Le jeune chien…

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Avec un tout jeune chiot, parfois (même si pas toujours) l’éducation de départ paraît facile : il vous suit, il revient, il semble tout acquis à l’idée de vous trouver excessivement intéressant et tout va pour le mieux dans vos mondes respectifs (toute règle a ses exceptions, sinon la vie serait trop facile, mais — pour l’instant — on va s’arrêter à cette généralité).

Quelque part entre 4 et 7 mois apparaît l’adolescence et vous avez parfois l’impression que tout ce qui a été magistralement travaillé et qui paraissait si joliment acquis part en morceaux sous vos yeux effarés et déçus… On vous dira qu’il « teste vos limites » (et, effectivement, patience, cohérence et clarté seront parfois mises à dure épreuve) mais, votre ado-chien n’a aucun plan machiavélique de soumettre vos nerfs à une souffrance dont ils n’ont nul besoin : tout simplement, il/elle gagne en indépendance et autonomie et continue d’apprendre à travers des expériences nouvelles. Est-ce que ces signaux sont du sérieux, est-ce qu’ils peuvent être ignorés, est-ce qu’ils sont toujours payants, est-ce qu’ils sont plus intéressants que le monde qui vous entoure (plein de choses fascinantes après tout)?

Acceptons l’idée que ce magnifique « assis » si joliment maîtrisé jusqu’ici soit un jour reçu par votre chien comme s’il l’entendait pour la première fois de sa vie… Ce n’est pas le moment de monter en volume ni de réprimander et encore moins le moment de rentrer dans une longue litanie de signaux répétés encore et encore avec une irritation inévitablement croissante. N’hésitez pas, au contraire, à revenir en arrière dans votre travail et à vous montrer moins exigeant : votre but doit être de collection les succès avant tout (éloignez-vous d’un environnement trop attirant notamment, allez récupérer votre jeune chien sans vous égosiller à le rappeler, détachez-le uniquement dans un lieu sécurisé et dans des circonstances appropriées, n’hésitez pas à utiliser une friandise comme appât cette fois ou à vous rendre très intéressant à proximité sans le pourchasser).

Nous sommes, en tant qu’éducateurs, en perpétuelle concurrence avec l’environnement : vos signaux doivent être donnés uniquement quand vous pensez avoir une très sérieuse chance de vous voir écouté et, par ailleurs, quand vous êtes convaincu de vouloir arriver à vos fins. Demander à un jeune chien de « s’assoir » ou de revenir vers vous au beau milieu d’une partie de jeux avec d’autres chiens est excessivement contre-productif : la probabilité d’un succès est quasiment inexistante et ces non-réponses apprennent à votre compagnon que les signaux peuvent allègrement être ignorés (à tout instant, votre chien apprend). Demander à votre jeune chien un « assis » ou de revenir vers vous, constater qu’il vous ignore et abandonner votre idée de départ en vous disant que « bah, il s’amuse, c’est pas grave », lui apprendra également que vous n’êtes guère conséquent dans vos demandes. Dans les deux cas de figure, votre joyeux adolescent aura appris que les signaux sont juste une option parmi d’autres….

Certains jeunes auront également appris que les signaux s’appliquent à un contexte spécifique et pas à d’autres : s’assoir devant la gamelle est très bien mais ne vous garantira pas que votre chiot saura s’assoir en cours d’éducation (ou, évidemment l’inverse), par exemple. Encore moins face à des éléments très attractifs ou, au contraire, perçus comme menaçants. Le maître mot « généralisez vos signaux » (en clair : travaillez-les dans toutes sortes de contextes  divers et variés) et utilisez toute forme d’interaction plaisante pour demander quelque chose (vous allez débuter une partie de jeu, de lancer de balle, vous allez détacher le chiot pour qu’il aille jouer et renifler : demandez une position – ce qui suit sera la récompense). Évaluez l’environnement constamment : n’hésitez pas à bouger, vous éloigner d’un quelconque stimulus et redonner, ensuite, votre signal. Rendez le succès possible mais ne lâchez pas l’affaire.

Si votre chiot ou chien adolescent semble manifester de la crainte, aussi minime soit-elle, face aux inconnus : agissez sans attendre. Ne forcez jamais une interaction entre un chien craintif et un inconnu mais, au contraire, demandez à la personne de jeter des friandises loin de soi, si et dès que possible. Les inconnus, doivent devenir le présage et l’annonce de bonnes nouvelles. Vouloir distribuer des friandises à la main peut se révéler excessif pour votre chiot ou jeune chien… demandez à la personne de les jeter loin de soi au début.

Choisissez les rencontres canines de votre jeune compagnon : cherchez dans votre entourage les propriétaires de chiens adultes tolérants et amicaux et multipliez-les, son curriculum de rencontres canines se fera sur ces bases. Toutefois, si votre ado se fait rudoyer par un autre chien, ne dramatisez pas – votre propre attitude pèsera de tout son poids, n’hésitez pas si l’autre chien paraît peu enclin à une rencontre à décréter d’un ton joyeux « on s’en va » et à reprendre votre promenade. Si, au contraire, votre ado est du genre à harceler les autres chiens adultes, restez vous-même attentif : il est parfaitement approprié et légitime pour un chien adulte de ne pas apprécier les débordements d’un ado. Les adultes tolérants sont une magnifique opportunité d’expériences positives pour votre jeune chien mais il ne s’agit pas, non plus, de lui faire croire et de lui apprendre qu’il ou elle peut faire ce que bon lui semble sans limite aucune. Si l’autre chien est du genre à tout endurer – même et surtout si c’est votre propre chien adulte – à vous de mettre des limites en interrompant l’échange. 

Il n’est pas toujours simple pour un néophyte de faire la différence entre une remise en place appropriée et une situation potentiellement problématique dans les interactions entre chiens – n’hésitez pas à vous faire accompagner par un éducateur en méthodes sans violence pour vous aider à déchiffrer tout ça  🙂

Une des grandes questions au sujet du chiot ou jeune chien est « combien de temps faut-il le promener? ».

S’il est évident qu’un tout jeune chiot n’est pas encore apte à des grands efforts physiques, il est également souvent vrai que la plupart des chiens manquent d’exercice plutôt que le contraire : ne négligez pas l’apprentissage de « tricks » qui apportent un effort mental et procurent donc une saine fatigue, sans pour autant oublier que la balade en liberté apporte une détente et une distraction qui n’a pas son égal. Les chiens ont besoin de stimulation mentale et de détente physique, l’un ne va pas sans l’autre : vu la différence entre un pékinois et un jeune chien de berger de lignée de travail, je m’abstiendrai scrupuleusement de vous donner des indications en termes de minutes / heures par mois tant la gent canine diffère. Je ne suis pas pour l’infantilisation des propriétaires qui sauront bien trouver un rythme approprié aux besoins de leur « individu-chien » mais rappelez-vous qu’un chien fatigué est un chien (plus) sage, tout en comprenant que plus on entraîne physiquement – et mentalement – un chien et plus on augmente son endurance sur les deux plans 😉

août 25, 2014

2 réponses sur "Le jeune chien..."

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