Le « self control »

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gooddog2Afin d’être sûrs de parler des mêmes choses, il est toujours utile de définir la terminologie : qu’est-ce donc que le « self-control » (ou contrôle de soi)?

Le « self control » ou, encore, contrôle de l’impulsion, c’est la capacité d’un organisme (animal humain ou non humain d’ailleurs) à contrôler ses émotions et besoins immédiats et donc les comportements qui en découlent – dans la perspective d’un résultat, d’une conséquence que l’on souhaite obtenir (ou éviter d’ailleurs).

Il s’agit en définitive de renoncer à répondre à une envie / besoin immédiat parce que, connaissant et anticipant une conséquence ultérieure, nous estimons qu’y céder est finalement moins gratifiant que de ne pas le faire. Nous élaborons une stratégie pour une conséquence favorable pour nous.

Contrôler nos émotions — et donc nos comportements — fait appel à toute une panoplie de processus cognitifs qui débutent, justement, par la sélection d’un ou de multiples comportements qui, nous le savons, vont nous amener à une issue qui sera positive pour nous, à moyen ou long terme.

Chez les humains, on appelle parfois ça la « volonté » : il existe des études en comportement humain qui prouvent que résister à une tentation immédiate, et faire preuve de volonté (et donc de contrôle sur soi-même) est un processus extrêmement énergivore en termes de glucose notamment (la nourriture préférée du cerveau)ce n’est pas une mince affaire (ce que nous savons tous évidemment).

Pourquoi, alors que nous avons très envie de perdre du poids, nous finissons donc par avaler la tranche de gâteau qui reste au frigo (pour le regretter ensuite d’ailleurs, presque instantanément, une fois notre envie de sucre, ou faim réelle, apaisée) ?

Parce que notre envie de gâteau est impérieuse et même parfois carrément douloureuse…. et demande à être apaisée rapidement – parce que le concept de notre amaigrissement futur est un renforçateur lointain, incertain, très différé et, peut-être, que nous n’avons encore jamais atteint. Céder à une impulsion implique une réduction immédiate de la frustration, un bien-être rapide et garanti, même si fugitif et même si nous savons pertinemment que le punitif sera au rendez-vous parfois (remontée de la balance).

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L’adage qui dit que la meilleure manière de se débarrasser d’une tentation est d’y céder a tout à fait raison : céder à l’impulsion aura des conséquences ultérieures à définir mais, la conséquence immédiate est un profond apaisement d’un malaise, d’une frustration plus que désagréable et qui monopolise tout notre être.

dragon

Pour nos chiens (qui ne sont pas préoccupés par leur poids, eux), il existe également plein d’impulsions impérieuses à satisfaire : foncer au jardin où ils ont vu un chat passer, gober le sandwich que vous avez laissé imprudemment sur la table, foncer sur l’autre chien qui arrive en face parce qu’ils souhaitent l’éloigner, sauter sur tous les gens qui passent pour accéder à un contact social, tirer en laisse de toutes leurs forces parce qu’il faut aller à tel endroit plus vite que notre allure d’humains, sauter hors de leur cage de voiture pour accéder à la balade ou a terrain d’entraînement, etc. etc.

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Ils n’ont aucune stratégie particulière à disposition pour affronter ces situations : ils ont envie, ils le font parce que tout leur fonctionnement les incite à apaiser, de manière légitime, la frustration, l’irritation créée dans leur organisme par un besoin spécifique qu’ils doivent assouvir (courir après le chat, contact social avec un humain, manger, accéder à une ressource, s’éloigner de ce qui leur fait peur, etc.).

Le chien dit « réactif » est souvent un chien qui a un répertoire comportemental très restreint, sans beaucoup d’options, et ne peut pas faire un « choix » éclairé car il n’a simplement aucune autre option connue à disposition.

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Vous aurez déjà trouvé la conclusion : leur donner des options acceptables pour nous pour obtenir un même résultat (rester les quatre pattes au sol et obtenir de l’attention, ne pas gober ce qui est sur la table basse car un signal spécifique leur promet d’une issue ultra payante et gratifiante, rester à vos côtés pour obtenir d’aller dans la direction souhaitée, obtenir de l’espace, etc. etc.).

Les techniques pour y arriver sont multiples et – si elles sont simples – elles demandent pas mal d’expérience, de planification et de cohérence – surtout quand les comportements inadaptés se sont installés durablement, faites appel à un éducateur /éducatrice compétent(e) pour y arriver mais l’idée est toujours celle de

  • apprendre à vos chiens des comportements alternatifs, pour qu’ils puissent élaborer une stratégie payante pour eux (le comportement appris devrait donner accès au même résultat que le comportement qu’on essaie de faire disparaître, dès que c’est possible)
  • les renforcer très puissamment à travers un plan d’apprentissage qui tient la route
  • contrôler et anticiper l’environnement autant que faire se peut
  • renforcer le « bon choix » encore et encore….

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La compétence, les outils de la compétence ne sont pas un contrôle qu’on exerce sur notre chien mais son propre choix de l’option la plus renforcée pour lui pour obtenir ce qu’il souhaite obtenir – le contrôle de soi, c’est tout simplement ça  :-D

Happy Training  :-D

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