deux points d’attache de sécurité supplémentaires (attaches en néoprène rembourré) qui ne blessent pas et vous évitent de voir la muselière se déplacer au moment le moins opportun du monde.

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Non seulement elle permet au chien de haleter à sa guise mais même de boire et de prendre des friandises. Il est INDISPENSABLE que votre chien puisse prendre des friandises alors qu’il porte sa muselière s’il est travaillé en contre conditionnement  (bref, si on le ré-éduque disons).

Sans compter l’indispensable notion de pouvoir récompenser le chien dans le but d’un travail de rééducation, elle fait moins Hannibal Lecter que d’autres… :cry:

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Comment procéder?

Pour habituer le chien à la porter, travaillez en des sessions COURTES (3-5 minutes maxi) plusieurs fois par jour (plus elles seront nombreuses, plus elles seront nombreuses et courtes et mieux cela vaudra pour cet apprentissage).

Oubliez, par pitié, votre air contrit, votre mine dépitée et vos sentiments du style « mon pauvre bébé » et soyez conscients que vous allez conditionner votre chien à l’acceptation complète de ce moyen qui va lui éviter (et à vous et d’éventuelles futures victimes par la même occasion) des conséquences plus que fâcheuses :-(

Présentez la muselière à votre chien et donnez lui un petit morceau de quelque chose de particulièrement appétissant (foie séché, jambon, fromage, poulet, etc)  : vous répéterez cet exercice jusqu’au moment où vous verrez, clairement, se profiler dans l’expression de votre chien, une expression « oh chic, cette chose encore » :) Votre chien n’a pas vos a priori. Rappelez-vous : la muselière d’abord, la friandise ensuite – pas le contraire.

La muselière apparaît, le « bonbon » aussi… la muselière disparaît (cachez la derrière votre dos), le bonbon disparaît. La muselière revient, le bonbon revient :)

Permettez à votre chien de renifler la muselière (s’il connaît le signal « touche », demandez-lui de toucher, sinon travaillez en shaping et si vous ne savez pas de quoi on parle, cherchez ces infos sur ce site ou venez prendre un cours chez moi). Répétez autant de fois que nécessaire : votre chien doit allègrement toucher l’extérieur de sa muselière.

Répétez le même exercice avec la muselière présentée sous tous ses angles. Votre chien doit pouvoir toucher, avec énergie et conviction, les différentes parties de la muselière. Chaque touche, chaque contact vaudra une friandise au chien, ne soyez pas radin !!

Si tout procède bien, proposez une friandise par l’extérieur de la muselière. Répétez autant de fois que nécessaire afin que le chien s’engage à l’intérieur de la muselière sans hésitation aucune et avec enthousiasme, rappelez-vous, c’est un jeu et tout va bien ;-)

C’est le chien qui va à la muselière et NON LE CONTRAIRE !!!

Quand le chien saura mettre son museau au fond de la muselière, travaillez la durée du comportement, en proposant un certain nombre de friandises en continu à l’extérieur de la muselière.

Si le chien se désengage, ne le retenez surtout pas et recommencez avec des ambitions plus modestes.

Graduellement, augmentez la durée entre une friandise et la suivante quand le chien est à l’intérieur de la muselière : ne travaillez jamais dans une progression continue (donc pas 2 secondes, puis 3 puis 4 puis 5 et ainsi de suite mais en « ping pong » : une seconde, 2 secondes, 1 seconde, 3 secondes, 2 secondes, 4 secondes, 1 seconde…).

Peu à peu, votre chien deviendra capable d’attendre dix, quinze secondes, le museau dans la muselière, avant d’entendre son click et d’obtenir sa friandise.

Alors que le chien a son museau bien au fond de sa muselière, attachez une lanière, cliquez, récompensez et défaites de suite la lanière. Encore une fois vous allez travailler la durée, d’abord en récompensant en continu pendant la durée choisie puis en augmentant, graduellement (et en « ping pong » toujours!!) le temps qui s’écoule entre une récompense et l’autre.

Pendant toute la durée de cet apprentissage, si le chien devait se rebeller, sortir de la muselière, s’en aller, montrer du stress ou un mal être – revenez au stade précédent, quand tout allait bien pour lui et recommencer avec moins d’ambition et dans une progression plus lente et respectueuse de son bien-être.

Clair, vous avez bien bossé…. bravo :-D . Attention toutefois à ne pas vous dire « wow, super c’est fait » et proscrire, à tout jamais, la récompense pour le port de la muselière.

Il faut non seulement que celles-ci  continuent en aléatoire mais également que vos activités en muselière soient gratifiantes - ne mettez pas la muselière uniquement pour aller là où votre chien a généralement peur ou mal (véto par exemple), sinon au revoir votre association positive sur laquelle vous avez si magnifiquement travaillé, ce serait dommage et tout serait à refaire (et, cette fois, ce serait une désensibilisation, ce que vous voulez absolument vous éviter à tous les deux) :roll:

Il existe une très chouette vidéo sur YouTube par Chirag Patel, un éducateur britannique fort connu, qui détaille en image cet apprentissage (tapez « Teaching a dog to wear a muzzle » Chirag Patel sur Google et vous tomberez dessus) :)

Elle est anglais mais les images parlent d’elles-mêmes… vous avez le texte ici et les images là bas.

when life gives you lemons…

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Les précédents articles sur mon incroyablement drôle et gentil Bébé Chien en ont font sourire quelques uns mais jamais autant que ce chiot ne m’aura fait rire, attendrie, émue par son infinie gentillesse, bonne volonté, douceur infinie…. c’est un chien un peu particulier quand même, un peu un modèle unique – une variété spéciale de Cornichon d’Amour  Small-Heart

C’est le prototype du « good dog«  – le chien qui, quand un autre lui grogne dessus s’en va (en sifflotant), sans jamais perdre son incroyable confiance en ses congénères malgré tout, le chien qui joue avec douceur avec un vieux Shih-Tzu aveugle (véridique) et comme un psychopathe avec un autre Border ou ses frangines mini Aussies… qui s’approche des enfants en douceur et joue à la brute avec un jeune homme – pas des apprentissages, c’est dans sa nature.

