WOOF2017 – 2ème épisode….

WARNING – long article (allez vous faire un café / thé / chocolat)  😉

Alexandra

 … et c’est enfin le tour de Alexandra Kurland – une intervenante que j’ai déjà entendu un certain nombre de fois et que j’apprécie infiniment – je m’installe donc et j’avale 2 cafés l’un sur l’autre question de ne pas piquer du nez (les végés étaient abonnés aux pois chiches et aux gnocchis, ce qui provoque chez moi une certaine léthargie digestive)  😉

« Creating excellence » – Alexandra Kurland

Je précise que la présentation d’Alexandra (90 minutes) a été faite à une allure de fou et que ses multiples et indéniables talents ne comprennent (hélas) pas l’art de la présentation Powerpoint, que nous n’avions ni en imprimé ni sur support électronique et qui était parfaitement illisible à l’écran de la place où je me trouvais  😉

J’ai quand même pris un maximum de notes et j’écris cet article rapidement, tant que ma mémoire arrive encore à combler les « trous » dans mes notes manuscrites.

Alexandra a débuté en faisant une allusion à la politique étasunienne (petite digression : si le fait politique a toujours fait partie de mes partages personnels sur Facebook, jamais je n’avais vu autant de posts politiques sur les murs de collègues étasuniens comme depuis l’élection de novembre 2016). 

(Photos: Courtesy GOP.org, Democrats.org)

Alexandra a donc parlé (sans se mouiller outre mesure m’enfin, on a quand même compris qu’elle n’a pas voté Trump ah ah ah) du clivage inhabituel et très violent de cette dernière élection présidentielle aux US.

Un clivage qui l’a d’abord surprise par sa virulence mais qu’elle a réussi à mieux appréhender par la lecture d’un livre de George Lakoff (linguiste) : « Your Brain’s politics » et « Don’t Think of an Elephant » (même auteur).

elephant    lakoff

Dans ces livres, Lakoff parle abondamment de notre amour pour les métaphores.

Pourquoi aimons-nous tant l’art de la métaphore ? Selon Lakoff (et d’autres scientifiques dans le domaine du cognitif) – l’enfant que nous avons été s’est forgé un nombre impressionnant et personnel d’images mentales et donc de métaphores dites « primaires ».

Alexandra nous a demandé : « qu’est-ce qui monte et descend ? » (vous avez le droit de répondre aussi).

…..

……

……

Notre poids, les prix et les températures.

Une association faite dans notre enfance et qui nous apparaît comme une évidence – ces choses montent et descendent indiscutablement, elles ne vont pas à droite ou à gauche ou en dedans et en dehors.

omg

Nous avons une forte représentation du lien entre la quantité et la verticalité (à chaque fois que notre mère a rempli notre verre d’eau, de lait ou de Coca-Cola, nous avons intégré cette relation entre la verticalité et la quantité).

water

Selon Lakoff, la notion de quantité est traitée dans la partie de notre cerveau qui gère les nombres et la notion de masse. La verticalité, elle, est gérée par une autre partie du cerveau qui traite de l’orientation dans l’espace.

A force de constater la relation entre les deux notions, celles-ci s’associent inévitablement et jamais nous ne questionnerions que la Bourse monte et descend ou le coût de notre hypothèque (oui, on est encore loin de l’apprentissage mais patience).

Bref, nos expériences dans notre prime enfance créent les détails structuraux de notre cerveau.

On est ensuite passés à Daniel Coyle et son livre « The Talent Code » (celui là, je l’ai lu et je vous le recommande).

talentcode

Coyle y explique entre autre la myélinisation des chemins neuronaux et comment la répétition construit l’habitude. A chaque fois qu’un chemin neuronal est activé, une couche de myéline est ajoutée à la fibre nerveuse correspondante, la rendant de plus en plus performante (ceux qui sont venus à mon cours clicker training avancés en ont entendu parler). 

 Donc, la métaphore qui associe « verticalité et quantité » s’est renforcée à chaque fois que nous avons construit une tour, toujours plus haute, avec nos Légo. Ce serait une «métaphore primaire ».

lego3

Une autre métaphore primaire serait celle qui associe l’affection à la notion de chaleur.

Dans les bras de notre maman (si on a eu cette chance), nous avons expérimenté cette chaleur rassurante de la proximité physique associée à l’amour maternel. A l’âge adulte, nous utilisons largement ces métaphores primaires : ne dit-on pas, en effet, qu’une personne est « chaleureuse » ou, au contraire,  « froide ou glaciale » ?

gorilla

Nous « sautons » d’une idée à l’autre, nous « arrivons » à une conclusion, nous trouvons certains concepts « difficiles à avaler », nous « digérons » une vexation – les métaphores sot omniprésentes dans notre langage courant.

