Le B.A.R.F.

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Je ne vais PAS vous expliquer comment préparer une gamelle BARF (Biologically Appropriate Raw Food – ou alimentation biologiquement appropriée, in french) :-D

Contrairement aux temps reculés où moi je me suis lancée, sous l’œil aussi sceptique qu’ahuri de mes pré-ados d’alors (car ça fait quand même plus de 12 ans désormais que les croquettes ont disparu de ma maison), désormais les sites en français abondent, tout comme les groupes, associations (?), pages Facebook (plus ou moins aimables) dans toutes les langues (petite note de la rédaction : tous mes enfants désormais adultes et propriétaires de chiens ou de chats, les alimentent en viande fraîche et crue et ne rêveraient pas de faire autrement). 

Vous trouverez donc aisément de quoi aller tenir des interminaaaaables discussions sur l’utilité de l’épinard/persil/carotte dans la gamelle, quelle huile apporte plus d’oméga 3, si la levure de bière est obligatoire ou non, si vous faites des meringues de votre blanc d’œuf ou si vous le donnez au chien cru ou cuit, s’il faut donner du 2 ou 3% du poids du chien : je vous laisse à de saines lectures et, surtout, à votre méditation personnelle.  Au final, le BARF c’est alimenter tout être vivant comme il devrait l’être, à savoir comme son espèce le demande – une alimentation bio-LOGIQUE. 

Chez moi, cela ne s’arrête pas au chien : je me suis longuement intéressée à l’alimentation du rat, du lapin (que les animaleries contribuent à faire mourir prématurément par la vente d’une cargaison d’aliments inappropriés à cet herbivore strict) et même du… cochon (dont on ne sait pas grand chose au final, les cochons étant généralement au monde dans le but de devenir des obèses morbides en un temps record et finir en jambon).

Si, en son temps, tout le monde ou presque s’est dument offusqué des vaches qui ingéraient (et vont recommencer à ingérer d’ailleurs) des farines animales, avec les conséquences dramatiques que tout le monde sait, personne ou presque ne s’interroge sur l’opportunité / légitimité de nourrir des carnivores domestiques avec une alimentation industrielle constituée de 80% de céréales environ. Pourtant, c’est aussi ahurissant dans un sens que dans l’autre…

Si on est arrivé en quelques décennies à ce consensus extraordinaire, c’est parce que les croquettes « c’est pratique ». Effectivement : bien qu’alimenter un chien correctement ne soit pas bien laborieux au final, rien ne peut être plus « pratique » que de déverser quelques petits cailloux plus ou moins odorants dans une gamelle qui se salit à peine. En plus, ça ne doit pas se garder au frais (et ça contient de la viande?) et la date de péremption est plutôt sympathique.

On pourrait s’interroger sur cette exigence de « praticité » par contre : avoir un être vivant sous son toit, que ce soit un animal ou un enfant, n’a strictement rien de « pratique ». Cela tombe malade parfois, il faut s’en occuper même quand on a la migraine du siècle et juste pas moyen de jeter 3 slips dans un balluchon pour partir en week end sans avoir vérifié si notre destination est appropriée, si on embarqué le nécessaire ou sans avoir organisé un mode de garde satisfaisant, souvent difficile à trouver et, toujours, coûteux. Le plus pratique, le top de la praticité même, c’est de ne pas avoir de chiens, de chats, d’animaux ni même d’enfants, croyez-moi : j’ai toujours eu un nombre déraisonnable de tout ça chez moi et, non, ça n’a rien de « pratique ».  J’en conclus donc que, si vous avez sciemment choisi d’avoir un ou des animaux et/ou des enfants même, le côté pratique de l’existence n’est pas votre préoccupation première.

Comme nous en sommes volontairement responsables, nous leur devons des soins appropriés et, en tout premier, une alimentation adaptée. Et là, les croquettes ne tiennent plus (du tout) la route : même bénies par votre vétérinaire (qui vous les vend d’ailleurs), elles ne sont rien d’autre qu’un gros magma de céréales diverses déclassées pour la consommation humaine, mal stockées en conséquence, et — généralement — blindées de toxines diverses. On y ajoute des déchets de l’agro-alimentaire, des sous produits animaux (allant jusqu’aux plumes et pattes de poulet) et, ensuite, on les arrose de vitamines de synthèse qui figurent bien en vue sur le paquet rassurant le propriétaire (si, en prime, il voit la photo de son chien sur le dit paquet, c’est encore mieux).

