To click or not to click?

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…. that is the question  8-)

Une des questions cruciales dans la pratique du clicker training est de savoir si cliquer, ou pas, un comportement souhaitable produit par le chien de manière spontanée voir inopinée.

Pour s’entendre, un comportement connu, appris, nommé que l’animal vous offre sans que vous l’ayez demandé (sans « signal » ou « ordre » pour ceux à qui ce mot parle plus).

Au début d’une séance de shaping, il est bien évident que rien n’est encore sous contrôle de l’impulsion – tout comportement allant dans le sens de notre plan de shaping est cliqué (et donc, évidemment, renforcé). Le comportement n’est pas (encore) rattaché à un signal spécifique (verbal, gestuel ou environnemental) même s’il reste souvent dépendant d’une myriade de signaux, volontaires ou non d’ailleurs (on s’en aperçoit, parfois – souvent – quand on change de contexte).

Dog Begging

Une fois appris, et nommé, il devrait être mis sous contrôle de l’impulsion (le très célèbre «stimulus control » de Karen Pryor).

Ce qui signifie qu’il répond à quatre critères très précis :

a) l’animal exécute le comportement quand on lui en donne le signal

b) l’animal n’exécute pas le comportement sans en avoir reçu le signal (dans une   séance d travail bien évidemment)

c) L’animal ne produit pas un autre comportement que celui qui est rattaché au signal spécifique

d) L’animal ne produit pas un comportement spécifique quand un autre signal est donné.

stimuluscontrol

Mettre les comportements de votre chien très clairement sous contrôle de l’impulsion reste votre choix et décision personnelle – personne ne souffrira si votre chien vous propose des « tourne » ou un « fais-le-beau » de manière inopinée – par contre, si votre cheval vous propose allègrement sa jambe lancée en avant alors que vous ne vous y attendez pas, ça peut faire très mal  8-O

clickhorse

Si votre chien fait « rouler-bouler » alors que vous aviez demandé donne la patte, vous êtes libre d’en rire évidemment – plus du tout vrai si le chien d’assistance ne s’arrête pas sur le bord du trottoir (son signal très précis – et très hautement renforcé – d’un arrêt).

Cette thématique mérite donc votre considération et réflexion : outre au facteur sécurité (important, surtout si vous travaillez de gros animaux), si votre chien cible votre main qui se trouve tranquillement au bout de votre bras (c’est généralement le cas) alors que vous ne lui avez rien demandé – et que vous n’aviez pas prévu de travailler (donc pas de renforçateur), ce comportement s’affaiblira inévitablement ou basculera votre chien dans la frustration (à force de ne pas être récompensé).

Les comportements connus mais non demandés lors d’une séance de travail sont souvent dus à l’anticipation (l’animal garde en tête son curriculum de comportements cliqués et récompensés et s’y réfère volontiers pour obtenir une récompense un peu longue à arriver).

Le doute est aussi porteur de propositions inattendues : si notre critère est trop haut, pas clair, mal défini, l’animal va se « réfugier » dans un comportement connu et rassurant (hautement renforcé dans le passé) et proposer autre chose (si pas cliqué, sa confusion – et sa frustration – peuvent augmenter d’ailleurs).

La recherche d’attention peut également donner les mêmes effets.

A nous de nous demander pourquoi on voit arriver de manière récurrente ces comportements proposés – nous croyons souvent avoir un comportement sur signal alors qu’il n’en est rien ou que le signal est tout autre de ce que nous croyons (me rappelle d’une cliente dont le chien faisait un superbe « couché » sur signal verbal alors qu’elle faisait un très léger hochement de tête – aussitôt le mouvement de son menton enlevé, le chien était perdu et se mettait à proposer tout son répertoire).

A vérifier (encore et toujours), notre rythme de renforcement : si celui-ci baisse drastiquement, la frustration monte et les comportements proposés arrivent.

J’arrive à travailler très calmement avec ma chienne Eelou et elle m’autorise un rythme de renforcement légèrement plus bas car elle est capable d’une grande réflexion et très au clair avec le contrôle de l’impulsion (outre au fait que c’est une chienne très calme) – c’est une toute autre affaire avec mon Zouk-Border dont l’unique véritable désir est de travailler en mode course et, autant que faire se peut, s’échapper à nos très courtes séances de clicker pour défouler son incroyable énergie physique (outre au fait que c’est un jeune chien et un Border).

Il fournira de merveilleux efforts mais la frustration guette à chaque instant et mon rythme doit rester très élevé sur nos très courtes séances (ce qui implique un critère limpide de ma part, aucune tergiversation ne me sera pardonnée).

summer

On l’aura compris, balancer un comportement que personne n’a demandé – est une stratégie inhérente à passablement d’émotions difficiles et une tentative (souvent efficace) de revenir dans un spectre émotionnel plaisant – ces comportements sortis de nulle part devraient, avant tout, nous interpeller en tant qu’éducateurs.

Savoir attendre un signal, le décoder clairement est un véritable « concept » d’éducation canine – un chien réactif est également un chien qui cède volontiers à ses impulsions quand il se trouve aux prises avec une émotion difficile. Il s’auto-apaise en adoptant un comportement qui lui permet de modifier cette émotion.

Si nous savons transmettre ce concept d’attente et d’attention gratifiantes en définitive, nous aurons contribué à une réflexion plus que salutaire de la part de notre chien réactif (ou pas).

Happy Training ☺

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