Quand une métaphore primaire est utilisée encore et encore, elle devient notre mode de pensée – cela devient NOTRE forme de « bon sens », nos valeurs qui ne sauraient être remises en question.

D’autres exemples multiples qui devraient mieux situer le raisonnement :

  • la moralité et la force (on dit d’une personne qu’elle a un fort caractère – ou le contraire, avec dédain) 
  • la moralité et la verticalité (on dit « droit dans ses bottes », un « pilier de la société »)
  • la moralité et la bonne santé (une vie « saine », une attitude « saine » à l’opposé un comportement « malsain » ou « toxique »)
  • la moralité et la propreté (la conscience et les mains « propres »)
  • la moralité et la comptabilité (on « doit » une faveur, « on est quitte » quand on l’a rendue)
  • En politique, les conservateurs ont plutôt une attitude qui demande que les gens «paient » pour leurs crimes et les plus progressistes sont en faveur d’une réhabilitation qui leur permettrait de « rendre » à la société ce qu’elle leur aura donné.

Nos familles d’origine auraient façonné la création de ces associations « métaphoriques ».

Bien avant de nous pencher sur la chose politique, nous appréhendons l’autorité parentale. Les parents « gouvernent », donnent les règles et définissent ce qui est juste ou faux, bien ou mal.

C’est la famille qui, en tout premier, construit nos structures hiérarchiques de référence.

La nation comme « famille métaphorique », nous aide à comprendre le clivage entre une politique conservatrice ou progressiste (et si vous pensez qu’on est encore très loin de l’apprentissage et des animaux, patience encore)  😉 

Lakoff s’est questionné sur le fait que les progressistes (on va dire « la gauche » pour nous européens), se situent systématiquement dans un certain cadre de valeurs et les conservateurs (on va dire « la droite ») dans un autre, généralement opposé.

Il est rare que les gens dits « de gauche » se positionnent comme « anti-avortement » (alors que, finalement, ils pourraient) et les gens de droite sont rarement compatissants vis-à-vis des plus vulnérables : par contre, ils s’opposent à l’IVG.

Pour lui, la politique s’apparente à deux modèles de base « le patriarcal strict » et « le parent nourricier ».

Ce serait la « métaphore centrale », celle qui détermine nos choix politiques et qui va aussi déterminer nos choix en éducation. 

stricfather

Dans le modèle « patriarcal strict », le père représente l’autorité légitime et il est impensable de remettre celle-ci en question. La famille s’appuie sur ce modèle autoritaire pour se préserver d’un monde extérieur perçu comme dangereux. Le monde se divise en bien et en mal.

Le père défend les enfants du « mal » et la mère est perçue comme plus faible, son rôle est de supporter son autorité, elle aussi. 

Le monde, pour ceux qui adhèrent au modèle du « patriarcal strict » est avant tout compétitif. Le père est compétitif, d’ailleurs il gagne l’argent et prend soin des siens. Il enseigne à ses enfants à assumer ces rôles à leur tour. Le monde est fait de torts absolus et de raisons absolues également.

Le modèle est strictement hiérarchique et les enfants sont tenus à une obéissance absolue. 

Tout est maintenu ensemble par un système moral de récompenses et punitions. Les mauvais comportements seront toujours punis, les bons parfois récompensés.

 Le concept de la punition est fondamental – c’est le devoir moral des parents de punir pour développer le sens de la discipline chez leurs enfants et, ne pas le faire, c’est faillir à un rôle crucial. Les enfants naissent « mauvais » et il faut les rendre « bons » à travers un nombre conséquent de punitions.

Les enfants sont considérés « indisciplinés » et de nature fondamentalement opportuniste. La discipline les sauvera, la punition les rendra forts et leur confèrera une autorité morale.

…. on commence à s’approcher de l’éducation des animaux  😉

Si on remplace « père » par « éducateur canin » – tout y est : l’obéissance est fondamentale chez l’animal. Elle est transmise à travers la distribution de punitions et récompenses méritées. Les mauvais comportements sont punis, les bons (parfois) récompensés.

La punition a une importance fondamentale – il en va de la responsabilité de l’éducateur de punir l’animal car c’est l’unique moyen de développer le contrôle sur celui-ci. Les animaux sont nés indisciplinés et ils apprennent à devenir de bons animaux à travers des punitions «justes ».

Ce que Lakoff avance est l’explication de l’éternel « sans punition, point d’éducation » (que ce soit chez l’enfant ou chez l’animal d’ailleurs).

