Anxiété de séparation ou non?

social

Il n’est pas rare que des clients m’appellent pour un souci « d’anxiété de séparation » (explicité comme tel) ou encore que j’entende des collègues éducateurs me dire que tel ou tel chien souffre « d’anxiété de séparation » (avant de l’avoir vu) parce qu’il vocalise, gratte, détruit ou « souille » (bref, fait ses besoins) pendant les absences des propriétaires.

Pourtant, même confrontés à une série de comportements identiques, il est très délicat d’arriver à ce type de conclusion (et de diagnostic) tout simplement parce que, mis «bout-à-bout », ils évoquent chez un éducateur ou un propriétaire, cette étiquette passée dans le langage courant comme « anxiété de séparation ».

Quand un chien se retrouve en stress quand il est seul (mais que la présence d’un quelconque humain l’apaise – voir, parfois, celle d’un autre chien), on devrait plutôt parler de détresse d’isolation – c’est plutôt l’absence d’une personne spécifique (généralement une figure de grand attachement, voir « d’hyper attachement ») qui vous indique une réelle anxiété de séparation.

Un de mes chiens, issu d’une génétique peu propice à voir arriver un caractère stable et mal socialisé en prime (quand on est mauvais éleveur on l’est généralement sur toute la ligne et moi j’étais encore naïve), se mettait à « hululer » dans la maison familiale dès mon départ au travail, tous les jours et ce malgré la présence de mes nombreux enfants, leurs copains, jeune fille au pair ou qui que ce soit. Mon absence le privait momentanément de ce lien réconfortant que je lui procurais avec ce monde inquiétant. C’est quand il s’est apaisé (vis-à-vis de ce monde inquiétant justement), que son anxiété de séparation s’est résolue d’elle-même. Chez l’enfant humain, l’anxiété de séparation (qui est bel et bien listée comme maladie psychique) va très souvent de pair avec une phobie sociale d’ailleurs.

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Il est parfaitement normal pour un jeune mammifère de craindre la solitude et l’éloignement de sa mère, voir de sa fratrie : c’est un mécanisme de survie tout à fait naturel. Un chiot séparé de sa mère va vocaliser, ce qui permet à la chienne de s’en préoccuper rapidement, de le localiser et le récupérer ou le mettre à l’abri – la solitude c’est le danger — et même un danger de mort. On retrouve précisément ce même fonctionnement chez l’enfant humain (à noter que nous sommes l’unique espèce qui exige que son petit dorme éloigné de sa mère, dans une chambre à part et même qui préconise, encore aujourd’hui, de « laisser pleurer l’enfant » – alors que ces cris sont précisément ce qu’a prévu la nature chez le nourrisson pour interpeller sa mère et que sa présence lui est indispensable….oui, même la nuit)

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Saluons donc l’adaptabilité de nos chiens qui, pour la plupart, savent s’accommoder (et s’accommodent la plupart du temps) de longues heures de solitude et d’inactivité relative.

Se pencher sur un quelconque problème de comportement c’est forcément entreprendre une analyse minutieuse des antécédents (ce qui cause / déclenche le comportement), de la fonction du comportement (ce que le chien cherche à obtenir / atteindre) et des conséquences de son comportement (qu’obtient le chien, quelle émotion cherche-t-il à apaiser?).

C’est également savoir référer à un vétérinaire – il faut savoir prendre en considération une modification du comportement suite à une maladie même relativement bénigne : il suffit que le chien se soit senti mal de manière répétée lors d’un épisode de gastrite, qu’il ait tourné longuement en rond pour se soulager tout en luttant contre son conditionnement « on ne fait pas à l’intérieur » pour que la solitude devienne source de stress, par simple association.

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Un chien peut avoir eu peur à la maison (bruit, personne qui frappe à la porte, alarme qui sonne, etc. etc.)

Les « bons conseils d’amis » (ignorer le chien avant de partir et en rentrant, donner un Kong farci avant de partir, etc. etc.) peuvent aisément devenir autant de signaux et d’informations que la solitude arrive et donc faire plus de mal que de bien si utilisés de manière peu judicieuse / opportune.

Conseiller de faire de multiples faux départs, de partir sans le faire savoir au chien : autant de choses qui peuvent potentiellement favoriser un climat d’imprévisibilité qui devient une ultérieure source d’angoisse…. (on ne sait jamais quand le pire peut arriver).

barking« Fatiguer le chien » n’est pas une mauvaise option en soi, il est parfaitement vrai qu’un chien qui s’est bien dépensé trouvera plus facile « se poser » lors de votre départ mais, sur un animal réactif (par exemple), la — ou les — rencontres successives avec ce qui le stresse (autres chiens notamment mais pas que) peut parfaitement ne pas le prédisposer au calme une fois de retour à la maison, bien au contraire. Bref, la recette unique et universelle n’existe jamais en comportement. 

Alors que faire ? D’abord, contacter un(e) professionnel (le) compétent(e) qui va vous aider à travailler la relaxation du chien, à favoriser l’apparition d’un sentiment de sécurité propice à une certaine sérénité et des comportements alternatifs appris et hautement renforcés qui pourront l’aider à mieux gérer sa solitude momentanée.

Happy training

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