Life is for learning / 2

Partager :Share on FacebookTweet about this on TwitterPin on Pinterest

« Le contrôle, une nécessité biologique »  par la Dr. Susan Friedman

En éducation canine, il n’est pas rare d’entendre, parfois sur un ton légèrement (ou résolument) moqueur : « ton chien est en train de t’éduquer »  :roll:

humans

Pourtant, il est à la fois logique et inévitable que cela se produise : tous, et nos chiens aussi, oeuvrons dans le sens d’une conséquence qui nous sera profitable, c’est le contraire qui serait aberrant  :lol:

En clicker training, nous rendons le comportement possible, nous signalons, l’animal produit et c’est un signal clair, pour nous, de cliquer et renforcer… un dialogue constant où, si le travail est bien fait, tout le monde trouve son compte (ajout personnel)  ;-)

pavlov

Nous fonctionnons tous sur une séquence « action ==> effet produit » qui va nous amener à répéter cette action… ou pas  :-)

Cela nous donne à la fois un certain contrôle sur notre environnement (nous choisissons) et un retour en terme d’information (« essaie encore » / « fais autre chose » / « abandonne »).

En effet, peu d’entre nous vont retoucher et retoucher encore un même objet qui vient les brûler  :-)

Imaginez un monde qui ne nous offrirait AUCUNE faculté de contrôler les conséquences de nos choix : une perspective véritablement terrifiante.

… et cela existe bel et bien, on le sait tous  :-(

Tous les jours, dans les media,  nous regardons, écoutons et lisons — avec plus ou moins de compassion, d’effroi et révolte — que des individus, des populations entières, des ethnies sont sujettes à ce type de frustration, de douleur et de colère : toutes les injustices de ce monde concernent cette incapacité  totale à contrôler un environnement hostile.  

justice

Toute forme d’injustice débute en retirant le contrôle à sa victime, en niant sa possibilité de choisir. Qu’il s’agisse d’animaux ou d’humains. 

Nous connaissons tous les renforçateurs primaires (naturellement renforçateurs et, donc, inhérents à la survie) – le contrôle en fait naturellement partie : en effet, que deviendrions-nous sans le contrôle de nous enfuir en cas de danger mortel ?  ;-)

Une étude sur des nourrissons de 4 mois a comparé deux groupes distincts sur l’intérêt qu’ils pouvaient porter à leur « mobile » musical (qui n’est pas un téléphone portable mais cette chose que tous les parents auront accroché, sous différentes formes, au dessus du berceau de notre progéniture).

mobile

Le premier groupe de nourrissons avait un contrôle direct sur le fonctionnement du mobile, le 2èmegroupe n’en avait pas et le mobile se mettait en mouvement de manière aléatoire (Watson, 1967, 1971).

Alors que, au début de l’expérience, le mobile provoquait sourires et mouvements chez tous les nourrissons, rapidement, seul le groupe de nourrissons qui avait un contrôle sur le mouvement de l’objet a continué à s’y intéresser de manière active.

Plus intéressant encore, le groupe de nourrissons qui pouvait contrôler le fonctionnement du mobile a montré une augmentation des comportements joyeux (sourires, vocalises, etc.) par rapport au groupe des nourrissons qui n’avaient aucun contrôle sur le fonctionnement de l’objet.

Si on se réfère, à l’étude britannique sur le contrôle en relation au « burn out » (mentionnée dans « Life is for learning 1″, ne pourrions-nous pas en déduire qu’un nombre grandissant de personnes dans notre monde a l’impression– justement – de ne rien contrôler du tout, de ne plus pouvoir choisir et de subir des circonstances qui les écrasent ?  Il n’y a qu’un pas à franchir entre cette constatation et le taux de « bonheur » dans certains pays.

happy

Un nombre impressionnant d’études sur les animaux (ouistitis, poules, veaux, cochons, etc.) démontre que, quand ces animaux peuvent contrôler, par un comportement préalablement appris, la chaleur, la lumière qui leur sont dispensées, leur comportement se révélait plus calme et moins agressif. 

Les animaux, comme les humains d’ailleurs, préfèrent qu’on leur donne un choix, même quand celui-ci n’apporte pas de plus value concrète (toutes les mamans savent qu’il vaut mieux dire « tu veux mettre tes chaussettes roses ou tes vertes ? » à son enfant récalcitrant plutôt que « mets tes chaussettes »)  :-)

socks

En maison de retraite, donner un certain nombre de choix aux résidents a démontré influencer l’humeur, la qualité de vie exprimée et la longévité (Leotti, 2010 – Langer, et al. 1976).

Sans même mentionner le concept du « contrafreeloading » (le fait que les animaux préfèrent obtenir de la nourriture sous forme de renforçateurs suite à des comportements appris, plutôt qu’en self service), maintes fois testé et répliqué sur les souris, les rats, les poules, les pigeons, les corbeaux, les gerbilles et les chats. Un concept qui s’applique à des animaux correctement nourris, en bonne santé et qui ne souffrent pas de la faim (un animal en privation sévère va se jeter sur la nourriture librement accessible). 

Manquer de contrôle sur son environnement est une source reconnue de stress (ce qui explique, par ailleurs, le faible taux de reproduction des animaux sauvages en captivité quand ils sont privés de comportements fondamentaux pour leur espèce).

Contraindre, lors d’une procédure vétérinaire par exemple, provoque une augmentation substantielle du rythme cardiaque et de la production de cortisol (aucun d’entre nous n’a besoin de connaître le taux de cortisol de son chien pour reconnaître ce stress). 

Ayant dit tout cela, la Dr. Susan Friedman nous rappelle que tout ne peut pas être un choix dans la vie de nos animaux et que si une approche la plus respectueuse possible est un but, nos animaux portent en eux la résilience nécessaire à la négation occasionnelle d’un choix.

La résilience fait cet heureux lien entre la contrainte totale et le choix absolu  :-)

resilience

En conclusion, nous sommes sur terre pour agir et donc choisir et non pas pour rester passifs et subir, cela nous concerne nous et cela concerne les animaux qui partagent nos vies.

choice

Le besoin de contrôler notre environnement est un concept inné, il fait partie de notre bagage biologique et il est le produit de notre évolution à travers les âges, quelle que soit notre espèce.

Avoir des choix, contrôler ce qui nous entoure nous est aussi nécessaire que boire et manger. 

A nous de savoir reconnaître quand l’animal dit non, l’écouter, à nous de faire des efforts pour mieux reconnaître ces refus et à nous de trouver une harmonie entre donner le choix et le « vivre ensemble »  :-)

Laisser un commentaire