En clicker training également, combien de formateurs utilisent un clicker pour un ou des apprentissages mais se tournent vers la punition quand l’exécution n’est pas au rendez-vous ? Ou combien d’éducateurs et de formateurs, s’en tiennent à un modèle pour l’animal et punissent l’humain? (ndlr).

Voilà pour le modèle « patriarcal strict ».

Le modèle du parent « nourricier » au contraire, est tout autre :

nurturing

« Il est moral de faire preuve d’empathie, de nourrir l’âme et l’esprit et de prendre ses responsabilités individuelles et sociales. Dans un modèle familial « nourricier » les parents travaillent à rendre leurs enfants nourriciers également en les éduquant par l’exemple, à travers leur propre comportement. On reconnaît à l’enfant le droit de suivre son inspiration, quelle qu’elle soit. La coopération avec l’autre est mise en valeur, elle est considérée préférable à la compétition. Les parents enseignent l’empathie et encouragent les enfants à regarder le monde à travers les yeux des autres également.

Pas de communication hiérarchique : le parent nourricier croit en une éducation égalitaire et une communication ouverte. Les enfants sont encouragés à s’exprimer et à développer leurs pensées, le respect mutuel est mis en avant et souhaité.

Les parents sont ceux qui prennent les décisions, certes, mais celles-ci sont discutées avec les enfants, leur avis est pris en compte.

Le succès ne saurait signifier l’échec de l’autre : il est la réalisation d’un parcours personnel. Le succès peut se concrétiser dans l’aide apportée à autrui, par l’acceptation d’une responsabilité commune et sans récompense matérielle ultime »

(George Lakoff in « Your brain’s politics »).

La compétition (de manière générale) est plutôt du ressort du modèle « patriarcal ».

Alexandra a ensuite parlé de la notion de « respect » – même mot, deux métaphores bien différentes, deux définitions.

respect

Le respect, dans le modèle « patriarcal strict » est maintenu par la peur de la punition.

Le respect implique que les enfants doivent suivre des règles sévères et très claires et que, dans le cas contraire, les conséquences seront légitimement douloureuses. Ce qui n’est pas un fonctionnement cruel mais qui vise à construire des adultes forts et capables de faire leur place dans le monde.

En contraste total, les enfants issus du modèle « parent nourricier » conçoivent le respect comme la définition que nous donne le dictionnaire « un sentiment d’admiration pour quelqu’un ou quelque chose, en raison de leurs compétences, qualités ou succès ». Les enfants souhaitent bien faire pour plaire aux parents. Le respect qu’ils portent aux parents est le résultat d’interactions aimantes et gratifiantes où le parent est perçu comme concerné par leur bien-être physique et émotionnel.

Si on adhère au modèle « patriarcal strict », on considère aisément que le modèle «nourricier » s’apparent à un simple laisser-faire  😉

Voilà la perception du « clicker trainer » (qui ne dit jamais « non »), comme ultra permissif. Il est perçu comme exerçant un chantage à la récompense au mieux et, au pire, comme un humain indulgent qui « passe tout à son animal »  🙄 

Selon Lakoff, ces représentations mentales expliqueraient pourquoi certains s’opposent à donner des droits à d’autres humains alors que cela n’enlève rien à leurs propres droits (voir le mariage gay notamment).

C’est parce qu’ils fonctionnent sur ce modèle « patriarcal strict » et que l’idée de voir promouvoir des idées qui sont opposées à la « moralité du patriarche » est perçue comme une faiblesse morale. Pour le parent nourricier, la tolérance est perçue comme une force au contraire.

A l’identique, nous suggère Alexandra, l’éducateur « traditionnel » (qui fonctionne sur un modèle « patriarcal strict ») considère le « clicker trainer » sans indulgence car il est moralement outragé par ce qu’il considère du « laxisme » coupable.

Quand l’animal se révèle « agressif » – pour ceux qui fonctionnent en modèle « patriarcal strict » – il faut agir contre le « fautif », le punir (tout comme on met les gens en prison), on ne punit pas le comportement mais bel et bien l’individu « qui le mérite ».

Alors que le modèle « nourricier » considère que tout comportement inadapté a une cause systémique – que le crime est rendu possible par toute une série de paramètres distincts et que, en conséquence, l’unique approche productive est la prévention et l’éducation (en politique : contre le racisme, la pauvreté, le manque d’éducation, etc.).

Le modèle «nourricier » cherche à prévenir plutôt que de devoir « punir ».

