Enfants et animaux

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Dans ma pratique courante d’éducatrice, je regrette souvent de voir des enfants qui ne sont guère accompagnés dans leur découverte du chien… ce qui les prive d’une relation de qualité (et c’est dommage) et, au pire, finit par poser de sérieux problèmes.

A mon sens, en lieu et place de donner des listes infinies d’interdits (même justifiés) aux enfants, la première mission de l’adulte accompagnateur (parent, éducateur canin) est de rendre l’enfant conscient de sa capacité à comprendre son chien (évidemment, je parle là des enfants en âge de raison – quand l’enfant est très petit, il incombe aux parents – et aux parents seuls – de gérer l’environnement de manière à ce que personne ne soit jamais mis en situation de stress, peur ou, a fortiori, danger).

Si l’enfant est impliqué dans la tâche de répondre aux besoins de son animal, et donc de savoir les comprendre, ses actions vont être teintées de considération envers ces besoins qu’il aura appris à reconnaître.

Il est parfaitement possible – et souhaitable – d’apprendre à l’enfant que son comportement à lui aura des répercussions sur le comportement de l’animal et qu’il a le pouvoir d’adapter son comportement car c’est à lui d’obtenir la confiance de l’animal. Qu’en adoptant une approche en adéquation avec les besoins de l’espèce, ses chances de voir se développer une belle relation avec son animal augmentent vertigineusement.

Apprendre à un enfant à « laisser le chien venir à soi » – par exemple (en lieu et place de le poursuivre de ses assiduités) implique de savoir accepter que, parfois, ce n’est pas possible et que c’est aussi le droit de l’autre de ne pas avoir envie, aujourd’hui, en ce moment précis. C’est lui apprendre la limite de ses envies et la considération des limites d’un autre être vivant (ou, en plus clair, qu’on ne peut tout avoir, tout de suite et, encore moins, on ne peut l’exiger).

Si et quand le chien « choisit » de venir vers l’enfant, savoir le rendre attentif à cette marque de confiance en lui et lui dire que, à travers lui, le chien va également apprendre à ne pas craindre les autres enfants également : sa tâche est importante.

Lui apprendre à renoncer au « face à face » – en suggérant plutôt un mouvement côte à côte, se positionnant latéralement afin de laisser au chien tout l’espace dont il a besoin dans ses déplacements. Plus on laisse d’espace au chien – plus on lui donne le choix – plus il est susceptible d’avoir envie de rester avec nous. La confiance se construit pas à pas et se mérite.

Si le chien vient se faire « caresser », conseiller à l’enfant de toujours entrer en contact avec la partie du corps que le chien lui offre spontanément, en évitant de toucher l’autre flanc en passant par dessus le dos du chien ou par dessus sa tête. Les caresses peuvent durer quelques secondes puis on arrête et on observe : c’est une manière de demander son avis au chien « qu’en penses-tu?« . S’il revient, s’il s’appuie sur la main de l’enfant, il l’informe qu’il aime et apprécie ce contact. S’il s’écarte et reste à distance, il appréciera qu’on le laisse tranquille et reviendra en son temps. L’enfant peut se focaliser sur l’observation de cette communication et, une fois identifiée, il peut la partager avec sa famille, ses copains en expliquant que rien ne s’exige.

Comment devenir ami avec un être dont on ne sait rien et duquel on ne comprend pas la communication? Il est vital d’apprendre à l’enfant en âge scolaire à reconnaître quels sont les signaux de stress et de malaise chez le chien (oreilles plaquées en arrière, blanc de l’œil visible, gueule qui se ferme, etc. etc.). Il existe des montagnes de photos sur Internet et on peut en faire un jeu « détendu ou pas détendu le chien? ».  Un éducateur peut vous aider dans ce sens si vous n’êtes pas sûr de vous.

Rendre l’enfant participatif au bien-être de l’animal est une stratégie payante également « tu crois que Youki a soif? » et l’enfant va chercher l’eau pour le chien et remplit sa gamelle.

Rendre l’enfant le pourvoyeur de bonnes choses : le jouet favori, la porte qui s’ouvre sur le jardin quand il veut sortir aidera le chien à le considérer comme un humain important dans son quotidien.

En clair, il s’agit d’éduquer : on aide le chien à regarder l’enfant sans stress ni crainte et l’enfant à élargir sa compréhension du monde et sa considération de ce qui n’est pas lui. Dans les deux sens on travaille à favoriser une bonne cohabitation.

Évidemment, si la relation est déjà problématique – je vous exhorte à faire appel à un éducateur le plus rapidement possible et, dans tous les cas de figure à ne jamais-jamais-jamais laisser un enfant et un chien sans surveillance d’un adulte, aussi gentil que soit le chien de la famille 🙂

juillet 15, 2014

1 réponses sur "Enfants et animaux"

  1. …Comme d’habitude … Rien que du bon sens !!! Mais si bien exprimé !

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