Le voyage ET la destination

« Avant tout, nous devons vouloir récompenser l’essai, la tentative et l’effort. 

Il faut rester attentif à ne pas décourager ou punir, volontairement ou non, l’effort ou la tentative car ces comportements sont les fondements du processus d’adaptation et de survie. 

Quand je travaille avec un binôme ou une équipe, des clients ou des enfants je récompense avant tout :

(a) l’effort et la tentative des participants

(b) le courage et l’affirmation de l’individu

(c) un individu qui renforce un autre individu dans son effort

Obtenir un « résultat » final, donner la « bonne réponse » figure bon dernier dans ma liste de comportements à récompenser ».

(librement traduit d’une citation de Dr. Susan Friedman – citation partagée par Canécole Bordeaux, Wini Verschueren, que je remercie au passage). Si vous êtes éducateur et que vous parlez l’anglais, je vous recommande sans réserve le cours professionnel de la Dr. Susan Friedman (on-line).

http://www.behaviorworks.org

http://www.education-chien-bordeaux.com


GST - GIU 113

 La notion de la compétence – voir même de la légitimité de notre propre existence se fait à travers la comparaison à l’autre : tout ce que nous entreprenons dès notre plus tendre enfance passe par la case de la comparaison de nos compétences vis-à-vis de l’autre (ou, parfois, l’abandon de la tentative si cette confrontation devient impossible ou trop douloureuse).

Peu importe comment on y arrive, on considérera avant tout celui (ou celle) qui « y arrive » et, autant que faire se peut, y arrive avant les autres  😉

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En éducation canine, la comparaison ultime c’est la vidéo qui atteste qu’on y est arrivé – le chien obéissant, le chien « contrôlé » ou, encore, le chien performant (quel que soit le domaine de performance – sportif ou comportemental). 

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On s’attarde rarement sur la qualité du processus : pourtant, un être vivant acquiert (ou pas) une compétence quelle qu’elle soit par un cheminement, qui génère, inévitablement, des émotions agréables ou désagréables qui seront, souvent à tout jamais, rattachées à cet apprentissage ou expérience spécifique.

C’est ainsi que bon nombre d’entre nous avons bel et bien acquis des apprentissages scolaires et académiques mais en ressortons parfois, souvent, complètement dégoûtés d’une matière ou d’une discipline, dont le processus d’acquisition de compétences aura laissé des traces pérennes bien plus délétères que constructives (et une angoisse de non compétence qui, parfois, dure toute une vie et bloque, définitivement, toute progression ultérieure).

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Bien des gens imaginent que le clicker training s’apparente à une anarchique distribution de nourriture qui leur paraît suspecte et inquiétante tant le but à atteindre (le contrôle de leur chien, toujours lui) leur semble devoir obligatoirement passer par ce que nous appelons « la discipline » (mot suffisamment élastique pour englober une matière à apprendre, une carcan de lois diverses et même un fouet pour s’infliger une mortification, si si…). 

Si on s’attarde sur le « carcan de lois » – ne dit-on pas « se plier à la discipline » ? Une expression qui laisse planer le spectre d’une adaptation obligatoire qu’on soupçonne douloureuse 😉 et voilà ancré en nous, dès le plus jeune âge, que pas d’apprentissage sans souffrance et donc sans sanctions et punitions. Pour nous enlever toute envie d’apprendre et d’entreprendre, on ne peut guère faire mieux  🙄

discipline

Pourtant, jamais notre implication n’est autant mobilisée que quand nous faisons appel à notre curiosité naturelle et jamais notre créativité n’est aussi sollicitée que quand nos nous plongeons dans un émotionnel de « jeu » (ce qui, chez l’adulte est rarissime, surtout en public).

Ce « processus » ainsi mené, qui surfe d’un premier succès à un autre (et se soucie donc, avant tout, de rendre un premier succès possible), donne confiance en soi, en l’autre (l’éducateur) et est donc générateur de plaisir et envie de progresser, continuer. Ceci est valable pour tout être vivant, n’en déplaise aux adeptes du spécisme (un chien n’est pas un humain, certes, mais les lois de l’apprentissage s’appliquent à tous).

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C’est le principe même du clicker training – maintenir l’animal dans un processus de découverte (de son environnement – quoi de plus rassurant que de comprendre son environnement?) et de réussite, puisqu’on capitalise continuellement sur un premier succès, aussi petit soit-il au départ. Qu’est-ce qui vous dynamise quand vous apprenez quelque chose : l’échec ou la réussite ? L’impression de compétence ou celle de ne pas y arriver ? La frustration et la contrainte ou le bien-être ? Alliez-vous dans le même état d’esprit en cours de maths ou de langues – selon si vous étiez « matheux » ou « linguiste » à l’école ?

Imaginer qu’un animal travaille uniquement pour le petit bout de saucisse ou de fromage post click – dans le cas d’animaux qui sont loin de mourir de faim, c’est vraiment passer à côté de toute l’aventure – tout comme énormément d’enfants ne sont pas « motivés » par la « bonne note à l’école », même si souvent celle-ci est doublée de l’approbation parentale et de récompenses parfois très concrètes. Alors pourquoi ça ne fonctionne pas avec tous? Parce que le processus d’apprentissage est à repenser intégralement.

Le clicker training (quand on le maîtrise évidemment car, si le principe est simple, il n’est pas simpliste) vous refocalise sur le processus, sur la valorisation de la tentative, de l’essai, de l’affirmation de l’individu à travers ses choix personnels et, quand l’objectif final se concrétise, il est chargé des émotions agréables récoltées tout au long de ce chemin. 

clicker_perroquet

Pour vous éducateur et pour votre apprenant, qu’il soit humain ou animal…. 

Happy Training  😀

 

 

 

 

septembre 1, 2016

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