Si un chien mord, le modèle « nourricier » va, avant tout, considérer les causes et les besoins de l’individu. Il résout le problème par la gestion de l’environnement.

Alexandra intègre également le concept du partage (de la connaissance notamment) dans le modèle « nourricier » (je partage donc avec vous, merci d’en prendre note)  😀

Le concept de la « dominance » appartient évidemment au modèle « patriarcal strict » et celui de la coopération et de l’empathie à celui du modèle « nourricier ». 

A ce stade, je suis sûre que certains d’entre vous sont en train de se dire « mais j’ai grandi dans une famille d’un tel modèle et je me sens appartenir à un autre ».

C’est mon cas également (je suis une enfant des sixties, première des filles dans une famille catholique pratiquante, italienne, patriarcale et bourgeoise, je vous laisse imaginer)  🙄 

Toutefois, nous sommes tous exposés aux deux modèles dans notre vie à travers des professeurs, les parents de nos amis, certains membres de notre famille élargie mais également les livres, la culture, le cinéma, le théâtre, la télévision.

Même en ayant été exposés aux deux modèles, il semble clairement établi que nous choisissions un des deux comme notre référence de base, sinon de manière définitive, en tous cas dans chaque acte et pensée individuelles.  

Toutefois, si nous sommes tous « bi-conceptuels » (et pouvons donc sauter d’un modèle à un autre selon le contexte)nous ne pouvons pas être l’un et l’autre à la fois.

Selon Lakoff, nos choix politiques ne se font pas via un programme mais selon notre appartenance à un modèle spécifique. Les faits importent peu (ce qui expliquerait, évidemment ça n’a pas été mentionné par Alexandra, la défense d’un abominable fraudeur tel que François Fillon par ses irréductibles supporters).

Voilà pourquoi nous pouvons – certes – expliquer de long en large que le clicker training est fondé sur des données scientifiques, qu’il est efficace, empreint de considération, etc. etc. RIEN de tout cela n’aura le moindre impact sur votre interlocuteur si celui-ci n’adhère pas à certaines valeurs.

Impossible de communiquer efficacement avec l’autre s’il n’a pas activé un modèle de référence (ce qu’Alexandra – via Lakoff – appelle des « cadres »).

Ces « cadres » structurent nos pensées. Le cadre de l’autre nous est souvent inaccessible.

Or, plus nous activons ces « cadres », plus ils deviennent notre réalité – notre cerveau développe un circuit neuronal qui renforce le cadre choisi de manière répétée. Tous les faits qui n’entrent pas dans ce « cadre » sont automatiquement rejetés comme insensés (Lakoff).

Dès lors, convaincre l’autre à adhérer à un modèle éducatif implique de lui faire abandonner son autre « cadre » de prédilection car on ne peut pas, à la fois, activer un cadre et l’autre.

Alexandra nous a montré cette image (voyez-vous un vase ou deux visages ?) 

2faces

Nous voyons soit l’un, soit l’autre.

Même si, à force de regarder, nous avons l’impression de voir les deux simultanément, il n’en est rien – c’est toujours soit l’un, soit l’autre mais à une vitesse telle que nous avons l’impression d’avoir la capacité de voir les deux en simultané.

Selon Kurland, cela explique le nombre affolant de personnes qui, après avoir visionné quelques vidéos de clicker training sur Youtube, se lancent sans réflexion ni connaissances…. comme elle travaille essentiellement avec des chevaux, elle donne l’exemple du cheval qui, très rapidement, vous sachant « armé » d’une pochette pleine de bonnes choses, vous « agresse » pour s’en emparer (on se défend moins bien d’un cheval que d’un chihuahua). Le débutant, outré de cette « impolitesse » de son cheval, va trouver complètement légitime de balancer une « claque » au cheval (il l’a bien méritée après tout, mince, il m’a mordu, je ne peux pas laisser passer / tolérer ça).

Le clicker training ne « fonctionne pas » (en tous cas pas avec les chevaux) vous diront-ils. Ils sont emprisonnés dans leur cadre de « patriarche strict ».

On passe au concept de se focaliser sur ce qu’on veut voir apparaître. 

Lakoff donne cet exemple : il demande le calme à son audience puis leur demande, expressément, de ne PAS penser à un éléphant. C’est qu’Alexandra nous a également demandé de faire « ne pensez PAS à un éléphant ».

elephant2

A quoi avons-nous pensé ? A un éléphant évidemment  😎

Quand bien de jeunes éducateurs s’acharnent à réfuter la théorie de la dominance, par de nombreux (et parfois très répétitifs) écrits, ils activent ce cadre de la dominance chez leurs lecteurs (ndlr)  😉 

« Nier une idée signifie que vous activez cette idée ».