D’ailleurs votre chien (qui ne comprend rien au marketing lui), ne les aime pas trop… ou alors les mange mais se gratte, a des pellicules, des soucis de peau divers et variés, des otites, des selles ultra volumineuses et à l’odeur pestilentielle, des gaz, des dents pleines de tartre, etc. etc. Affirmer que les croquettes nettoient les dents, c’est à peu près comme conseiller de brosser les vôtres avec des Oreo cookies (sympa mais peu recommandable).

Il y a donc plus d’une décennie, j’ai commencé à m’interroger sur la légitimité de faire manger des boulettes sans goût, texture ni fraîcheur à mes chiens pour toute la durée de leur passage sur terre (déprimant).  Parce que les miens les boudaient souvent, mes « croquettes super premium recommandées par l’éleveur et le véto » – nous avons commencé une longue valse de marque en marque, passant de l’une à l’autre au gré des conseils reçus. Toutes suscitaient un peu d’intérêt au début (et on ose nous affirmer que le chien n’apprécie pas le changement) puis toutes replongeaient mes chiens dans la perplexité (mais aussi, chez un ou deux, les vomissements, les selles molles, etc.).

Je me suis donc procurée les livres du Dr. Ian Billinghurst, du Dr. Tom Lonsdale mais également de Juliette de Baïracli-Levy  et j’ai commencé à lire, inlassablement. J’ai interpellé quelques personnes dont l’expérience « chien » était plus conséquente de la mienne (qui m’ont – TOUTES – dissuadée ou ont tenté de me dissuader), j’en ai parlé à ma véto qui est tombée d’abord des nues et puis s’est pris la tête dans les mains…. mais, c’était trop tard, et je me suis lancée sur mes deux chiens qui semblaient le moins gérer cette bouffe industrielle et puis, forte d’un premier succès retentissant, sur tous mes chiens (à l’époque, j’avais un petit élevage d’ailleurs… une erreur de jeunesse) :-|

C’était très solitaire à l’époque et très très subversif : je me suis fait agresser par à peu près tout le monde, avec plus ou moins de délicatesse. J’ai écouté mes chiens manger pendant des mois et des mois, faisant semblant de m’occuper à une autre tâche, prête à précipiter le premier qui s’étouffait aux urgences véto. J’ai sautillé dans les champs afin de regarder des milliers de crottes pour ajuster, individuellement, leur pourcentage optimal d’os dans la ration. J’ai élevé plusieurs magnifiques portées au BARF et, ensuite, des chiots qui sont désormais de beaux adultes avec un poil magnifique, une énergie au top, des griffes solides et qui ont un vrai plaisir à manger leur « gamelle ».

Le BARF, c’est avant tout reprendre, récupérer, la responsabilité qui est la nôtre vis-à-vis de nos animaux domestiques : non, il n’est pas siiiiii compliqué de nourrir un chien que vous deviez déléguer cette tâche à « l’industrie-qui-vous-veut-du-bien », non, je ne reconnais pas à mon vétérinaire généraliste une grande science au sujet de l’alimentation et, à certains, je reproche de ne pas s’informer à ce sujet, de ne pas chercher à en savoir plus et à ne pas accompagner les propriétaires, de plus en plus nombreux, qui souhaitent alimenter leurs animaux avec des aliments frais, vivants et crus (les vétérinaires qui connaissent et recommandent une alimentation fraîche et crue existent désormais, il faut juste un peu les chercher)  :-D

Le dit « risque zéro » n’existe pas dans la vie quand on parle de vivant. Peut-être, un jour, un de mes chiens pourrait-il s’étouffer (mais j’ai connu des chiens faire des « fausses routes » avec des croquettes aussi) mais, dans l’ensemble, je préfère admettre ce minuscule risque hypothétique que la certitude absolue que me donnent les croquettes de construire chez mes chiens des pathologies en raison d’une alimentation industrielle « morte ».

Pour moi, la considération vis-à-vis d’un animal se doit d’être globale si elle doit avoir un sens : mode de vie, attention, liberté de bouger, d’entreprendre, de faire des choix ET avoir l’accès à une alimentation appropriée et  (bio)logique :-D

patte

(Pour en savoir plus : je vous suggère, quand même, Tribu Carnivore (www.barf.ch) – le premier site francophone sur l’alimentation crue des carnivores domestiques - tout, absolument tout, y est)   ;-)

patte