La « théorie des cuillères »

 

Avez-vous déjà entendu parler de la « théorie des cuillères » ?

 

C’est une métaphore inventée par une auteure américaine, Christine Miserandino, qui souffre de lupus (le lupus est une maladie chronique auto-immune) – www.butyoudontlooksick.com

(je vous ai mis le lien bien que je n'aie pas pu personnellement accéder au site mais Safari est parfois capricieux) :)

Un jour, attablée à une table de restaurant, elle a tenté de faire comprendre à une amie à quel point elle devait gérer son capital énergie au quotidien et, pour le faire, elle s’est emparée de l’objet le plus proche d’elle : une réserve de petites cuillères.

 

Elle en a pris 12 pour symboliser son capital énergie quotidien – si elle a mal dormi, par exemple, elle doit déjà en enlever une, si refroidissement, encore une.

Le reste devra être réparti entre les différentes activités quotidiennes : en gros, si elle rentre à la maison en ayant dépensé ses 12 cuillères, elle devra, par exemple, renoncer à faire le ménage ou à cuisiner le repas.  

Si elle devait le faire quand même, par culpabilité ou parce qu’elle choisira de dépasser ses limites, la journée suivante débutera avec un capital encore plus restreint : on ne peut pas vivre à crédit très longtemps et la maladie déclenchera des symptômes très rapidement. 

Applicable également aux troubles de l’humeur (comme la dépression grave par exemple, les TOC, les phobies, l’anxiété).

Les personnes affligées de ces handicaps invisibles doivent, impérativement, gérer l’énergie dévolue à chaque tâche du quotidien et faire, constamment, des choix, souvent difficiles. 

 

Elle explique qu’elle est RESPONSABLE de la gestion de son capital cuillères jour après jour et qu’elle doit savoir dire « stop » en conséquence, sans comparaison inutile avec le capital cuillères d’une personne en bonne santé physique et psychique et indépendamment des jugements extérieurs (qui manquent rarement).

 

Certains jours, le capital cuillères d’un individu peut uniquement permettre à la personne concernée de se lever et de passer du lit au canapé, rien de plus.

… et les chiens alors ?

 

Cette analogie peut parfaitement être appliquée à nos chiens en proie à des peurs diverses, tout comme à ceux qui souffrent d’une douleur chronique.

Chaque « agression sensorielle » qui sera complètement anodine pour un chien en bonne santé physique et mentale, va avoir un coût très élevé pour le chien qui à des réserves limitées. 

 

Evidemment, ce ne sont que des exemples et, pour certains chiens, certains stimuli vont "coûter" un nombre plus important - ou moins important - de cuillères... 

 

L’immense différence est que le chien n’a pas grand-chose à dire au niveau de ses limites, de son capital énergie quotidien (qui sera le résultat de l’énergie dévolue aux jours précédents) et de ses choix.

 

 

En effet, NOUS décidons qu’il va participer à tel stage parce que nous en avons envie, que, aujourd’hui, des enfants seront à la maison alors qu’il en a peur, que nous allons faire cette balade avec d’autres chiens qu’il ne vit pas très bien, etc. etc.

Quand ces situations se cumulent ou se succèdent rapidement et que son capital « cuillères » a fait des emprunts le jour précédent pour le jour suivant, les ennuis arrivent.

 

Une explication pour ces morsures que les non-initiés vont affirmer qu’elles sont « sorties de nulle part », en réponse à un comportement de notre part que le chien a toujours toléré apparemment sans problèmes.

« J’ai toujours fait ça avec mon chien et c’est la première fois qu’il réagit ».

Ce jour-là, il avait probablement entièrement dépensé son « capital cuillères ».

En définitive, on en revient à l’empathie : si on sait que, ce week-end, vous allez recevoir des enfants que votre chien redoute, outre à gérer l’environnement au mieux, faites-en sorte que son capital ne soit pas dilapidé le jour précédent et que, le suivant, il puisse correctement récupérer.

Si ce dimanche votre chien va devoir prendre sur lui en stage, faites-en sorte que la semaine soit calme et, surtout, sereine ainsi que les jours suivant le stage (en sachant admettre que, parfois, le stage est déjà une dépense excessive en soi et que cette dépense inconsidérée va se répercuter sur le jour même et les suivants, hélas). 

Votre chien ne peut pas gérer le bénéfice-coût de ses activités… vous devez le faire pour lui : apprenez à évaluer son « capital cuillères » et à le gérer judicieusement 🙂 

Happy Training 🙂 

 

 

 

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