Pour ne pas penser à l’éléphant, vous devez visualiser l’éléphant.

Activer une idée, la renforce, toujours.

Dire à votre apprenant humain de ne « pas faire » – l’oblige à visualiser et cette visualisation consolide la répétition. 

Voilà pourquoi le clicker training (et le TAG Teach) se focalise(nt) exclusivement sur ce qu’on veut voir arriver et font ce qui est nécessaire pour rendre les choses possibles.

Résumé des concepts proposés par Lakoff :

  • chaque mot employé active un cadre
  • chaque négation d’un cadre active ce même cadre
  • activer un cadre c’est le renforcer
  • les cadres qui sont activés via une répétition linguistique récurrente deviennent une idée reçue
  • ce qui fait que nous ne remettons plus ces cadres en question
  • tout ce processus n’est pas un processus conscient
  • nous ne pouvons pas activer en simultané deux cadres opposés
  • les faits qui n’entrent pas dans notre cadre de prédilection sont systématiquement rejetés

En clicker training (comme en politique), nous devons avant tout affirmer nos valeurs, ce en quoi nous croyons vraiment. Il ne suffit pas d’expliquer aux gens ce que nous faisons mais pourquoi nous le faisons, pourquoi nous croyons que c’est une nécessité morale.

La vision consacrée du concours d’obéissance tombe clairement dans un modèle «patriarcal strict », rien que l’appellation (obéissance) nous le rappelle : le chien doit s’asseoir, se coucher, revenir avec une précision toute militaire, une obéissance absolue est la mesure du succès (et là, j’ai été obligée de sourire tant le mot « obéissance » suscite, chez moi, un rejet presque physique). 

Cela étant, même sans concours – quand vous demandez (sèchement) à votre chien de «s’asseoir » à l’arrivée d’un invité (et vous le récompensez quand il exécute le comportement), êtes-vous vraiment dans un modèle empathique et « nourricier » ? Avez-vous reconnu – et accepté – le besoin social de votre chien qui souhaite aller voir cet humain? Vous avez obtenu l’obéissance mais avez-vous satisfait le besoin du chien ?

Alexandra nous invite à prendre conscience que, même en travaillant à la friandise, nous sommes souvent « coincés » dans un modèle « patriarcal strict » malgré nos bonbons et nos clickers.

Sommes-nous juste en train d’enrober de sucre rose notre éducation très conservatrice ?

Le choix de la méthode adoptée en éducation ne suffit pas – il s’agit également de s’interroger sur nos valeurs et pourquoi nous demandons ce que nous demandons.

Lakoff suggère une question: « quand votre bébé pleure la nuit, que faites-vous, vous le prenez dans vos bras ou vous le laissez pleurer ? ».

Quand votre chiot / chien est dans la peur, l’anxiété ou le mal être, que faites-vous, vous lui apportez ce dont il a besoin pour se sentir mieux ou pas ?

Peu importe quelle « méthode » d’éducation vous choisirez au fond, peu importe que vous votiez à gauche ou à droite, ce qui est important, c’est notre système de valeurs, nous choisirons le « comment éduquer » sur la base de ce système et de ces valeurs.

Alexandra a ensuite mentionné le « soulagement » de certains quand ils ont découvert le clicker training (moi moi moi !!!), parce qu’il fournissait, enfin, une approche qui respectait leur système de valeurs. D’autres sont plus ambivalents et continuent de valser entre un système et un autre.

Leur éducation reste une illusion optique – tantôt ils voient une image et tantôt une autre, quelle confusion – pour eux-mêmes et pour l’animal  🙄

…. et vous, quel est votre cadre quand vous empoignez votre pochette et votre clicker?

clicker1

Nous sommes tous bi-conceptuels, attention à ne pas vivre dans une illusion optique dans l’éducation de vos animaux (ou dans l’éducation tout court).

Quand nous nous serons confortablement installés dans un cadre « empathique et nourricier », nos animaux pourront nous y rejoindre sans problème.

Personnellement, j’ai choisi  😀

Merci à Alexandra Kurland pour cette présentation qui a été ma préférée, allez, une de mes préférées,  à WOOF 2017  😀 😀 😀

(je ne vous garantis pas le mot pour mot tant cette conception me correspond profondément, il se peut que j’y ai mis du mien par inadvertance mais l’idée de base y est)  😀

et la suite au prochain numéro encore  😀

Happy Thinking  😀

janvier 25, 2019

0 réponses sur "WOOF2017 - 2ème épisode...."

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