Une éducation proactive?

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Je parle souvent, dans mes cours, d’une éducation proactive et non réactive, surtout en ce qui concerne les chiots ou quand un nouveau chien arrive chez vous.

Le fameux chiot « très bien socialisé » parce qu’on l’aura emmené partout avec soi notamment et dont on aura négligé, souvent parce qu’on ne sait tout simplement pas les détecter, ces informations parfois très discrètes – mais bien réelles – d’une hésitation face à un autre chien, un enfant bruyant, un bruit inhabituel.

Elles passent souvent inaperçues – ou sont considérées trop minimes pour être estimées inquiétantes par le propriétaire.

Pourtant, elles peuvent finir par déboucher, quelques semaines ou mois plus tard, par ce qu’on appelle une « réactivité » – qui, souvent, aurait pu être évitée.

On appelle souvent ces comportements, des « signaux d’apaisement » (à mon avis de manière totalement erronée vu que le chiot ne cherche pas à communiquer avec qui que ce soit, n’apaise personne pas plus qu’il ne s’apaise d’ailleurs – j’appellerai ces comportements des manifestations de stress, c’est bien suffisant).

Je me rappelle d’un chiot dont j’ai clairement vu les oreilles se plaquer sur sa tête quand il entendait taper le couvercle de la poubelle métallique dans le restaurant où il passait partie de sa journée et où j’ai fait sa connaissance – six mois plus tard, on m’appelait parce qu’il ne s’en approchait plus et s’était mis à réagir à toutes sortes de bruits plus ou moins similaires (le chien étant fou de son jouet, son propriétaire s’est mis à sortir le jouet ET ENSUITE à manipuler ses poubelles – avec le résultat dépitant de voir son chien se réfugier sous un meuble à la simple apparition du jouet : Pavlov est toujours sur notre épaule et pas toujours dans le sens que nous imaginions au départ).

Je suis fondamentalement très protectrice des chiots et on me dit souvent d’un petit air moqueur qu’il est impossible de les garder à l’abri de tout stress : cela ne fait l’ombre d’un doute.

Rester seul, monter en voiture, aller voir le vétérinaire, rencontrer des inconnus (chiens ou humains), apprendre à affronter le quotidien dans un environnement nouveau (et parfois très différent de ce qu’il a connu dans son lieu de naissance), apporte largement à tout chiot une dimension de stress inévitable et acceptable, même quand tout se passe au mieux : je ne vois vraiment pas l’utilité d’en rajouter encore en acceptant que ces expériences se transforment en de mauvaises expériences (voir carrément des traumatismes).

Souvent le propriétaire peu averti va réagir « parce que Youki a peur des vaches » (des voitures, des enfants, des joggers, des poubelles…. à vous de définir le ou les déclencheur/s) alors que, dans une éducation proactive, toutes ces rencontres qui plongement très momentanément le chiot dans un début de perplexité peuvent aisément se transformer en d’excellentes choses (via, notamment, des renforcements sous forme de friandises).

Créer des bonnes associations, bien avant que votre chiot ne se crée son propre curriculum : on ne peut jamais créer trop de bonnes associations, ne soyons donc pas radins et anticipons – c’est ça une éducation proactive et non réactive.

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Quand B.F. Skinner a parlé d’apprentissage « sans erreurs » en éducation (des humains), il a soulevé pas mal d’objections auprès des ses pairs convaincus qu’il est impossible d’apprendre sans jamais se tromper et donc sans faire l’expérience, plus ou moins traumatisante, de l’échec, de la frustration, voir de la colère qui s’en suit.

Sans doute aucun, l’environnement va nous procurer ces émotions quel que soit l’engagement (et le talent) de l’éducateur.

L’environnement existe et on ne peut pas le nier ni, encore moins, totalement le contrôler – mais l’éducation n’est pas un jeu sauvage de « chaud froid» (le clicker training non plus, contrairement à ce que j’entends régulièrement dire à droite et à gauche).

L’éducation (que ce soit celle des enfants ou celle des animaux) n’est pas laisser l’apprenant aller au « casse-pipe » et en assumer les conséquences comme il peut mais faire en sorte que tout chemin vers l’apprentissage se fasse de manière la plus aisée possible et dans la meilleure émotion possible.

Ce qui, à son tour, génère confiance en soi, confiance en l’environnement et donc favorise des comportements de calme et d’assurance.

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Aidez donc vos chiots à faire des associations heureuses au sujet de ce qu’ils découvrent…

Happy Training

octobre 10, 2019

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