Alors j’aime profondément tous mes chiens mais Bébé Chien a su profondément conquérir des gens, dans mon entourage, qui pensent qu’un chien c’est sympa…. en photo ou chez les autres ;-)

A l’heure où je vous écris, mon Bébé Chien n’est pas à la maison, il est à l’hôpital vétérinaire où il a été soumis à un scanner et où, demain, il sera opéré d’une ostéochondrite. Tout ça, après pas mal de tourisme vétérinaire et des diagnostics confus et contradictoires, de véto généraliste à spécialiste et, surtout et avant tout, 2 mois de douleurs incessantes et de souffrance, bref, 2 mois bien pourris qui n’ont même pas entaché son éternelle bonne humeur.

Alors il me manque évidemment et je suis rongée d’angoisse (parce qu’une narcose reste une narcose) et mon article ne fera pas (du tout) rire… disons même que, perso, toute cette histoire m’aura fait pas mal pleurer mais, voilà, prendre un chiot ce n’est pas que pour le fun, que pour les histoires drôles et les éventuels exploits, grands et petits.

Prendre un chiot c’est prendre toute une ribambelle de responsabilités… et de risques. Le risque que votre chien ne soit pas en bonne santé (et Bébé Chien vient de lignées « testées » et de chien décrétés « sains »), qu’il vous crève un peu le cœur aussi et vous vide votre portefeuille par des soins très vite excessivement onéreux qui ne sont juste pas en option.

Cela fait partie de la vie dès lors qu’on décide qu’on va prendre la responsabilité de la leur… quand il a été emmené par le personnel du Tierspital, il a planté des quatre fers et a regardé l’assistante véto en balançant doucement sa queue (je n’ai rien contre toi sympathique inconnue mais ma mère, c’est elle) et ne voulait plus avancer. Je lui ai dit « va » et il est allé. Un bon chien je vous dis…

Demain opération et je sens que ma productivité de travailleuse sera au plus bas (mon patron ne lit pas mon blog, ça va) jusqu’au moment où on m’aura appelée pour me dire qu’il est réveillé et vivant.

Ensuite, on le ramènera à la maison et commencera une très sale période car il n’aura plus le droit de sortir que pour faire ses besoins en laisse et, évidemment, surtout pas de jouer avec ses frangines, ni de balader, ni de rien…. pendant 8 longues semaines :cry: .

Ce qui ne va nullement aider à sa socialisation déjà bien ralentie en raison de cette longue boiterie. Programme pas super réjouissant… mais n’oublions pas qu’il s’agit d’un Formidable Cornichon, d’un Bébé Chien d’exception et que je le crois capable de tout : de dépasser ça et le reste, avec mon aide active et celle des autres personnes qui l’aiment.

Alors en piste pour la suite des aventures…. le retour à la future vie heureuse de Bébé Chien Small-Heart lemons

Ondes positives bienvenues demain et pendant 2 mois :-D

Bébé Chien chez le véto…

Comme on avait un peu de difficulté à déchiffrer / comprendre le protocole de vaccins slovaque, on a décidé d’aller voit la véto pour qu’elle nous explique ça tout bien…

et qu’on envisage la suite…

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sooooooo boring….

… sauf qu’on n’avait pas encore montré notre passeport (slovaque) que les seringues étaient déjà dehors (à aucun moment on n’explique dit, justifie ce que contient la dite seringue d’ailleurs).

Légère exaspération maternelle (dis, madame la véto, tu voudrais pas savoir ce qui a été fait ou pas fait avant, non?).

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Bref.

A la lecture du passeport, la véto blêmit « méééééééé, Madame, ce chiot n’est pas vacciné contre la rage »… ben non, « ce chiot » (magnifique et adorable, t’as oublié de dire) n’a pas trois mois encore et c’est pas comme si je n’avais pas entretenu une longue correspondance avec les autorités fédérales pour savoir si quelque chose avait changé dans l’importation du chiot, hein?

Bref, on a plus discuté des merveilleuses lois suisses qui changent tous les dix kilomètres environ, de mes nombreuses obligations légales que de la santé de mon si joli Bébé Chien.

Bref (bis).

Bébé Chien que je trouvais grassouillet pèse quand même 8,300 grammes : Bébé Chien EST grassouillet, y’a encore de la croquette slovaque à l’intérieur de lui  ;-)

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On a reçu un petit kit chiot plein de pâtée industrielle, croquettes et friandises pas super bonnes qu’on filera aux voisins comme toujours.

Bref final, visite chez le véto : zéro pointé, on s’est dit avec Bébé Chien qu’on allait vraiment vraiment faire en sorte d’y retourner le moins possible toute sa vie  :)

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