La notion du « choix »

« Tu veux mettre tes chaussettes roses à fleurs ou tes chaussettes violettes à petits pois ? »
« Je veux pas de chaussettes, je veux être pieds nus dans mes bottes »  😈

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… c’est ce que me répondait Fille No. 3 qui, à deux ans avait, comme tous mes enfants, la langue fort bien pendue et un certain penchant personnel pour la vie sauvage. Sauf que, en Suisse et en hiver, hors de question de la laisser aller dehors avec ses pétons nus dans ses bottes (si je ne voulais pas voir débarquer les services de protection de l’enfance et je ne le voulais pas justement).

En anarchiste-idéaliste que j’étais déjà et jeune maman soucieuse (a) d’éduquer (b) de représenter une référence rassurante, j’ai rapidement été confrontée à la relativité de la notion de « choix » – et j’ai tout de suite eu un peu honte de la supercherie que constitue le « tu as le choix entre les roses et les violettes » alors que, en définitive, ma petiote n’avait aucun autre choix que d’envelopper ses petits petons dans des chaussettes qu’elle détestait cordialement (oui j’étais une mère pleine de questions, ce qui m’a emmenée tout naturellement à l’éducation canine d’ailleurs)

Je suis une grande soucieuse de la notion de « choix » en ce qui concerne l’éducation des animaux et, parce que c’est un sujet qui me tient à cœur, je suis très consciente de ses limites vu que tout notre travail en qualité d’éducateurs consiste à renforcer les « bons » choix (à savoir : ceux qui nous conviennent) et ne pas renforcer les autres (ou manipuler l’environnement afin que les autres ne soient pas/plus renforcés) et que tout ceci est souvent tout simplement indispensable afin que le chien partage, sereinement, la vie des humains.

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On accuse souvent le clicker de « manipulation » (parce que nous favorisons l’apparition, la fréquence et l’intensité de ces « bons choix ») et on voit apparaître des techniques à la mode (fondées essentiellement sur le renforcement négatif, si vous ne savez pas ce que c’est on en reparlera) qui seraient « plus respectueuses des choix du chien ».

Je n’en suis pas aussi sûre parce que, dès lors que nous plongeons le chien craintif/agressif dans une mise en scène de rééducation, il a le choix de d’avancer (pour faire fuir ce qui lui fait peur) ou de reculer (pour échapper à ce qui lui fait peur) mais il n’a pas, au départ, le choix de faire partie de notre mise en scène, d’être là ou ailleurs. Pas plus que ma gosse n’avait celui de porter des chaussettes en définitive…. congénère ou chaussettes, difficile pour nous de définir à quel points ces déclencheurs sont aversifs pour notre sujet.

Voir apparaître des comportements de substitution (comme détourner le regard, renifler le sol) ne me paraît pas plus intéressant en définitive que de voir mon propre chien, désensibilisée aux congénères qu’elle redoutait comme la peste, remuer sa queue joyeusement et me regarder avec anticipation dès qu’un autre chien apparaît, puisque ceux-ci sont devenus, après d’innombrables répétitions, l’annonce de bonnes nouvelles par le biais d’un contre conditionnement mené avec précision et systématique.

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En définitive, mettez vos chiens réactifs à l’abri de leurs peurs et favorisez chez eux la certitude de la sécurité qui les entoure par une gestion attentive de l’environnement. Laissez tomber les suggestions du genre « prenez-le partout et il va s’habituer » car ça ne fonctionne pas comme ça et changez sa perception de ce qui fait peur…. ce qui suscite la peur doit peu à peu devenir ce qui suscite confiance et bien-être (et, comme toujours, je vous conseille vivement de vous doter de l’aide d’un/e éducateur/trice qui connaît son job). 

Tout le reste, personnellement,  m’apparaît comme du marketing  😉

novembre 7, 2015

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